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Chapitre 3

Chapitre 3

4 octobre 2026 ~12 min · 2 219 mots

'Les pouvoirs de ce corps n'étaient pas censés être scellés ?'

La dernière fois que j'avais vérifié, en tout cas, j'avais bel et bien désactivé la plupart de mes capacités pour freiner la progression de la maladie.

Par précaution, je vérifiai en hâte l'état des modules de combat que je portais.

[Numéro de série : AST-000]

[Système d'exploitation : ADAM v.2.3]

[Utilisateur : Aaron Stingray]

[Taux de remplacement : 69,9 %]

[Modules de combat équipés]

[【Arcane】]

[Araignée des nuées Nv.5] - Inactif

[Lame technologique Nv.5] - Inactif

[【Standard】]

[Force Nv.3] - Inactif

[Hâte Nv.5] - Inactif

[Endurance Nv.5] - Inactif

[Œil de faucon Nv.5] - Inactif

[Booster neuronal Nv.3] - Inactif

[Régénérateur cellulaire Nv.2] - Inactif

[Identificateur d'armes Nv.4] - Inactif

·

·

·

[Modules de combat actifs : 0]

[Modules de combat inactifs : 26]

[Surcharge : 0 %]

'Comme je le pensais, pas un seul module n'est actif.'

Sur les vingt-six types de modules de combat installés en moi, pas un seul n'était activé.

Et c'était logique : ma maladie venait d'un dysfonctionnement des nanomachines.

Plus j'utilisais ces modules de combat, qui fonctionnaient grâce à la puissance des nanomachines, plus la maladie progressait vite.

Forcément, je n'avais pas eu d'autre choix que de tous les couper.

'Attends, une seconde. Ça veut dire que……'

À l'instant où je le compris, je fus horrifié.

Si aucun de mes modules de combat ne fonctionnait en ce moment, alors au moment où j'avais tranché ces enfoirés des Loups de Sang d'un seul coup de lame……

'C'était uniquement la force physique de ce corps ? Sans l'appui du moindre module de combat ?'

Incroyable.

Quel monstre complètement abusé.

Même si chaque membre de la famille Stingray avait été conçu comme un « humain parfait » grâce au summum du génie génétique, ce type était un monstre plus grand encore parmi eux.

'Sans cette fichue maladie, le protagoniste serait mort dans le tome 2.'

Tandis que je pensais à cela, le silence finit par se briser.

Les hurlements commencèrent.

Les Loups de Sang se remettaient du choc de la boucherie qui venait de se dérouler sous leurs yeux.

« Ce-ce salaud ! T'étais un "Adapté" ?! »

« N-n'ayez pas peur ! On est pareils, non ?! Putain, n'ayez pas peur ! »

« Bon sang, Smith ! Smith est…… ! »

« On va se venger ! On va t'arracher chaque pièce de cyberware et chaque organe pour les revendre, et on pendra les restes à l'entrée du Marché noir ! »

Adapté.

C'était le terme qui désignait ceux qui avaient réussi à s'assimiler aux nanomachines de combat, et plus précisément à « Adam », pour devenir des surhommes.

Évidemment, les Adaptés obtenaient des capacités physiques des dizaines de fois supérieures à celles des gens normaux, ainsi que des pouvoirs spéciaux, au point de pouvoir affronter les monstres surnaturels et paranormaux appelés 【Arcanes】.

Mais dans ce monde, la production de nanomachines était monopolisée à plus de 95 % par notre Stingray Corporation.

Et « Adam » en particulier était réservé à un nombre très restreint de bénéficiaires.

'Ces types n'ont certainement pas pu devenir des Adaptés par des moyens légaux.'

En y repensant, je me rappelai que le roman racontait qu'ils étaient devenus des Adaptés grâce aux nanomachines illégales fabriquées par Miyu.

Me remémorant un peu tard ce détail sans importance, je pointai mon épée vers eux.

La situation avait déjà dégénéré : autant suivre le mouvement.

« C'est vous qui avez sorti les armes en premier. Après toutes les fois où vous avez enfreint les règles du Marché noir, vous allez pleurnicher pour ça ? »

« Espèce de salaud…… ! »

« Si vous reculez gentiment maintenant, je ne vous poursuivrai pas. Je n'ai pas envie d'en faire plus que ça, moi non plus. Mais si vous choisissez l'autre option…… je ne garantis pas l'issue. »

Je l'avais dit comme si j'espérais qu'ils battent en retraite, mais je sentais que mon corps, lui, voulait la seconde option.

Bon sang, espèce de tueur psychopathe.

Je ne te laisserai plus faire ce que tu veux. C'est moi qui contrôle ce corps, maintenant.

« Tuez-le ! Défoncez-le à mort, ce salaud ! »

« Ouaaaaaah ! »

Malgré mon avertissement, ils se ruèrent sur moi sans hésiter.

L'un d'eux sortit un pistolet et me mit en joue.

Un autre dégaina un couteau.

Un troisième brandissait une batte de baseball hérissée de clous, sortie d'on ne sait où. Je ne sais comment, la batte tournoyait sur elle-même en crachant du feu.

'Rapides.'

Comme prévu, leurs mouvements dépassaient ce dont un humain ordinaire était capable.

Si même les membres de bas rang avaient un tel niveau de combat, pas étonnant que les autres gangs se fassent malmener par les Loups de Sang.

Mais ce niveau-là ne marchait que contre les voyous des ruelles.

Inutile même d'évoquer, en comparaison, les vrais poids lourds qui régnaient sur la pègre de New Valhalla City.

« À ce rythme, ils ne vaudraient même pas les cadets de première année de l'Académie. »

L'épée dans ma main traça sa trajectoire d'elle-même, guidée par l'instinct.

La lame filait droit vers le cou de l'ennemi.

'Non. Si j'en tue encore ici, l'histoire risque de dérailler.'

S'occuper des Loups de Sang était censé être le travail du protagoniste, pas le mien.

Si je voulais éviter des conséquences plus tard, je devais simplement montrer un net écart de niveau et en rester là.

Réprimant à grand-peine l'envie de voir le sang couler, je corrigeai de force la trajectoire de l'épée.

La lame changea de direction d'un mouvement qui défiait les lois de la physique.

Je parvins tout juste à trancher un bras au lieu du cou.

« Ouaaaahhh ! M-mon bras !! »

Les trois membres du gang qui m'avaient chargé hurlèrent en remarquant enfin leurs bras pendants.

Je n'avais voulu qu'effleurer leurs muscles, mais peut-être parce que c'était mon premier vrai combat, mon instinct n'avait pas suivi correctement ma volonté.

Le résultat fut une scène bien plus macabre que prévu.

« Je vous avais prévenus. Je vous avais dit que je ne garantissais pas l'issue. »

« H-hurgh !? »

Quand je les foudroyai du regard, les trois au bras tailladé reculèrent, paniqués.

Mais ils ne semblaient pas avoir complètement perdu la volonté de se battre.

Ils criaient, cachés derrière un camarade armé d'un pistolet.

« Tire ! Tire-lui dans le front ! »

« Qu'est-ce que tu fous ?! Dépêche-toi de tirer ! »

« Taisez-vous ! Taisez-vous tous ! »

Le tireur avait l'air de vouloir s'enfuir sur-le-champ.

Mais ses camarades le retenaient, le forçant à pointer son arme sur moi.

Malgré la panique sur son visage, sa visée ne tremblait pas du tout.

Il était sans doute équipé d'un module d'assistance à la visée au pistolet.

S'il appuyait sur la détente, la balle filerait droit vers mon front.

Je lui demandai :

« Tu vas tirer ? Vraiment ? »

« Argh ! T-tu crois que je ne peux pas te descendre, salaud ?! »

« Réfléchis bien avant de te décider. Pour ta gouverne, je vous laisse une chance à tous, là. »

« Ouaaaaaah ! Ta gueule ! Ta gueuuule ! »

« On dirait que tu n'écoutes pas. »

La peur lui avait manifestement ôté tout discernement.

Ce spectacle apaisa un peu mon instinct meurtrier.

Son sang ne me semblait même pas valoir la peine d'être vu.

Abaissant la pointe de mon épée, j'avançai lentement.

Je les dépassai et poursuivis mon chemin dans la rue du Marché noir.

Les Loups de Sang ne purent ni tirer ni même oser croiser mon regard.

Quand je passai à leur hauteur, une odeur d'ammoniaque commença à monter.

Je vis un liquide non identifié s'écouler et imbiber le pavé.

« Tss. »

Je fronçai les sourcils devant cette saleté.

Des marchands et des passants des environs passaient discrètement la tête pour observer la scène.

D'ici demain, l'incident aurait sans doute fait le tour du Secteur E.

Bien sûr, je m'en fichais éperdument.

Quoi que racontent les habitants des bas-fonds du Secteur E, ils ne pouvaient pas égratigner un membre de la famille Stingray.

Je jetai un coup d'œil derrière moi et fis un signe du menton.

« Montre-moi le chemin, marchand d'armes. »

« Hein… O-oui ?! »

« Rue 58-1. Le distributeur qui parle. »

« Ah, oui ! O-oui, monsieur ! Tout de suite ! »

Le marchand d'armes accourut, en prenant garde de ne pas marcher sur les morceaux de chair éparpillés au sol.

« P-par i-ici ! O-oui ! »

« Qu'est-ce que tu racontes ? Tu n'arrives plus à bouger la langue ? »

« N-non, monsieur ! J-je suis désolé, monseigneur ! »

Il n'arrêtait pas de se courber encore et encore en ouvrant la marche.

À un moment, il était même passé de « monsieur » à « monseigneur ».

Sa façon de trembler faisait presque pitié.

Non… en réalité, c'est un mensonge.

Le voir ainsi ne me faisait absolument rien.

Se tenir au-dessus de tous.

Inspirer la peur à tous.

Pour Aaron Stingray, c'était tout simplement une évidence.

L'endroit où il me conduisit était un complexe industriel abandonné, à environ deux cents mètres du Marché noir.

Comme l'avait dit le marchand d'armes un peu plus tôt (« vous le reconnaîtrez tout de suite »), le distributeur se trouvait dans un endroit plutôt absurde.

« C'est celui-là ? »

« Oui, monsieur ! Les Loups de Sang traînaient souvent par là ! Les gens comme nous n'avaient même pas le droit d'approcher… »

« Assez d'explications. Allons-y. »

Sur ces mots, je sortis une liasse de crédits de mon portefeuille et la jetai sans ménagement au marchand d'armes.

Il ramassa frénétiquement l'argent par terre, s'inclina profondément en signe de gratitude, puis détala.

Après m'être assuré qu'il était parti, je m'approchai du distributeur.

Un distributeur blanc qui vendait des modules de combat. Et chaque article marqué « épuisé ».

Cela correspondait exactement à la description que j'avais lue dans le roman.

[« D-désolééée… t-tous les articles sont épuisés… s-si vous pouviez revenir une prochaine fois, j-je vous en serais très reconnaissante… »]

Une voix féminine dépourvue de toute estime de soi s'échappa du distributeur.

Ça aussi, ça correspondait exactement à la description du roman. Aucun doute, c'était celui que je cherchais.

'Comment on l'ouvre, déjà… ?'

Je me souvenais vaguement d'une histoire de boutons à presser dans un certain ordre pour révéler un passage secret.

J'essayai de me rappeler les détails du roman, mais je m'en lassai vite. Peut-être à cause du combat au couteau de tout à l'heure : mon état empirait de seconde en seconde.

Je commençais à m'énerver.

J'enfonçai la main sans ménagement dans l'interstice du distributeur. Puis je tirai de toutes mes forces.

Crrrrriiiiiic !

[« Q-qu'est-ce que vous faiiites… ?! A-arrêtez ça tout de suite, s'il vous plaît… J-je n'essaie pas de vous donner des ordres, hein… J-je suis désolée, mais des gestes aussi violents… euh… »]

La voix du distributeur bégayait de panique, mais je m'en moquai et tirai plus fort encore.

Finalement, dans un CRAC !, la façade du distributeur se détacha.

Ce qui apparut à l'intérieur n'était pas une machinerie, mais un passage secret menant sous terre.

« Kof, kof ! »

Bon sang.

J'allais bien il y a un instant, mais cette fichue quinte de toux était revenue. J'avais l'impression qu'on me déchiquetait les poumons aux ciseaux.

Je me couvris la bouche d'un mouchoir et toussai des corps étrangers. Des fragments de métal imbibés de sang restèrent collés au tissu.

« Haa… »

Mon esprit commençait à se brouiller.

Avant de perdre toutes mes forces, je sortis quelques comprimés de calmant et les avalai sans eau. Puis, en m'appuyant au mur, je descendis prudemment l'escalier.

Une marche. Une marche.

Au bout de cette descente chancelante dans le passage souterrain filtrait une lumière pâle.

Je continuai de marcher vers la source de cette lumière.

Bientôt, un nouvel espace apparut.

Mais ma vue se brouillait, et je ne distinguais plus ce qui se trouvait où. L'odeur de produits chimiques et d'huile mêlée dans l'air me faisait tourner la tête plus encore.

Patatras !

Un grand bruit d'effondrement retentit quelque part, mais je n'avais pas la force de m'en soucier. Pour une raison ou une autre, les calmants ne faisaient pas effet.

Je parlai vaguement dans la direction où je sentais une présence.

« La Modulaire… Miyu… ! »

La voix que j'avais arrachée de toutes mes forces ressemblait au couinement d'agonie d'un rat.

C'était étrangement humiliant, mais je criai quand même de toutes mes forces.

« À-à l'aide… k-kof ! Je… viens faire une demande… ! »

Je chancelai.

Soudain, mes jambes se dérobèrent et ma vue s'écrasa au sol.

Sans que je m'en rende compte, même mes nerfs s'étaient engourdis, et je ne sentis pas le choc de l'impact.

« V-vous allez bieeen… ?! »

À la place, je sentis quelque chose de doux et de délicat rattraper mon corps.

Un parfum étrangement sucré me chatouilla les narines.

Et puis…

[Succès débloqué]

[Vous avez rencontré la Modulaire de génie, « Miyu ».]

[Points de succès : +200]

Un message système inconnu me bouchait la vue.

Mais avant même de pouvoir comprendre ce qu'il signifiait, je perdis connaissance.

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