Aller au contenu principal

Chapitre 7

Chapitre 7 - Quel cinglé (3)

17 octobre 2026 ~15 min · 2 933 mots

« C'est quoi, ce délire ? »

L'ambiance était grave. Contrairement à son habitude, Lee Gun fixait son adversaire d'un air menaçant. On aurait dit qu'il affrontait l'ennemi juré de ses parents. Les sourcils froncés, il lança : « Répète un peu. Qu'est-ce que tu as dit ? »

Son adversaire répondit avec calme.

[Votre niveau est trop bas. Vous n'êtes pas autorisé à utiliser ce distributeur.]

[Merci de réessayer une prochaine fois. Nous vous remercions.]

Lee Gun finit par exploser. « Hé ! Tu veux mourir ? Tu viens de m'avaler mon argent ! Donne-moi vite la boisson que j'ai choisie ! »

« G-grand frère ! Calmez-vous, je vous en prie ! »

« Il a raison ! On ne casse pas le bien d'autrui ! »

Oui, Lee Gun était en plein bras de fer avec un distributeur de boissons.

Tout avait commencé une quinzaine de minutes après l'incident de la cigarette. Lee Gun enquêtait sur ses ennemis. Il se trouvait près de l'arrêt de bus quand le jeune homme, haletant, s'était mis à s'éventer le visage.

« Quoi ? Tu surchauffes ? » demanda Lee Gun.

« Hein ? C'est juste que... »

« J'imagine qu'il fait assez chaud pour se mettre en manches courtes », marmonna Lee Gun.

« ... ?! »

M. Hwang et le jeune homme restèrent une fois de plus abasourdis. Il faisait quarante degrés, et cet homme en parlait comme d'une banale journée d'été. Bien sûr, cela pouvait se comprendre. Les disciples de haut rang ne sentaient pas la chaleur. Leur statistique de résistance au feu les protégeait de la chaleur et des flammes.

Mais existait-il en ce monde un autre disciple de haut rang capable de ne pas verser une seule goutte de sueur, comme lui ?

'C'est quoi, son problème ?'

'Il a une résistance au feu innée de quel niveau ?'

Ils dévisageaient Lee Gun comme un monstre quand il les interrompit.

« Bon. Je vous offre à boire. » Allez savoir pourquoi, Lee Gun prit un air détaché et se dirigea vers le distributeur.

Mais quand ils le virent sortir son propre argent, ils prirent peur.

« Hé ! Qu'est-ce qu'il fabrique ? Il veut nous empoisonner avec les boissons ? »

« I-il en veut aussi à nos portefeuilles ? »

Ils repensaient à ce que Lee Gun avait fait au couple, qui avait perdu connaissance. Cet homme était tout à fait capable de les empoisonner.

Lee Gun n'attendit pas leur réponse. Il glissa un billet de dix mille wons dans le distributeur et appuya sur le bouton. Mais...

[Le niveau de l'Utilisateur est trop bas.]

[Merci d'utiliser ce distributeur après avoir augmenté votre crédit social.]

Le distributeur débitait des absurdités. Pire encore, il ne lui rendait pas son argent. Voilà pourquoi il s'était mis en colère.

C'est ainsi qu'on en était arrivé là.

« Hé, rends-moi vite mon argent », hurla Lee Gun.

[Vous n'êtes pas autorisé à utiliser cette devise. Merci d'utiliser un autre billet.]

« On discutera quand tu m'auras rendu mon argent. »

[Merci de ne pas me frapper. Vous commettez une infraction.]

« Tais-toi et rends-moi mon argent ! » insista Lee Gun.

[Merci de revenir après avoir augmenté votre niveau.]

Quand Lee Gun s'approcha de la machine, M. Hwang paniqua. « Hé ! Ne le cassez pas ! On va vous l'acheter ! Je vais contacter le temple qui gère cette machine pour essayer d'obtenir un remboursement ! »

Lee Gun fusilla le distributeur du regard. Visiblement, bien des choses avaient changé en vingt ans. Pour faire simple, les éveillés devaient payer très cher ou travailler pour leurs dieux respectifs. C'était le cas pour cette machine.

<La boisson énergisante n° 1 trois ans de suite !>

<Buvez-la, et adieu la fatigue oculaire ! Votre concentration augmentera sans le moindre problème ! Cette bière vous rendra beau aux yeux des autres !>

<Ce distributeur appartient directement à un Saint. Les articles achetés en supérette ne donnent que 1 % de bénédiction ! Ici, c'est un tout autre niveau ! Cette boisson n'a aucun effet secondaire ! Achetez vos boissons au distributeur Choice !>

<Consommable aussi par les personnes ordinaires !>

Si ce distributeur paraissait étrange à Lee Gun, il n'avait rien que de très normal pour l'époque. Et ce n'était pas tout. La plupart des installations modernes, défense, agriculture, transports publics, éducation, loisirs, ressources et ainsi de suite, étaient sous le contrôle des douze Saints.

'J'écraserai tous ces parasites.' Très bien, mais ce problème attendrait. Les yeux de Lee Gun lancèrent des éclairs tandis qu'il fixait le distributeur, qui continuait de débiter ses âneries.

À côté de lui, le jeune homme appuyait sans relâche sur le bouton de remboursement. Après avoir appelé le numéro inscrit sur le distributeur, M. Hwang prit la parole : « Ah. Tant pis, on n'y peut rien. Le temple qui gère cette machine ne décroche pas. Ce ne sont que dix mille wons, attendons. »

'Attendre, mon cul.'

Kwang !

Les deux hommes poussèrent un cri en entendant le choc violent contre la machine. Lee Gun continuait de la démolir sans la moindre gêne.

Bip, bip, bip.

Doul-keung ! Gi-gi-gik...

Clang, clang !

M. Hwang et le jeune homme devinrent blêmes de frayeur. Lee Gun, lui, avait l'air ravi tandis que les canettes se déversaient de la machine.

« Oh ! Il m'en a donné treize. »

Comme toujours, la meilleure façon de réparer une machine, c'était de taper dessus. Lee Gun sourit de toutes ses dents. Les deux autres, en revanche, n'approuvaient pas sa méthode.

« Hé ! On ne donne pas des coups de pied comme ça d'un coup ! »

« Il a raison. Il y a un commissariat tout près ! Ils vont vous arrêter ! »

Après avoir passé en revue les treize boissons, Lee Gun fusilla de nouveau le distributeur du regard. « Il ne m'a pas craché le cola que je voulais. »

Quand Lee Gun recommença à s'échauffer, M. Hwang s'écria : « Une fois, ça suffit ! » Il jeta un coup d'œil autour d'eux et poursuivit : « Vous savez ce que vous êtes en train de faire ? Ce distributeur dépend directement d'un des douze Saints ! »

Lee Gun, qui buvait ses boissons, pencha la tête, perplexe. Il ne semblait pas y voir le moindre problème.

« Il appartient au Sagittaire », expliqua M. Hwang.

« Hein ? Alors ça ira », répondit Lee Gun.

« Quoi ? »

'Pourquoi ça irait ?' Les deux chasseurs dévisagèrent Lee Gun, décontenancés. Ils étaient aussi surpris qu'un distributeur appartenant à un Saint soit si facile à piller. 'Ils ont sauté le contrôle qualité parce que c'est un produit industriel ?'

Les deux hommes regardaient autour d'eux, guettant quelqu'un qui viendrait les arrêter, quand cela se produisit.

« Ah ! Excusez-moi ! » Le jeune homme saisit soudain le bras de Lee Gun, l'air inquiet. La raison en était simple. Il dit : « Quelqu'un n'arrête pas d'appeler depuis ce numéro. »

Le jeune homme montra l'écran de son téléphone à Lee Gun. Les appels venaient du numéro que Lee Gun avait composé au restaurant. « C'est marqué Oh Taeksoo. Ce n'est pas le numéro de quelqu'un que vous connaissez ? »

Ce Taeksoo était aussi le propriétaire du distributeur que Lee Gun venait d'endommager.

« Vous m'avez dit de ne pas répondre, alors je l'ignore. Mais... », dit le jeune homme.

« Oui. Tu fais bien. Continue de l'ignorer. »

Le jeune homme leva les yeux au ciel devant la réponse de Lee Gun. « C'est le vingtième appel. Il m'envoie des messages désespérés pour que je vous mette en contact avec lui. »

Lee Gun répondit : « Ignore-le. Dis-lui que la personne qui l'a appelé est morte. Insulte-le et raccroche. »

« Quoi ? » Le jeune homme se demandait s'il devait vraiment dire une chose pareille. Lee Gun ricana. Le jeune homme avait cru que Lee Gun allait lui offrir à boire, et voilà qu'il devait insulter un Saint.

Lee Gun trouvait un peu étrange que son ami cherche si désespérément à le joindre. Vingt ans avaient passé ; il s'attendait à ce que son ami l'ait oublié. Contre toute attente, leur amitié n'avait pas été de façade. Bien sûr, son ami pouvait aussi avoir une idée derrière la tête en l'appelant.

Sur cette pensée, Lee Gun jeta à la poubelle les treize canettes, vidées en un rien de temps. « C'est bon. Ignore l'appel. »

« Oui. Compris... Hein ? Et nos boissons ? » demanda le jeune homme.

Mais Lee Gun s'en moquait bien. « On y va. »

« ?! »

Lee Gun partit d'un rire grinçant en se mettant en marche. Le jeune homme, surpris, demanda : « Hein ? Grand frère ! Pourquoi vous allez vers l'arrêt de bus ? »

« Je reviens tout de suite », lui dit Lee Gun.

« D'accord ? Vous allez où ? »

'Où ?' Les sourcils de Lee Gun se haussèrent d'un air mauvais tandis qu'il inspectait les abords de l'arrêt de bus. Il voulait que l'incompétent propriétaire du distributeur souffre un peu.

***

Après le bip, une voix invita l'appelant à laisser un message sur la messagerie. La voix monocorde était toujours aussi froide. Le propriétaire de l'entreprise de distributeurs en question se massa le front. Quand il grogna, l'homme à l'autre bout du fil claqua la langue.

« Vous n'arrivez toujours pas à le joindre ? »

Le Sagittaire laissa échapper un petit soupir en entendant son subordonné. Il lui fallait encore onze heures environ pour arriver en Corée. En attendant d'embarquer, Hugo Otis avait chargé son subordonné de mener une enquête dans l'intervalle.

Comme Hugo devait quitter l'Angleterre sans que personne ne le remarque, il n'avait pas pu prendre l'avion privé que le gouvernement mettait à sa disposition. Il avait donc dû fourrer son costume Brioni, hors de prix et voyant, dans sa valise.

'Merde. Il m'a fallu des années de miles pour décrocher ce siège en première classe.' Il comptait bien faire connaître son mécontentement.

Hugo demanda à son subordonné : « Donc le propriétaire du téléphone est un lycéen ? »

« Oui. C'est un disciple de bas rang d'un petit temple. Si vous le souhaitez, je peux porter plainte. Avec votre privilège de Saint, nous pouvons demander à Interpol d'ouvrir une enquête. »

Les yeux d'Hugo s'écarquillèrent aussitôt. « Non. Ce n'est pas si grave ! N'en faites pas toute une affaire. » Il avait parlé un peu fort, ce qui surprit l'homme au bout du fil.

« Ah ! J'imagine qu'on n'a pas besoin de mêler la police à un canular téléphonique. Pardon ! »

Hugo se massa le front. 'Je ne peux pas mêler la police à ça. La police, c'est...'

Peu importait le pays. Les Douze Zodiaques avaient des contacts dans toutes les polices. Cet incident pouvait être lié à Lee Gun. Hugo n'avait aucune raison de le placer de lui-même dans le collimateur des autres. Si la personne qui l'avait appelé était vraiment Lee Gun, Hugo n'osait pas porter plainte officiellement contre lui.

'Au moindre faux pas, il me tue.' Hugo frissonna malgré lui. Il se souvenait nettement de la voix laissée sur sa messagerie. Elle était si intense qu'il en avait des frissons chaque fois qu'il l'écoutait. Il avait du mal à repasser le message.

'Merde ! Une seule personne au monde est capable de laisser un message pareil.' Vingt ans avaient passé, mais son ami semblait toujours aussi soupe au lait. 'Comment j'ai pu oublier comment il se comportait ?'

Un jour, Lee Gun avait mis un coup de pied sauté au président des États-Unis devant les caméras. Voilà à quel point il était excentrique. Hugo se massa le visage, au bord des larmes.

Le gouvernement coréen, semblait-il, avait lui aussi ignoré un appel de Lee Gun en le prenant pour un canular. Un scandale avait éclaté. D'après les sources d'Hugo, un haut fonctionnaire avait commis une erreur. Le gouvernement coréen avait négligé la gestion de la ligne directe avec Lee Gun.

'Il ne pardonnera jamais un affront pareil', pensa Hugo.

Le subordonné d'Hugo prit son silence pour une réponse et reprit la parole.

« Compris. Nous traquerons nous-mêmes ce sale criminel ! »

Hugo le coupa aussitôt. « Non ! C'est notre période la plus chargée de l'année. Vous n'avez pas à faire ça. »

« C'est une affaire si insignifiante qu'un Saint ne devrait pas... »

« Non ! C'est en m'occupant moi-même des détails insignifiants que je le remettrai dans le droit chemin. Comme ça, il saura que le monde est un endroit effrayant. »

Son subordonné resta bouche bée.

« Ce n'est qu'un lycéen... Non, oubliez ce que je viens de dire ! »

Le subordonné s'éclaircit la gorge en parlant.

'Les temples ont bien eu des ennuis avec les lois de protection des mineurs, il y a quelque temps.' Hugo inventa une excuse bancale pour que ses subordonnés ne se mêlent pas de l'affaire. Puis il regarda la télévision du salon d'attente.

<Flash spécial ! L'armure de Lee Gun retrouvée au premier étage de la tour !>

<C'est l'armure légendaire des manuels scolaires !>

<Un squelette retrouvé à côté de l'armure ! Sa taille correspond à celle de Lee Gun !>

Les yeux d'Hugo s'agitèrent à cette vue. La raison en était simple.

[Ça fait un bail. Pourquoi tu ne décroches pas ?]

Hugo était inquiet, car un autre groupe ne cessait de lui envoyer des messages. 'Les Douze Saints.' C'étaient ses anciens camarades, et c'étaient sans doute eux qui avaient enfermé Lee Gun dans la tour. Ils n'avaient qu'une seule raison de le contacter sans vergogne après dix ans de silence.

'Lee Gun.' Ils n'avaient sans doute jamais imaginé que Lee Gun puisse être en vie. À vrai dire, Hugo lui-même avait du mal à y croire. Si c'était vraiment Lee Gun, il avait survécu dans la tour pendant vingt ans. Ce qui voulait dire...

'Gun est en danger.' Hugo déglutit. Certes, Lee Gun avait été le plus fort des treize. Mais vers la fin, il avait dû travailler pour les douze autres afin de faire réparer son corps par leurs pouvoirs divins.

Le visage et le corps de Lee Gun étaient devenus une ruine. Son corps s'était dégradé avec l'âge.

'Comment a-t-il pu survivre vingt ans avec ce corps brisé ?' Hugo ferma les yeux de toutes ses forces. Les images qui lui venaient à l'esprit étaient vraiment terrifiantes.

'Au sommet de sa forme, il aurait peut-être pu accomplir un tel exploit, mais...' Aujourd'hui, Lee Gun n'était peut-être plus qu'un vieillard incapable de soulever une cuillère de sa main tremblante. Et puis, il n'avait pas pu tuer tous les monstres et sortir de la tour sans perdre la raison. Il était même possible que des monstres soient à ses trousses.

'Le plus bizarre, c'est que ma double vue et toutes mes compétences de pistage ne fonctionnent pas.' Hugo était nerveux : il n'avait aucune information sur Lee Gun.

'Peu importe, je dois d'abord le retrouver. Ensuite, je dois le protéger des autres... Pourquoi tu ne décroches pas, sale petit malpoli ?'

Hugo tapa du pied, rongé d'angoisse.

***

Le sale petit malpoli problématique auquel pensait Hugo croquait dans un esquimau. « C'était vraiment marrant. »

Il était vingt heures. Lee Gun se moquait bien que les autres s'inquiètent à cause de lui. Il venait de sortir s'amuser, alors il était content. Il savait déjà ce qu'il devait faire à l'avenir, mais il venait tout juste de revenir dans la société. Pour l'instant, il voulait récupérer un peu.

'De toute façon, mon énergie magique n'est pas encore pleine.'

Lee Gun continuait d'éplucher toutes sortes de sujets sur le téléphone du jeune homme. Bien sûr, il ignorait tous les appels qui lui étaient destinés. Pour l'heure, les deux autres et lui étaient arrivés devant une résidence de cinq étages flambant neuve.

« Merci de nous avoir raccompagnés. J'habite au rez-de-chaussée, là où les lumières sont encore éteintes. » M. Hwang fit un geste de la main. « Oui, tu devrais rentrer, maintenant. On dirait qu'il y a beaucoup de catastrophes à Séoul ces derniers temps. C'est le chaos, à bien des égards. Les Saints ont pourtant béni cet endroit, alors je ne comprends pas pourquoi ça arrive. »

Comme s'il attendait ce signal, le jeune homme s'inclina vivement devant Lee Gun. « Grand frère ! Vous m'avez sauvé la vie aujourd'hui, et vous avez même pris la peine de me raccompagner. Merci beaucoup ! Je vous suis doublement reconnaissant, parce que ce quartier est dangereux ces temps-ci... Je ne sais pas où vous habitez, mais prenez soin de vous. Je vous le rendrai, c'est promis... Hein ? »

Quand le jeune homme releva la tête, le spectacle le stupéfia. « Hein ? Où est-ce qu'il est passé ? »

Lee Gun avait disparu. Mais cela ne dura qu'un instant.

« ! » Le jeune homme prit peur en apercevant quelque chose. Il y avait de quoi.

Lee Gun se curait l'oreille devant chez lui. « Vous ne rentrez pas ? J'ai sommeil. »

« Quoi ? »

Lee Gun laissa échapper un rire légèrement effronté. « Bah, je vous ai sauvé la vie, et je suis déjà à votre charge. Ça me va si vous me remboursez en me prêtant votre lit. »

« ... Quoi ? »

« Ah ! Ce serait parfait si vous aviez un oreiller à mémoire de forme. »

'Quoi ?'

Fin du chapitre 7
Fiche de l'œuvre

Commentaires

Code anti-spam :······
0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.