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Chapitre 12

Chapitre 12

2 novembre 2026 ~14 min · 2 613 mots

« Hmm... »

J'avais beau afficher un air calme, ma mâchoire tremblait légèrement.

« Pas la peine d'être aussi tendu. Je veux juste bavarder un peu. »

Le membre de la branche collatérale aux cheveux longs, celui qui menait les autres, s'approcha. Je connaissais son nom : Crain Zigheart. Il avait cherché des histoires ce matin et montré un talent assez impressionnant lors de l'évaluation des aptitudes.

« Hé. »

Sur un geste de Crain, les trois enfants qui l'accompagnaient se postèrent à ma gauche, à ma droite et derrière moi.

« Bavarder ? Bavarder de quoi ? »

Je tentai de reculer, mais tous trois me barrèrent la route en même temps.

« Tu le sauras si tu nous suis. »

« Viens sans faire d'histoires. »

Crain eut un sourire narquois et fit un geste ; les autres se mirent aussitôt à me pousser de l'épaule.

Comme j'étais plus petit que mon âge et que les enfants des branches collatérales étaient plus grands que leurs pairs, on aurait dit un adulte qui traînait un enfant.

« Attendez, juste un instant. On ne pourrait pas parler ici... »

« C'est trop tard pour ça. »

« Tu aurais dû faire plus attention. »

Je baissai les yeux et rentrai les épaules, ce qui fit ricaner les enfants des branches collatérales, qui passèrent leurs bras sous les miens.

- Tu disais que tu allais me montrer un spectacle qui vaille la peine, et qu'est-ce que tu fabriques ?

'Les bonnes choses demandent de la patience. Attends un peu.'

En apparence, j'avais l'air décontenancé, mais au fond, je n'avais jamais été aussi calme.

« Ugh ! »

Ils me traînèrent sans que je puisse rien faire jusqu'à la bordure extérieure du terrain d'entraînement et me jetèrent contre le mur. C'était un recoin isolé et ombragé, où peu de gens passaient.

« Q-qu'est-ce que vous faites, enfin ? »

« Sale profiteur d'élixir. »

« Quoi ? »

« Rejeté par la lignée directe, et tu te pavanes parce que tu as eu la chance de tomber sur un élixir spirituel ? »

« Sans l'élixir spirituel que le Saint t'a donné, tu n'aurais même pas pu courir aujourd'hui ! »

« Lâche ! »

Les visages des enfants des branches collatérales devinrent féroces, comme ceux de prédateurs qui guettent une proie.

'Pour une chose aussi insignifiante...'

La raison de leur attaque était d'une mesquinerie puérile et pitoyable, preuve qu'ils n'étaient que des enfants.

'Et ils n'envisagent même pas de perdre.'

Je laissai échapper un petit rire.

'Évidemment.'

Contrairement à moi, qui avais douze ans, ils en avaient treize et étaient nettement plus grands. Ils s'entraînaient depuis un bon moment déjà ; l'idée même de la défaite devait leur être étrangère.

« T'inquiète. Je ferai en sorte que ça ne se voie pas. »

« Ce n'est pas la première fois qu'on fait ce genre de chose. »

« Tu as entendu l'instructeur. On bavarde juste un peu entre camarades. »

Les enfants des branches collatérales avancèrent, les poings serrés.

« C'est vrai. »

Je relevai la tête que je tenais baissée et souris légèrement.

« Il est temps de distribuer une correction. »

La peur et le trouble qui flottaient dans mes yeux un instant plus tôt avaient complètement disparu.

« Espèce de... ! »

Le garçon coiffé au bol, sur la droite, lança un coup de poing.

Je pivotai l'épaule pour esquiver, puis le frappai à droite de la poitrine du coude droit.

« Gack ! »

Le garçon coiffé au bol s'écrasa tête la première au sol, haletant, sifflant. Incapable de reprendre son souffle, il griffait la terre sous lui.

« Qu-qu'est-ce que c'est que ça ! »

Le garçon aux yeux bridés, sur la gauche, lança le pied en avant.

Whoosh !

Je déviai le coup de pied montant de la main gauche, puis avançai d'un pas et lui enfonçai le poing dans le plexus solaire.

« Ugh... »

Le garçon aux yeux bridés s'effondra en se tenant le ventre, les yeux révulsés.

Crac !

Celui qui se trouvait derrière moi abattit son poing serré. Je le déviai de la paume et lui envoyai un coup de pied dans l'abdomen.

« Hhh ! »

Le plus costaud de tous s'effondra, à bout de souffle.

« Vous, qu'est-ce que vous faites ! Pourquoi vous perdez contre ce type ! »

Resté seul, Crain Zigheart recula d'un pas. Sa voix tremblait, et ses yeux aussi.

« On bavarde. La conversation physique et intime entre camarades dont tu parlais. »

J'avançai tandis que Crain reculait.

« N'approche pas ! »

Crain hurla et lança le poing gauche, aussitôt suivi du droit : un enchaînement bien rodé.

Seulement, celui qui le recevait n'était pas un enfant de douze ans ordinaire.

Crac !

Mon bras s'enroula vers le haut comme une vipère. Je l'enroulai autour du bras gauche de Crain Zigheart et le tordis vers la droite.

« Aaaargh ! »

Crain Zigheart hurla, incapable de déployer complètement son bras droit tant la douleur de son membre tordu le transperçait.

« Pas encore. »

Je fis passer mon aura dans ma main gauche et lui assénai un coup sec au flanc droit.

« Gack ! Kueeegh ! »

Crain Zigheart lâcha un cri étranglé et roula sur le sol.

- Excellents hurlements. Mais tu ne lui as pas encore broyé le crâne. Fais-le maintenant.

'Cette obsession pour son crâne...'

Je secouai la tête et tournai les yeux vers les quatre enfants des branches collatérales qui se tordaient à terre.

« Qu'est-ce que je vais faire de vous ? »

Je fis rouler ma nuque et m'approchai d'eux. Une intention meurtrière glaçante vacillait dans mes yeux.

« Hnngh ! »

« Uuugh ! »

« Qu-quoi... »

Les enfants des branches collatérales tremblèrent comme saisis de froid. Leurs visages exprimaient une terreur qui dépassait de loin le simple trouble.

« Uuuh... »

Les dents de Crain Zigheart claquaient comme s'il gelait.

'Mais qu'est-ce que c'est que ce type ?'

Même Buren Zigheart, un descendant direct, n'avait jamais dégagé une telle aura, pas plus que les autres descendants directs, plus âgés que lui. Raon possédait quelque chose de bien plus sombre qu'une simple aura : une ombre palpable qui semblait engloutir la lumière elle-même.

'C'est comme... comme regarder des adultes...'

Pas des adultes ordinaires : c'était la sensation glaçante de croiser le regard de ceux qui étaient devenus les piliers de la famille, ceux qui portaient le poids des générations.

« Une conversation devient d'autant plus profonde qu'on s'y engage, après tout. »

« Ugh ! »

« P-pitié ! »

Tandis que Raon approchait en souriant, les dents des enfants des branches collatérales claquaient comme s'ils voyaient venir la mort en personne.

Crac ! Bam !

Sous la force de ses poings, les enfants des branches collatérales se tordaient comme des vers, incapables même de crier.

- Tu les as bien corrigés. Pour la première fois, je t'approuve.

'Merci bien.'

Raon roua les enfants des branches collatérales de coups au point que même Colère le trouva admirable, en ne visant que les endroits où la douleur serait la plus vive tout en restant invisible à l'œil.

« Hck ! »

« Aaagh... »

Les enfants des branches collatérales ne pouvaient plus soutenir le regard de Raon. Ils se contentaient de se recroqueviller comme des crevettes échouées sur le rivage.

« A-arrête, s'il te plaît... »

« On a eu tort ! »

« Nngh ! »

Raon se releva après s'être assuré qu'ils n'oseraient même plus jeter un regard à ses pieds.

« Ce qui s'est passé aujourd'hui n'était qu'une conversation entre camarades. Compris ? »

« O-oui ! »

« O-oui, monsieur ! »

« Vous ne parlerez de cette conversation à personne, n'est-ce pas ? »

« B-bien sûr que non ! »

« Jamais, monsieur ! »

Pressés d'en finir avec la correction, Crain Zigheart et les autres hochèrent vivement la tête.

« Alors je vais conclure avant de mettre fin à notre conversation. »

« C-conclure ? »

« Qu'est-ce que tu veux dire par là... »

« Qui vous a envoyés me provoquer ? C'est Buren ? »

« Euh... »

« Non ? Ce n'est pas lui. »

Les enfants des branches collatérales secouèrent la tête.

« Alors quoi ? »

« B-Buren ne nous a jamais donné d'ordre. »

« Oui. Il nous a même dit de ne pas le faire. C'est juste nous qui... »

« Ah bon ? »

Je ris doucement. À voir leurs mines désespérées, je savais qu'ils ne mentaient pas. Buren n'y était vraiment pour rien.

'Il n'est pas encore complètement pourri.'

Buren avait beau nourrir de mauvais sentiments à mon égard et avoir la langue acérée, il ne semblait pas irrécupérable.

« Si vous ne voulez pas bavarder avec moi demain, vous feriez mieux de ne pas vous mettre en travers de mon chemin. »

« Oui ! »

« Bien sûr ! »

« O-on ne marchera même pas sur ton ombre ! »

Je me détournai en entendant leurs réponses. Au moment où j'allais quitter le recoin, une notification retentit.

Ding !

***

Clic.

Rimer descendit dans le recoin après le départ de Raon et des enfants des branches collatérales.

« Hmm ! »

Il fit claquer ses lèvres en regardant les enfants des branches collatérales s'éloigner en traînant les pieds.

'C'était divertissant.'

Il ne faisait que tuer le temps, comme d'habitude, et voilà qu'il avait assisté à quelque chose de tout à fait remarquable.

'Plus je l'observe, plus il m'intrigue.'

Le Raon qu'il avait vu aujourd'hui ne ressemblait en rien au malade pitoyable que Glen et Sylvia lui avaient décrit.

'Un prodige ?'

Raon n'avait jamais appris les arts martiaux. On disait qu'il n'avait jamais frappé personne ni jamais été frappé. Pourtant, les mouvements qu'il venait de montrer racontaient une tout autre histoire.

Il avait esquivé le premier coup de poing avec un écart minimal, puis contre-attaqué aussitôt.

Les deuxième et troisième échanges s'étaient terminés en un éclair : il avait frappé des points vitaux avant même que l'adversaire puisse réagir correctement. Encore brut, certes, mais ses poings bougeaient avec une habileté qu'on ne pouvait pas qualifier de premier combat.

Rimer avait cru que seule sa force mentale sortait de l'ordinaire, mais il semblait doué pour les arts martiaux aussi.

'Bon sang ne saurait mentir.'

Rimer rit doucement en se rappelant comment Raon avait terrassé les enfants des branches collatérales, avant de les intimider à leur tour.

Glen était pareil, à l'époque où Rimer trouvait le monde petit et se croyait le plus fort. Il paraissait ordinaire, et pourtant, chaque fois qu'il s'avançait, il surpassait tous les autres.

Que même Rimer, qui méprisait les humains, ait été poussé à le suivre : inutile d'en dire plus sur le genre d'homme qu'il était.

'Et en plus...'

La façon dont Raon avait retourné contre eux les propres mots des enfants des branches collatérales pour les intimider rappelait Glen plus encore.

« Un talent incompréhensible, debout parmi les plus grands talents... »

Rimer tapota légèrement le sol, comme s'il jouait du piano.

« Mon cœur s'emballe. »

Ses lèvres s'étirèrent en un doux sourire.

***

J'entrai dans la chambre 405, d'après le numéro de clé que m'avait remis l'instructeur qui attendait devant le dortoir.

C'était une chambre individuelle spacieuse, guère différente de mes quartiers de l'annexe. Le lit avait l'air moelleux, et il y avait largement la place de pratiquer la cultivation.

'Bien.'

J'achevai rapidement l'inspection de la pièce, m'assis sur le lit et rappelai le message que j'avais vu un peu plus tôt.

[Colère est satisfait de vos actes.]

[Agilité augmente de 1 point.]

Un message indiquait que Colère était satisfait, accompagné d'une notification annonçant la hausse d'une de mes statistiques.

'Je peux aussi faire monter mes stats de cette façon ?'

Il semblait que mes stats pouvaient augmenter non seulement en résistant à l'emprise de Colère, mais aussi en le satisfaisant.

Cependant.

[Colère rugit d'indignation.]

- Une illusion ! Je n'étais pas satisfait ! C'est encore insuffisant ! Je ne serai content que quand je leur aurai arraché la tête !

À voir Colère piquer une crise, la hausse de stat avait manifestement été transmise indépendamment de sa volonté.

- D'où sortent donc ces stats, tout à coup !

Même Colère semblait ignorer d'où provenaient ces hausses supplémentaires.

« Toi non plus, tu ne sais pas ? Avec tes capacités, il n'y a pourtant rien que tu ignores. »

- Tu m'as pris ce qui m'appartient, et tu ne comprends même pas ce qui en découle ?!

« Quoi qu'il en soit, que je l'ignore, c'est la vérité. »

- Grrr...

La voix de Colère tremblait ; toute sa bonne humeur de tout à l'heure s'était évaporée.

- Soit. Je vais enquêter et je reviens. Attends-moi.

Sur ces mots, la présence de Colère s'évanouit. Le bracelet restait à mon poignet, mais son esprit semblait s'être envolé ailleurs. J'agitai la main pour voir, sans obtenir de réaction.

« Enfin un peu de calme. »

Je baissai la main. Profitant du silence de Colère, je me préparai à me laver et me rendis à la salle de bains du quatrième étage.

Après un bain rapide, je revins dans ma chambre et m'assis par terre sans même me sécher les cheveux.

'Maintenant, je vois : c'est une poule aux œufs d'or.'

Je ris en contemplant le bracelet de fleurs à mon poignet. Des hausses de stats juste pour obtenir sa reconnaissance ou résister à ses interférences : c'était pratiquement gratuit.

J'avais l'Anneau de Feu et la Résistance à l'attribut Eau ; je ne perdrais jamais face à Colère de toute façon. Ce n'était que du bénéfice.

'Je devrais pratiquer la cultivation avant qu'il revienne.'

Toujours de bonne humeur, je fermai les yeux pour faire tourner l'Anneau de Feu.

Whoooosh !

Juste au moment où j'allais commencer la cultivation, après avoir élevé ma concentration.

- Grrr !

« Déjà de retour ? »

Je claquai la langue et ouvris les yeux : Colère tremblait violemment à mon poignet.

- Voleur !

« Voleur ? »

- Tu voles la puissance que j'ai laissée dans mon corps originel !

'Corps originel ?'

À bien y penser, Colère avait mentionné être roi quelque part et s'était désigné comme souverain. Je n'avais pas pris la peine de m'en souvenir, ça ne semblait pas important.

- Le Monde Démoniaque ! J'étais le seigneur du Monde Démoniaque !

'Je vois.'

Comme ça ne m'intéressait pas, je me contentai d'un léger hochement de tête.

Grrriinc.

Un grincement de dents s'éleva de Colère.

- Qu'est-ce que c'est que cette réaction ? Misérable insecte, toi qui reçois ma puissance, tu devrais t'agenouiller et me témoigner ta révérence.

« Tu ne me la donnes même pas de ton plein gré, alors pourquoi devrais-je t'être reconnaissant ? »

- Ugh...

Colère se tut, se contentant de grogner.

- Ton audace perce vraiment les cieux.

« Pas spécialement. »

Je secouai la tête. Je n'avais jamais rien pensé de tel. Colère avait passé toute son existence à être révéré ; il ne supportait tout simplement pas la moindre fermeté.

- En ce moment, mon corps originel est relié à toi. C'est pour cela que les capacités de la fenêtre de statut t'ont été transmises.

'Hmm...'

- J'ai donc une proposition.

« Une proposition ? »

- Faisons un pari. Si tu gagnes, je te transfère les stats. Mais si tu perds, tu subiras ma colère.

La voix de Colère débordait de rancœur et d'indignation, exactement comme lors de notre première rencontre.

[Colère vous a proposé un pari.]

Fin du chapitre 12
Fiche de l'œuvre

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