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Chapitre 11

Chapitre 11

30 octobre 2026 ~15 min · 2 874 mots

[Force augmentée de 2 points.]

[Agilité augmentée de 1 point.]

[Endurance augmentée de 1 point.]

« Hah... »

Un souffle s'échappa de mes lèvres.

'C'est bien réel.'

Un tremblement naquit dans mes avant-bras et se propagea dans tout mon corps. Quand je serrai le poing, je sentis une prise nettement plus ferme qu'auparavant.

Tap.

Je sautillai légèrement sur place. Mon corps me paraissait aussi léger que si l'on m'avait ôté un lourd fardeau.

'Le corps change donc vraiment quand les statistiques augmentent ?'

- Tu croyais que le système que j'ai créé était factice ?

'Incroyable.'

Je fis claquer ma langue. Accorder un gain de capacités physiques pour avoir repoussé mes limites à l'entraînement : c'était une récompense d'une générosité absurde.

J'allais justement qualifier ce pouvoir de complètement démesuré quand une seconde série de messages apparut.

[Vous avez résisté à l'ingérence de Colère.]

[Vos statistiques augmentent davantage.]

[Agilité augmentée de 1 point.]

[Endurance augmentée de 1 point.]

[Vitalité augmentée de 1 point.]

D'après le message, mes statistiques montaient encore pour avoir résisté à l'obstruction de Colère.

- Qu'est-ce que c'est que ça ?

'...'

Mes yeux brillaient d'une exaltation silencieuse tandis que la vague de puissance déferlait dans mon corps.

- Quoi, qu'est-ce que c'est que ça ? Tu reçois des points de statistiques en bonus pour avoir surmonté mon emprise ?!

'Toi non plus, tu n'en savais rien ?'

- Évidemment que non ! Ce système n'a jamais été transmis à personne, et je n'avais jamais échoué à m'emparer d'un corps humain !

Colère se changea en flammes bleues et se mit à bourdonner frénétiquement devant mes yeux, à la manière d'une abeille. Il semblait lui aussi décontenancé.

'Ça se tient.'

Tandis que j'acquiesçais, un bruit sourd retentit depuis l'estrade.

« Vous avez tous bien travaillé. »

Rimer, qui en était descendu, affichait un large sourire et frappait dans ses mains.

« Ugh... »

« Hmm... »

« Bon sang ! »

Les enfants qui avaient abandonné et s'étaient retirés devant ce sourire jovial froncèrent les sourcils et baissèrent la tête.

« Pfiou... »

« On s'en est sortis de justesse. »

« J'ai cru que j'allais mourir. »

Les visages de ceux qui avaient tenu jusqu'au bout, eux, portaient des sourires épuisés mais satisfaits.

« Ne vous en faites pas. Je n'ai pas l'intention d'éliminer qui que ce soit pour l'instant. »

« Hein ? »

« Quoi ? »

Les enfants écarquillèrent les yeux devant la voix enjouée de Rimer.

« J'ai dit que je ferais passer un examen. Je n'ai jamais dit que je trancherais aujourd'hui. »

« Oh... »

« C'est vrai, monsieur ? »

« Tout à fait. Mais si vous vous entraînez tous comme aujourd'hui, la plupart d'entre vous échoueront. »

« Quoi ? »

« Qu'est-ce que vous voulez dire par là... »

Les enfants fixèrent Rimer d'un air perplexe. Plus de cinquante d'entre eux avaient couru jusqu'au bout aujourd'hui, et l'idée que la plupart échoueraient était difficile à accepter.

« Je vous avais clairement dit de courir à pleine puissance, mais vous avez tous couru en ménageant vos forces. Sur cent soixante candidats, un seul a couru à fond du début à la fin. »

Le regard de Rimer s'attarda sur moi l'espace d'un très bref instant.

« Tous les autres ont dosé leur effort. Et certains d'entre vous, pauvres minables, ont même abandonné en cours de route. »

« Ugh... »

« C'est que... »

Pris en flagrant délit de tricherie, les enfants rougirent de honte.

« Et vous, les lâches qui avez utilisé l'aura pour ne pas vous laisser distancer pendant l'entraînement physique, vous devriez avoir honte. »

« Hmm. »

Avant même que Rimer ait fini de parler, Buren et plusieurs stagiaires se mordirent les lèvres.

« À vrai dire, ce que vous faites m'est égal. Ce n'est pas moi qui passe l'examen, c'est vous. »

Rimer sourit avec une expression singulière, mélange de malice amusée et de gravité.

« À partir de maintenant, vous êtes tous des "stagiaires provisoires". Si vous réussissez l'examen dans six mois, je retirerai le "provisoire" de votre titre. »

« Quel genre d'examen, monsieur ? »

La fillette aux cheveux verts qui avait voulu m'offrir des friandises plus tôt leva la main, le regard terni.

« Si je vous le disais, ce ne serait pas drôle. Je ne vous classerai pas, mais je désignerai un stagiaire de tête, alors travaillez dur. »

« Et comment devons-nous travailler dur, monsieur ? »

« Je vais vous donner un indice très simple et très direct. »

Rimer fit craquer sa nuque d'un geste sonore en baissant les yeux sur les enfants. Ceux qui avaient abandonné tôt comme ceux qui avaient couru jusqu'au bout avaient le regard brillant d'impatience.

« Pendant les six prochains mois, accomplissez l'entraînement que je vous assigne exactement comme je vous le dis. N'y ajoutez pas vos propres idées, suivez uniquement mes paroles, et vous réussirez l'examen à coup sûr. »

« Oui ! »

« C'est vrai, monsieur ? »

« Ça a l'air trop simple, non ? »

À la promesse qu'il leur suffirait d'obéir aux ordres, les visages des enfants s'illuminèrent comme pour saluer le soleil du matin.

« Je ne mens pas. Si vous suivez mes instructions, vous réussirez. Cependant... »

Les lèvres de Rimer se retroussèrent en un sourire.

« Ce ne sera pas facile. Je donnerai des ordres et je vous laisserai libres de vos mouvements, mais si vous agissez selon vos caprices comme aujourd'hui, vous échouerez tous, sauf un. »

« Hmm... »

« C'est... »

Les visages des enfants de douze et treize ans exprimaient désormais un désespoir pressant : ils ne pouvaient pas se permettre de rentrer chez eux les mains vides.

Deux d'entre eux restaient pourtant impassibles, comme si l'affaire ne les concernait pas : Raon et Lunan.

Aucun des deux ne réagit aux paroles de Rimer.

« Bon sang... »

Pendant ce temps, l'expression de Buren, qui avait pourtant terminé l'entraînement du jour en tête, était loin d'être satisfaite.

Rimer n'avait cité aucun nom, mais il avait réprimandé Buren et félicité Raon. Lui qui avait couru plus vite que tout le monde avait perdu face à ce bon à rien d'une branche collatérale.

'Sale arrogant !'

Au lieu d'écouter Rimer parler de l'examen, Buren gardait les yeux rivés sur la nuque de Raon.

« À partir d'aujourd'hui, vous logerez au dortoir rattaché au 5e terrain d'entraînement. Les installations et le traitement sont de premier ordre, alors profitez-en bien pendant ces six mois. »

Rimer désigna le dortoir visible au-delà du terrain d'entraînement.

« Hmm... »

« Alors c'est ça, le dortoir... »

Même à l'annonce d'un traitement de premier ordre, les visages des enfants ne s'éclairèrent pas. Ils avaient compris que les privilèges qu'on leur accordait avaient une date de péremption.

« Comme c'est le premier jour, nous allons nous arrêter là. Vous êtes libres de vous reposer, ou de vous entraîner ici par vous-mêmes. Il y a une salle d'entraînement couverte sur la gauche, servez-vous-en comme bon vous semble. »

Sur ces mots, Rimer descendit de l'estrade. Mais à mi-chemin des marches, il tourna la tête avec un sourire narquois.

« Ah, encore une chose. Ici, il n'y a pas de rang. Ni noble, ni roturier, ni esclave : tous sont égaux. Entendez-vous bien avec vos camarades. »

Il agita la main comme s'il n'avait vraiment plus rien à ajouter et quitta le terrain d'entraînement. La moitié des instructeurs le suivit, tandis que les autres restèrent adossés au mur pour surveiller les enfants.

- Ce sale arrogant aux oreilles pointues...

'Qu'est-ce qui le dérange au juste ?'

Je baissai les yeux vers Colère, l'air perplexe.

- Cette mine suffisante, comme s'il tenait tout entre ses mains, m'exaspère. Comment ose-t-il regarder ce Roi de haut ? Même dix mille ans pris dans la glace ne suffiraient pas.

'...'

Même après avoir entendu ses raisons, je n'y comprenais rien. Colère avait décidément un caractère complètement détraqué.

'Le mieux, c'est de l'ignorer.'

Je secouai légèrement la tête et activai l'Anneau de Feu pour apaiser mon corps et mon esprit épuisés.

'Je devrais aller à la salle d'entraînement.'

J'ignorai les ronchonnements de Colère et entrai dans la salle d'entraînement couverte dont Rimer avait parlé.

« Hmm... »

« Raon Zigheart. »

« Comment il a fait ça ? »

Les membres des branches collatérales et les enfants des maisons vassales ne pouvaient détacher les yeux de mon dos tandis que j'entrais dans la salle.

L'écart entre ce qu'ils savaient de Raon et celui qu'ils avaient vu aujourd'hui était bien trop grand.

Ils n'arrivaient toujours pas à croire que j'avais tenu plus longtemps qu'eux, qui avaient forgé leur endurance par une pratique assidue.

« C'est sûrement grâce à un élixir. »

Crain Zigheart, le membre d'une branche collatérale qui m'avait cherché querelle le premier, plissa le nez.

« Un, un élixir spirituel ? »

« Ceux de l'annexe ont été mis au rebut par la lignée directe, non ? »

« Exactement. Et ce sont les derniers des branches collatérales, en plus. Comment pourraient-ils mettre la main sur un élixir spirituel ? »

« Et même s'ils en avaient un, ce ne serait pas un élixir de grande qualité. »

« Ce n'est pas la famille qui le lui a donné. C'est le Saint en Haillons qui le lui a offert avant de partir. »

Crain Zigheart expliqua les circonstances aux membres des branches collatérales qui avaient des doutes.

« Ah ! »

« Le Saint en personne ! »

« Alors la victoire de ce salaud ne vient pas de ses propres capacités, mais du pouvoir de l'élixir spirituel. »

« Et il se donne de grands airs avec ça ! »

En apprenant que Raon avait pris un élixir spirituel offert par le Saint en Haillons, les enfants prirent un air froid et amer.

« Tss ! »

« Sale veinard ! »

« Un membre d'une branche collatérale qui obtient un élixir spirituel par pure chance... Il n'a vraiment rien de sympathique. »

Crain Zigheart esquissa un léger sourire en observant la lueur jalouse dans les yeux des enfants des branches collatérales.

« Alors voilà. »

« Quoi ? »

« On ne devrait pas donner une leçon à ce salaud arrogant ? »

« Il a même répondu à Buren, après tout. »

« Il faudrait sans doute remettre les choses à leur place. »

« Alors ce soir, quand ce salaud rentrera au dortoir... »

« Assez. »

Alors que les enfants des branches collatérales commençaient à préparer une embuscade contre Raon, une voix grave les coupa net, juste à côté d'eux.

« B, Buren ? »

« C'est une honte pour le noble nom des Zigheart. »

Buren balaya les membres des branches collatérales d'un regard glacial.

'Pauvres minables.'

Il n'aimait pas Raon Zigheart, lui non plus, mais recourir à la violence en profitant du nombre était un acte méprisable, absolument méprisable.

Lui qui portait le nom des Zigheart ne pouvait pas rester les bras croisés pendant qu'ils ourdissaient de tels complots.

« Ce n'est qu'un parasite qui sera chassé bien assez tôt. Ignorez-le et concentrez-vous sur votre entraînement. »

Il plissa les yeux avec dédain et quitta le terrain d'entraînement.

« Ah, eh bien... »

« I-il a dit de ne pas le faire. »

« Hmm. »

« Vous êtes vraiment tous des idiots ? »

Crain Zigheart fit claquer sa langue en voyant les épaules des membres des branches collatérales s'affaisser.

« Quoi ? »

« Ce n'était pas une interdiction, c'était un ordre. »

« Hein ? »

« Il ne veut pas que son nom soit sali, alors il nous dit de nous en charger. Vous ne comprenez même pas ça ? »

« Oh ? »

« C'est... c'est ça qu'il voulait dire ? »

« Évidemment. Préparez-vous vite. Si on remet correctement Raon à sa place, même Buren sera satisfait. »

Les quatre stagiaires se rassemblèrent et commencèrent à comploter pour remettre Raon à sa place le jour même.

Et alors.

Les yeux de Lunan Slion, qui ne s'étaient posés sur personne jusque-là, se tournèrent vers une silhouette.

Pas Buren, qui avait franchi la ligne d'arrivée le premier. Pas les enfants des branches collatérales ou des maisons vassales. Pas Rimer, qu'on appelait la Lame Radieuse des Zigheart.

Raon Zigheart.

Son regard restait rivé sur le dos de Raon, celui qui avait terminé dans le bas du classement. Et elle murmura doucement :

« Il y a quelque chose de bizarre. »

***

Rimer quitta le terrain d'entraînement et gravit le mont Bekmang, qui se dressait derrière le manoir principal. Arrivé au Rocher du Tigre, posté à mi-pente, il leva les yeux.

« Quelqu'un m'a pris mon coin de sieste. »

Lorsque Rimer s'adressa au rocher, le vieil homme aux cheveux dorés qui se tenait à son sommet, Glen Zigheart, baissa la tête vers lui.

« Que se passe-t-il ? »

« Comment le saurais-je, patriarche ? »

Rimer s'adossa au rocher et laissa échapper un rire creux.

« Comme vous le savez bien, j'ai l'œil pour repérer le talent. Et pourtant Raon... je n'arrive pas à le cerner. Son état reste parfaitement opaque. »

« ... »

« Il était clairement à bout. Essoré comme un chiffon sec dont il ne reste plus une goutte, et pourtant il a couru jusqu'au bout. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi. »

La curiosité et l'étonnement brillaient dans les yeux de Rimer tandis qu'il souriait.

« Buren et Lunan ont un talent exceptionnel, et les autres enfants ne sont pas moins prometteurs. Ce sont le genre de gamins qui deviendront avec le temps des piliers de la famille. Mais Raon... »

« Toi non plus, tu n'arrives pas à le cerner, n'est-ce pas ? »

Le regard de Glen passa au-delà de Rimer, vers le 5e terrain d'entraînement.

« Précisément. Son talent, son potentiel, son avenir, son tempérament : rien de tout cela ne se dévoile. Je n'avais pas rencontré pareilles ténèbres depuis la dernière fois que je vous ai regardé, patriarche. »

Rimer eut un petit rire.

« Depuis que mon noyau a été endommagé, chaque journée me paraît fastidieuse. Mais ceci... ceci a une odeur que je n'avais pas sentie depuis des lustres. »

« Ton rôle n'est pas de satisfaire ta curiosité. Il est de faire de ces enfants des guerriers dignes du nom des Zigheart. »

« Bien sûr que je le sais. Ne suis-je pas le plus loyal serviteur des Zigheart ? »

Rimer hocha la tête avec une inclinaison désinvolte, presque insolente.

« Si tu n'étais pas un malade, si tu n'étais pas mon camarade, ta tête aurait déjà roulé par terre. »

« Hah. Un noyau endommagé a donc son utilité, finalement. »

« ... »

Glen examina le noyau de Rimer et la région de son cœur avant de se détourner.

« Devenir instructeur des stagiaires, c'est ce que tu voulais. N'attire pas inutilement l'attention par des comportements étranges, concentre-toi sur ton rôle. »

« Bien entendu. J'ai le sentiment que cette promotion produira quelqu'un à qui je pourrai confier mon avenir. »

Rimer tourna à son tour le regard vers le terrain d'entraînement, à la suite de Glen.

« Tu parles de Buren ou de Lunan Slion ? »

« Ce pourrait être l'un ou l'autre. Ou peut-être quelqu'un parmi les candidats recommandés, ou un roturier qui n'a que sa rage, ou un enfant abandonné par sa famille. »

« Ce n'est qu'une coïncidence. Cet enfant aura du mal à devenir un guerrier. »

Sur ces mots, Glen redescendit le mont Bekmang. Rimer regarda s'éloigner le dos du guerrier qu'il respectait le plus, puis laissa échapper un rire discret.

« Pourtant, vous savez mieux que quiconque que ce n'est pas vrai. »

***

Je terminai d'inspecter les divers équipements et appareils de la salle d'entraînement couverte et sortis.

'Pas mal du tout.'

Le matériel d'entraînement était exactement comme Rimer l'avait décrit : de premier ordre et à la pointe. C'était un terrain d'entraînement qui montrait une réelle volonté de former ceux qui suivaient sa voie.

Comme l'entraînement proprement dit avait commencé dans l'après-midi, le ciel s'était déjà assombri. Je quittais le terrain d'entraînement et m'engageais sur le chemin du dortoir quand cela arriva.

« Hé. »

Une voix grave m'interpella depuis la ruelle sur ma droite. Je me retournai et vis les quatre membres des branches collatérales qui m'avaient pris à partie ce matin, l'air menaçant, en train de me fusiller du regard.

« Alors tu as avalé un élixir à peine arrivé ? »

« Et après ça, tu te crois supérieur ? »

« Si j'avais pris un élixir de ce niveau, je t'aurais dépassé depuis longtemps et je serais en train de talonner Buren. »

Les quatre s'approchèrent, les poings serrés comme s'ils tenaient des poids invisibles.

- Je me fais vraiment mépriser par ces morveux ? C'est tellement frustrant que j'en mordrais ma langue jusqu'à en mourir.

'Ne t'en fais pas.'

Mes yeux flamboyèrent comme les flammes qui dansent dans un âtre.

'Cette fois, tu vas voir la scène que tu attends depuis si longtemps.'

Fin du chapitre 11
Fiche de l'œuvre

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