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The Precious Demon KingChapitre 3 · 3/2

Chapitre 3

Chapitre 3 — Remi

9 octobre 2026 ~13 min · 2 450 mots

Kim Junyong laissa échapper un rire bref. Maudite déesse Belhaim.

« Les quêtes, les niveaux, et même la relique : tout est aussi tordu qu'elle. »

Flash.

Comme en réponse, une balance dorée apparut devant ses yeux.

Un fléau se dressait, deux plateaux suspendus de part et d'autre. Sur l'un était gravée une tortue dorée, sur l'autre un dragon aux ailes repliées.

< La Balance de Bel mesure le poids des bonnes et des mauvaises actions. >

< Un règlement est effectué chaque jour, et une compensation est accordée en conséquence. >

« Et alors ? »

< … >

Kim Junyong eut un sourire narquois.

« Pendant que tu y es, libère donc mon mana noir. »

En s'engageant sur la voie de la magie noire, on obtenait un cœur de mana du chaos. Pour l'instant, ce cœur s'était durci et ne fonctionnait plus.

< Lorsque le cœur de mana de l'ordre sera formé, le cœur de mana du chaos se relâchera progressivement lui aussi. >

« Deux cœurs ? C'est seulement possible ? »

Il n'avait jamais entendu parler d'une telle théorie. En deux cents ans à parcourir Belhaim, il n'avait jamais vu personne manier à la fois le mana noir et le mana blanc.

< C'est possible parce que vous êtes l'Arbitre de la Balance. >

La relique avait l'air presque fière de son utilité. Kim Junyong gloussa.

« Intéressant. Le mana blanc, hein… »

Fascinant. Curiosité, impulsion, recherche, observation. C'était ce qui l'avait poussé à devenir le plus puissant des mages noirs. Ça valait la peine d'être étudié.

« Bon. Pour l'instant, je vais juste puiser du mana noir selon mes besoins. »

Un cœur de mana était littéralement une poche qui stockait le mana, le carburant de la magie. Il fonctionnait comme le réservoir d'un purificateur d'eau.

« Ce n'est pas comme si l'eau n'existait que dans les purificateurs. »

Le mana du chaos. On l'extrayait de l'âme des morts, ou on le volait aux émotions négatives des vivants.

Il sentait déjà les émotions des policiers qui attendaient devant sa chambre d'hôpital.

L'ennui. L'agacement.

Il y en avait assez. Il n'utilisa qu'une infime partie du mana noir qu'il avait rassemblé.

Clic.

Il se défit de ses menottes et s'étira.

« Mmm, ça, c'est la civilisation. »

Le matelas d'hôpital, pourtant dur, était bien plus doux et plus propre que les lits des châteaux nobles de Belhaim.

« Regardez-moi ce tissu tout doux. »

À Belhaim, une blouse comme celle qu'il portait aurait coûté une fortune.

« La Terre, il n'y a vraiment rien de mieux. »

Il était pleinement satisfait. Vive la civilisation moderne ! Il allait chérir, protéger et savourer longtemps la précieuse Terre. Il ne la laisserait pas être détruite.

« Attends, je suis le seul qui doive faire attention ? »

Il eut un petit rire. Des trucs comme la domination du monde ? Ce genre d'idioties ne l'intéressait pas.

Il avait déjà essayé à Belhaim et avait constaté par lui-même à quel point le résultat était misérable et horrible.

La solitude. L'isolement. Pour éviter de retomber dans cet abîme sans fin, sa première priorité était de s'adapter à la vie moderne, en tant que Kim Junyong, Terrien.

< La Balance de Bel estime que c'est une façon de penser très saine. >

« Ne prends pas la grosse tête. »

< … Bouderie. >

Kim Junyong rit et ouvrit la fenêtre.

« Ouah. »

Des étoiles scintillantes et un paysage nocturne urbain plus brillant encore l'accueillirent. Il était vraiment de retour.

« Premier, deuxième, troisième… septième étage. »

Il compta les étages et hocha la tête. À cette hauteur, son corps transcendant pouvait sauter sans difficulté.

Whoosh.

Il sauta sans hésiter, sachant que l'atterrissage serait bruyant. Il utilisa un peu du mana noir qui lui restait pour étouffer le bruit.

Tap tap.

Une fois posé sur le trottoir, il contempla la rue et sourit. La ville était plus ordonnée que la capitale impériale.

« La Terre me souhaite la bienvenue. »

L'air de la nuit était frais. Par où commencer ?

Faire fondre le cœur de mana du chaos durci pouvait attendre.

Il y avait dans le monde moderne bien assez de gens toujours plongés dans des pensées négatives.

D'abord, il était temps de profiter de la Terre. Peut-être pourrait-il même s'en vanter un peu auprès de sa garde du corps rigide au visage de pierre.

« Remi. »

Pas de réponse.

« Hm ? Remi. Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu ne sors pas ? »

Le lien d'âme restait intact, et pourtant leurs formes physiques avaient disparu, pour une raison inconnue. Remi et ses familiers invoqués étaient revenus à l'état d'esprit et se trouvaient scellés dans la bourse du vide.

« Ouah. C'est absurde. »

Avant de comprendre ce qui s'était passé, il lui fallait rassembler le mana nécessaire pour invoquer Remi.

« Allons-y. »

Pieds nus, vêtu d'une blouse d'hôpital, Kim Junyong descendit la rue d'un pas léger.

***

Kang Dusik et l'inspecteur Kim arrivèrent à la chambre 701. Les policiers de garde à la porte se mirent au garde-à-vous.

« Chef ! »

« Repos. Rien d'anormal ? »

« Non, chef. »

Grincement.

Kang Dusik ouvrit la porte et se figea.

« C'est quoi, ce bordel ? »

Disparu. Kim Junyong, qui aurait dû être menotté au lit, s'était volatilisé.

« Ouah ! Chef ! Le type a coupé ses menottes et s'est fait la malle ! »

L'inspecteur Kim se précipita et ramassa les menottes, sectionnées. La coupe était grossière et irrégulière, comme une trace de soudure.

« Bon sang. »

Il se pencha par la fenêtre ouverte.

Il aurait sauté d'ici ? Du septième étage ?

« Il n'avait pas été testé négatif à l'éveil ? »

« Je l'ai dit une dizaine de fois. Sa fenêtre de statut ne s'est pas encore ouverte. Pour l'instant, ce n'est qu'un civil. »

« Mon cul. Un civil, mon cul. »

Kang Dusik abattit son poing sur le rebord de la fenêtre, de frustration.

« On fait quoi, maintenant, chef ? »

Comme si Kang Dusik avait une idée de génie. Il avait la tête prête à exploser.

« Contacte la cheffe de section Lee, à l'Unité d'enquête spéciale. Dis-lui que le type tombé du ciel vient de s'évader. »

« Bien, chef. »

Toute l'enquête semblait soudain partir à la dérive. Mais l'instinct de Kang Dusik lui disait quelque chose.

Kim Junyong.

Quinze ans dans la police avaient aiguisé son flair. Ce type cachait quelque chose.

Un simple civil ? Sûrement pas. Et pourtant, les tests montraient qu'il n'était pas éveillé.

S'il était innocent, il aurait pu se blanchir. Mais il avait fui.

Hautement suspect.

Vroum.

La voiture qui transportait les deux inspecteurs démarra en trombe, en direction de l'Agence nationale de police.

***

Un homme en blouse d'hôpital descendait la rue avec un sourire radieux.

« Ouah, deux cents ans, et rien n'a beaucoup changé. »

Il s'était inquiété. Deux cents ans. Il avait pensé que la Terre aurait peut-être tant progressé qu'elle lui paraîtrait étrangère, mais non.

Les voitures roulaient toujours sur les routes, pas dans le ciel, et les gens avaient toujours de vrais chiens, pas des robots.

« Ouaf ! Ouaf ! Grrrr ! »

« Oh là là, qu'est-ce qui lui prend ? Je suis vraiment désolée. »

« Hé, il est mignon, ce corniaud. »

« A-allez, on y va, Jawami ! »

Tandis que la femme entraînait vivement le chien, Kim Junyong sourit. Il absorba la méfiance, la tension et l'anxiété du corniaud, ainsi que le trouble, la gêne et l'agacement de sa maîtresse.

Crépitement.

« Sérieusement, ça va prendre combien de temps ? »

On dit que les petits ruisseaux font les grandes rivières, mais là, les ruisseaux étaient vraiment trop petits.

Pas étonnant que les mages noirs en viennent à enlever des innocents rien que pour semer la terreur.

Ce n'était pas pour rien qu'un mage noir surgissait dans un village paisible, semait la peur et marquait sa présence avant de disparaître sans laisser de trace.

C'était la méthode habituelle d'un mage noir pour récolter du mana.

Toutes les émotions ne se valaient pas. La peur, la douleur et le désespoir donnaient un mana noir plus pur.

« À ce rythme, ça va prendre une éternité. »

Il lui fallait une énergie plus forte. Des émotions négatives plus épaisses, plus collantes… Et s'il torturait quelqu'un ?

< La Balance de Bel a détecté une pensée inappropriée. >

« Oui, oui. C'est l'habitude, juste l'habitude. »

Kim Junyong ne comptait pas tuer n'importe qui. S'il commençait à tuer une ou deux personnes par commodité, cela dégénérerait vite en centaines, voire en dizaines de milliers. La rancune était comme une boule de neige : une fois lancée, elle ne cessait jamais de grossir.

« Je vais juste récolter tranquillement. »

Rien ne pressait. En suivant l'odeur d'émotions plus primitives, il se retrouva bientôt dans un quartier de divertissement bondé de bars et de karaokés.

« Oh, ouah. Cet endroit est une mine d'or. »

Il flâna sur le trottoir, un sourire jusqu'aux oreilles. Il était pieds nus, en blouse d'hôpital, les cheveux en bataille.

Les gens s'écartaient précipitamment de son chemin.

« Les Terriens sont drôlement polis. »

À Belhaim, quelqu'un lui aurait foncé dans l'épaule pour lui chercher querelle. Il aurait eu de la chance de ne pas se faire traîner dans une ruelle, tabasser et dépouiller.

« Hein ? »

Il entendit quelque chose. Son ouïe fine se mit à trier les bruits de la ville. Des voitures, des ivrognes, des chats, et le cri d'une fille.

Kyaaaah !

« Oh ! »

C'était ça. Un cri ! Il se passait quelque chose.

Il ne put s'empêcher de s'exciter.

« Héhéhé. »

Si tout se passait bien, il pourrait rassembler d'un coup assez d'énergie pour invoquer Remi.

Tap tap.

Il se précipita vers le bruit. Il traversa le quartier de divertissement et s'engagea dans une ruelle ordinaire bordée d'immeubles d'habitation.

Il se passait quelque chose au fond d'un parking sur pilotis.

« Mmmph, mmph ! »

« Hé ! Bouge pas ! »

La bouche de la fille était scotchée. Le type était venu préparé. Si Kim Junyong était arrivé un instant plus tard, il ne les aurait peut-être pas trouvés.

Le quartier était bâti à flanc de colline : accroupi dans le garage du dessus, il avait une vue dégagée sur la scène en contrebas.

« Arrête de gigoter, salope ! Tu veux vraiment crever ? »

Le violeur sortit un couteau. La victime, une lycéenne en uniforme, était pétrifiée de peur.

Une émotion pure.

La terreur. L'effroi. De toutes les émotions négatives, c'étaient celles qui fournissaient l'énergie la plus forte.

Kim Junyong puisa cette peur épaisse et brute et la convertit en mana. Le mana noir afflua, dense et massif.

Encore un peu. S'il pouvait juste en rassembler encore un peu…

Résignation, honte, humiliation.

Toujours pas assez.

Surprise, espoir, désir ardent, désespoir.

Hein ? Un filet d'énergie positive s'était glissé dans les failles de toute cette noirceur. Kim Junyong cligna des yeux.

Son regard croisa celui de la lycéenne. Lisant le souhait désespéré dans ses yeux, il haussa légèrement les épaules avec un sourire en coin.

« Bon, j'en ai rassemblé assez de toute façon. »

« Hein ?! T'es qui, toi ?! »

Le violeur tourna brusquement la tête et vit Kim Junyong assis sur le muret.

« Oh, ne faites pas attention à moi. »

« C'est qui, cet enfoiré ?! »

L'allure de Kim Junyong n'avait rien de normal. Une blouse d'hôpital ? Pieds nus ? Des cheveux qui semblaient ne pas avoir été lavés depuis des jours ? On aurait dit qu'il venait de s'échapper d'un hôpital psychiatrique.

« Quoi, t'es taré ? »

« Non, je suis Junyong. »

« Putain, tu me fous vraiment les nerfs. »

Kim Junyong rit de l'hôpital qui se moquait de la charité.

« Oui, c'est ça. Énerve-toi encore plus. »

Il but avidement la rage, la frustration et la fureur grandissante du violeur.

Tout comme les victimes, les ordures regorgeaient d'émotions négatives.

Cela suffirait peut-être pour une véritable invocation de démon.

« Hé ! Descends de là ! »

Puisqu'on l'appelait, il allait descendre.

« Hein ? D-dégage, tu veux ? »

« Mais tu m'as dit de descendre. »

« N'approche pas ! »

Le violeur passa l'avant-bras autour du cou de la fille, par-derrière, et leva son couteau d'un air menaçant.

« Je la plante, je te jure ! »

« Alors fais-le. »

La voix calme de Kim Junyong déstabilisa le violeur. Et il n'était pas le seul à réagir.

< La Balance de Bel estime qu'il est mal d'ignorer le mal. >

« Héhé, attends un peu. »

Peu de cibles se prêtaient mieux aux tourments que les ordures. Kim Junyong canalisa tout le mana qu'il avait rassemblé dans un seul sort.

« Invocation de démon. »

Allons, ma chevalière gardienne, Remi. Notre pacte d'âme est intact. Pourquoi ne me réponds-tu pas ?

Crépitement.

Une masse noire apparut dans les airs, comme une goutte d'huile. Elle frémit et ondula.

« Qu'est-ce que tu fais ? Manifeste-toi, enfin. »

Ondulation, ondulation.

L'âme du démon invoqué ne parvenait pas à trouver de forme. Pour reconstruire son corps, il lui fallait un modèle à copier.

Elle balaya les environs, cherchant un humain de la Terre et non de Belhaim. Tout près, elle trouva un homme et une femme.

Comme la masse se dirigeait vers l'homme, celui-ci paniqua et poussa la fille en avant, par instinct.

« Ah ! »

Elle trébucha et toucha la masse noire.

Crépitement.

La masse noire se mit aussitôt à prendre forme humaine.

Bzzt.

Sa jupe d'uniforme scolaire à carreaux, son chemisier et ses baskets étaient identiques à ceux de l'otage.

Les seules différences : de longs cheveux qui lui tombaient jusqu'à la taille et un visage si éblouissant qu'il en paraissait à peine humain.

Sans l'épée démoniaque qu'elle tenait à la main, personne n'aurait deviné que cette lycéenne aux longs cheveux était Remi.

« … Remi ? »

« … »

« … »

« … Je les découpe ? »

« O-ouais. »

Kim Junyong acquiesça à contrecœur devant cette voix vaguement fâchée. Puisqu'il avait affaire à une ordure, il voulait vérifier quelque chose : c'est pourquoi il avait invoqué Remi au lieu d'affronter lui-même le violeur.

Schlac !

La tête du violeur vola dans les airs.

Alors, que va-t-il se passer, maintenant ?

Les actes commis par sa servante seraient-ils eux aussi pesés par la Balance de Bel ?

Réponds-moi, Balance de Bel.

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