Je laissai filtrer un peu de mon aura, une infime partie.
Je n'étais peut-être pas une maîtresse absolue, mais à suivre mon maître partout, j'en avais vu et entendu pas mal.
On dit qu'au bout de trois ans, même le chien de l'école du village sait réciter des poèmes : je devais bien être capable de dégager quelque chose qui ressemble à une aura.
J'étais déjà arrivée en retard après avoir tourné en rond, et devoir m'occuper de Cho Haneul en plus, c'était pénible. Je m'étais dit qu'en dégageant une atmosphère suffisamment peu engageante, il finirait par partir.
'Pourquoi il se fige à ce point ?'
Il n'en a pas l'air, mais il aurait l'esprit fragile ? Contre toute attente, Cho Haneul ne parvenait ni à m'approcher ni à s'en aller, et resta longtemps planté là, pétrifié.
« Euh, hum. »
Et même quand j'essayai de lui adresser la parole, il n'avait pas l'air au mieux de sa forme.
Clac !
Je claquai des doigts devant les yeux de Cho Haneul.
« Tu es sous hypnose ou quoi ? Reprends-toi. »
« Hum, hum ! »
Alors seulement, il reprit ses esprits et se passa la main dans les cheveux.
J'emmenai Cho Haneul hors de la salle de lecture.
« Il y a quelques jours à peine, tu étais si sûr de toi, et tu as changé d'avis ? Tu as décidé de travailler sérieusement à partir de maintenant ? »
« Je suis toujours sérieux. »
« Quelqu'un de sérieux n'aurait pas, hier... laisse tomber. »
J'avais commencé à dire quelque chose, mais je ravalai mes mots. Cho Haneul n'était pourtant pas complètement bouché. Il comprit que j'allais parler du cours du professeur Lee Minseok, et son visage s'empourpra.
« De toute façon, ces trucs-là, je peux les apprendre en y jetant un œil quelques heures avant l'examen ! »
« J'en suis sûre. Qui dit le contraire ? »
Je haussai les épaules. Je savais très bien que Cho Haneul avait une mémoire bien supérieure à la mienne. Rien qu'en surprenant les conversations en classe, je l'avais constaté : ce type, qui ne savait rien jusqu'à trois jours de l'examen, connaissait par cœur, le jour de l'épreuve, tout ce sur quoi le professeur avait insisté.
Les annales récupérées auprès des aînés et les fiches de cours que Hwang Sanghun lui préparait avaient beau l'aider, il n'aurait jamais pu tout assimiler en si peu de temps sans être naturellement intelligent.
« Pourquoi tu t'acharnes autant à étudier ? »
« Hum. »
Je pouvais difficilement lui répondre que, si je ne travaillais pas autant, mon diplôme et mon concours national seraient vraiment en péril.
Pour devenir une excellente médecin ? Non. Il y a quelques jours à peine, j'avais déclaré de ma propre bouche que le vrai savoir ne se trouvait pas dans les livres.
« En fait, moi aussi, je me pose une question. Que j'étudie ou pas, en quoi ça te regarde ? Pourquoi tu me détestes autant ? »
Je posai la question de fond.
« Qui a dit que je te détestais... »
« Ne te défile pas. Il y a forcément une raison pour que tu te comportes comme ça avec moi. Même si c'est juste que tu n'aimes pas ma tête, ou que je n'ai pas de manières. »
« ... »
Cho Haneul se contenta de me fixer, les yeux injectés de sang, sans se presser. Pourquoi n'avais-je jamais posé la question jusqu'ici ?
'Ce n'est pas comme si je n'en avais aucune idée.'
Au début, je crois que j'avais peur d'entendre du mal de moi. Et à un moment donné, nous détester mutuellement était devenu trop naturel.
« C'est ridicule de voir une gamine qui n'a rien se comporter comme si on était au même niveau, juste parce qu'on va à la même fac, à brûler d'esprit de compétition. »
« Ah... ? »
Mais la réponse de Cho Haneul dépassait tout ce que j'avais imaginé.
« Tu crois que tu vas devenir quelqu'un en bossant comme une acharnée pour finir première ? Même si tu entres dans un hôpital, on ne t'apprendra rien de rentable. »
« Ça, c'est vrai. Qui fait son internat pour l'argent ? »
« Alors quoi, tu vises un poste de professeur ? Dans ce cas, au lieu d'étudier, tu aurais dû courir après les professeurs. »
Cho Haneul se força à sourire. Les bras croisés, il me toisait d'un regard franchement condescendant.
Si ça avait été l'ancienne moi... non, même à l'époque, je ne crois pas que de telles paroles m'auraient blessée au point de pleurer chez moi.
« À te voir t'accrocher désespérément à l'impossible, j'ai eu pitié de toi, je voulais juste te faire comprendre ta place assez tôt. Mais tu t'obstines à vouloir rendre les coups, alors franchement, plus ton ambition est grande, plus ça va être dur pour toi. »
« Ma place. »
« De toute façon, tu n'y arriveras sûrement pas, mais même si quelqu'un comme toi devenait professeur, ça ne changerait rien. »
J'essayais d'écouter sérieusement, mais je ne pus m'empêcher de pouffer.
Ça alors, il me détestait simplement parce que j'avais essayé de rivaliser avec lui ?
'Et moi qui croyais avoir été trop pénible pendant les travaux de groupe de la prépa médecine !'
Je pensais avoir commis une faute, ou qu'il y avait un malentendu. À l'époque où j'avais désespérément besoin de bourses et où j'étais obsédée par les A+, je m'étais dit que j'avais peut-être fait des erreurs, faute de sérénité.
« Intéressant. Si la mère de Haneul avait connu sa place, tu n'aurais même pas pu entrer en faculté de médecine orientale. »
« ... Quoi ? »
« J'ai beaucoup de respect pour la directrice Choi Eunhee, alors j'ai lu toutes ses interviews et regardé tous ses passages à la télé. »
« Tu as cherché les interviews de ma mère ? »
« La directrice Choi Eunhee a raconté qu'après le collège, elle avait refusé le mariage que lui proposaient ses parents, s'était enfuie à Séoul, avait travaillé en usine, puis avait fait des études pour devenir médecin de médecine orientale. Oh, c'est une histoire inventée ? »
« Ça... »
Sans doute pas. Choi Eunhee, la directrice générale du réseau de cliniques de médecine coréenne Haneul, était, à l'inverse de Cho Haneul, très fière d'avoir réussi par elle-même.
« Tu as 31 ans cette année, c'est ça ? Tu as six ans de plus que moi, alors tu as passé le concours quatre fois après ton service militaire ? Tu crois que tu aurais reçu autant de soutien si la directrice Choi Eunhee n'avait pas aussi bien réussi ? »
« Tu mêles ma mère à ça, maintenant ? »
« C'est toi qui as parlé de connaître sa place. Ta mère l'a fait, pourquoi pas moi ? »
« Ha, haha ! Tu es encore plus bête que je le pensais ? »
« Dis plutôt que j'ai de grands rêves. »
Je souris de toutes mes dents. À vrai dire, pour l'instant, je ne pensais qu'à profiter de la vie en vivant confortablement, mais j'avais déjà amassé plus de richesses que sa mère.
« Tu dis ça parce que tu ne l'as jamais vue en vrai. Ma mère est un génie. Un fantôme obsédé par l'argent. »
« Vu ce qu'elle a investi dans un fils comme toi, on ne dirait pas ? »
« Hé ! »
Cho Haneul cria, furieux. J'avais dit quelque chose de mal ?
Vu qu'elle faisait spécialement étudier son fils aîné pour qu'il hérite de la clinique de médecine orientale, elle devait être plutôt affectueuse.
« Ah, laisse tomber. Si je réussirai mieux que la directrice Choi Eunhee ou non, tu le verras à la réunion des anciens dans vingt ans. Si je battrai Cho Haneul ce semestre ou non, il ne reste que quelques mois. »
« Très bien, essaie toujours. »
Cho Haneul me foudroya d'un regard brûlant.
Hum... je l'avais trop provoqué ?
« Si on n'a plus rien à se dire, j'y vais. Et n'oublie pas de t'excuser comme il faut quand tu auras perdu ! »
Je m'en fiche ! Qu'il tremble de rage ou non.
Si Cho Haneul étudie dur pour essayer de me battre, ce sera de toute façon bénéfique pour les patients qu'il soignera.
Et puis, de toute façon, c'est moi qui vais gagner.
***
L'école, la bibliothèque et le dortoir.
Environ deux semaines passèrent, au rythme d'un quotidien paisible fait d'allers-retours entre les mêmes endroits.
Ce matin, il y avait cours de réglementation, et rien de prévu l'après-midi.
« Yewon, le professeur Lee Minseok voudrait te voir un moment ! »
Alors que je sortais de la salle de cours pour aller à la bibliothèque comme d'habitude, l'aînée de la promo m'arrêta.
« Ah oui ? Je dois monter ? » demandai-je en pointant le doigt vers le plafond.
Voulait-il que je passe à son bureau de professeur, à l'étage ?
« Il veut que tu viennes à l'hôpital. »
L'aînée de la promo me montra son téléphone en parlant. Visiblement, le professeur Lee Minseok n'avait pas cours à la fac aujourd'hui.
« Seulement Yewon ? Tu sais pourquoi ? »
« S'il avait quelque chose à faire ici, le professeur serait venu lui-même. »
Je n'avais rien dit, mais Hwang Sanghun et Hwang Seoyeong, les deux cousins, y allèrent chacun de leur commentaire. Pour Seoyeong, passe encore, mais en quoi ça regardait Hwang Sanghun ?
« Je ne sais pas pourquoi. Il a juste dit de venir maintenant. »
Non seulement moi, mais aussi Hwang Sanghun et Hwang Seoyeong regardèrent le téléphone de l'aînée de la promo. Le message ne contenait rien d'autre que ce qu'elle venait de dire.
« Je verrai bien sur place. » dis-je d'un ton désinvolte.
« Je viens avec toi. »
Mais Hwang Sanghun prit soudain la parole, comme s'il comptait m'accompagner.
« Pourquoi toi, Sanghun oppa ? »
« Oh, j'ai une question à poser au professeur. »
« Tu ne peux pas la poser au prochain cours ? »
J'avais demandé ça sans trop réfléchir, mais Hwang Sanghun ne sut pas quoi répondre et se contenta de remuer les lèvres.
« Hé, hé, hé ! Quelle question ? Allons plutôt boire un verre. »
Cho Haneul attrapa soudain Hwang Sanghun et l'entraîna à l'écart. Kim Minggyu et Lee Cheoljen leur collèrent aussi aux basques, en chuchotant à propos de quelque chose. J'aurais sans doute pu entendre en ouvrant mes sens au qi, mais ça ne m'intéressait pas le moins du monde.
« J'y vais et je reviens. »
Même Hwang Seoyeong me regardait d'un air soupçonneux, mais je les plantai là et partis seule à l'hôpital.
'Qu'est-ce qu'ils ont, à se comporter comme ça ?'
Ils ne m'avaient pas adressé la parole une seule fois depuis que je leur avais donné les annales la dernière fois, alors ce n'était sûrement pas qu'ils voulaient soudain devenir mes amis.
Hwang Sanghun voulait sans doute devenir professeur, comme Cho Haneul, et postulait à l'hôpital, non ?
'Il essaie de me tenir en respect parce qu'il pense que je me rapproche du professeur ? Ou bien il veut lui aussi se rapprocher de lui sans passer par Cho Haneul ?'
J'échafaudai plusieurs hypothèses, mais avec un caractère pareil, le voir en tête à tête aurait sans doute été pire que de ne pas le rencontrer du tout. Cela dit, l'ancienne moi était encore plus rigide que Hwang Sanghun.
« Bonjour, professeur ? »
Maintenant que j'avais de l'expérience, j'étais devenue plutôt à l'aise.
J'entrai dans le cabinet de consultation et le saluai poliment.
« Vous êtes venue vite. »
« Que se passe-t-il ? »
Contrairement à ce que j'imaginais, qu'il m'avait appelée sans raison particulière, le professeur Lee Minseok avait le visage très grave.
Il me fit signe de regarder l'ordinateur ; je passai donc derrière le bureau et m'approchai de lui.
« Le patient Jeong Gwangsu, vous l'avez rencontré, n'est-ce pas ? »
Hein ? De quoi s'agissait-il ?
Le cours consacré à ce cas avait eu lieu plusieurs jours plus tôt. Il avait choisi le devoir d'un autre étudiant comme meilleur devoir et n'avait fait aucun commentaire particulier sur le mien, alors je m'étais dit qu'il ne lui avait pas plu ?
« Oui. En fait, je l'ai croisé par hasard dans la rue l'autre jour. »
Comme je n'avais rien à cacher, je répondis franchement.
« Ce patient vous a consultée à propos de son état ? Qu'est-ce que vous savez ? »
« J'ai fini par l'aider quand il a failli se faire renverser par une voiture. Il m'a parlé de sa situation familiale pendant que je le calmais un peu. Sur son état, je n'en sais pas beaucoup plus que ce qui est écrit dans le dossier. »
Le professeur Lee Minseok fronça les sourcils. Tac, tac tac. Il tapa sur le clavier et fit défiler le dossier, puis afficha le relevé quotidien d'hospitalisation de Jeong Gwangsu.
« À l'origine, c'était un patient qui posait pas mal de problèmes. Il introduisait de l'alcool en cachette dans sa chambre et faisait le mur pour sortir de l'hôpital sans autorisation. Il refusait aussi les prescriptions de plantes médicinales. »
« Ah. »
Il était si terrible que ça ? À mes yeux, ce n'était qu'un homme d'âge mûr ordinaire, un peu timide.
« Mais il y a deux semaines, il a soudain dit qu'il prendrait les médicaments. Alors je lui en ai prescrit. »
« Tant mieux. »
« Les deux ou trois premiers jours de traitement, il a très bien progressé. »
Le professeur Lee Minseok poursuivit en promenant le curseur de sa souris sur le relevé d'hospitalisation.
« Mais à partir du quatrième jour, des effets secondaires sont apparus. La constipation, ce n'était pas bien grave, alors j'ai laissé passer, mais sa digestion s'est au contraire aggravée et il a eu des sensations de chaleur dans le haut du corps. »
« Ah... ? »
La prescription que j'avais recommandée avait provoqué des effets secondaires ?
« Quelle prescription avez-vous utilisée ? Jeonggi Cheonhyang-tang ? Tongmyeong Igi-tang ? »
« C'est ce que l'étudiante avait écrit dans son devoir. »
Comme le font la plupart des cliniques de médecine orientale modernes, j'avais répondu que, s'il fallait une prescription sur un mois, je prescrirais du Tongmyeong Igi-tang pour faire baisser le feu du foie et de la vésicule biliaire tout en tonifiant les reins, afin de traiter l'ensemble des symptômes, dont la plainte principale, les acouphènes.
Dans le monde des arts martiaux, nous préparions d'ordinaire les décoctions pour trois ou quatre jours à la fois ; j'avais donc écrit que, si une telle prescription était possible pour un patient hospitalisé, je donnerais d'abord du Jeonggi Cheonhyang-tang pendant environ trois jours pour libérer le qi stagnant, que j'observerais la réaction, que j'utiliserais ensuite des prescriptions qui dissipent la chaleur du cœur, et que je tonifierais enfin les faiblesses une fois apaisés les acouphènes sévères qui l'empêchaient de dormir.
« J'ai d'abord prescrit du Bojung Ikgi-tang associé à du Yukmi Jihwang-tang. »
« Oh, la stagnation n'était-elle pas trop forte pour donner un tonique dès le départ ? Il a hurlé dès que j'ai touché son point Danzhong. »
En entendant ma réponse, le professeur Lee Minseok plissa les yeux.
'Il n'a pas fait ce que je lui avais dit.'
Bon, ce n'était que l'avis d'une simple étudiante, pas celui de Han Yewon et de son titre embarrassant.
Ici, c'était une école, pas une officine, et il n'était pas mon disciple : il n'avait aucune raison de prescrire selon mes instructions.
'Pourtant, le Bojung Ikgi-tang et le Yukmi sont vraiment de bons toniques...'
Le remède que le professeur Lee Minseok avait prescrit à Jeong Gwangsu était une préparation à base de plantes presque synonyme de tonique.
La plupart des gens s'affaiblissent avec l'âge. Quels que soient les symptômes, si l'on commence par tonifier la rate et l'estomac avec du Bojung Ikgi-tang, ils mangent bien, retrouvent de l'endurance et se sentent globalement mieux qu'avant. Pour des patients âgés qui manquaient d'appétit, on pouvait considérer que c'était un remède qui garantissait au moins soixante-dix points sur cent. J'avais l'habitude d'en préparer à l'avance pour en donner aux personnes âgées qui venaient me voir.
'Il faut quand même distinguer le vide de la plénitude.'
Même si c'est un remède sûr, il peut parfois provoquer des effets secondaires chez les personnes robustes qui ont un excès de chaleur.
Dans le cas de Jeong Gwangsu, il n'avait pas du tout l'air en plénitude en apparence et il était assez âgé : il semblait donc y avoir eu une erreur d'appréciation.
Pourtant, les signes de feu étaient assez nets... Tss, il avait voulu jouer la sécurité à l'excès.
« Les trois premiers jours, c'était très efficace. Mais quand j'ai augmenté la dose, les effets secondaires sont apparus. » dit le professeur Lee Minseok.
Je crus enfin comprendre ce qui s'était passé.
'Il a cru que c'était la bonne prescription, et il a même augmenté la dose ! Mais ce n'est pas le remède qui l'a soulagé.'
J'avais débloqué le point Danzhong de Jeong Gwangsu et fait circuler un peu de qi en pressant ses points d'acupuncture. L'effet s'était maintenu plusieurs jours, et il avait aussi accepté les médicaments. Comme il ignorait que je l'avais soigné à part, il n'avait pu que croire à tort que c'était l'effet du remède.
« Et qu'avez-vous fait ? »
« Je l'ai soupçonné d'avoir bu. Je me suis demandé si son amélioration passagère n'était pas due au fait qu'il avait cessé de boire quelque temps. »
J'en restai bouche bée. Il ne l'avait quand même pas sermonné ?
Moi qui m'étais donné tant de mal pour l'amadouer et le convaincre d'avoir la volonté de se soigner !
« C'est possible. Il a dit qu'il avait bu ? »
« Non. Il a catégoriquement nié et il a parlé de l'étudiante Han Yewon. »
« Ah... ? »
« J'ai remplacé le remède par du Jeonggi Cheonhyang-tang, en me disant que je me faisais peut-être avoir. »
Oh, au moins, il n'avait pas fait le pire choix. Je demandai à mon tour, par curiosité.
« Et ça a marché ? »
« C'est la première fois que je vois des effets apparaître en une seule journée comme ça. Tout ce dont je n'arrivais pas à savoir si c'était des effets secondaires ou non a complètement disparu, et il a dit que ses acouphènes avaient un peu diminué, aussi. »
« Ça doit être psychologique, non ? Des acouphènes qui ont évolué jusqu'à une perte auditive ne peuvent pas s'améliorer d'un coup. »
« C'est sans doute vrai. Mais il a bel et bien dormi sans alcool. »
« ... Tant mieux. »
Je me passai la main sur la poitrine, soulagée, et souris de toutes mes dents.
Entendre parler de Jeong Gwangsu de cette façon m'apaisait vraiment.
Même moi, je n'étais pas sûre à cent pour cent de ma prescription. Comme ce n'était pas mon patient, je ne pouvais pas savoir si elle serait administrée comme je l'entendais.
Il y avait eu quelques détours, mais j'étais vraiment soulagée qu'elle ait eu un tel effet.
« Qui vous a conseillée ? »
Mais contrairement à moi, qui me réjouissais simplement de l'amélioration du patient, le professeur Lee Minseok croisa les bras et me fixa.
« Si personne ne vous a conseillée, dites-le simplement. C'était entièrement votre propre réflexion ? »
