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Chapitre 6

Chapitre 6 — Une semaine de vengeance

14 octobre 2026 ~10 min · 1 812 mots

Le lendemain matin.

Toc, toc…

On frappa, interrompant Leo qui lisait dans sa chambre.

« Entre. »

La porte s'ouvrit.

Celia entra, vêtue de la simple tenue de servante que portaient les domestiques des Flove.

« Pendant la semaine qui vient, moi, Celia, je serai la servante du jeune maître Leo. Je compte sur toi. »

Ses yeux de poisson mort croisèrent ceux de Leo, qui leva le nez de son livre.

« Tu t'investis à fond, hein ? »

« On doit assumer ses paroles. C'est l'une des devises de notre famille. »

Malgré son regard éteint, sa posture était impeccable.

La servante idéale.

Son charme naturel rendait superbes le tissu bleu marine et les volants blancs de la tenue de servante.

Ses cheveux noirs luisaient au soleil.

Comme Leo la fixait, Celia prit la parole.

« Je comprends que ma beauté t'impressionne, mais si tu me reluques, je t'assomme. »

« Si je t'ai offensée, désolé, dit Leo en faisant claquer ses lèvres. J'avais un ami qui se disait artiste. Il était obsédé par l'éloge de la beauté, et j'imagine que ça a déteint sur moi. »

'La beauté est toujours suprême. Éternelle. Quand la paix viendra, je passerai ma vie à répandre la beauté dans le monde !'

Celui qu'on acclamait aujourd'hui comme [Le Forgeron Divin], le héros nain Dweno.

Il avait l'air plus heureux à façonner des œuvres d'art que des armes.

Même pendant leur quête pour vaincre Erebos, il n'avait jamais cessé de créer.

« On dirait un bon ami, qui sait vraiment apprécier la beauté », dit Celia.

Née Zerdinger, elle savait que le commandement exigeait du charisme.

Et le charme en faisait partie.

Ravie du compliment, elle se rengorgea tandis que Leo posait le menton dans sa main.

'D'une sincérité qui frisait la perversion. Il trouvait l'inspiration en suppliant Lisinas et Luna de poser nues.'

Les souvenirs affluèrent.

'Lisinas, Luna. Vous avez un caractère épouvantable, mais votre élégance est sans égale. Alors, pour l'amour de l'art, soyez mes modèles nus.'

Bien sûr, Lisinas et Luna avaient refusé tout net.

'Ce pervers est acclamé comme un grand héros, et moi, je ne suis rien ?'

Leo eut un rire creux en regardant par la fenêtre.

Celia l'observait attentivement.

Elle avait perdu hier, loyalement.

'Me dire que j'aurais gagné si je n'avais pas baissé ma garde, c'est juste stupide.'

Sa défaite était le fruit de sa propre arrogance.

Être servante pendant une semaine ferait d'elle la risée de toute la maison, chez elle.

'Mais c'est à moi d'en porter le poids.'

Le nier serait une honte plus grande encore.

'Et puis, je suis curieuse.'

Comment pouvait-on déployer une telle puissance sans aura ?

« Tu lis, le matin ? Je pensais que tu t'entraînerais », dit Celia.

Elle avait espéré observer ses méthodes.

'Ce livre, c'est un manuel d'entraînement spécial ?'

« Le matin, je prends les choses tranquillement. »

Leo referma le livre.

Celia jeta un coup d'œil au titre et fronça les sourcils.

'Un livre d'histoires sur les grands héros ?'

Elle lorgna sa bibliothèque.

'Rien que des livres sur les grands héros.'

Pas seulement des livres d'histoires.

Des ouvrages historiques, des travaux de recherche, et bien plus.

Une collection considérable.

« Tu es vraiment passionné par les grands héros, hein ? Ça se comprend, ce sont des légendes. »

Celia aussi était fascinée par eux.

« Je peux regarder ta bibliothèque ? »

« Vas-y. »

Debout devant les rayonnages, Celia s'émerveilla.

« Impressionnant. La plupart des spécialistes des héros ne pourraient pas rivaliser avec ça. »

La recherche sur les héros restait un domaine florissant.

« Beaucoup de livres sur Kyle. »

« Documentation. »

« Bon, que Kyle ait existé ou non, beaucoup pensent que ses exploits étaient authentiques. »

« Tu le penses aussi ? »

« Bien sûr. »

Parmi les hauts faits des héros, ceux qu'on ne pouvait attribuer à personne en particulier étaient mis au crédit de Kyle.

'Même si l'histoire m'a effacé, je ne suis pas complètement oublié.'

Leo sentit monter en lui une bouffée de fierté.

« Sans doute un escroc qui a voulu s'approprier les exploits mal attribués des héros. »

L'œil de Leo tressaillit.

« Tu dis que Kyle était un imposteur ? »

« C'est assez probable. »

Celia haussa les épaules.

C'était une opinion répandue chez les universitaires.

« Je vois. C'est ce que tu penses. »

« Hm ? »

« Allons prendre le petit déjeuner et nous entraîner. »

Les yeux de Celia s'illuminèrent.

« Je peux me joindre à toi, si tu veux bien ? »

Elle brûlait de percer le secret de sa force.

« Mon entraînement est dur à suivre. »

« Hah, j'ai surmonté l'entraînement des Zerdinger les doigts dans le nez. »

Le sourire assuré de Celia rencontra le sourire tordu de Leo.

« Ah oui ? »

Plus tard, elle se dirait qu'elle aurait dû s'enfuir à ce moment-là.

***

Whoosh… !

Clac… !

« Ugh ! »

« Trop lente. »

Le sabre de bois de Leo écarta celui de Celia.

Elle se démena pour retrouver sa garde.

Mais Leo fut plus rapide.

Whoosh…

Bam…

« Argh ! »

« Voilà ce qui arrive quand on expose son dos. »

Frappée à l'épaule par-derrière, Celia roula de douleur.

Depuis le petit déjeuner, l'entraînement de Leo ne s'était pas arrêté une seconde.

Quand la douleur s'atténua, Celia explosa.

« Jeune maître Leo ! C'est vraiment ça, un entraînement ? »

À ses yeux, les méthodes de Leo dépassaient la rigueur : c'était de la torture.

Il la forçait à dépasser ses limites, exigeait qu'elle bouge sans arrêt.

Naturellement, elle n'avait pas le droit d'utiliser l'aura.

Elle n'avait jamais entendu parler d'un tel régime d'entraînement.

Tandis qu'elle protestait, Leo marmonna :

« Les jeunes d'aujourd'hui sont des mauviettes. »

« Quoi ?! »

« Je t'ai dit que mon entraînement était dur. Si c'est trop pour toi, arrête maintenant. »

« Ne dis pas de bêtises ! Je peux tenir le coup ! »

Piquée dans son orgueil, Celia s'entêta.

« Très bien, continuons. »

« A-attends, ce n'est pas ce que… »

Regrettant ses fanfaronnades, Celia se retrouva bientôt de nouveau à terre, frappée par le sabre de Leo.

Sans aura, l'écart entre leurs niveaux était insurmontable.

'Pourquoi ! Je n'arrive pas à gagner !'

Ce n'était pas qu'une question de force : son escrime était intouchable.

Hier comme aujourd'hui.

Son orgueil était en train d'être broyé.

'Les méthodes d'entraînement de l'aura ont beaucoup progressé en cinq mille ans.'

Baissant les yeux sur Celia hors d'haleine, Leo s'émerveillait.

Les techniques d'aura modernes dépassaient de loin celles de son époque.

Le chevalier moyen d'aujourd'hui était plus fort.

Mais le sommet de la puissance, lui, n'avait guère changé.

'Si ça se trouve, on était même plus forts il y a cinq mille ans.'

Si l'entraînement de l'aura avait progressé, la condition physique, elle, avait été négligée.

L'aura amplifiait la puissance physique.

Par conséquent, un corps plus robuste renforçait l'aura.

'Le perfectionnement des Arts de l'Aura a créé de nouveaux problèmes.'

« Quand même, je suis impressionné. Je ne pensais pas que tu tiendrais jusque-là. »

« Ne me sous-estime pas. »

« On arrête pour cet après-midi ? On reprendra ce soir. »

Poussée à bout, Celia serra les dents.

'Je perds peut-être en force, mais je ne perdrai pas à l'escrime ! Je vais gagner !'

***

« Ne me sous-estime pas, sale crétin aux cheveux blancs. »

Après l'entraînement du soir.

Celia, les membres tremblants, se traîna jusqu'au manoir.

Leo était déjà remonté dans sa chambre.

'Ugh… Ce type est un monstre ?'

En repensant aux coups d'épée incessants de Leo, Celia frissonna.

Bouger comme ça tous les jours expliquait sa carrure.

'Hé hé… Mais ce soir, je n'ai pas perdu à l'escrime !'

En usant de toutes les techniques qu'elle connaissait, elle avait tenu bon pendant la séance du soir.

'Si je continue à m'entraîner comme ça, je pourrais devenir comme lui ?'

Rien que d'y penser, c'était intimidant.

Elle avait vomi cinq fois aujourd'hui.

'Maintenant que j'y pense, c'est trop la honte !'

Rougissante, Celia soupira.

'Je veux juste me laver et dormir.'

Mais d'abord, elle devait préparer le lit de Leo.

Après tout, elle était sa servante.

'Je fais son lit, je me lave, et je m'écroule.'

Arrivée devant la chambre de Leo, Celia prit une profonde inspiration.

Elle calma ses membres tremblants et afficha un air composé.

Elle refusait de montrer la moindre faiblesse.

Toc, toc…

« Entre. »

« Tu tiens le coup mieux que je ne le pensais. »

« Hah, ce n'est rien pour moi. »

Celia afficha un sourire assuré.

« Tu n'as pas vomi cinq fois ? »

« Je vais faire ton lit. »

Ignorant la pique de Leo, Celia arrangea son lit.

« Bonne nuit, jeune maître. À demain. »

« Attends. J'ai un cadeau pour toi. »

« Un cadeau ? »

Intriguée, Celia s'approcha.

« Merci d'avoir tenu bon aujourd'hui. »

Leo sourit en lui tendant une boîte.

'Il sait se montrer reconnaissant.'

Celia sentit un nœud se défaire dans sa poitrine.

'Oui, je suis la fille du patriarche et je le sers. Il a intérêt à être reconnaissant.'

Avec un petit sourire satisfait, elle ouvrit la boîte.

À l'intérieur se trouvait un simple bracelet en chaîne d'argent.

Percevant du mana, elle fut saisie d'un pressentiment funeste.

« Un bracelet enchanté de lestage. Porte-le pour l'entraînement de demain. »

Leo eut un large sourire.

Le visage de Celia se figea.

« Non merci. »

« Une servante qui refuse le cadeau de son maître, ce n'est pas très convenable, si ? »

« Hé ! Tu veux juste me tourmenter, c'est ça ?! Ce n'est pas de l'entraînement, c'est de la torture ! »

Celia explosa.

« Mauviette. »

Ses yeux s'enflammèrent.

« Qui est une mauviette ?! »

« Moi, je m'entraîne avec ça aux poignets. Si tu ne peux pas suivre, tant pis. »

« Qui a dit que je ne pouvais pas ? Je vais le porter, ton foutu bracelet ! »

Encore une fois piquée au vif, Celia sortit en trombe en jurant.

Devant la porte de Leo, elle se prit la tête dans les mains en maudissant son impulsivité.

'Tellement facile à provoquer.'

Leo eut un sourire narquois.

'Qui m'a traité d'imposteur, déjà ?'

La remarque de Celia, le matin, sur Kyle l'escroc, lui restait en travers de la gorge.

Une rancune bien mesquine pour un grand héros qui avait sauvé le monde.

Mais Leo n'en éprouvait aucune honte.

'Si ç'avait été les autres, ils auraient fait pire.'

Ses amis étaient des excentriques bien plus grands encore.

'Je vais faire de cette semaine un enfer.'

En imaginant le supplice de Celia, Leo eut un sourire diabolique.

Fin du chapitre 6
Fiche de l'œuvre

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