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The King’s AvatarChapitre 2 · 2/2

Chapitre 2

Chapitre 2 — Zone 3, poste 47

30 septembre 2026 ~8 min · 1 501 mots

« Pff, pour qui il se prend ! »

« Le faire prendre sa retraite, c'est pour son bien. Qu'est-ce qu'il pourrait faire d'autre ? »

« C'est clair. Avec le tact qu'il a, il ne penserait pas à reprocher au club de l'avoir mis à la retraite. »

Ye Qiu et Su Mucheng partis, tous les autres dans la salle de réunion se ressaisirent d'un coup et se remirent à se moquer de lui. Mais Sun Xiang avait une expression mitigée. Il ne se joignit pas à eux et s'approcha plutôt de la manager : « Je ne comprends pas. Comment a-t-il pu accepter ces conditions ? »

« Il n'avait pas d'autre choix que d'accepter », dit la manager.

« Pourquoi ? »

« Parce qu'il ne peut pas payer l'indemnité de rupture », dit la manager.

« Comment… Comment c'est possible ? » Sun Xiang était abasourdi. Ye Qiu avait travaillé dur comme joueur professionnel pendant sept ans, et il était au sommet. Même en refusant toute activité commerciale, son salaire n'aurait pas dû être si bas qu'il ne puisse pas payer l'indemnité.

« Tu n'étais pas de cette génération, alors tu ne peux pas savoir. Aux débuts de la Ligue, les joueurs professionnels étaient loin d'être aussi reconnus qu'aujourd'hui. À l'époque, ceux qu'on renvoyait finissaient dans des situations terribles. Ils avaient passé l'essentiel de leur jeunesse à jouer. Mais aucun n'était assez doué, et la plupart se sont retrouvés dans une misère noire. Ye Qiu était le génie de cette époque, et c'est grâce à ses exploits que nous en sommes là aujourd'hui. Mais il avait beaucoup d'amis dans ce cas. »

« Tu veux dire que la plupart de ses économies sont allées à ces amis ? » Sun Xiang écarquilla les yeux.

« Exactement. »

« Mais s'il avait besoin d'argent, pourquoi refuser les activités commerciales ? » demanda Sun Xiang.

« Personne n'en connaît la raison », dit la manager.

« Tu n'as aucune idée ? » demanda Sun Xiang.

« Ça a peut-être un rapport avec sa famille », dit la manager.

« Hein ? »

« Personne ne sait rien de sa famille. Il n'en parle jamais. C'est très étrange, c'est pour ça que j'ai des soupçons », dit la manager.

« Ce type… en a, des histoires ! » Sun Xiang leva la carte de Feuille d'Automne que Ye Qiu lui avait donnée. Il savait que Ye Qiu avait créé ce compte bien avant la naissance de la Ligue professionnelle. Utilisée jusqu'à aujourd'hui, cette carte était l'un des plus anciens comptes de Gloire.

« Bon, ne parlons plus de lui. Le patron est occupé aujourd'hui et ne peut pas venir. Mais il m'a confié cette bouteille de grand cru de sa cave, rien que pour ton accueil », dit la manager.

« Ha ha, merci beaucoup ! Avec moi, Ère d'Excellence va briller de nouveau ! »

Ye Qiu était parti.

Su Mucheng se tenait devant l'entrée du club. Elle resta là jusqu'à ce que Ye Qiu disparaisse au loin. Il se retourna à plusieurs reprises pour lui faire signe de la main. Des larmes coulaient depuis longtemps déjà sur les joues de Su Mucheng.

Sans trop en dire, Ye Qiu n'avait prononcé que quelques mots : « Je me repose un an, et je reviens. »

Su Mucheng n'avait rien ajouté. Elle s'était contentée de hocher la tête, encore et encore. Elle n'était plus cette jeune fille innocente d'autrefois et portait déjà seule bien des responsabilités.

Des flocons de neige flottaient dans l'air. Cet hiver était très froid.

De la neige ?

En quittant le club, Ye Qiu n'avait pas pensé à la suite. Habitué depuis tant d'années à un certain mode de vie, il ne s'était pas encore fait à ce changement brutal. Il voulait marcher ainsi jusqu'à ce que ses idées s'éclaircissent.

Mais le temps n'allait pas lui en laisser l'occasion. La neige se mit à tomber, et de plus en plus fort à mesure que le temps passait. Les flocons qui volaient le frappaient et trempaient ses épaules. Des glaçons se formaient même sur sa tête. S'il ne trouvait pas d'abri, il allait y rester.

Ye Qiu regarda à droite et à gauche et aperçut un cybercafé au bord de la route. Malgré l'heure tardive, il était encore bien éclairé, et il s'y précipita aussitôt.

Il faisait bon et chaud dans le cybercafé. Ye Qiu entra en coup de vent, secoua les flocons de ses vêtements et se dirigea vers l'accueil.

« Zone 3, poste 47. » La jeune femme de l'accueil lui indiqua un ordinateur libre. Elle voulut lui tendre la carte d'identification pour allumer la machine, mais il était déjà parti. La jeune femme ne s'en formalisa pas. Visiblement, ce genre de chose arrivait souvent. Elle rangea la carte sans un mot, sachant qu'il devrait revenir la chercher.

Zone 3, poste 47 : Ye Qiu suivit les panneaux. Ce cybercafé n'était pas petit. Il y avait beaucoup d'ordinateurs, et même un étage. Zone 3… Ye Qiu vit le numéro de zone au plafond. Apparemment, il n'aurait pas besoin de monter.

Arrivé au poste 47, Ye Qiu resta interdit. La place était déjà occupée par une femme. Et en plus, elle jouait à Gloire. Elle était en plein duel dans l'Arène. Ses mouvements violents faisaient se balancer la queue de cheval nouée haut sur sa tête.

En face d'elle, il vit qu'elle contrôlait un Artilleur. Ye Qiu eut un blanc. Il crut presque que c'était Su Mucheng assise là.

Mais il comprit vite que ce n'était pas elle. Su Mucheng était toujours douce et sereine. Même dans un affrontement PvP acharné, elle gardait le sourire. D'ailleurs, il arrivait à Ye Qiu de la regarder sourire tout en réduisant ses adversaires en pièces. Et quand ensuite elle s'excusait poliment, il frissonnait toujours un peu, sans savoir pourquoi.

Quant à cette fille, elle avait elle aussi une apparence belle et douce. Mais elle bouillait de rage et martyrisait son clavier de toutes ses forces, si bien qu'il avait l'impression que son apparence, de la tête aux pieds, était un gigantesque piège.

« Son instinct meurtrier fait trop peur. Dommage que… » Ye Qiu voyait bien l'écran. Il vit que cette fille allait se retrouver en très mauvaise posture. Comme prévu, son adversaire profita de l'occasion dès qu'elle commit une erreur. En deux coups, le peu de vie qui lui restait fondit d'un seul coup.

« BON SANG ! » Ye Qiu entendit la fille rugir de rage. Elle frappa le clavier et quitta le jeu d'un coup.

Ye Qiu hésitait : voulait-il encore ce poste ou non ? La fille avait déjà tourné la tête et jeté un coup d'œil au Ye Qiu hésitant. Se levant furieusement, elle demanda : « L'ordi ? »

Ye Qiu hocha la tête.

« Alors assieds-toi ! » La fille était déjà partie.

Ye Qiu secoua la tête devant l'impatience des joueurs ordinaires et finit par s'asseoir.

Chen Guo était déprimée, extrêmement déprimée. Elle venait de disputer 52 duels dans l'Arène, sans en gagner un seul. Elle refusait de croire que c'était réel.

Chen Guo frotta la carte « Brume Poursuivie » dans sa poche. Son compte n'était pas mauvais. Parmi les joueurs ordinaires, il passait même pour assez puissant, et son niveau de jeu n'était pas faible. Elle jouait à Gloire depuis cinq bonnes années. Le compte de son adversaire était moins bon que le sien, et pourtant elle n'avait pas réussi à le battre une seule fois en 52 duels.

« C'est un sacré expert », conclut Chen Guo.

« Patronne, vous ne vous êtes pas déconnectée. Pourquoi il joue, ce type ? » Chen Guo réfléchissait en marchant quand une voix l'interrompit soudain. Elle tourna la tête. À l'ordinateur voisin, un habitué du cybercafé tendait le cou vers l'ordinateur qu'elle venait de quitter.

Oh non ! Le cœur de Chen Guo se serra et elle revint en courant. Avec la popularité de Gloire, les lecteurs de connexion de Gloire étaient devenus des accessoires standard, indispensables dans les cybercafés. Il suffisait d'insérer la carte de compte dans le lecteur ; dans ce genre de lieu public, tout le monde rangeait donc sa carte après usage.

Chaque carte ne contenait qu'un compte. On pouvait déclarer une carte perdue, alors le vol n'existait pas vraiment. Mais dans ce genre de lieu public, il arrivait souvent que des gens oublient par négligence de se déconnecter et se fassent piller argent et équipement. Chen Guo, extrêmement frustrée après 52 défaites d'affilée, n'avait pas fait attention. Elle ne s'était pas déconnectée : elle était juste revenue au bureau.

Chen Guo accourut en hâte et, comme de juste, ce type jouait bel et bien sur son compte. Seulement, il ne semblait pas voler son équipement : il paraissait plutôt enchaîner avec ardeur les duels dans l'Arène.

Chen Guo n'eut pas le temps de hurler de rage : un unique mot géant venait de s'afficher à l'écran…

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