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Chapitre 9

Chapitre 9 — Le guerrier de troisième ordre qui défend l'honneur de sa secte (3)

25 octobre 2026 ~14 min · 2 649 mots

Seong Mo-ran commençait à se lasser d'accueillir les invités.

« Ha ha, Demoiselle ! Votre beauté est vraiment aussi éclatante que le disent les rumeurs ! »

« Vous êtes une seconde Xi Shi. Votre père doit être comblé. »

« Quand vous êtes entrée, Demoiselle, j'ai cru que le soleil s'était déjà levé. »

D'innombrables hommes lui témoignaient une attention excessive.

« On dit que votre épée est d'un tranchant redoutable, Demoiselle. Aurais-je un jour l'honneur de la voir ? »

« Moi aussi, j'ai une certaine profondeur de compréhension en matière d'épée. Que diriez-vous de partager une tasse de thé tout à l'heure pour en discuter ? »

« Que penseriez-vous de venir dans notre famille comme disciple d'échange ? Je pourrais en parler à mon grand-père… »

Ils se pavanaient comme s'ils possédaient un talent remarquable.

« Des fleurs de serre qui n'ont jamais connu le moindre vrai combat. »

Leur fanfaronnade était-elle vraiment possible grâce à leurs seules capacités ?

Auraient-ils pu en arriver là sans la protection de leurs sectes et les investissements de leurs familles ?

Du moins, elle ne pensait pas qu'ils étaient comme elle, qui avait gravi les échelons jusqu'ici sans rien recevoir de sa famille.

Bien sûr, elle ne pouvait exprimer de telles pensées.

Elle se souvenait de la grimace grotesque de Seong Mo-hyeon quand il n'avait pas réussi à l'écraser lors de leur assaut, et de l'inquiétude qui emplissait les yeux des anciens de la famille. Aussi Seong Mo-ran ne provoquait-elle pas d'ennuis inutiles.

« Loin d'être de vrais guerriers, il n'y a même pas un homme digne de ce nom parmi eux. »

Elle s'ennuyait.

À cause de sa mère, qui enchaînait sermon sur sermon à propos de la dignité de la famille, elle se forçait à tenir, mais elle s'ennuyait à mourir.

Son père, son grand-père et même Seong Mo-hyeon semblaient comploter quelque chose, mais ils ne lui en parlaient pas, et elle n'y portait guère d'intérêt.

'Ça doit concerner les Cent Huit Pics.'

Dire que la seule chose dont les hommes se réunissaient pour parler, c'étaient des intrigues.

Ils feraient mieux d'organiser un duel décisif. La Secte de l'Épée de Fer n'avait-elle pas depuis longtemps largement dépassé la Secte Taeul en puissance ?

S'ils montraient la différence de force et absorbaient l'adversaire loyalement et honorablement, au moins auraient-ils l'air de guerriers.

« Quel ennui. »

Elle regrettait profondément que Namgung Seon-hwa n'ait pas pu assister au banquet.

Si au moins elle avait été là, les choses n'auraient pas été aussi fastidieuses.

« Elle doit être occupée en ce moment. »

Elle avait entendu dire qu'un banquet se tenait sous l'égide de Namgung San, venu aux soixante ans du Chef à la place de Namgung Seon-hwa, mais elle n'avait aucune envie d'y aller.

Même si elle y allait, l'endroit ne serait rempli que de gens qui se démenaient pour flatter le clan Namgung et la Secte de l'Épée de Fer.

Elle avait déjà entendu assez d'éloges et de flatteries pour un bon moment.

« Mademoiselle ! Mademoiselle ! »

Une servante cherchait Seong Mo-ran.

« Oups. »

Seong Mo-ran, qui savait pourquoi on l'appelait, donna une légère impulsion du pied et se posa sans un bruit sur le toit.

« Où est-elle passée ? »

La servante arriva à l'endroit où Seong Mo-ran se trouvait un instant plus tôt et continua de tourner la tête en tous sens pour la chercher.

« Le jeune maître vous demande. Mademoiselle ! Mademoiselle ! »

Ce n'est qu'après la disparition de la servante que Seong Mo-ran laissa échapper un petit soupir.

« Ahh… »

À jouer la jeune fille réservée, elle n'avait même pas pu s'étirer correctement. Au moment où elle allait enfin s'étirer, soulagée, son regard se fixa sur un homme et une femme entre les pavillons.

C'étaient Gye Cheol-yeong et la demoiselle de la Secte Taeul.

« Hmm… Ils n'y vont qu'à deux ? »

Seong Mo-ran se rappela l'homme nommé Jin So-un, qu'elle avait vu pendant la journée.

Sa force interne lui avait clairement paru modeste, et ses tempes ne portaient aucune marque.

Ses arts martiaux semblaient bien maigres, et pourtant il avait maîtrisé en un seul coup ce Jeune Maître de la Flamme de Bambou-je-ne-sais-quoi de la Forteresse du Bambou Bleu.

« C'est vraiment étrange. »

Ce n'était pas seulement le coup unique qu'il avait montré alors qui était étrange.

L'attitude d'une personne était déterminée par ce qu'elle possédait.

Celui dont la famille était solide redressait naturellement les épaules, tandis que celui qui n'avait pas cet appui courbait l'échine. Sans parler de l'origine, celui qui avait accompli quelque chose par ses seuls efforts pouvait aussi avoir un maintien plein de dignité.

Mais l'origine de l'homme nommé Jin So-un, c'était la Secte Taeul, et il était bien trop jeune pour avoir atteint la maîtrise.

Qui plus est, il avait l'éloquence nécessaire pour répondre point par point, avec une logique imparable, à son père, Seong Ju-tak, jusqu'à le laisser sans voix.

« Il n'avait donc pas peur de la Secte de l'Épée de Fer ? »

À cette pensée, elle se leva d'un bond.

« Ça devrait être amusant. »

Le banquet fastidieux sembla soudain pouvoir devenir agréable.

Seong Mo-ran donna une légère impulsion sur le toit et s'envola dans le ciel nocturne.

***

« … Tu ne le trouves pas un peu étrange ? »

Kang Chae-seok, qui avait confié une mission importante à Jin So-un, s'adressa à Jin Tae-san, en train de se changer.

« Hmm… C'est un peu étrange, oui. Les places à table, les chambres d'hôtes. »

« Non, non. Pas ça. Je parle de Jin So-un. Ton fils. »

« So-un ? »

« Non mais, tu ne le trouves pas un peu étrange ? Tu l'as vu tout à l'heure aussi, non ? La façon dont il a tenu la tête haute devant Seong Ju-tak et l'a frappé à coups de mots. Même moi, ça me faisait mal de regarder. »

« … »

« Maintenant que j'y pense, depuis l'affaire Gye Yeon-seung, ce gamin a l'air un peu étrange, comme s'il était devenu quelqu'un d'autre. »

« … Tu connais le don particulier de So-un, non ? Il s'est sans doute souvenu de choses qu'il avait lues dans des livres. »

« Et Gye Yeon-seung, alors ? Le fait qu'il l'ait battu ? »

« On a bien dit que c'était un simple concours de techniques, non ? Comme il peut tout mémoriser après l'avoir vu une fois, il a peut-être trouvé une méthode. »

Après avoir écouté Jin Tae-san, Kang Chae-seok réfléchit un moment, puis inclina la tête.

« L'Art de l'Épée de la Fleur de Prunier de la Secte du Mont Hua ? »

« … »

« C'est le genre de chose dont on trouve la faiblesse rien qu'en la regardant ? En plus, on dit que le gamin a utilisé l'Art de l'Épée du Petit Ciel. »

« … Ça, je n'en sais rien. »

« Et si… »

Kang Chae-seok baissa la voix sans s'en rendre compte.

« Et si So-un s'entraînait à quelque chose tout seul ? »

« ?? »

Le visage de Jin Tae-san était plein de doute. Ce garçon qui adorait s'amuser, s'entraîner ?

« Non, je parle justement de ça. Sa manie de courir les montagnes et les rivières jour après jour… Et si c'était pour s'entraîner en secret ? S'il s'était servi de sa mémoire pour imaginer des milliers de combats contre l'Art de l'Épée de la Fleur de Prunier afin de le vaincre… »

La mémoire de So-un dépassait le sens commun.

Peut-être, comme le disait Kang Chae-seok, était-ce possible.

« Hah. »

Quelle absurdité.

Doué depuis l'enfance d'un esprit exceptionnel, So-un avait toujours appris facilement sans faire d'effort particulier, et à cause de cela, la paresse s'était infiltrée jusque dans ses os.

Il lisait un livre une fois et le savait par cœur. Il regardait vaguement une technique et pouvait l'imiter. Jin Tae-san avait fini par penser que l'oisiveté était peut-être le destin de ce garçon.

Kang Chae-seok, lui, semblait penser autrement.

« Réfléchis. Quelle condition le gamin a-t-il posée quand il a parié contre ce Gye Yeon-seung ? Ce n'était pas de terminer le Hall Busaeng ? »

« … »

« On dit qu'il n'a plus besoin d'aller au Hall Busaeng, alors il part vagabonder des jours entiers sans rentrer, non ? »

« … »

« Et j'ai observé le gamin de dos pendant tout le trajet jusqu'à la Secte de l'Épée de Fer. Sa carrure a un peu changé. »

Jin Tae-san avait beau ne pas y croire, il se laissa peu à peu gagner par les paroles de Kang Chae-seok.

« Voilà ce que je pense. Peut-être que ce gamin nourrit une immense colère. »

« Une colère ? »

« Oui. Depuis que Gye Cheol-yeong est entré à la Secte Taeul, à quel point la hiérarchie s'est-elle effondrée ? Et, sciemment ou non, combien Gye Cheol-yeong a-t-il tourmenté les cadets ? En plus, c'est pratiquement décidé : c'est Gye Cheol-yeong qui ira plus tard à l'Académie du Murim. Comment le gamin ne serait-il pas en colère ? »

C'était une chose à laquelle il n'avait jamais songé une seule fois.

« Et tout à l'heure aussi. Seong Ju-tak. Ça me coûte de l'admettre, mais c'est tout de même un maître qui a atteint le royaume du sommet. Même s'il ne libérait pas ouvertement son aura, est-ce facile pour un gamin du niveau de So-un de soutenir son regard sans trembler ? »

Après avoir longuement écouté Kang Chae-seok, Jin Tae-san secoua la tête et parla.

« C'est justement ce qui m'inquiète. Pour vivre de courage seulement, le Murim est trop rude pour la Secte Taeul. »

« Tss, tss. Toi aussi, tu as vieilli. La volonté d'avancer. Le courage de faire un pas au-delà de la peur. Au bout du compte, n'est-ce pas en rassemblant ces choses-là qu'on relèvera la Secte Taeul ? »

Aux paroles de Kang Chae-seok, Jin Tae-san resta longtemps silencieux.

Il se contenta de ruminer encore et encore ce que Kang Chae-seok venait de dire.

« Je suis de retour. »

Jin So-un apparut, un gros baluchon à la main.

Kang Chae-seok s'écria brusquement :

« Imbécile. Pourquoi un homme qui dirigera la Secte Taeul a-t-il perdu autant de temps sur une mission aussi importante ? »

« De quoi parlez-vous tout à coup ? Diriger quoi ? Et en quoi ceci mérite-t-il le nom de mission ? »

Jin So-un s'était faufilé dans les cuisines et en avait rapporté plusieurs bouteilles de vin précieux qui ne paraîtraient pas sur les tables ordinaires du banquet.

« Tout ça fait partie de l'important processus d'évaluation de la richesse de la Secte de l'Épée de Fer. »

Kang Chae-seok se précipita vers Jin So-un et lui arracha presque le baluchon des mains, puis s'arrêta net et le dévisagea.

« Snif, snif. »

« … Hem. Ah, j'étouffais, alors je suis sorti prendre l'air… »

« Tu as bu du vin, n'est-ce pas ? »

« C'est ce qu'on dit à un disciple qui a risqué sa vie pour recueillir des informations ? J'en ai renversé un peu en transportant les bouteilles. »

Kang Chae-seok attrapa fermement Jin So-un par la nuque au moment où il tentait de s'éclipser.

« Toi. Fais "Haa". »

« Comment oserais-je souffler mon haleine fétide devant l'auguste visage du Maître du Hall de la Fleur Rapide, semblable aux cieux eux-mêmes ? »

La tête de Kang Chae-seok pivota avec raideur.

« Tae-san, oublie ce que je viens de dire. Je me suis trompé. »

« De quoi parlez-vous ? C'était quelque chose d'impor… Aaaargh ! Aaaargh ! »

Tandis que Jin So-un ne parvenait pas à échapper à la poigne brutale de Kang Chae-seok, quelqu'un frappa à la porte du pavillon.

TOC TOC.

Les regards de Kang Chae-seok et de Jin So-un se croisèrent, et tous deux se mirent à bouger comme des flèches.

Kang Chae-seok cacha le vin dans la literie, et Jin So-un dissimula le baluchon là où on ne pouvait pas le voir.

« Demoiselle Mo-ran ? »

Quand la porte s'ouvrit, ce n'était ni un intendant ni un domestique de la Secte de l'Épée de Fer qui se tenait là, mais l'Épée de Fer de la Belle Louve, Seong Mo-ran.

« Qu'est-ce qui vous amène si tard ? »

« Les jeunes talents de la nouvelle génération de la province de l'Anhui ont organisé un banquet entre eux. J'ai pensé que ce serait bien que vous y assistiez aussi. »

Jin So-un se tourna vers Jin Tae-san, qui secoua la tête.

« Merci, mais j'ai marché toute la journée et je suis las de corps et d'esprit. Mieux vaut remettre ce genre d'occasion à une autre fois. »

Devant le refus de Jin So-un, Seong Mo-ran marqua une brève pause avant de reprendre.

« … Vous êtes sûr ? Il semble que la Demoiselle Hong y soit déjà. »

Les regards de Jin So-un, de Jin Tae-san et de Kang Chae-seok s'entremêlèrent.

***

Ha ha ha ha.

Ho ho ho ho.

La salle du banquet débordait de rires.

De beaux hommes et de belles femmes riaient sans arrêt, comme si quelque chose de joyeux s'était produit.

Pourtant, le visage de Sa-ryeon était crispé : elle était la seule assise en tenue martiale au milieu de toutes ces soieries.

Elle s'y était préparée.

Elle savait qu'on ne la traiterait avec respect nulle part…

Non, elle savait que ce serait une chance de ne pas être ignorée et tournée en ridicule.

C'est parce qu'elle s'y était préparée qu'elle était venue à cette réunion.

Tout cela à cause du faible espoir qu'au moins devant elle, l'enfant d'un Chef de secte, ils feraient preuve d'un minimum de courtoisie.

« Justement, en tant que porteur d'épée, voir l'épée de l'Empereur de l'Épée de Taeul a toujours été mon rêve. Pourriez-vous un jour m'obtenir un rendez-vous avec le Chef de secte ? »

« … »

Les paroles qui sortaient de la bouche de l'homme vêtu de soie couleur de jade n'étaient pas aussi belles que ses habits.

Quelqu'un, d'un côté, sembla l'arrêter.

« Allons, mon ami. Taquine-la avec modération. »

Mais alors…

« Cette histoire d'Empereur de l'Épée de Taeul, ce n'était pas une simple invention pour entrer dans les Cent Huit Pics ? »

« Oh ! Vraiment ? »

Des gestes exagérés, absurdes.

À ces mouvements, les femmes en robes de cour se couvrirent la bouche et rirent.

« Non mais, pour commencer, peut-on entrer dans les Cent Huit Pics avec une histoire pareille ? »

« L'histoire est assez réaliste, non ? C'est peut-être pour ça qu'ils ont pu entrer. »

Des paroles qui n'auraient posé aucun problème si la personne concernée n'avait pas été présente.

« … »

Elle s'y était préparée.

« Assez, vous tous. La Demoiselle Hong va être gênée. »

Celui qui s'était le plus moqué d'elle fut le premier à s'avancer pour arrêter les autres.

« Je vous présente mes excuses, Demoiselle Hong. Nous sommes des hommes, et nos plaisanteries sont allées trop loin. »

D'un côté, elle se disait que c'était une chance.

Parce que l'Aîné So-un n'aurait sans doute pas supporté ça.

Il se serait peut-être violemment indigné et mis en colère.

Il aurait peut-être laissé filer sa langue comme à son habitude et se serait fait rosser.

'Mais comment a-t-il battu l'Aîné Cheol-yeong ?'

Soudain, tandis que cette pensée vagabonde lui traversait l'esprit, son cœur se sentit un peu plus léger.

Pour une raison ou une autre, elle avait l'impression de pouvoir endurer plus facilement.

C'était vraiment une chance.

C'était vraiment une chance que ce soit elle qui soit venue, et non l'Aîné So-un.

Au lieu de répondre, Sa-ryeon posa un sourire sur ses lèvres.

Fin du chapitre 9
Fiche de l'œuvre

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