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The Forgotten FieldChapitre 36 · 36/102

Chapitre 36

Chapitre 36

30 septembre 2026 ~7 min · 1 396 mots

Les yeux de la jeune femme flamboyaient de fureur tandis qu'elle détachait chaque mot avec une précision délibérée, comme si elle les crachait.

« Mes paroles te semblent-elles dénuées de sens ? »

Face à cette violence farouche, il recula instinctivement d'un pas.

La princesse, dont la frêle silhouette tremblait, haussa le ton, de plus en plus cinglante.

« Combien de fois devrai-je te dire de me laisser tranquille ? Mes paroles t'amusent-elles tant que ça ? »

« Votre Altesse, je vous ai seulement apporté à manger parce que je craignais que vous ne vous effondriez. »

Edrick, qui avait hésité sous ce déluge de mots, protesta d'un air blessé.

La princesse lui rit au nez avec mépris.

« Et pourquoi quelqu'un comme toi se soucierait-il de moi ? »

« Je suis votre chevalier de garde, Votre Altesse. Il est de mon devoir de vous soutenir… ! »

La jeune femme éclata soudain de rire.

Le visage d'Edrick s'empourpra. Jamais de sa vie on ne s'était moqué de lui aussi ouvertement, et il ne savait absolument pas comment réagir.

La jeune femme, qui le toisait avec mépris, poursuivit lentement.

« Tu sembles me prendre pour une parfaite idiote… Croyais-tu vraiment que j'ignorais que les chevaliers Roem ne sont que les chiens de salon du prince héritier ? »

Son expression se figea comme de la pierre.

Elle abaissa un regard dédaigneux sur le panier qu'il tenait, et sa voix se fit glaciale.

« Qu'y a-t-il là-dedans ? Tu t'attends à ce que je mange ça ? Quelle sale machination es-tu en train d'ourdir ? »

« Je suis un chevalier ! »

Incapable de se contenir plus longtemps, Edrick haussa la voix. Pour la première fois de sa vie, il sentit la chaleur de l'indignation lui brûler les oreilles.

« Votre Altesse, vos paroles sont une insulte non seulement envers moi, mais envers tout l'Ordre des chevaliers impériaux ! Nous avons juré devant les dieux de protéger la famille impériale. Jamais nous ne ferions quoi que ce soit pour nuire à Votre Altesse… ! »

« Tu t'attends vraiment à ce que je croie ça ? »

Il resta sans voix, fixant le visage de la princesse, froid comme la glace.

Elle effaça le sourire qui s'attardait au coin de ses lèvres et trancha d'un ton cinglant.

« Si tu veux flatter quelqu'un, va voir mes demi-frère et sœur. Je n'en ai que faire. »

Sur ces mots, elle claqua la portière avec fracas, mettant fin à la conversation.

Les doigts d'Edrick se crispèrent sur le panier. S'il ne s'y était pas agrippé, il aurait sans doute arraché la portière pour lui crier de cesser de s'entêter ainsi.

Les yeux bouillonnant de frustration, Edrick fusilla la portière du regard avant de se détourner.

'J'ai fait tout ce que je pouvais. Je n'ai aucune envie de raisonner une femme qui m'insulte et me provoque ouvertement.'

Edrick posa le panier sur l'étagère installée devant le baraquement commun et se dirigea vers le coin des repas.

Les chevaliers étaient déjà réunis dans le champ et mangeaient.

Rejoignant ses compagnons, Edrick remplit généreusement son assiette et se mit à dévorer, se répétant que cette maudite femme pouvait bien mourir de faim, ce n'était pas son affaire…

***

Après m'être retournée sans cesse dans l'obscurité, je me redressai avec précaution.

Lorsque j'écartai le rideau de la fenêtre, j'aperçus quelques lanternes tenues par les chevaliers de garde, qui luisaient faiblement dans les ténèbres. Tout le reste était plongé dans un noir absolu.

Je levai les yeux vers le ciel noir, sans étoiles, avant de descendre prudemment de la voiture.

Après avoir survécu des jours durant avec quelques morceaux de pain et un peu de fruits confits au miel, je sentais mes membres faibles et sans force. J'aurais peut-être mieux fait de manger ce que ce chevalier stupide m'avait apporté.

Il ne semblait pas assez intelligent pour échafauder la moindre machination : peut-être avais-je été trop méfiante.

Mais au souvenir du visage candide du chevalier, je chassai vite cette pensée de mon esprit.

Je n'avais que trop bien appris que ceux qui s'approchent avec un visage innocent sont précisément ceux à qui l'on ne peut pas se fier. Il complotait peut-être de me faire baisser la garde avant de commettre quelque chose de terrible.

J'examinai d'un œil méfiant les chevaliers postés près de la clôture, puis avançai à pas prudents.

Mes yeux, désormais habitués à l'obscurité, distinguaient vaguement les toits triangulaires des tentes, la longue file des chariots de ravitaillement et la forme des chevaux.

Je me glissai prudemment entre les tentes, attentive à ne pas trébucher sur les pierres. Je sentis le vent qui descendait de la colline se faufiler par les interstices de mes vêtements.

L'odeur piquante des herbes épaisses, mêlée à celle du bois à demi consumé, me chatouillait le nez. Je me faufilai dans les ténèbres en me fiant à mes sens.

Je trouvai bientôt le logement de mes suivantes. Plissant les yeux, je passai un long moment à m'assurer que c'était le bon endroit, avant de grimper avec précaution sur le chariot de ravitaillement le plus proche. Je me roulai en boule parmi les ballots empilés et fixai l'entrée de la tente. Je voulais voir si l'espionne placée par ma mère passerait à l'action cette nuit.

J'entourai mes genoux de mes bras et observai l'obscurité sans ciller.

De temps à autre, j'entendais des soldats ronfler ou grincer des dents. J'entendais des chevaux hennir et des insectes striduler. Je n'avais jamais soupçonné que la nuit pouvait être aussi bruyante.

Je tâchai de détendre mes nerfs douloureusement tendus, comptant chaque seconde interminable.

Combien de temps avais-je retenu mon souffle ? Le ciel d'un noir d'encre s'éclaircit peu à peu jusqu'à un bleu profond. Il semblait que cette nuit allait finalement passer sans incident.

Je remuai avec précaution mon corps engourdi et étirai mes articulations. Chacun de mes os semblait crier en craquant.

Alors que je frictionnais mes membres fourmillants en retenant à grand-peine un gémissement, je vis une ombre sombre sortir de la tente.

Je plissai les yeux.

Même si l'obscurité masquait son visage, je distinguais nettement une femme mince.

Je forçai mon corps grinçant à se lever et suivis l'ombre.

Après une longue marche le long de la file de voitures, celle d'Aila apparut. J'essuyai sur ma jupe mes paumes moites de sueur froide.

Comme j'aurais voulu qu'elle se glisse dans cette voiture ! Elle aurait alors fait à ma place ce que j'avais besoin de faire.

Nourrissant cet espoir désespéré, je fixai intensément le dos de la femme. Mais elle passa tout droit devant la voiture d'Aila et se dirigea vers l'extrémité du long campement. Lorsque je tournai les yeux dans cette direction, mon visage se figea. Devant une tente flottait la bannière de la maison Sierkan, brodée d'un cheval noir.

Je m'y précipitai, prise de panique. Mais le temps d'un bref regard ailleurs, la femme avait déjà disparu.

Tout en fouillant fébrilement entre les tentes, je fixai l'entrée du baraquement avec une angoisse grandissante.

'Serait-elle entrée ?'

Mon cœur se serra.

Si Aila et Barcas venaient à s'unir, la position de Gareth deviendrait plus solide encore.

La maison Sierkan exerçait une influence considérable, non seulement dans la Région de l'Est, mais aussi dans le Nord. Si Aila devenait l'épouse du grand-duc, Gareth aurait l'alliance de la noblesse derrière lui. Il était tout à fait possible que ma mère ait décidé d'éliminer Barcas pour empêcher une telle situation.

À cette pensée, je me ruai dans le baraquement de Barcas comme si j'étais poursuivie. J'étais incapable de raisonner.

Fouillant fébrilement le baraquement plongé dans l'obscurité, j'écartai le rideau de séparation au centre.

Le lit était vide. Comme il commençait ses tâches quotidiennes avant l'aube, il devait être en train d'inspecter le camp ou de vérifier l'état de Torque.

Mais même si cette pensée me traversa l'esprit, l'inquiétude ne s'apaisa pas facilement.

Je tâtai le lit vide pour vérifier s'il y avait des taches de sang. Puis j'entendis des pas lourds et relevai vivement la tête. Un homme de grande taille se tenait à l'entrée du baraquement.

Croyant que c'était Barcas, je m'élançai, mais m'arrêtai net. C'était Gareth, en tenue légère, qui me regardait d'un air surpris.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Il plissa durement les yeux et me toisa de la tête aux pieds.

Fin du chapitre 36
Fiche de l'œuvre

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