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The Forgotten FieldChapitre 27 · 27/102

Chapitre 27

Chapitre 27

30 septembre 2026 ~7 min · 1 363 mots

Ses yeux, luisants d'attente, collèrent à ma poitrine comme un goudron poisseux avant de glisser lentement vers le bas. Ils s'y attardèrent, suivant les contours que révélaient mes vêtements légers, puis remontèrent en rampant pour se planter droit dans les miens.

Je sentis chaque muscle de mon corps se raidir. Je savais que je devais m'enfuir sur-le-champ, et pourtant mes jambes refusaient d'obéir.

L'homme humecta sa lèvre inférieure et se rapprocha à pas de loup.

« Si Votre Altesse voulait seulement me permettre… »

Sa main rêche et calleuse, marquée par des années de labeur, se tendit vers les cheveux qui retombaient sur mon épaule. Je regardai avec terreur mes mèches dorées s'enrouler autour de ses doigts épais.

Je n'arrivais plus à respirer correctement. J'aurais dû lui crier de garder ses mains pour lui, mais ma bouche ouverte ne laissait échapper aucun son.

Prenant mon silence pour un consentement, l'homme, qui caressait tendrement chaque mèche de mes cheveux d'or, tendit alors la main vers mon visage.

Sa paume, rugueuse comme du papier de verre, m'écorcha douloureusement la peau délicate. Tandis que la peur me dévorait et que je me recroquevillais, une énorme main gantée de fer surgit soudain des ténèbres et saisit le poignet de l'homme dans une poigne de fer.

Je reculai en titubant, comme si je sortais d'une transe. En levant les yeux, je vis des prunelles d'un bleu argenté éclatant qui brûlaient d'intensité.

À cet instant, mon cœur sombra.

Je me plaquai d'instinct contre le mur. Barcas, qui baissait sur moi un visage parfaitement impassible, tourna lentement le regard vers le moine.

Quoi qu'il ait vu dans ces yeux, le moine, jusque-là raide comme une pierre, se mit à trembler violemment, comme s'il faisait face à un spectre.

« Je, je voulais seulement… je, Votre Altesse… »

« Silence. »

Sa voix grave et lourde coupa court aux excuses du moine. Le visage de celui-ci, vidé de toute couleur, se tordit de douleur. Bien que sa prise parût trompeusement légère, il semblait capable de briser l'os avec la force qu'il y mettait.

Barcas s'adressa lentement, en détachant ses mots, à l'homme désormais trempé d'une sueur froide.

« Aucun de nous ne souhaite donner à cette affaire plus d'ampleur qu'elle n'en a. Retournez sans bruit à vos quartiers. »

Le moine, gémissant de douleur, hocha frénétiquement la tête.

Barcas lui lâcha le bras et ajouta :

« Vous seriez avisé de rester hors de ma vue jusqu'à ce que nous quittions ces lieux. »

« O-oui, je m'en souviendrai. »

L'homme geignit en serrant son poignet enflé et meurtri.

Barcas le congédia d'un mouvement du menton. L'homme ne se le fit pas dire deux fois et s'enfuit, affolé. Après avoir regardé un instant sa silhouette pitoyable s'éloigner, Barcas reporta les yeux sur moi.

Je baissai le regard sans réfléchir. Je n'avais rien fait de mal, et pourtant j'avais la bouche sèche et la chaleur me montait au cou. Tandis que je m'agitais nerveusement, sa voix, d'un calme glaçant, résonna dans l'obscurité.

« Suis-moi. Je te raccompagne à tes quartiers. »

Mon corps, raide de tension, se relâcha soudain, et mes bras retombèrent le long de mes flancs. À cet instant, un étrange sentiment d'injustice et de chagrin m'envahit.

J'ai failli subir quelque chose de terrible. J'ai eu une peur sans nom. Alors pourquoi te montres-tu si indifférent ?

L'air indigné, je me mordis la lèvre et passai brusquement devant lui. Plutôt mourir que lui montrer ma faiblesse.

La tête haute, avec une fierté délibérée, je traversai le Jardin à grands pas, et bientôt le dortoir des femmes apparut au bout du long couloir.

Sans quitter l'horizon des yeux, je lançai sèchement :

« Nous sommes arrivés, alors cessez de me suivre ! »

Des chevaliers montaient la garde autour du bâtiment. Je ne subirais pas la même humiliation que tout à l'heure.

Je pressai le pas comme pour m'enfuir. Mais au bout de quelques pas à peine, je me retrouvai prise au piège entre lui et le mur extérieur du bâtiment.

Je levai vers lui des yeux écarquillés.

« Qu'est-ce, qu'est-ce que c'est… tout d'un coup… »

« Quand on joue avec le feu et qu'on s'est brûlé une fois, assez gravement… »

Sa voix semblait racler l'intérieur de sa gorge. Il dut s'en rendre compte lui-même, car il marqua une brève pause. Puis sa voix reprit, bien plus posée.

« Ne devrais-tu pas être plus prudente, à présent ? »

Je sentis le sang quitter mon visage. Barcas, qui me scrutait d'un regard assez acéré pour me disséquer, tordit les lèvres.

« Ou bien est-ce que tu tiens vraiment à te rouler dans n'importe quel lit ? »

Ma main partit sans hésiter. Mais une fois de plus, mon poignet fut saisi avant même que ma paume ait effleuré son visage. Barcas ajouta lentement :

« Si telle est ton intention, je te demanderai de te retenir pour l'instant. Jusqu'à la fin de ce voyage, je préférerais éviter toute complication fâcheuse. »

Je serrai fermement mes lèvres tremblantes. Il me lâcha le bras et se détourna avec une lenteur délibérée.

« Je pense que tu as compris. »

À cet instant, si j'avais eu une lame à la main, je la lui aurais plantée dans le dos sans hésiter.

Tel un poisson glissant dans l'eau, il s'éloignait, et je suivais sa silhouette d'un regard meurtrier, silencieux et implacable. Puis je sentis ma vue se brouiller et détournai précipitamment la tête.

Je savais qu'il ne se retournerait pas, mais je craignais qu'il n'aperçoive mes larmes. Je m'essuyai rudement les yeux avec ma manche et me réfugiai dans le dortoir des femmes comme on s'échappe.

***

Le lendemain matin, la cérémonie se déroula comme si de rien n'était.

Perchée à la fenêtre de la chambre qu'on m'avait attribuée, je regardais en contrebas le frère et la sœur jumeaux se diriger vers l'autel, suivis de Barcas qui leur servait d'escorte.

En toute logique, j'aurais dû être parmi eux. Mais je m'étais excusée en prétextant une maladie. J'avais refusé une cérémonie que la Famille impériale était tenue d'accomplir, avec une excuse manifestement absurde.

En temps normal, la cérémonie aurait dû être reportée, mais la ferme résolution du prince héritier avait permis qu'elle se tienne comme prévu. Peut-être le monastère était-il même satisfait de cet arrangement. Après tout, accorder la bénédiction divine à une bâtarde n'était pas non plus ce qu'il souhaitait.

'… J'aurais dû y participer, finalement.'

Je pouffai toute seule, puis mon rire s'éteignit en voyant Aila et Barcas côte à côte devant l'autel.

Si je les avais rejoints là-bas, je n'aurais pas pu prédire ce que j'aurais fait. Je me serais peut-être jetée sur l'un d'eux en hurlant que j'allais le tuer.

'Je ne sais même plus lequel des deux je méprise le plus…'

Je portai machinalement les doigts à mes lèvres, mais, ne voulant pas abîmer mes ongles qui venaient de repousser, je baissai de nouveau le bras.

Je ne pouvais plus supporter ce spectacle. Je tirai les rideaux et me jetai sur le lit.

Recroquevillée dans la pénombre, je sentis les souvenirs de la veille tourbillonner dans mon esprit. Le regard concupiscent, la main tendue vers moi, et les yeux froids et perçants de Barcas…

« Ne devrais-tu pas être plus prudente, à présent, toi qui t'es déjà gravement brûlée en jouant avec le feu ? »

Je tirai la couverture par-dessus ma tête.

Barcas croyait que j'avais séduit cet homme. Peut-être n'avait-il pas tout à fait tort. J'avais toujours été stupide, à me fourrer sans cesse dans des situations impossibles… Et c'était son rôle de me tirer du danger. Maintenant qu'il était enfin débarrassé de ce devoir fastidieux, il était bien naturel qu'il ait la nausée de voir se reproduire une situation semblable. Il devait en avoir plus qu'assez de moi.

J'enfouis mon visage dans l'oreiller et ris en silence.

L'image de lui s'éloignant de ma vie me revint. Peut-être parce que quelque chose de semblable s'était produit la veille à peine.

Fixant en silence le rai de lumière qui filtrait à travers les rideaux, je fermai lentement les yeux. Des souvenirs enfouis se déployèrent pêle-mêle dans mon esprit.

Fin du chapitre 27
Fiche de l'œuvre

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