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Chapitre 123

Chapitre 123

8 octobre 2026 ~8 min · 1 493 mots

Je m'abaissai avec précaution sur son corps tremblant.

Sa peau, légèrement luisante de sueur, collait à la mienne comme du velours. Tandis que je savourais cette sensation en bougeant lentement contre elle, une lueur de peur passa sur ses traits délicats dans l'obscurité.

Pour la dissiper, j'enfonçai plus profondément ma langue dans sa bouche étroite. Lorsque je me mis à explorer avec ferveur sa chair humide, un son, entre le hoquet et le gémissement, me chatouilla la gorge.

J'expirai rudement, le souffle haché, en pesant doucement sur son corps délicat et frémissant.

Sa peau luisait maintenant de sueur, ou peut-être de ce qui suintait de moi. La brusque montée de chaleur m'embrumait l'esprit.

Je frottai mon corps durci contre sa chair douce comme un pétale, mes lèvres glissant le long de la courbe gracieuse de son cou.

Lorsque je mordis doucement le creux de sa gorge où battait un pouls rapide, elle frissonna et m'enfonça les ongles dans les épaules.

Ses ongles, rendus rugueux à force d'être laissés pousser puis cassés, me griffèrent la peau, et, inexplicablement, mon désir s'en trouva attisé.

Je mordis sa clavicule saillante, la suçai fort pour l'encourager à réagir, puis descendis les lèvres vers sa poitrine haletante.

Son corps, docile mais effrayé par cet acte inconnu, se raidit soudain. J'apaisai son échine tremblante par de douces caresses tout en prenant pleinement sa chair tendre dans ma bouche.

Au-dessus de ma tête s'échappa un son où se mêlaient gémissements et larmes. La chaleur qui me consumait atteignait une intensité insupportable. Pourtant, mon épouse ne parvenait toujours pas à se détendre.

Je caressai partout son corps crispé de mes mains anxieuses. À mesure que mon toucher descendait, sa tension ne faisait que s'aiguiser. Je murmurai d'une voix rauque contre son oreille brûlante :

« Tout va bien. Je ne te ferai pas de mal. Détends-toi. »

Dans l'obscurité, je voyais ses grands yeux errer sans but.

J'embrassai ses yeux humides de larmes et de sueur tout en la caressant avec un soin délibéré. La femme, qui remuait mal à l'aise, se mit peu à peu à accepter mon contact. Ce spectacle sensuel était si intense que ma vue se brouilla.

Appuyé sur le haut du corps, guettant attentivement ses réactions, je serrai les dents et l'attirai plus près. Sous des gestes plus intimes, une voix douce et brisée s'échappa de ses lèvres rosies.

« Ça… ça suffit. Je vous en prie, faites-le maintenant. »

Je serrai la mâchoire. Mon corps semblait près d'éclater du désir d'obéir à son ordre. Mais je ne pouvais pas me laisser tromper deux fois.

« Je ne peux pas. Il faut attendre encore. »

« Je ne veux pas. Je ne tiens plus. Alors je vous en prie, arrêtez… »

Je capturai ses petites lèvres enjôleuses.

Ses avant-bras trempés de sueur s'enroulèrent aussitôt autour de mon cou. Cette femme m'avait toujours rendu fou par ses caprices : elle se dérobait quand j'approchais, me lançait des regards de reproche quand je reculais, et ne cessait de me mettre hors de moi. À présent, la tenant dans mes bras, je la dévorais désespérément.

Combien de temps avais-je caressé sa peau moite, l'avais-je effleurée de ma langue ? Je sentis son corps, raidi par la tension, se détendre peu à peu.

Je saisis sa cuisse droite et descendis lentement en elle. Sa chair humide m'enserra étroitement.

J'expirai brusquement, agrippant fermement la tête de lit et bandant les cuisses de toutes mes forces. J'avais le dos trempé de sueur à force de lutter pour contenir les élans sauvages de mon corps.

Après avoir tenu un moment en me mordant l'intérieur de la joue, j'avançai peu à peu les hanches. Un gémissement étouffé lui échappa.

Malgré toute ma préparation attentive, elle ne parvenait toujours pas à m'accueillir facilement.

Comme la pression s'intensifiait, je fronçai les sourcils et m'allongeai sur elle en respirant profondément. Ce n'était pas une sage décision. Tandis que la chaleur montait et que son parfum, plus capiteux qu'à l'ordinaire, m'emplissait les poumons, j'eus le vertige.

Je grinçai des dents et serrai la tête de lit plus fort encore. Avec un craquement, le panneau de bois massif se fendit.

Je tressaillis, craignant qu'elle ne le voie et ne prenne peur, et baissai les yeux sur elle. Mais mon épouse semblait inconsciente de tout ce qui se passait autour d'elle.

En voyant ses yeux voilés, entièrement absorbés par cette sensation inconnue, mon dernier fil de raison se rompit.

Je pris appui près de sa tête et me mis à bouger les hanches d'avant en arrière. Tout ce que je pouvais faire, à cet instant, c'était résister à l'envie de la prendre comme un étalon en rut.

Tout mon corps tremblait de tension tandis que je me retenais, désespéré à l'idée d'abîmer ce corps fragile qui se serait effrité à la moindre brise.

Les sourcils froncés, je répétai de faibles va-et-vient, mais comme la pression ne cédait pas, je reculai les hanches.

À cet instant, elle referma étroitement les bras sur mon dos et laissa échapper un son étrange, mêlé de sanglots et de gémissements. Quand je compris que mon nom était tissé dans ce son, un sang brûlant déferla violemment dans tout mon corps.

J'enfonçai ma langue dans sa bouche et repris les mouvements que j'avais interrompus. Je ne pouvais plus me retenir.

Mon désir libéré accéléra peu à peu. J'essayai de reprendre le contrôle, mais une fois mon corps affranchi de toute retenue, mes mouvements ne firent que gagner en intensité.

Je grimaçai de frustration et baissai les yeux sur elle.

« Ça fait mal ? »

J'avais à peine réussi à poser la question qu'elle secoua la tête et se suspendit à mon cou.

« Ça… ça ne fait pas mal du tout. »

Son souffle humide se colla à mes tympans comme la cire chaude d'une bougie.

Je lui saisis fermement la taille et rassemblai ce qui me restait de maîtrise. Elle mentait peut-être. N'était-elle pas du genre à s'infliger des souffrances par habitude ? Cette fois encore, elle se forçait peut-être à ravaler la douleur. Je ne devais absolument pas baisser la garde…

« Mais… mon corps est si bizarre, Barcas… Faites quelque chose. »

Sa voix, tremblante de larmes retenues, balaya toute pensée en un instant.

Je lâchai entre mes dents des jurons que je n'avais jamais prononcés à voix haute et plaquai son corps contre les draps.

Tandis que sa peau moite m'enveloppait tout entier, même le dernier lambeau de raison s'évapora en un instant. Bientôt, le lit grinça violemment, et des souffles haletants emplirent l'obscurité.

J'essuyai du revers de la main la sueur qui me coulait sur le front, contemplant son corps tremblant qui ondulait au rythme de mes mouvements.

Son corps frémissant était comme un nénuphar emporté par des courants tumultueux. J'étreignis cette forme délicate et rampai vers l'extrême bord du désir. À cet instant, son corps se mit à se convulser faiblement.

Je tins fermement sa taille secouée de spasmes, le dos raidi de tension. Puis, transpercé d'un frisson sauvage, une explosion violente jaillit du plus profond de moi.

Sentant ma vue se brouiller, je fermai les yeux très fort.

Je n'aurais su dire combien de temps je restai ainsi. J'attendis que mon souffle haché se calme, puis me redressai lentement pour voir comment elle allait.

En écartant les cheveux collés de sueur, je découvris son expression absente. La vue de ses membres étalés sans vie me glaça la poitrine.

Je pris ses joues mouillées de sueur et de larmes et scrutai avec anxiété ses yeux perdus dans le vague.

« Tu vas bien ? »

Elle leva vers moi un regard égaré.

Par chance, rien n'indiquait qu'elle souffrait. Elle semblait simplement somnolente, d'avoir épuisé toutes ses forces d'un coup.

Poussé par un élan inexplicable, je posai les lèvres au coin de son œil. Son regard ensommeillé s'écarquilla, et de violentes ondes troublèrent ses pupilles dilatées.

Avant même que je puisse en deviner la raison, on me repoussa par l'épaule. Je fronçai les sourcils en la regardant. Elle se débattait frénétiquement pour se glisser hors de sous moi. D'instinct, je bloquai son mouvement.

« Qu'est-ce qui te prend ? »

« Poussez-vous ! Vous êtes trop lourd. »

Comme elle se débattait de plus belle, je me redressai à contrecœur. Elle roula aussitôt sur le côté, chercha à tâtons ses vêtements à mes pieds, puis tenta de se couvrir en hâte.

Je la regardai en silence, puis ramenai sa taille vers moi.

« Repose-toi encore un peu. »

« Pour quoi faire ? »

La femme tremblante avait répliqué d'une voix encore chevrotante.

« C'est fini maintenant. Je retourne dans ma chambre. »

« Qui a dit que c'était fini ? »

Je l'attirai à moi alors qu'elle tentait de s'écarter, et pressai les lèvres contre son cou tiède. Le doux parfum de sa peau ralluma la chaleur dans mon corps.

« Cette nuit, tu dors dans ma chambre. »

Fin du chapitre 123
Fiche de l'œuvre

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