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Chapitre 7

Chapitre 7 - Combat d'entraînement

17 octobre 2026 ~6 min · 1 068 mots

Quand nous arrivâmes au terrain d'entraînement, les soldats qui s'y exerçaient se raidirent tous d'un coup.

Il arrivait à mon père d'y venir diriger l'entraînement, et ses séances étaient d'une extrême dureté.

Aussi, chaque fois qu'il se présentait sur le terrain, une vive tension s'emparait des lieux.

« Je ne suis pas venu vous entraîner aujourd'hui. Je vais faire passer une épreuve à celui-ci. »

En l'entendant déclarer qu'il n'y aurait pas d'entraînement, l'assistance se détendit.

Puis les regards des soldats se portèrent sur Rietz.

Comme ils n'avaient eu d'yeux que pour mon père, ils semblaient ne remarquer sa présence qu'en entendant ces mots.

« Une épreuve ? Pour ce Malkien-là ? »

« Oui. D'après Ars, ce Malkien aurait un grand talent. Enfin, si c'est vrai, je veux bien le prendre comme simple fantassin. »

À ces mots, les soldats se mirent à murmurer.

« Du talent, un Malkien ? » « Ça m'étonnerait. » « Il en a de drôles d'idées, le jeune maître... »

Personne, apparemment, ne croyait au talent de Rietz.

Bah, il suffirait de le leur prouver par les faits.

« Prends un sabre de bois. »

« Oui. »

Rietz et mon père prirent chacun un sabre de bois et se firent face.

« Je t'accorde un handicap. Combat d'entraînement de trois minutes : si tu parviens à me toucher ne serait-ce qu'une fois, tu auras gagné. Tant que tu ne te rends pas, tu peux encaisser autant de coups que tu veux sans avoir perdu. Gratz, apporte le sablier. »

« À vos ordres ! »

L'un des soldats, Gratz, s'empressa d'aller chercher dans la remise du terrain un sablier qui se vidait en trois minutes.

Pour quelqu'un aux capacités moyennes, réussir à toucher mon père une seule fois relevait déjà de l'exploit.

De fait, aucun des soldats présents n'en était capable en combat singulier.

Mais avec la Bravoure de Rietz, et son aptitude A en Infanterie, cela semblait à sa portée.

« Au fait, je ne t'ai pas entendu dire ton nom. Puisque nous allons croiser le fer, présente-toi. »

« Rietz Muses. »

« Je suis Raven Louvent, chef de la maison Louvent. Montre-moi ce que tu vaux. »

Gratz retourna alors le sablier, et le combat commença.

Mon père bougea le premier.

Il mit en mouvement son immense carcasse, avec puissance et pourtant avec vivacité, et abattit le sabre de bois qu'il tenait levé au-dessus de sa tête.

Avec une telle force, un coup à la tête vous assommait à coup sûr. Il pouvait même tuer, si on tombait mal.

Un homme ordinaire, écrasé par cette pression, en aurait perdu ses jambes et serait tombé sur le derrière. Mais Rietz, peut-être parce qu'il avait déjà traversé pas mal d'épreuves, recula calmement et esquiva la lame.

Aussitôt, il passa à l'attaque. Mon père, malgré toute la force qu'il avait mise dans son coup, avait déjà repris son équilibre et évita le sabre de Rietz.

Cette fois, même Rietz écarquilla les yeux de surprise.

Mon père n'avait rien d'une brute tout en muscles : sa technique aussi était de tout premier ordre.

Ce fut à son tour d'attaquer. Rietz, surpris mais pas déstabilisé pour autant, para le coup.

S'ensuivit un échange de coups d'une rapidité stupéfiante.

Les soldats, qui s'étaient moqués au début, se turent en voyant l'affrontement.

Aucun d'entre eux n'était capable de tenir tête à mon père en duel.

Il prenait pourtant soin de les ménager pour ne tuer ni blesser grièvement personne, mais la plupart du temps, ils perdaient leur sabre en un rien de temps et le combat s'arrêtait là. Il n'était même pas question de le toucher : il n'y avait tout simplement pas de combat.

Ces hommes avaient pourtant reçu un entraînement sérieux. Ils n'en restaient pas moins incapables de lui faire face.

Cette fois-ci, mon père se battait pour de bon, comme s'il se moquait bien de ce qui pourrait arriver à son adversaire.

Et Rietz ne reculait pas d'un pas.

Quiconque connaissait la force de mon père ne pouvait que rester bouche bée devant ce spectacle.

Pourtant, peu à peu, Rietz commença à céder du terrain.

Au début, il parvenait à attaquer, mais il fut bientôt réduit à se défendre.

La moitié du sable s'était écoulée, et aucun des deux n'avait encore touché l'autre. Rietz n'avait pas réussi, mais mon père non plus n'avait pas porté un seul coup.

À bien y réfléchir, en combat réel, encaisser un coup pouvait être mortel selon l'endroit touché.

Ces deux-là, qui avaient sans doute une solide expérience du combat, ne devaient presque jamais se laisser toucher par un ennemi.

Dans ce cas, le handicap en était-il vraiment un ? On pouvait en douter.

Je commençai à trouver que la situation tournait mal. Il risquait bien de perdre.

S'il perdait et échouait à l'épreuve, il me serait très difficile de convaincre mon père ensuite.

Ce combat avait sans doute suffi à lui faire reconnaître le talent de Rietz, mais c'était un homme qui tenait toujours parole une fois sa décision prise.

Il ne l'engagerait jamais.

'Touche-le, même par un coup de chance...' Je suivais le combat comme on adresse une prière.

Le sable s'était presque entièrement écoulé. Il ne restait que quelques instants.

Même mon père commençait à s'essouffler un peu, et ses mouvements perdaient de leur vivacité.

Comme s'il n'attendait que cela, Rietz rassembla tout ce qui lui restait de forces et de volonté et lança l'assaut.

Une attaque désespérée : il devait savoir que c'était sa dernière chance.

Rietz visa les jambes.

Pris au dépourvu, mon père ne put se protéger à temps et reçut le coup à hauteur du tibia.

Les soldats regardaient l'issue du combat, stupéfaits, comme s'ils ne comprenaient pas ce qui venait de se passer.

Touché au tibia, mon père ne broncha même pas et resta debout. On dit que le tibia est le point faible même des plus grands guerriers, mais visiblement, ce n'était pas celui de mon père.

Quoi qu'il en soit, Rietz avait réussi à le toucher : il avait gagné le combat. Mieux encore, en combat réel aussi, ce coup lui aurait donné la victoire. S'ils s'affrontaient plusieurs fois, il perdrait peut-être plus souvent qu'il ne gagnerait, mais cette fois, c'était Rietz le vainqueur.

« ... Tu as gagné. Comme promis, je t'engage comme simple fantassin. »

Mon père prononça ces mots avec un léger dépit.

Fin du chapitre 7
Fiche de l'œuvre

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