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Chapitre 4

Chapitre 4 - Un homme de talent

7 octobre 2026 ~5 min · 806 mots

Environ huit habitants sur dix du territoire de Lamberg, que gouvernait la maison Louvent, vivaient au village de Lamberg.

Le village se trouvait tout près du manoir où résidait la maison Louvent. À cinq minutes de marche environ.

Je m'y rendis seul.

Les environs étaient plutôt sûrs : se promener seul n'y présentait pas de réel danger.

On m'avait tout de même interdit de sortir sans escorte. Mais si j'arrivais au village entouré de gardes, j'attirerais bien trop l'attention, et il ne serait plus question de chercher des talents.

Pour qu'on ne reconnaisse pas le fils du seigneur, je m'étais couvert d'une capuche qui me cachait le visage.

J'arrivai au village au bout de huit minutes de marche. Avec un corps de quatre ans, il m'avait fallu plus de temps que la normale.

Lamberg était un village ordinaire.

Ses habitants vivaient de l'agriculture, de l'élevage, de la chasse.

L'atmosphère y était paisible et, peut-être parce que la nourriture ne manquait pas, les villageois semblaient dans l'ensemble en bonne santé.

Village ou non, il comptait près de huit cents âmes : impossible de les passer tous en revue.

'Commençons par les jeunes.'

J'utilisai [Évaluation] sur un jeune homme qui faisait un travail de force non loin de là.

Hum. Des valeurs pas très intéressantes.

D'ailleurs, celui-là était sûrement venu au terrain d'entraînement.

À bien y réfléchir, les jeunes hommes pouvant servir de soldats en cas de besoin, ils avaient dû se rendre au terrain d'entraînement.

Autrement dit, j'avais sans doute déjà évalué la plupart des jeunes hommes du village.

'Voyons les femmes.'

Dans ce monde, on jugeait les femmes impropres à la guerre, et elles ne s'élevaient pour ainsi dire jamais. Un peu comme dans le Japon d'autrefois.

De fait, on croisait rarement une femme dotée d'une grande Bravoure.

Mais en Intelligence, en Commandement ou en Politique, elles ne différaient guère des hommes : rien ne les rendait indignes de devenir des vassales.

J'examinai donc aussi les femmes.

Mais je ne trouvai que des valeurs médiocres.

Je regardai aussi les enfants : aucun n'avait de statistiques remarquables.

Ce n'était pas si simple, finalement.

Même avec le pouvoir d'évaluer les gens, les hommes de talent ne se trouvaient pas si facilement.

À force d'en examiner, mes yeux s'étaient fatigués.

[Évaluation] usait un peu les yeux.

'Je vais m'arrêter là pour aujourd'hui.'

C'est ce que je me disais en m'apprêtant à rentrer, quand :

« Dehors ! J'ai rien à vendre à des gens comme toi ! »

Un éclat de voix retentit.

Intrigué, je regardai dans sa direction : un jeune homme venait d'être jeté hors d'une boutique et était tombé à genoux sur la chaussée.

Il avait la peau brune, et ses traits différaient de ceux des gens de la région.

Si l'on comparait notre peuple aux Blancs, cet homme avait plutôt l'allure d'un Japonais à la peau sombre.

Ce peuple-là, c'était...

« Mais c'est un Malkien. »

« Quelle saleté. Qu'est-ce qu'il fait ici ? »

« Il a dû arriver là en errant. »

En entendant les villageois, je me souvins.

Les Malkiens étaient un peuple qui vivait dans un pays au-delà de la mer, loin du continent de Summerforth.

Leurs traits correspondaient presque exactement à ceux de ce jeune homme.

On n'en voyait pour ainsi dire pas dans l'Empire de Summerforth, mais il en existait quelques-uns.

La plupart descendaient de gens amenés comme esclaves il y a très longtemps, et les habitants de l'Empire de Summerforth les traitaient avec mépris.

À vrai dire, voir ce genre de discrimination ne m'était guère agréable, mais lui venir en aide maladroitement risquait de ternir ma réputation.

'Enfin, je peux toujours l'évaluer.'

J'évaluai le jeune homme sans y attacher d'importance.

[Rietz Muses, 14 ans, ♂]

[・Statistiques]

[Commandement 87/99]

[Bravoure 70/90]

[Intelligence 88/99]

[Politique 78/100]

[Ambition 21]

[・Aptitudes]

[Infanterie A]

[Cavalerie S]

[Archerie A]

[Magie C]

[Fortification S]

[Engins de guerre A]

[Marine D]

[Aviation C]

[Stratagème S]

Devant ce résultat, je n'en crus pas mes yeux.

C'est... c'est...

« C'est Nobunaga !! »

Des statistiques écrasantes, absolument irréprochables. Des valeurs dignes d'Oda Nobunaga, l'un des grands héros que tous les Japonais connaissent (du moins tel qu'il apparaît dans un certain jeu historique).

Encore jeune, il n'avait pas fini de se développer, mais plus tard, il deviendrait redoutable.

Qui aurait cru que ce garçon, pareil à un chat errant abandonné, était un Nobunaga ?

Le monde réserve bien des surprises.

Il s'appelait donc Rietz Muses.

Je ne pouvais pas le laisser ici, à vivre comme un chat errant.

Il fallait absolument que j'en fasse mon vassal.

À cause de ses origines, on me regarderait sans aucun doute de travers, mais au regard de ce que je gagnerais à le prendre à mon service, ça n'avait aucune importance.

Bien décidé à faire de Rietz mon vassal, je courus vers lui.

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