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Chapitre 11

Chapitre 11 - Acheter

31 octobre 2026 ~6 min · 1 119 mots

Commandement 92, Bravoure 116, et une aptitude Magie S...

C'étaient des chiffres prodigieux. Ses autres statistiques n'avaient rien de remarquable, mais ce Commandement et cette Bravoure, il n'y avait pas d'autre mot : prodigieux. Même maintenant, en pleine croissance, sa Bravoure était presque à égalité avec celle de mon père.

La puissance au combat se déterminait par la Bravoure et par les aptitudes.

Une Bravoure élevée ne rendait pas très fort si l'aptitude était D. Comme elle était à D partout sauf en Magie, on pouvait supposer qu'elle ne serait pas bien redoutable dans un combat qui ne passait pas par la magie.

Mais pour ce qui était de la magie, elle devait posséder une puissance de combat écrasante.

En apparence, c'était une fillette aux longs cheveux bleus, au visage aussi régulier que celui d'une poupée. Une fois grande, elle deviendrait sans doute une vraie beauté. Enfin, son physique m'était bien égal.

Cette enfant, il fallait l'acheter, un point c'est tout.

Je la ramènerais et j'en ferais une mage de combat.

« Cette Charlotte, elle coûte combien ? »

Je posai la question au marchand d'esclaves.

« Hein ? Ah, Charlotte. Cinq pièces d'argent. Elle te plaît ? »

Cinq pièces d'argent.

Sachant qu'un adulte avait besoin de dix pièces d'or pour vivre un an (dix pièces d'argent valant une pièce d'or), ce n'était pas un prix exorbitant.

En regardant les prix des esclaves alentour, les hommes coûtaient en moyenne plus cher que les femmes. Sans doute parce qu'ils étaient plus utiles comme main-d'œuvre. Cette fillette, jeune et jolie, était affichée un peu plus cher que les autres esclaves femmes.

J'avais sur moi, à cet instant, cinq pièces d'or.

Je pouvais largement l'acheter.

« Euh, seigneur Ars. Vous ne comptez tout de même pas acheter cette fille ? »

« Si. Elle a un talent extraordinaire pour la magie. »

« Euh, eh bien... je ne mets pas en doute votre œil pour juger les gens, seigneur Ars, mais c'est une fille... On ne peut pas vraiment la faire combattre... Je pense que le seigneur Raven ne l'autorisera pas. »

Dans ce monde, l'idée était répandue que les femmes ne prenaient pas part aux combats. Que la guerre soit fondamentalement l'affaire des hommes, c'était une façon de penser bien ancrée sur Terre aussi, dans bien des régions.

Si je disais vouloir faire d'elle une soldate, on me regarderait encore plus bizarrement que lorsque j'avais recommandé Rietz, un Malkien discriminé, comme vassal.

Au pire, on pourrait me croire devenu fou.

Enfin, quoi qu'on en pense au début, il suffirait de la laisser utiliser la magie pour faire taire tout le monde.

« Quoi qu'il en soit, cette enfant a sans le moindre doute un talent pour la magie. Ne pas l'exploiter sous prétexte que c'est une fille serait le comble de la bêtise. »

Devant ma volonté ferme, Rietz sembla renoncer et se tut.

Je payai une pièce d'or au marchand d'esclaves et reçus cinq pièces d'argent de monnaie.

« Merci bien. »

Sur ces mots, le marchand d'esclaves fit sortir Charlotte de sa cage. Puis il me tendit la chaîne reliée au collier passé à son cou, ainsi que la clé du collier.

Un collier ne convenait guère à quelqu'un qui allait combattre, et sans doute remporter de grandes victoires.

J'entrepris de lui retirer son collier.

« Hé, hé, gamin, elle est docile, mais tu ferais mieux de lui laisser son collier, par précaution. »

« Aucun problème. »

Sans m'en soucier, j'ôtai le collier que portait Charlotte.

Elle ne s'enfuit pas et resta plantée là.

« Pourquoi le collier ? »

J'entendis la voix de Charlotte pour la première fois.

« Je ne t'ai pas achetée pour faire de toi une esclave, mais pour faire de toi une vassale. Un collier ne te conviendrait pas. »

« ??? »

Elle ne semblait pas bien comprendre ce qu'on lui disait.

« Pour commencer, j'ai faim. Parlons des détails en mangeant. »

Nous achetâmes des vivres au marché et décidâmes de prendre un repas.

« Je suis Ars Louvent. »

« Moi, c'est Rietz Muses. Enchanté. »

Après le repas, Rietz et moi nous présentâmes à Charlotte.

Elle n'avait apparemment pas très faim et n'avait pas mangé avec nous.

« Charlotte Reiss. Enchantée. »

Elle nous rendit la politesse.

Une voix plate, sans la moindre intonation.

« Comme je te l'ai dit tout à l'heure, je t'ai rachetée au marchand d'esclaves pour faire de toi une vassale. »

J'expliquai à Charlotte que j'étais le fils du seigneur de Lamberg.

« J'aimerais, si possible, que tu deviennes ma vassale dès maintenant. Qu'en dis-tu ? »

« J'ai compris que tu es le fils du seigneur. De toute façon, je n'ai nulle part où aller, alors devenir ta vassale, ça ne me dérange pas. Mais je suis une fille. Je ne comprends pas pourquoi tu veux m'avoir comme vassale. Tu croyais que j'étais un garçon ? C'est vrai que je n'ai pas de poitrine, mais je suis une fille, sans aucun doute. Tu veux une preuve ? »

Je me demandais ce qu'elle entendait par preuve quand elle commença à défaire son pantalon.

« Attends, attends, je sais très bien que tu es une fille ! »

Je l'arrêtai précipitamment.

« ... Ah. Bon, c'est vrai. Impossible de prendre une jolie fille comme moi pour un garçon. »

'Elle se qualifie elle-même de jolie fille... Elle n'a pas tort, remarque.'

Rietz me demanda à voix basse, inquiet :

« E-Elle est un peu bizarre, cette fille, non ? Vous êtes sûr que ça va aller ? »

« Du moment qu'elle a du talent, qu'elle soit un peu excentrique ne me dérange pas. »

Je dis cela, mais je sentais poindre une légère inquiétude.

« Pourquoi tu veux prendre une fille comme moi comme vassale ? »

« Parce que tu as un talent pour la magie. »

« La magie ? Je ne m'en suis jamais servie. J'ai vraiment du talent pour ça ? »

Charlotte pencha la tête.

Elle ne semblait pas mentir.

Étrange. Comme sa Bravoure était déjà élevée, j'avais supposé qu'elle avait l'expérience de la magie. Même avec un plafond très haut, pouvait-on atteindre une telle Bravoure sans aucune expérience ?

Ce n'était pas que je doutais de mon pouvoir, mais, par précaution, je voulais la voir utiliser la magie une fois.

J'avais pris soin de faire apporter le matériel nécessaire à la magie par Rietz.

« Rietz, faisons-lui essayer la magie une fois. »

« Entendu. On ne peut pas s'en servir en pleine ville, alors sortons. »

« Oui. »

Je me dirigeai, avec Rietz et Charlotte, vers la plaine qui s'étendait hors de la ville.

Fin du chapitre 11
Fiche de l'œuvre

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