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Chapitre 133

Chapitre 133

2 novembre 2026 ~13 min · 2 422 mots

On avait beau dire qu'elle avait été vaincue avec une facilité absurde, l'armée royale menée par Garme n'était absolument pas incompétente.

Ce n'était pas un hasard si elle avait remporté la victoire en parcourant des dizaines de champs de bataille.

« Là, je vois ces salauds ! »

Un rôdeur posté sur une tour de guet de fortune s'écria en apercevant les silhouettes floues des orcs.

Quand la race vert sombre pénétra sous les centaines de perles lumineuses serrées les unes contre les autres, les rapports affluèrent de toutes parts.

« Orcs repérés à l'avant ! Formation serrée, comme prévu ! »

« Ils courent sans s'arrêter ! »

« Tenez vos positions ! »

Le regard du commandant, qui avait crié d'une voix tranchante, se tourna vers les orcs qui n'en finissaient pas d'arriver.

'Encore un peu, encore, encore…'

S'ils n'avaient pas été préparés, passe encore.

Maintenant qu'ils avaient cerné les caractéristiques de ces salauds, les orcs n'étaient plus des objets de peur.

Seulement des objets de vengeance, qui avaient dévoré leurs camarades.

« Maintenant ! Brûlez-moi ces salauds ! »

En même temps que le cri du commandant, des flèches enflammées venues de toutes parts s'abattirent sur les rangs orcs.

- Grrk ?

- Grrrk ?!

Au moment où les orcs, qui couraient furieusement, sursautèrent devant ces flèches enflammées soudaines.

Whoosh !

L'huile répandue sur le sol prit feu, et les flammes engloutirent des centaines d'orcs.

- Graaaaaaack !

- Kraaaaaack !

Les hurlements atroces des orcs brûlés vifs et une odeur écœurante se répandirent dans la forêt, et les rôdeurs, se repliant aussitôt, observèrent la formation orque.

- Kraaaaaack !

Des orcs devenus fous, agitant bras et jambes pour éteindre le feu.

« Rapport de situation ! »

« Pas encore morts ! »

« Équipe 1 en attente ! »

« Équipes 1 et 2 en attente ! »

…

Le commandant, fronçant les sourcils devant les rapports qui arrivaient les uns après les autres, regarda sur le côté.

« Ces salauds ont l'air plus coriaces que prévu. »

« S'ils mouraient pour si peu, ce serait injuste, non ? »

Garme, claquant la langue aux paroles du commandant, plissa les yeux et regarda devant lui.

Bien qu'on ne vît depuis le camp de l'armée royale qu'une fumée blanchâtre, il suffisait d'imaginer les orcs mourant sous cette fumée pour être satisfait.

Contrairement à la dernière fois, où ils n'avaient pu éviter une défaite écrasante, cette bataille se solderait par une victoire écrasante de l'armée royale.

« Dites aux rôdeurs, à part l'équipe 1, de préparer le deuxième piège. »

« Oui ! »

En même temps que l'ordre de Garme tombait, l'ordre porté par le vent partit vers l'unité de rôdeurs en première ligne.

« À part l'équipe 1, tout le monde rejoint la position de l'opération suivante. »

« Tss, je voulais voir ces salauds réduits en cendres. »

« Inutile de t'en faire, ils continuent d'affluer. Aujourd'hui, tu pourras chasser tout ton soûl. »

« Dommage que je n'aie pas pu les tuer avec mes flèches. »

Tandis que les rôdeurs, laissant de brèves impressions, partaient vers le piège suivant, le chef de l'équipe 1, fixant l'au-delà des flammes qui brûlaient furieusement, poussa un bref soupir.

Il n'avait pas la moindre peur des orcs qui affluaient sans fin du fond des ténèbres.

« C'est normal de gagner, vu qu'on a utilisé des perles lumineuses, des pierres spirituelles de bas niveau et même de l'huile de drake, mais… »

Une fois épuisés ces objets qui se consumaient à vue d'œil.

Seule la suite l'inquiétait.

« Les supérieurs s'en occuperont bien. »

Se disant qu'ils pouvaient dépenser sans compter parce qu'ils avaient un plan, il secoua la tête et regarda les rôdeurs de l'équipe 1.

« Dès qu'on voit la fin de la formation orque, on bouge aussi. »

« Oui ! »

Jusque-là, personne dans l'armée royale ne s'inquiétait de la victoire.

***

Ian, posté loin de là, observait la bataille de l'armée royale avec l'unité de missions spéciales.

« Waouh… Ce serait vraiment confortable de se battre avec un éclairage pareil. »

« Nous, notre entraînement, c'était de se battre les yeux fermés pour s'habituer à l'obscurité… »

Comme les soldats commençaient à murmurer en voyant l'armée royale dépenser les consommables sans compter, Hoodwock cria d'une voix sévère :

« Bande de salauds ! Vous croyez qu'on ne fait pas comme ça parce qu'on ne peut pas ?! On ne le fait pas parce qu'il ne reste rien, même si on se bat comme ça ! Rien du tout ! »

Avec un « hmph » méprisant, il désigna Ian et dit :

« Regardez notre commandant, aussi ! Il n'est pas jaloux du tout, hein ? Et pourquoi ?! Parce qu'il ne reste rien, même si on gagne en se battant comme ça ! L'armée royale, ce n'est jamais qu'un ramassis d'idiots, et ils vont tous mourir après avoir tout utilisé, alors à quoi bon, voilà ce qu'il veut dire ! »

Criant avec assurance comme s'il ne pouvait pas se tromper, Hoodwock caressa le Tueur de chevaliers qu'il chérissait et dit :

« Et nous, alors ? Nous sommes de vrais soldats, capables de mâcher et de dévorer tout ça avec moins d'un dixième des effectifs de l'armée royale. Les vrais de vrai, qui manient bien l'épée et bien la lance ! Alors on n'a besoin de rien de tout ça ! »

Pendant que l'éducation morale de Hoodwock battait son plein.

Les deux mains serrées d'Ian tremblaient.

'Quel gâchis…'

Si j'avais su que l'armée royale regorgeait d'argent comme ça, je les aurais mieux traités…

L'état des finances de Moner, toujours aux prises avec la pauvreté, n'avait guère changé, même maintenant.

L'essentiel de l'argent ne suffisait même pas à la production de troupes de Fort-Central, aux vivres et à l'équipement de base comme les flèches, les épées et les boucliers de piètre qualité.

La réalité de Moner, c'était que sans les stimpacks, nous ne pourrions même pas acheter de potions de soin pour l'instant.

'Ça ne sert plus à rien de faire semblant d'être proches, maintenant ?'

Qui sait.

Si je commence dès maintenant à sentir l'ambiance et à faire semblant d'être proche, je pourrais au moins obtenir quelques perles lumineuses, non ?

D'abord, si je m'abaisse en disant qu'il y a eu un malentendu…

Alors qu'Ian imaginait l'avenir depuis un moment, Calua, le regardant avec des yeux pleins de pitié, tourna légèrement la tête et marmonna :

- … Moche, humain.

Même devant ces mots tranchants comme une dague, Ian se contenta de hausser les épaules avec désinvolture.

'Si je peux avoir de l'huile de drake, être un peu moche, ce n'est rien.'

Alors que la rumeur courait partout que j'étais un célèbre magicien noir et un méchant préparant des bêtes démoniaques pour engloutir le royaume, quelle importance d'être un peu moche ?

Si je peux obtenir des objets utiles à la guerre, peu importe que je devienne répugnant, et pas seulement moche.

'Non. Plutôt que de faire des détours compliqués comme ça, si j'anéantissais simplement l'armée royale pour ramasser les objets…'

Alors qu'Ian se léchait les babines en réfléchissant au meilleur moyen de rafler les objets.

'… Hein ?'

Je sentis un flux de mana étrange, parti du centre du camp orc, engloutir le camp orc.

'Qu'est-ce que c'est ?'

Un flux de mana que même Ian, qui avait tué des orcs des centaines de fois sous prétexte d'entraînement, n'avait jamais vu.

« Hoodwock, ordonne à quelques types rapides d'aller chercher Vergil et l'ordre de chevalerie. »

« Pardon ? Ah… Oui, compris, commandant. »

Hoodwock, qui avait incliné la tête devant cet ordre soudain, s'apprêtait à filer vers les soldats en voyant le visage grave d'Ian.

Ian, observant en silence le flux de mana, grimaça et dit :

« Non, ordonne à quelques guides d'aller chercher l'ordre de chevalerie, et Calua, va chercher l'Ordre de la Noblesse Noire. Hoodwock, toi, retrouve Vergil et va vérifier le camp du comte avec le guide qui s'y trouve. »

« C'est que… Commandant, si l'ordre de chevalerie et l'Ordre de la Noblesse Noire partent ensemble, la brèche ne sera-t-elle pas trop grande ? »

Depuis que l'information s'était répandue que les orcs sous l'effet du sort pouvaient trouver les humains, Moner encerclait la forêt comme pour l'assiéger, afin de ne laisser échapper aucun orc.

Retirer l'Ordre de la Noblesse Noire et l'ordre de chevalerie, qui avaient la charge d'une zone considérable, alourdirait le fardeau des autres armées.

Même en sachant que, dans le pire des cas, d'autres unités pourraient subir des pertes, la réponse était toute trouvée.

« On n'y peut rien. Mieux vaut une brèche ; ce côté-ci a l'air sur le point d'exploser. »

« Oui. J'y vais de ce pas. »

Avant de partir, Hoodwock jeta un regard en arrière : sur la ligne de front, l'armée royale affichait toujours une supériorité écrasante.

***

« Maintenant ! Lancez les javelots ! »

Sur l'ordre du commandant, les lances de l'unité de cavalerie en attente brodèrent le ciel.

Volant à une hauteur parfaite, ni assez haut pour se prendre dans les arbres, ni trop bas, les lances transpercèrent avec précision la tête des orcs grâce aux pierres spirituelles.

Même la peau coriace des orcs, qui arrêtait sans peine les flèches acérées des rôdeurs, ne pouvait arrêter les lances.

« Changez d'équipe et préparez-vous à lancer de nouveau ! »

En regardant les soldats changer de position avec fluidité, le commandant de la cavalerie, chargé du 3e piège, eut un sourire satisfait.

'C'est réglé. L'imprévu, ça n'existe pas.'

À l'heure qu'il est, le camp principal a dû arriver à la même conclusion.

'Le nombre d'orcs qui chargent diminue peu à peu. À ce rythme, ce sera fini en moins d'une heure.'

Le premier piège, le feu de drake, brûlait encore, et le deuxième, l'eau chargée de magie électrique, crépitait toujours d'éclairs.

À ce rythme, il ne serait pas nécessaire d'utiliser les quatrième et cinquième pièges.

« La fin est en vue ! Montrez à ces salauds le potentiel de l'armée royale ! »

La voix exaltée du commandant résonna dans la tranchée où se trouvait la cavalerie.

***

« Ô roi ! Tout s'est fait selon ta volonté ! Les âmes des guerriers qui n'ont pu assouvir leur rancune crient en cherchant le roi ! »

Crac !

Au rapport du chaman, le Tyran, qui serrait son trône, eut un sourire glaçant.

« La fastidieuse attente est terminée. »

En même temps que ces mots, deux commandants de légion s'approchèrent et s'écrièrent :

- Kraaaack ! Moi, moi, je détruirai la forteresse et je prouverai ma valeur !

- Grrrk, espèce d'idiot ! Je t'ai répété plusieurs fois que nous vivrons sur cette terre ! Si tu me laisses faire, je planterai l'étendard du Grand Roi sur la forteresse !

Le Tyran, regardant les 2e et 3e commandants de légion qui criaient pour qu'il les envoie, grimaça.

'Même si la Descente d'âme est une tricherie, je ne peux l'utiliser qu'une fois, cette fois-ci…'

La Descente d'âme, un sort de haut rang parmi les sorts orcs.

Une compétence littéralement proche de la tricherie, qui confère temporairement l'âme d'un commandant de légion à un autre orc et convoque une légion autour de lui, mais il ne pensait pas qu'elle fonctionnerait deux fois contre la Sorcière de la Forêt.

'Ce serait sûr si j'envoyais le 1er commandant de légion, mais lui aussi a franchi le mur.'

Seuls les orcs en dessous de la 7e étoile pouvaient se déplacer par la Descente d'âme.

Lui, qui touchait à la fin de la 8e étoile, ou le 1er commandant de légion, entré dans la 8e étoile, ne pouvaient pas se déplacer.

Au bout du compte, il devait envoyer l'un des deux commandants de légion devant lui.

- Moi, moi, j'y vais ! Parce que je suis plus fort !

- Espèce de salaud, pire qu'une crotte de gobelin ! Ne t'ai-je pas dit plusieurs fois de montrer du respect au roi ?! Aujourd'hui, je vais t'arracher cette langue et t'apprendre le respect !

Parmi ces types qui se déchaînaient à leur guise même devant le roi, il n'y en avait pas un seul à qui il pût faire confiance, mais…

« Haa… »

- Roi, choisir me donne mal à la tête ! Toi, dégage !

- Tu crois que le roi est un simplet comme toi ! Aujourd'hui, je dois te trancher non pas la langue, mais le cou, et l'offrir au roi !

Voyant les deux commandants de légion finir par tirer leurs armes, le Tyran agita la main.

- Kraaaack ! Gros problème ! Roi en colère !

- La ferme, espèce d'idiot !

« Arrêtez, tous les deux. »

Après avoir bloqué le corps et la bouche des deux commandants de légion en déployant son esprit combatif, le Tyran les regarda tour à tour et hocha la tête.

'De toute façon, ce n'est que Moner. Tant qu'ils n'envahissent pas le royaume sans raison, rien de particulier n'arrivera.'

Dans dix ans, peut-être. Le Moner de cette époque n'aurait même pas encore consolidé ses relations avec l'Empire.

Même si la famille royale de Reime se mobilisait en masse, bloquer sa légion serait impossible.

'Tss, c'est agaçant que Hlyundeyrr se soit fait avoir, mais…'

Même s'il était le plus faible, un commandant de légion qui avait dépassé la 7e étoile et atteint le niveau de maître était mort sans que personne le sache.

On lui avait bien rapporté la rumeur qu'il avait raté une expérience et s'était attiré la colère d'un ogre…

'Si c'était un ogre, il aurait forcément visé le gros de la troupe, mais ça non plus, ce n'est pas arrivé.'

Comme prévu, il ne restait que les humains.

Sans doute le comte Sven, qui gérait la forteresse, avait-il agi en personne.

'C'est ça. Cette fois, je dois envoyer un type qu'on ne pourra pas arrêter, même si Sven intervient.'

Son regard, la décision prise, se tourna vers l'orc à la peau rouge qui soufflait et haletait toujours.

« Cette fois, c'est toi qui y vas. »

Simple d'esprit, mais chef des orcs rouges, plus fort que n'importe quel autre orc, et 2e commandant de légion à la tête de la Légion orque.

- Kraaaaaaaack ! Moi, je détruis tout ! Je tue tout ! L'idiot suit mon derrière !

Sur le corps du commandant de légion qui riait d'excitation, le mana glaçant du chaman descendit.

Fin du chapitre 133
Fiche de l'œuvre

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