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Chapitre 13

Chapitre 13

8 octobre 2026 ~12 min · 2 362 mots

Ce furent les notifications du système, qui lui brouillaient la vue, qui accueillirent Ian à son réveil.

[Vous êtes le premier à surmonter la dépendance à la Miséricorde de la Reine.]

- Des récompenses supplémentaires vous seront accordées.

[Vous êtes le premier à trouver un remède à la Miséricorde de la Reine.]

- Des récompenses supplémentaires vous seront accordées.

[Vous êtes le premier à surmonter un poison démoniaque.]

- La résistance aux poisons augmente considérablement.

- Des récompenses supplémentaires vous seront accordées.

[Vous avez surmonté cent poisons.]

- La résistance aux poisons augmente considérablement.

- La maîtrise des compétences liées aux poisons augmente considérablement.

[Quête terminée : Survivez !]

- La récompense a été modifiée. Appuyez sur « Recevoir la récompense » pour l'obtenir.

Après avoir consulté la fenêtre de notification, je clignai de mes paupières encore lourdes et vérifiai mon état physique.

Le mal de tête lancinant et les voix qui ne quittaient jamais mes oreilles avaient disparu.

'Et ce n'est pas tout.'

Rien qu'en surmontant le poison, mes statistiques avaient globalement augmenté.

Celles que l'effet du poison avait fait baisser étaient rétablies.

'Ça suffirait largement comme récompense, mais il y a encore autre chose ?'

Comme c'était la première quête, je n'en attendais pas grand-chose.

À ce stade, expérience, argent, statistiques ou objets, tout serait d'une grande aide.

Plein d'espoir, j'appuyai sur « Recevoir la récompense ».

'Des statistiques, ce serait sans doute l'idéal, non ? Ou peut-être un objet ?'

Comme pour répondre à mon attente, une lumière éclatante jaillit et une fenêtre de message apparut.

[Récompense obtenue : Renforcement de trait]

[Le trait « Le Capable Incompétent » est renforcé.]

- Tous les traits acquis grâce au « Capable Incompétent » sont renforcés.

- Le trait Roi Obscur devient Empereur Obscur.

- Le trait Œil du Démon de l'Or est renforcé.

Je tressaillis devant cette récompense inattendue.

« Un renforcement de trait… ? »

C'était une récompense que je n'avais jamais reçue en plus de milliers de parties.

Une récompense qui dépassait à ce point mes attentes.

'Le jackpot, c'est le jackpot… !'

Renforcer tous les traits à venir, cela voulait dire que je pourrais surpasser leurs propriétaires d'origine grâce à ce buff.

'Si j'acquiers le trait d'un héros, je pourrais devenir un héros grâce au buff, non ?'

Bien sûr, acquérir des traits ne serait pas facile, mais y avait-il en ce monde quelque chose qu'on ne puisse obtenir avec de l'argent et du pouvoir ?

C'était un monde où un seul trait suffisait pour se hisser au sommet de l'humanité.

Si je pouvais réunir des dizaines de traits, arrêter seul l'invasion des monstres ne serait pas impossible.

Tandis que je mettais de l'ordre dans mes pensées, Reina, entrée dans la chambre, me salua d'une voix enjouée.

« Vous êtes réveillé, jeune maître ? Comment vous sentez-vous ? »

Quand elle tira les rideaux, la lumière du soleil qui se déversa sur son dos illumina la pièce.

« Si bien. Combien de temps s'est écoulé ? »

« Vous avez dormi un peu plus d'une journée. Mademoiselle Lina n'a pas cessé de venir prendre de vos nouvelles, mais je ne pensais pas devoir vous réveiller… »

« Tu as bien fait. »

Je profitai un instant du soleil qui me chatouillait les yeux avant de sortir du lit.

Reina s'approcha tout naturellement et me tendit un uniforme de cérémonie impeccable.

« Ce n'est que le début. Où est le régent ? »

« Il a une réunion au petit-déjeuner, ce matin. »

« Une réunion au petit-déjeuner ? Pourquoi faire une réunion le matin au lieu de manger tranquillement dans la salle à manger ? »

« Il paraît qu'il est si occupé qu'il règle les petites affaires pendant le petit-déjeuner. »

« Ha, il a une vie bien remplie. Le baron Malfoyeu y est aussi ? »

« Oui. Il fait un rapport sur votre santé tous les matins… »

Apprenant que les deux personnes qu'il désirait le plus voir étaient ensemble, Ian sortit de la chambre, un sourire rusé aux lèvres.

***

Dès qu'il entra dans la salle à manger, Ian regarda le régent et fronça les sourcils.

'Hein, ce salaud a du mana, lui aussi ?'

Le comte Markberg.

Bien que roturier, c'était une figure légendaire qui avait obtenu des résultats exceptionnels à l'Académie royale, étudié à l'étranger dans l'Empire, puis était revenu décrocher un titre de pair à vie.

Il possédait un mana si bien dissimulé que je ne l'aurais jamais remarqué sans la Méthode d'Absorption du Spectre, sensible à la présence et au mana de l'adversaire.

Et c'était une quantité colossale de mana, au point qu'Ian, qui n'entraînait son mana que depuis une semaine environ, avait du mal à en mesurer les limites.

'Avec un mana aussi immense, pourquoi m'a-t-il laissé faire n'importe quoi ?'

Dans la salle du conseil, quand j'avais roué de coups le chauve avec mon fourreau, quelqu'un doté de mana aurait facilement pu m'arrêter.

Aussi élevé que soit le rang du jeune duc, il n'aurait pas pu parler de trahison pour la protection d'un vassal.

Et pourtant, le régent ne m'avait pas arrêté.

Il s'était contenté de me regarder d'un œil mécontent.

'Il voulait que je pète les plombs ?'

Un instant, le coin de la bouche du régent se releva légèrement.

'Mais ce salaud se moque de moi dès qu'il voit ma tête ?'

Sous une soudaine bouffée d'irritation, je fusillai le régent du regard en serrant la garde de mon épée, et le coin de l'œil du salaud se plissa, comme pour tracer une ligne.

'Ce n'est pas de moi qu'il se moque. C'est l'épée ? Il voulait que je vienne avec mon épée ?'

Mais pourquoi ?

Comment savait-il que je viendrais à la salle à manger l'épée au côté ?

À cet instant.

J'aperçus les autres vassaux, qui évitaient même de croiser mon regard.

Ceux qui baissaient la tête et fuyaient mes yeux, alors même que le jeune duc était arrivé.

'Ah…'

Ian avait tenté des centaines de fois d'arrêter la drogue.

Et il avait dû essuyer autant d'échecs.

Comment le jeune et immature Ian avait-il surmonté ce désespoir ?

'En se défoulant. Ce salaud doit croire que j'ai encore échoué à me désintoxiquer. Il doit être persuadé que je vais faire un carnage, incapable de contenir ma colère.'

Plus précisément, dès qu'il avait vu l'épée, il devait s'attendre à ce que je dégaine et me déchaîne.

Au point qu'une pointe de plaisir impossible à dissimuler se lisait sur ce visage de serpent.

Il n'y aurait pas de nouvelle plus retentissante, pour ternir sa réputation, que celle d'un jeune duc qui aurait tué quelqu'un dans une salle à manger remplie de vassaux.

'… Pauvre imbécile.'

Ses pensées en ordre, Ian réprima un ricanement prêt à éclater et salua l'assistance.

« Eh bien, ça faisait longtemps, tout le monde. »

Ignorant les salutations que la douzaine de vassaux présents dans la salle à manger lui adressaient d'une voix rampante, Ian s'approcha du régent.

Ce salaud l'ignorait.

Qu'Ian n'était plus, et que j'avais pris sa place.

Que j'avais vaincu la drogue.

Et puis.

'Je suis un vaurien rationnel.'

Un vaurien brillant, qui savait exactement où aboyer.

***

Le régent inclina la tête devant Ian, puis prit la parole, l'air inquiet.

« Nous étions tous si inquiets d'apprendre que le jeune duc refusait de nouveau le remède. »

Pas un mot pour savoir s'il allait bien.

Seulement un reproche pour avoir arrêté la drogue.

Ce n'était pas de l'inquiétude pour moi, mais une sorte de spectacle.

Pour me taper lentement sur les nerfs et me pousser à dégainer.

« Jeune duc, ce remède n'est pas un poison. C'est un remède précieux que mon ami, le baron Malfoyeu, a rapporté de l'Empire à grand-peine. Même s'il a quelques effets secondaires mineurs, on m'a dit que c'était le meilleur pour les symptômes du jeune duc. Ne l'avez-vous pas déjà fait examiner par tous les apothicaires, médecins et prêtres des environs du château seigneurial ? »

Comme pour taper ouvertement sur les nerfs d'Ian, le régent ne cessait de ressasser la même histoire : il ne fallait surtout pas arrêter le remède.

Il avait beau tourner autour du pot, tous dans cette salle avaient dû comprendre où le régent voulait en venir.

'Il veut dire que je suis fou.'

Un vaurien qui affirmait qu'un remède reconnu même par les prêtres était un poison, et qui refusait de se soigner.

Un imbécile qui répétait la même erreur, même après plusieurs crises.

L'Ian d'avant aurait piqué une crise à ce stade, en affirmant que ce n'était pas un remède, mais bel et bien un poison.

'Alors il aurait de nouveau fait mine de s'inquiéter et convoqué un prêtre ou un médecin pour un nouvel examen, de préférence devant le plus de monde possible.'

La Miséricorde de la Reine était un poison encore inconnu du monde.

Même s'il faisait venir le pape, celui-ci ne trouverait pas le poison caché.

Ainsi, le régent ternissait la réputation d'Ian tout en consolidant sa propre position, en faisant mine de se dévouer au jeune duc.

J'ignorai le régent, qui répétait ses sermons, sans même lui accorder un regard.

C'était un salaud que je ne pouvais pas tuer pour l'instant, faute de puissance.

J'avais envie de le gifler pour me soulager, mais avec autant de mana, j'aurais sans doute seulement mal à la main après des centaines de gifles.

Cependant, puisqu'il avait préparé une si belle scène, il aurait été impoli de laisser passer l'occasion.

'Bon, alors tu veux que je pique une crise ?'

Rien n'était plus décevant qu'un noble qui ne répondait pas aux attentes de son vassal.

En jetant un coup d'œil alentour à la recherche d'un bouc émissaire, j'aperçus le baron Malfoyeu, assis seul, tête basse, en silence.

« Ah ! Baron ! »

Tandis qu'Ian ignorait le régent pour se diriger vers le baron, les visages du régent et du baron se décomposèrent en même temps.

« Ah, oui, oui. Jeune duc, j'essaie de vous voir depuis quelques jours… »

Je m'approchai du baron, qui détournait le regard, le visage crispé.

Le régent serpentin voulait peut-être que je dégaine, dévoré par l'effet de la drogue, mais maintenant que j'avais cerné son mana, je n'avais aucune intention de m'entêter déraisonnablement.

'Je ne crois pas que tuer le baron ici me soulagerait non plus.'

Dans le pire des cas, si le régent m'arrêtait juste avant que je tue le baron, je me retrouverais les mains vides, après lui avoir rendu service, non ?

« Haha ! Pardon d'avoir encore fait des histoires. Bizarrement, même si j'en prends depuis des années, ce remède ne me réussit pas. »

Planté devant le baron, Ian lui tapota l'épaule et sourit comme s'il était sincèrement désolé.

« Comme il n'y a pas de meilleur remède, je vais devoir le supporter pour guérir. Au fait, baron. »

Au moment où Malfoyeu levait les yeux vers Ian pour répondre…

« Un moustique s'est posé sur vous. »

Ian le gifla sans pitié.

Clac !

Une brûlure satisfaisante dans la main.

« Ah ! Je l'ai raté. »

Clac !

Un son joyeux, parfaitement accordé, ni trop léger ni trop lourd.

« Oh, il s'envole vers la droite. »

Clac !

Savourant ce sentiment d'accomplissement, comme s'il soignait son âme usée, Ian ouvrit la bouche :

« Ah, je suis vraiment désolé. Là, j'aurais vraiment pu l'avoir. »

***

Le baron Malfoyeu, avec l'air le plus lésé du monde, se tenait la joue enflée en regardant le jeune duc.

'Encore, encore, pourquoi !'

Cette fois, il n'avait vraiment rien fait.

Non, il n'avait même pas pensé que ce salaud viendrait à la réunion du petit-déjeuner.

C'était un salaud qui piquait de temps en temps une crise en disant qu'il allait arrêter le remède, alors il était persuadé qu'il resterait cloîtré quelques jours dans sa chambre.

'Mais pourquoi est-ce qu'il sort déjà de son trou !'

Avait-il perdu le peu de persévérance qu'il avait ?

Ce salaud, qui ne se déchaînait d'ordinaire, incapable de maîtriser la rage née de sa folie, qu'au bout de quelques jours, était sorti de sa chambre en une seule journée.

Au cas où il pourrait lui déplaire, il avait baissé les yeux et retenu son souffle dès l'arrivée de ce salaud dans la salle à manger.

Mais pourquoi, pourquoi diable fallait-il que les étincelles retombent sur lui ?

« J-jeune duc ! Je vous en prie ! »

Lésé ou non, il fallait d'abord survivre.

Ce salaud, fou par intermittence, faisait parfois la même crise de démence, et en tant que médecin personnel, il savait comment y faire face.

« N'ai-je pas moi aussi pris le même remède devant vous, jeune duc ! Il n'y a absolument aucun poison dans mon remède ! »

Il ne savait plus combien de fois il avait répété la même chose.

Ça durait depuis que le jeune duc était un adorable garçon, il y a quatre ou cinq ans ; il savait seulement qu'il l'avait répété jusqu'à l'écœurement.

« Qui a parlé de ça ? J'ai dit qu'il y avait un moustique. »

Un sentiment d'injustice lui monta à la gorge en le voyant hausser les épaules pour répondre.

'Où est-ce qu'il y a des moustiques en plein hiver !'

Sa folie semblait avoir atteint un stade grave.

On lui disait de prendre ce fichu remède, il refusait, et maintenant, pourquoi s'en prenait-il à lui ?

Sa poitrine se serrait de frustration, et les larmes lui brouillaient la vue.

« Hé ! Là-bas ! »

« Mon Dieu ! »

Bam !

Dès que ce salaud cria, il se couvrit le visage des deux mains, mais ne put parer le poing du salaud.

« Vous aviez dit un moustique, un moustique ! »

Qui donc attrape un moustique à coups de poing ?

Ce salaud sans conscience !

Tandis que le baron, à terre, bouillait intérieurement de rage, Ian s'approcha lentement de lui avec un sourire radieux.

'Ah, un démon.'

Des yeux plissés et des commissures naturellement relevées, comme s'il s'amusait de la situation.

Ce salaud était à coup sûr un démon.

Fin du chapitre 13
Fiche de l'œuvre

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