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Chapitre 103

Chapitre 103

14 octobre 2026 ~13 min · 2 540 mots

Au lieu de se rendre directement dans la Forêt des Bêtes Démoniaques, Ian passa par le terrain d'entraînement pour inspecter l'unité de missions spéciales.

« Vous êtes tous excellents, hein ? »

« Il nous manque encore beaucoup de choses ! »

Ils avaient beau dire ça, les visages des soldats de l'unité de missions spéciales débordaient d'assurance.

Les soldats maniaient habilement l'épée et la lance, et les chevaliers étaient assez adroits pour choisir l'arc et l'arbalète comme armes secondaires.

Enfin, la formation en mur de boucliers, utilisant les pavois que chacun portait sur le dos, était elle aussi excellente.

'Avec ça, l'équipement de base de l'Armée de la Résistance est pratiquement au point.'

Le cœur de l'équipement de base de l'Armée de la Résistance, c'est la survie.

Un équipement qui privilégie par principe le combat à distance, et qui offre le meilleur taux de survie en permettant à chacun de s'entraider lors des combats rapprochés.

« À partir d'aujourd'hui, nous allons mener un entraînement de trois jours dans la Forêt des Bêtes Démoniaques. »

Aucun soldat ne fut surpris par cette annonce soudaine.

« Avant d'aller dans la Forêt des Bêtes Démoniaques, une question. Thomas. »

« Oui ! »

L'équipement le plus important de l'Armée de la Résistance, ce ne sont ni des boucliers solides ni des armes variées.

« Qui est notre ennemi ? »

« … Les orcs ! »

Thomas, qui avait vu les orcs de ses propres yeux, cria avec un visage crispé.

« Les orcs, dites-vous ? Alors, si ce n'est pas un orc, ce n'est pas un ennemi ? »

« Pardon ? Ah ! Les orcs, et les trolls, et……. »

Comme il semblait sur le point d'énumérer tous les monstres de la forêt, je secouai la tête.

« Notre ennemi, ce sont les monstres. Donc, nous sommes des chasseurs qui attrapent des monstres. »

Je posai la question en faisant face à Vergil et aux chevaliers, au premier rang.

« Vous avez tous dû entendre comment les autres chevaliers appellent les chevaliers de Moner. »

« ……. »

Voyant les chevaliers se mordiller les lèvres comme s'ils venaient d'entendre une grave insulte, j'eus un sourire en coin.

« Les chevaliers de l'extérieur de la forteresse vous appellent la "meute de chiens sauvages". »

La forteresse ne tient pas compte des origines quand elle choisit ses chevaliers.

Contrairement aux autres ordres de chevalerie, composés uniquement de sang noble, l'ordre de chevalerie de la forteresse est surtout formé de roturiers ou de gens de basse naissance devenus chevaliers par leur seul talent.

Le terme péjoratif de « meute de chiens sauvages » insulte la basse condition des chevaliers, et en même temps Moner, qu'on appelle la famille des Chiens de garde.

'En tout cas, les nobles prennent ce genre de choses au sérieux.'

Mais comme tous les surnoms, l'important, c'est la façon dont on le prend.

Parce que l'insulte de l'un peut être un grand éloge pour un autre.

« On dirait que le commandant Vergil n'aime pas non plus ce surnom. »

« … Non. »

« Moi, je l'aime bien, pourtant. »

En un instant, l'esprit de l'ordre de chevalerie se fit tranchant.

Parce que les chevaliers de Moner ont tous soif de reconnaissance, sans exception.

'Qu'est-ce qu'ils sont susceptibles.'

Malheureusement, ce dont j'ai besoin, ce sont des chiens sauvages qui mordent l'ennemi, pas de nobles chevaliers.

Alors l'équipement mental est plus important que n'importe quelle armure ou arme.

Ils doivent devenir des chiens sauvages qui aboient avec vigueur mais filent la queue entre les jambes à la moindre apparence de danger, puis rameutent d'autres chiens sauvages pour aboyer bassement.

Ils doivent graver profondément dans leur esprit que le plus important, c'est leur vie, ensuite leurs camarades, et que rien d'autre ne compte.

« Pour tuer des monstres, il n'y a besoin ni d'honneur, ni de justice, ni de chevalerie. Croisez les épées, plantez les lances. Même s'il faut cracher, jeter du sable et vous rouler par terre, arrachez la gorge de l'ennemi d'un coup de dents. »

La gloire ne brille pas sur un champ de bataille.

« Si vous pouvez survivre ainsi, si vous pouvez protéger la forteresse, battez-vous comme des chiens sauvages. »

***

Je ne pensais pas que toute l'unité de missions spéciales changerait du jour au lendemain avec quelques mots.

Parce que pour qu'une personne devienne un chien sauvage, il lui faut du venin.

« Capitaine, si on avance encore un peu, c'est le marais du Serpent……. »

« Dis à tout le monde de se préparer. »

Près de la forteresse, il y a un territoire de Serpents.

Les Serpents sont des monstres semblables à des serpents géants, au venin mortel et aux écailles plus dures que l'acier.

Comme ce sont des monstres dociles tant qu'on n'envahit pas leur territoire, la forteresse aussi avait respecté leur territoire et choisi la coexistence plutôt que la chasse.

'Ils les ont sans doute laissés tranquilles parce qu'ils sont difficiles à chasser et que ça ne couvre même pas le prix des antidotes.'

De plus, comme le nombre de monstres qui se dirigeaient vers la forteresse diminuait à mesure que le territoire des Serpents s'étendait, ne pas les chasser avait dû être plus avantageux pour la forteresse.

Le problème, c'est que les Serpents ne cèdent pas leur territoire.

« On ne va pas venir jusqu'ici pour laisser les orcs manger de la viande de serpent. »

Pendant les trois jours suivants, nous comptions exterminer les Serpents jusqu'au dernier.

***

Hoodwock, après avoir repéré le Serpent enroulé sur lui-même, fit un geste derrière lui.

- 1. Endormi.

Puis il recula lentement, encocha une flèche sur le Tueur de chevaliers et donna un ordre par signes de la main.

- Équipe 1, en avant ; équipe 2, flèches encochées, en attente.

Trois chevaliers de l'équipe 1, qui avaient retiré leur armure, s'approchèrent prudemment du Serpent.

- Équipe 2, en attente.

Les soldats de l'équipe 2 retinrent leur souffle et attendirent le bon moment.

'Ni plus tôt, ni plus tard que les chevaliers.'

Au moment où les chevaliers expérimentés levèrent leurs épées en silence.

« Tirez ! »

Au même instant où les épées des chevaliers s'abattaient sur la tête du Serpent, des dizaines de flèches s'abattirent en pluie.

Kadeudeudeuk !

- Shaaaaaak !

Le Serpent, attaqué dans son sommeil, poussa un rugissement féroce et dressa la tête.

'Bon sang, c'était trop superficiel !'

Les épées des chevaliers avaient entaillé la tête du Serpent sur plus d'un empan, et les lourdes flèches tirées par les soldats s'étaient fichées partout sur sa tête, mais ils n'avaient pas pu le tuer d'un coup.

'S'il s'enfuit dans le marais, on le perd. Avant ça, il faut le tuer…….'

Évaluant la situation, Hoodwock vit les chevaliers sans armure. Si le combat se prolongeait, les chevaliers seraient en danger.

'… Pas besoin de le tuer tout de suite.'

Puisqu'on avait dit qu'on exterminerait les Serpents de ce marais, même s'ils manquaient le Serpent devant eux maintenant, ils pourraient l'attraper bientôt.

Hoodwock, sa décision prise, cria de toutes ses forces :

« Équipe 1, repli ! Équipe 2, tir de couverture ! »

Attendant le repli, Hoodwock vit les chevaliers raffermir leur prise sur leurs épées.

'Ces imbéciles !'

Il ne savait pas ce que les chevaliers avaient en tête.

Ils avaient peut-être été touchés par un venin paralysant pendant qu'il ne regardait pas, ou peut-être avaient-ils jugé qu'ils ne pouvaient pas fuir devant ce grand monstre qui bougeait juste sous leurs yeux.

'C'est un Serpent qui mâche même le fer. Si cette chose les mord sans armure……!'

Même touchés par le venin, on disait qu'on pouvait les soigner, mais il n'y aurait aucun moyen de soigner un corps coupé en deux.

« Bon sang ! Équipe 2, en attente ici ! Surveillez la situation et appuyez-nous ! Derku, on y va ! »

Il ne vint pas à l'esprit de Hoodwock que d'autres équipes attendaient tout près, ni qu'Ian les observait quelque part.

Rien que pour sauver les chevaliers stupides devant eux, Hoodwock et Derku se jetèrent vers le Serpent.

***

Aaron était chevalier.

Un chevalier fier de son épée.

Alors, même quand le capitaine avait dit que la lance était plus efficace pour chasser les Serpents, il avait pris une épée plutôt qu'une lance.

'Utiliser une lance que je ne connais pas est plus dangereux.'

Pour lui, chevalier, l'épée était comme sa main, et il croyait qu'il n'existait rien que son épée ne puisse trancher.

S'il s'était placé au-dessus de la tête du Serpent, c'était aussi parce que son épée était la plus remarquable des trois chevaliers.

'Je vais lui trancher la tête d'un seul coup.'

Au moment où il abattit l'épée sur le Serpent endormi avec cette pensée, Aaron sut d'instinct.

'Trop superficiel !'

L'épée, qui visait l'interstice entre les écailles, s'était seulement enfoncée profondément dans la tête, sans infliger de blessure mortelle.

« Aaron ! Il est encore vivant ! Esquive ! »

Avant que le Serpent ne dresse la tête, il recula et vérifia son état.

'Bon sang ! Il va parfaitement bien ! À cause de moi !'

Hoodwock était un excellent chef d'équipe, mais il était trop timoré.

N'importe quel Serpent aurait fait l'affaire, mais il avait erré dans le marais plus de trois heures en disant qu'il fallait en attraper un endormi.

L'ordre de repli se fit entendre au loin, mais Aaron ferma les yeux et réfléchit.

S'il manquait le Serpent devant lui, il faudrait encore errer des heures dans le marais.

'Je vais réparer ma propre erreur.'

Montrer son dos à l'ennemi, causer des ennuis à ses camarades par sa faute : ni l'un ni l'autre n'était digne d'un chevalier.

La sensation restée dans sa main, le sang de la bête sur son épée, l'expérience accumulée en maniant l'épée d'innombrables heures, tout lui criait.

Une seule fois, un seul coup de plus, et il pourrait lui trancher le cou.

Au moment où, sa décision prise, il raffermit sa prise sur l'épée.

- Shaaaaaak !

Le Serpent se rua sur lui à une vitesse plusieurs fois supérieure à ce qu'il attendait.

« Uwat ! »

Il se jeta en arrière dès qu'il le vit, mais rattraper la vitesse du Serpent était impossible.

'Bon sang, bon sang, bon sang !'

Ses crocs, arrivés juste devant lui, se jetèrent sur lui.

'Si seulement je bloque ce petit truc !'

Ce n'est qu'alors qu'il se souvint du bouclier attaché dans son dos.

N'ayant pas le temps de sortir le bouclier, il mit son épée en travers et se prépara au choc.

« Heueup ! »

Kwadeudeuk !

Dans un horrible bruit d'os et de chair qui se fendaient, Ian descendit de la tête fendue du Serpent.

« C-capitaine ! »

Aaron, sauvé au bord de la mort, appela Ian d'une voix tremblante, mais ce qui lui revint fut un regard aussi froid que les yeux jaunes du Serpent.

Splotch, splotch, splotch.

À mesure qu'Ian approchait, Aaron recula malgré lui.

'P-pourquoi est-ce que je……'

Au moment où Aaron se redressait sous les yeux froids d'Ian posés sur lui, le pied d'Ian lui frappa la poitrine.

« Keo, keook ! Capitaine, capitaine ! »

***

Hoodwock menait l'équipe efficacement.

Il choisissait le combat le plus avantageux dans la situation la plus sûre, et ses préparatifs étaient minutieux.

'Une fois ce combat terminé, les autres équipes auront beaucoup à apprendre.'

C'était le combat idéal que je voulais.

Tendre lâchement une embuscade pendant qu'il dort.

Frapper encore là où ça fait mal et ne creuser que les points faibles.

'Ce n'est pas qu'il n'y ait rien à regretter.'

Comparé aux autres équipes qui avaient chassé avant, c'était pratiquement un grand succès.

Parce que les autres équipes avaient eu au moins trois empoisonnés.

'Tss, impossible de le tuer d'un coup.'

Le seul regret, c'est de ne pas avoir pleinement cerné l'adversaire.

Les écailles des Serpents sont plus dures que l'acier et glissantes, alors il n'est pas facile de les chasser à l'arc.

Ils semblent avoir préparé les lourdes flèches surtout utilisées pour la chasse aux monstres, mais l'avantage de ces écailles ne tient pas à leur dureté, mais à leur caractère glissant, qui fait dévier les flèches.

'À voir ce type tenir une épée, on dirait qu'il ne sait pas à quel point le cerveau d'un Serpent est petit.'

À moins de vouloir l'enfoncer profondément en sacrifiant son épée, il est difficile d'infliger une blessure mortelle en taillant.

'Ah, c'est parti.'

Au même instant où le chevalier, ses préparatifs terminés, abattait son épée, des dizaines de flèches visèrent le Serpent.

Et dès que le Serpent blessé se redressa, Hoodwock choisit aussitôt le repli.

« C'est ça ! C'est comme ça qu'il faut faire ! »

Voilà vraiment le manuel de l'embuscade parfaite.

Frapper pendant qu'il dort, et fuir si ça ne semble pas marcher.

Notre but n'est pas une lutte à mort, ni de récupérer des sous-produits ou de chasser des monstres pour gagner de l'honneur.

Notre but est strictement d'infliger le plus de dégâts possible à l'ennemi tout en réduisant au minimum les pertes alliées.

Au moment où j'allais applaudir la décision rapide de Hoodwock, je me jetai en avant en voyant le chevalier crispé sur son épée.

'Ce crétin !'

Masquant ma présence grâce à 『Empereur Obscur』 et m'approchant du Serpent par le Pas du Spectre, je levai l'épée et l'abattis de toutes mes forces.

Kwadeudeuk !

L'art d'épée secret, encore maladroit, fendit en deux la tête du Serpent, et au-delà, je vis le pitoyable chevalier qui fermait les yeux de toutes ses forces.

***

Je regardai froidement de haut le chevalier qui se roulait dans le marais après avoir reçu un coup de pied dans la poitrine.

'Espèce de boulet.'

Il y avait beaucoup de cas comme ça dans le jeu aussi.

Des décuries, des centuries, et parfois des troupes de la taille d'une unité entière anéanties par une action soudaine et inattendue.

Rien qu'à voir Derku ou Hoodwock se ruer vers le Serpent : sauver un allié mis en danger par une action stupide entraîne un danger plus grand que l'action inattendue elle-même.

Si c'était un champ de bataille, Derku, Hoodwock et toute l'équipe de Hoodwock, privée de son chef, seraient morts au combat à cause de l'imbécile devant moi.

« Hu……. »

Je l'ai sauvé de justesse cette fois, mais si j'avais eu ne serait-ce qu'un peu de retard, ç'aurait été vertigineux.

« Aaron, écoute-moi bien. »

À Aaron, qui s'était relevé d'un bond en se tenant la poitrine, je parlai en grondant.

« O-oui ! »

« Si tu veux jouer au chevalier, va dans une autre unité. »

Voyant un seul chevalier mettre en danger toute l'équipe, je ne pouvais pas attendre que les autres changent d'avis.

« Vergil ! »

« Oui ! Monseigneur ! »

« Dites-le aussi aux autres chevaliers. S'ils comptent jouer aux chevaliers, qu'ils aillent dans une autre unité, ne serait-ce qu'un jour plus tôt. »

La voix froide d'Ian s'enfonça dans les oreilles de l'unité de missions spéciales et de l'ordre de chevalerie.

« Vous êtes si mécontents d'être appelés chiens sauvages, mais que ferez-vous si vous êtes pires que des chiens ? »

Fin du chapitre 103
Fiche de l'œuvre

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