Aller au contenu principal

Chapitre 101

Chapitre 101

14 octobre 2026 ~13 min · 2 426 mots

Dès que j'ouvrais les yeux, j'empoignais l'épée.

Et je frappais jusqu'à perdre connaissance.

'C'est mieux qu'hier.'

C'était encore une frappe verticale qui tenait plutôt de la taille en diagonale, mais je me contentais d'y croire.

Si cent coups ne suffisent pas, alors mille, puis dix mille coups suffiront.

Quand j'avais faim, je m'arrêtais pour mâchonner la viande séchée que Reina avait préparée, et je buvais des stimpacks comme de l'eau.

Et je reprenais l'épée.

Cent fois.

Mille fois.

Dix mille fois.

La pointe de l'épée tremblait toujours sans pitié.

'Encore.'

Après m'être représenté Hlyundeyrr comme cible, j'abattis l'épée serrée dans mes mains vers sa tête.

***

Vers le moment où la notion du temps devint floue, le comte me tendit deux livres.

Après avoir de nouveau frappé dix mille fois, je parcourus le livre du dessus ; c'était un traité de stratégie contre les bêtes démoniaques.

'Il me dit de renoncer à l'épée et de me concentrer sur le commandement ?'

Je sais que ce n'est pas par malveillance.

Même avant de me donner ce livre, le comte était passé plusieurs fois voir mon entraînement.

'Il a bien dit avoir envoyé deux chevaliers l'autre fois ? Alors, jusqu'au retour de ces deux-là, essayons, juste jusque-là.'

Avant que d'autres doutes ne m'embrument l'esprit, je rangeai le livre et abattis l'épée fermement empoignée.

Dix mille fois.

Encore dix mille fois.

Je frappai sans me reposer.

Jusqu'à ce que la main qui tenait l'épée soit couverte de pus et de sang, et que la main colle à l'épée.

J'empoignais l'épée, et je frappais.

- J'ai beau regarder, il vaudrait mieux t'exercer à la dague pendant le temps que tu passes à manier l'épée.

Ignorant Hlyundeyrr qui ricanait en regardant mon épaule, j'abattis l'épée vers sa tête.

- Ton avidité est excessive, bien trop excessive. Tu devrais savoir cultiver les capacités que tu as, au lieu de chercher à obtenir ce que tu ne possèdes pas.

L'expression est juste.

Parce que j'ai beaucoup d'avidité.

J'obtiendrai même l'Escrime de bas niveau, et je maîtriserai l'escrime de l'ordre de chevalerie quoi qu'il arrive.

- Pourquoi ? Pourquoi tiens-tu tant à te tenir en première ligne ? Qu'est-ce qui te fait si peur ?

L'épée abattue vers sa tête lui trancha l'épaule.

Je me suis déjà rapproché d'un cheveu.

- Réfléchis, il y a plus d'une centaine de chevaliers dans cette forteresse ; que peux-tu changer en tenant une épée ? Il vaudrait mieux apprendre l'arc, la lance ou la magie.

Imbécile.

Ce corps est un incompétent reconnu par le monde entier.

Quoi que j'apprenne, pas seulement l'épée, il faudrait que je passe par un processus semblable.

Je ne pourrais même pas toucher à la magie, qu'il est impossible d'apprendre sans talent.

- Même sur un champ de bataille, un assassin peut se distinguer autant qu'il le veut.

Plus j'abattais l'épée, plus la tentation de Hlyundeyrr se faisait forte.

- Même si tu ne te tiens pas sur le champ de bataille, il y a bien assez de gens pour te remplacer.

La main qui tenait l'épée tremblait.

Mon inconscient, empruntant la bouche de Hlyundeyrr, me hurlait de poser l'épée immédiatement et de me reposer.

'Si j'abandonne maintenant, il n'y aura pas de lendemain.'

Alors je ne peux pas abandonner.

Pour voir la vraie fin, je ne peux absolument pas rester un héros ordinaire.

- Jusqu'à quand comptes-tu te mentir à toi-même ! Toi qui frôles la mort à seule fin de ne pas voir les autres mourir !

Quoi qu'il débite, je pris position en silence.

D'un pas en avant, je tords la taille pour transmettre la force.

Poussant la poignée de la main droite et tirant de la gauche, j'abats tel quel l'épée fermement empoignée.

Hou-oung !

L'épée abattue trancha l'oreille de Hlyundeyrr.

'Plus qu'un empan.'

Ian, souriant avec satisfaction, perdit connaissance et s'effondra sur place.

***

[Vous avez acquis un trait unique. 『Obsession』]

[Vous avez acquis un trait. 『Talent à l'épée de très bas niveau』]

[Correctif système en cours…… 43 %]

[Vous avez acquis l'art secret de la maison du comte Sven, « Massacre ».]

***

Dès le premier jour, le comte regretta amèrement d'avoir enseigné à Ian l'art secret de sa maison.

'Dire qu'il serait à ce point dépourvu de talent.'

Le talent d'Ian était si insignifiant qu'il crut sérieusement à une plaisanterie. Non, il était parfaitement inexistant.

De même qu'un orc ne peut pas utiliser la puissance divine, de même qu'un humain ne peut pas respirer sous l'eau, l'épée ne lui était pas permise.

Dans une telle situation, se fixer pour objectif l'art secret de la maison du comte, que même les chevaliers de la forteresse avaient du mal à suivre, rendait forcément le processus plusieurs fois plus douloureux.

'C'est plutôt mieux ainsi. Avec l'escrime de l'ordre de chevalerie, peut-être, mais avec l'art secret de la maison du comte, il ne verra aucune lueur d'espoir.'

Il abandonnera en une journée.

C'est ce qu'il pensait.

***

Le lendemain, il maniait de nouveau l'épée dans la même posture.

Hormis le temps passé entre-temps à aider les autres à s'entraîner, il maniait l'épée comme un fou, sans prendre de repos.

« Les soldats appelaient le capitaine de l'unité de missions spéciales "maître d'épée" dans son dos. »

Aux paroles du secrétaire général, le visage du comte se froissa tout naturellement.

D'ordinaire, il se moquait des rumeurs qui circulaient, mais quiconque jacassait encore après l'avoir vu ainsi était un crétin et un idiot.

Car même le comte, qui savait que les efforts de ce type n'étaient qu'une perte de temps, ne pouvait pas se moquer de ces efforts.

« On dirait qu'ils ont la vie facile. Trouve les gars qui débitent des paroles inutiles et……. »

« Ah, ce n'est pas ça. Ils semblent sincèrement le croire maître d'épée, en disant que le jeune seigneur déploie les Mille Épées aux trajectoires infinies. »

Le comte, qui hochait la tête en silence, retint son rire de toutes ses forces.

***

Le troisième jour.

En voyant les yeux d'Ian quand il se réveilla le matin et empoigna l'épée, le comte dut l'admettre.

'Quel type tenace.'

Ce type n'a aucune intention d'abandonner.

Il maniera l'épée sans repos.

Jusqu'à déployer l'art secret qui ne lui est pas permis.

« Quel type bête, idiot et tenace. »

Le comte retourna à son bureau et prit une plume.

La première épée n'a pas besoin d'être l'art secret de la maison du comte.

Puisque son estoc est assez convaincant, il comptait lui recommander une escrime axée sur l'estoc.

'… À ne voir que ça, il risque de le prendre pour une insulte.'

Même après avoir ajouté l'escrime de l'ordre de chevalerie à la suite, se sentant mal à l'aise, il sortit un autre livre à donner à un commandant.

'Ça devrait suffire.'

S'il regarde le traité de stratégie, puis l'escrime qui suit, je pourrai lui faire comprendre de ne pas renoncer à l'épée.

Puisque j'ai ajouté l'escrime de l'ordre de chevalerie derrière celle-là aussi, il saura qu'il peut s'entraîner à l'épée quand il veut.

« Mais qu'est-ce qu'il fait, ce type, sans lire le livre que je lui ai donné ? »

« … Il manie l'épée. »

Ce type, après avoir parcouru des yeux le traité de stratégie, s'était remis à manier l'épée sans même jeter un regard au livre qui suivait.

Au contraire, l'unité de missions spéciales, tout près, regardait tour à tour le titre du traité de stratégie et le comte avec des yeux surpris.

'Non, l'escrime est juste derrière……'

Mais s'avancer pour expliquer en personne aurait été ridicule ; il s'efforça donc d'ignorer les regards qui réclamaient une explication et regagna son bureau avec amertume.

***

Cela faisait déjà une semaine que le jeune seigneur avait empoigné l'épée.

Quand le comte, qui se débattait avec une montagne de documents dans son bureau, leva la tête, le secrétaire général ouvrit la bouche comme s'il n'attendait que ça.

« Le capitaine de l'unité de missions spéciales s'entraîne toujours. »

« Qui a dit que j'étais curieux ? »

« Vous l'avez déjà demandé sept fois rien qu'aujourd'hui. »

Le comte, qui regardait le secrétaire général d'un air maussade, baissa la tête et dit :

« On dirait que sire Garius a besoin de repos. Comme c'est un monsieur qui refuserait même si on lui disait de se reposer, emmène-le en promenade ou je ne sais quoi. »

« … Sire Garius n'a-t-il pas dit avant-hier qu'il ne laisserait absolument pas passer qu'on le traite comme une potion de soin ambulante ? »

« C'est pour ça qu'il faut dire que c'est une promenade. Pendant qu'il se repose, dis-lui aussi d'aller voir son disciple maigrichon. »

« Ne vaudrait-il pas mieux y aller vous-même……. »

Toc, toc.

Au bruit des coups frappés juste à point, le comte afficha un sourire las.

« Comme tu vois, je suis trop occupé, je ne peux pas. »

Comme le secrétaire général, les sourcils froncés, ouvrait la porte au lieu de le contredire, Vergil, qui attendait, entra et dit :

« Pourriez-vous venir un instant au terrain d'entraînement ? »

Le comte fusilla en silence du regard le secrétaire général, qui souriait de toutes ses dents derrière son fils, puis se leva.

'J'espérais que non, mais a-t-il fini par tomber dans une déviation du qi ?'

Le désir est la force qui fait avancer les gens, mais un désir inassouvi finit forcément, un jour, par devenir un poison primitif qui les dessèche jusqu'à la mort.

Ian, qui désirait tant l'épée, n'aurait pas pu y renoncer jusqu'au bout.

« Allons-y vite. »

Les pas pressés du comte se dirigèrent vers le terrain d'entraînement.

***

En entrant sur le terrain d'entraînement, le comte regarda Ian, le visage durci.

La force des pieds, de la taille et du poignet, qui bougeaient en silence, était tout entière contenue dans l'épée, qui frappait l'espace.

C'était grossier, précipité et maladroit, mais c'était clairement la forme de l'art secret de la maison du comte, « Massacre ».

Koung !

« Jeune maître ! »

- Humain !

Sven, qui regardait Reina courir vers Ian effondré, sourit légèrement.

« Même en le voyant de mes yeux, je n'arrive pas à y croire. »

« C'est mon seigneur. »

Le comte regarda son fils, les yeux plissés.

« Tu tenais tant que ça à te vanter ? »

« Je voulais vous montrer mon seigneur dépasser ses limites. »

« Ha. Ce n'est pas dépasser ses limites. Il les a fracassées. »

Il tourna de nouveau la tête vers Ian.

« Le talent du jeune seigneur n'était pas seulement insignifiant, il était inexistant. Pour lui, déployer l'épée de la famille est aussi difficile que pour un orc de réaliser la puissance divine et de devenir prêtre. »

« ……. »

« Voilà à quel point ce qu'a accompli ton maître est extraordinaire. »

Il reconnaissait la persévérance du jeune seigneur.

Cette dernière semaine, son obsession pour l'épée n'avait pas été simplement persévérante, mais désespérée.

« Ce type, vraiment, quel acharné, quel acharné. »

En disant cela, un rire lui échappa tout naturellement.

Dire que cet ignare avait maîtrisé l'épée de la maison du comte.

« Tout cela n'est-il pas grâce à un excellent professeur ? »

À ces mots, Vergil pencha la tête.

« … Vous ne lui avez pas enseigné qu'une seule journée ? »

« Inutile de me flatter ainsi. Il est naturel que moi, un maître, je sois un excellent professeur. »

Vergil avait envie de dire que l'entraînement du commandeur du 1er ordre de chevalerie était plus apprécié que celui du comte maître d'épée, mais il se tut par égard pour la fierté de son père.

« C'est vrai, personne d'autre que moi n'aurait pu le faire. Même si ce Mogul lui avait enseigné cent jours, ça n'aurait pas marché. »

C'était évident.

Car l'arme du comte Mogul est la hache, et il ne connaît même pas l'art secret de la maison du comte.

Au lieu de discuter, Vergil secoua doucement la tête.

***

Cette nuit-là, deux chevaliers revenus à la forteresse se présentèrent au bureau du comte.

« On dirait que vous avez pu confirmer. »

« ……. »

En voyant leur mine, le comte poussa un gémissement.

« Les chances de victoire ? »

« ……. »

Une grande armée face à laquelle on ne voyait aucune chance de victoire.

Soudain, l'image de l'unité de missions spéciales se consacrant à l'entraînement comme si leur vie en dépendait lui traversa l'esprit.

« Le capitaine de l'unité de missions spéciales a dit que les ennemis qui affluent vers la forteresse sont environ cent mille orcs et un petit nombre de trolls. »

« … Le guide aussi l'a dit. »

Cent mille.

En ce moment, la population de ce château ne dépasse même pas dix mille.

Même en additionnant toute la population du royaume de Reime, on ne dépasserait pas cent mille.

« C'est littéralement une guerre de nations, non, de races. »

Devant l'ampleur de l'ennemi, qui rendait dérisoires les préparatifs faits jusque-là, le comte fronça profondément les sourcils.

« Vous avez vraiment travaillé dur, tous les deux. Si vous n'avez rien d'autre à dire, allez vous reposer. »

« Pour finir, le guide a dit que l'ogre voulait se venger. »

« Ah, le capitaine de l'unité de missions spéciales l'a dit aussi. Que l'ogre dont se servaient les orcs allait se déchaîner. »

Vouloir se venger signifie qu'il ne s'est pas encore vengé.

À moins de vouloir mourir, il n'aurait pas pu foncer sur une légion de cent mille.

'Vouloir se venger même face à cent mille ennemis…….'

« A-t-il dit ce qu'il voulait de nous ? »

« … Le guide a demandé le capitaine de l'unité de missions spéciales. »

Le comte ne put rien dire.

Car la situation présente était difficile à comprendre, même pour lui qui avait atteint le niveau de maître.

« Je parlerai de cette affaire au capitaine de l'unité de missions spéciales. Vous deux, reposez-vous maintenant. »

« Oui ! »

Après le départ des deux chevaliers, le comte s'assit au bord de sa chaise, desserra la cravate qui l'étranglait et s'enfonça dans le siège.

Un monstre veut rencontrer le jeune seigneur ?

… Pourquoi ?

Et surtout, le « guide » dont parlait Ian, ce n'était pas un « écureuil démoniaque » ?

Un écureuil démoniaque peut parler, aussi ?

Pourquoi ces deux types trouvent-ils ça si naturel ?

Les tourments du comte ne prirent fin qu'après que le secrétaire général eut discrètement fait appeler Thomas.

Fin du chapitre 101
Fiche de l'œuvre

Commentaires

Code anti-spam :······
0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.