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Seoul Object StoryChapitre 2 · 2/1

Chapitre 2

Chapitre 2 — Un an plus tard

28 septembre 2026 ~9 min · 1 772 mots

Un très gros problème était survenu.

Un problème extrêmement gros était survenu.

Lee Sehee, directrice de l'Institut de recherche Sehee, faisait face à un problème très grave.

Un lit, une salle de bain, des en-cas posés par terre.

Au premier coup d'œil, la scène paraissait parfaitement normale, mais avec des barreaux à la place des murs et des portes, l'endroit s'était aussitôt changé en une sorte de prison.

Être enfermée n'était pas le plus gros problème.

C'était ce hurlement épouvantable.

Derrière la porte d'acier retentissait sans interruption le hurlement le plus épouvantable qu'elle ait jamais entendu, et il continuait sans le moindre répit.

Grrrr.

Elle n'avait rien mangé depuis une journée entière.

Elle avait faim, et on lui servait chaque repas, mais elle n'osait même pas toucher à l'eau qu'on lui fournissait en ce lieu suspect.

Si elle acceptait simplement ce qu'on lui donnait ici, elle ne pouvait même pas imaginer ce qui risquait d'arriver.

Le ravisseur était une figure en vue du quartier, un vieillard de plus de quatre-vingts ans.

Mais l'apparence du vieillard n'avait rien d'ordinaire.

Ratatiné comme un arbre mort, sans le moindre muscle, on aurait pu le prendre pour une momie.

Pourtant, ses mouvements et sa force dépassaient de loin ceux d'un humain : c'était à coup sûr un humain lié à un Objet.

On ignorait où se trouvait le reste de la famille du vieillard, et vu la situation, il semblait fort probable que les membres de sa famille aient été tués, eux aussi.

Le but exact du vieillard restait inconnu.

Mais il était facile de prévoir que le résultat serait terrible.

Pourquoi pouvait-on faire une telle prévision ?

Parce que dehors, à l'extérieur de cette pièce semblable à une prison, il y avait une montagne d'ossements humains.

Juste à côté des barreaux se dressait une énorme statue de cochon en acier qui attirait irrésistiblement le regard.

Des flammes vacillaient avec indifférence dans les yeux vides du cochon.

Autour de la statue chauffée au rouge, des fragments d'os humains étaient éparpillés.

D'après son expérience de la recherche sur les Objets, l'étrange force surhumaine du vieillard et la montagne d'ossements semblaient être l'œuvre de cette statue de cochon.

Dire qu'un tel incident se produisait juste au moment où elle était venue enquêter sur le phénomène anormal de la forêt de Séoul…

Un an plus tôt, elle avait failli mourir en enquêtant sur un phénomène anormal dans la forêt de Séoul, et voilà que sa vie était de nouveau en danger dans la forêt de Séoul. Avait-elle sous-estimé le danger de la forêt de Séoul ?

Grondement.

Avec le bruit d'une lourde pierre qu'on racle, des pas légers résonnèrent.

C'étaient les pas du vieillard, qui descendait plusieurs fois par jour.

« Hé, toujours pas mangé ? »

La voix rauque du vieillard se fit entendre derrière les barreaux.

Il fit claquer sa langue et quitta le sous-sol.

Le regard brillant du vieillard avait quelque chose d'étrangement glaçant, mais elle en ignorait encore la raison.

Il y avait bien d'autres choses qu'elle voulait savoir.

Quelle était cette nourriture qu'il essayait sans cesse de lui faire manger ?

Qu'était cette sinistre statue de cochon ?

Que signifiaient ces tas d'ossements ?

Les capacités physiques du vieillard venaient-elles vraiment de la statue de cochon ?

Il semblait enlever et tuer des gens, mais pour quelle raison ?

Elle notait dans son carnet les questions qui lui venaient à l'esprit, mais elles ne faisaient que se multiplier.

Ce serait bien que les employés de l'Institut de recherche Sehee remarquent la disparition de leur directrice et la retrouvent avant qu'il soit trop tard…

Mais ça ne semblait pas gagné.

***

Laissant derrière elle le réveil bruyant, elle ouvrit les rideaux et la fenêtre ; l'air clair du matin lui humidifia les poumons et chassa la somnolence.

C'était encore une agréable matinée.

Elle accrocha son badge d'employée et sortit.

Institut de recherche Sehee

Chercheuse Oh Yerin

Ce simple badge, avec photo et affectation, était absolument indispensable.

De la navette du complexe de recherche à la supérette interne en passant par les installations de sécurité, elle ne pouvait aller nulle part sans lui.

Elle passa son badge et monta dans la navette qui attendait à l'arrêt.

Dans le bus, elle consulta les actualités sur son téléphone et découvrit que le phénomène anormal survenu dans la nuit faisait la une.

C'était une mort massive soudaine.

Des animaux étaient morts en grand nombre près de la forêt de Séoul, et comme un incident semblable s'était produit un an plus tôt, l'affaire prenait une gravité particulière.

Un article allait même jusqu'à attaquer directement son institut : « Mauvaise gestion à l'Institut de recherche Sehee ? »

La Faucheuse Grise était parfaitement bien gérée, sans la moindre faille, dans notre institut ; c'était rageant de voir un article aussi diffamatoire.

Un an plus tôt, on avait provisoirement conclu que la mort massive avait été causée par l'Objet « Faucheuse Grise », transféré à notre Institut de recherche Sehee, mais la directrice avait vigoureusement soutenu que c'était impossible.

À mon avis, la Faucheuse Grise était un Objet inoffensif, mais au vu des faits révélés, il était clair que la Faucheuse était responsable.

Sa capacité à provoquer facilement la mort en faisait l'Objet le plus apte à causer ces mystérieuses morts massives.

De plus, après la capture de la Faucheuse Grise dans la forêt de Séoul et son transfert à l'institut, les morts massives à répétition avaient complètement cessé, ce qui avait renforcé ce soupçon.

La diffusion interminable s'étendait sur la portée de cette mort massive, sur l'incident d'il y a un an, et sur notre institut, qui gérait la Faucheuse Grise.

Une fois franchi le portique de sécurité de l'institut, le silence assourdissant de l'installation de confinement m'accueillit.

C'était tôt, personne n'était encore arrivé au travail.

La Faucheuse Grise, qui avait des horaires de sommeil réguliers, ne s'était pas encore réveillée.

L'intérieur de la chambre de confinement était aménagé comme un lieu de vie, et sur le grand lit reposait une forme de vie à la peau grise, roulée en boule, les yeux fermés.

C'était la « Faucheuse Grise », l'Objet le plus dangereux parmi ceux gérés en Corée, connue pour sa redoutable réputation.

La plupart du personnel de l'institut savait que la Faucheuse était inoffensive, contrairement aux rumeurs sinistres, mais ceux qui l'ignoraient avaient tendance à la craindre à l'excès.

Le problème, c'était la vidéo qui avait révélé pour la première fois l'apparence de la Faucheuse Grise.

Dans la vidéo, la Faucheuse ressemblait à l'incarnation même du dieu de la mort : elle traversait une meute de loups, qui se percutaient et s'entretuaient.

Les formes de vie rapides et fortes ne manquaient pas, mais une existence capable de provoquer des morts accidentelles en masse suscitait un rejet instinctif.

Quelles que soient ses capacités, c'était en réalité une forme de vie mignonne et inoffensive.

Du moins, depuis un an, on n'avait jamais vu la Faucheuse attaquer un organisme sans raison.

Je pique la joue de la Faucheuse, profondément endormie. Comme personne n'est encore arrivé, c'est le seul moment où je peux profiter de l'adorable Faucheuse pour moi toute seule, alors je dois savourer cet instant.

***

La sensation d'un doigt qui me pique la joue me réveille. Chaque matin, elle me pique la joue, et comme je ne montre aucun signe d'agacement, elle le fait désormais tous les jours.

Je ne comprends pas la raison de ce comportement, venant d'une chercheuse brillante qui conteste toujours les opinions de la directrice.

Une sorte de test de réaction ?

Quand j'ouvre doucement les yeux, Oh Yerin me soulève, tout excitée.

Elle plonge son regard dans mes yeux mi-clos, ensommeillés, et m'adresse un sourire radieux.

Ce qu'elle voit se refléter dans ces yeux, c'est l'expression paresseuse de « moi », l'Objet connu sous le nom de « Faucheuse Grise », à la peau grise et aux yeux jaunes luisants.

« Bonjour ! »

Oh Yerin déborde toujours d'énergie. Et pas seulement elle : tous les employés de cet institut semblent avoir une vitalité excessive, ce qui est resté pour moi l'un des mystères non résolus depuis un an que je suis ici.

L'Institut de recherche de Séoul, où j'étais il y a un an, avait l'ambiance de conscrits traînés dans une zone de guerre.

Enfin, avec environ un mort par mois, pas étonnant qu'il y règne une telle ambiance.

Je m'étais obstiné dans cet institut, frôlant la mort, persuadé que je ne pourrais jamais mourir.

Au bout du compte, j'étais mort, moi aussi, lors de l'attentat contre l'Institut de recherche de Séoul, il y a un an.

Au petit matin, alors que je somnole, Yerin me prend dans ses bras et s'assoit sur le canapé de la chambre de confinement.

Yerin me serre fort contre elle sur le canapé et se met à me raconter, une par une, les choses amusantes qui lui sont arrivées en venant au travail aujourd'hui.

Elle me parle du nouvel Objet enregistré lors du colloque universitaire, et d'un stand de nourriture de rue qu'elle a vu.

Des histoires plutôt intéressantes pour moi, qui ne suis pas sorti de l'institut depuis un an.

« Il paraît qu'il y a eu une autre mort massive près de la forêt de Séoul, hier. Et tout le monde dit que c'est la Faucheuse Grise. Mais la Faucheuse est ici, ils sont vraiment ridicules. »

Yerin agite ma main d'avant en arrière en exprimant sa colère.

« C'est trop facile d'accuser la Faucheuse juste parce que le même phénomène s'est produit il y a un an au même endroit. Notre institut n'a jamais eu le moindre accident dans la gestion des Objets, mais ils lancent des accusations sans fondement. »

La mort massive était aussi la raison pour laquelle j'avais rencontré la directrice de l'institut, Lee Sehee, il y a un an.

À l'époque, j'avais secouru Sehee, enlevée alors qu'elle enquêtait sur l'incident, et c'était le début de notre lien. Mais voilà qu'une autre mort massive s'est produite.

« Tu sais ce qui est drôle ? Cette fois aussi, Sehee unnie est partie en trombe à la forêt de Séoul. Quand je suis arrivée à l'institut, il y avait un message sur la messagerie interne : "Partie pour la forêt de Séoul". »

J'ai le pressentiment que Sehee a peut-être encore été enlevée, mais j'essaie de ne pas y penser.

Aussi maladroite que soit Sehee, c'est une chercheuse diplômée d'une grande université : elle ne commettrait pas deux fois la même erreur.

Yerin aussi éprouve une vague inquiétude : 'Sehee unnie n'est pas idiote, alors rien de grave ne va se reproduire, hein ?'

Fin du chapitre 2
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