Le banquet du deuxième jour sembla se dérouler sans incident.
Je rencontrai encore plus de nobles que la veille, les saluai comme il se doit et mangeai à m'en faire éclater l'estomac.
Je ne cherchais pas à écouter, mais j'entendais des murmures au sujet du comte Tiren.
« Le comte Tiren a été chassé du château ? »
« Quelle bourde a-t-il bien pu commettre... ? »
« Comme il n'a récolté aucun mérite militaire pendant la dernière guerre, il n'était plus personne une fois la paix revenue, et il courait à droite et à gauche pour se rattraper. Mais cette affaire l'a pratiquement achevé. »
« Il paraît que c'est le fils aîné du comte Tiren qui a causé des ennuis. »
« Alors la rumeur était vraie ? Le fils aîné du comte Tiren, cet invocateur dont il se vantait tant, s'est fait rosser ? »
« Chut. Moins fort. En tout cas, venir de si loin pour se faire chasser faute d'avoir su tenir son fils, quelle absurdité. »
On parlait aussi de moi.
« Vous connaissez la rumeur ? Le jeune maître Dane serait déjà un invocateur extraordinaire. »
« Oh, mon Dieu, la maison Sogress serait donc devenue une illustre famille d'invocateurs ? »
« Ce n'est pas tout, apparemment. On dit qu'il pratique aussi la magie ! »
« Ciel, est-ce seulement possible ? »
Les rumeurs vont vite, décidément.
Même si elles ne sont pas tout à fait exactes.
Quoi qu'il en soit, le comte Tiren n'aurait sans doute pas été chassé de façon aussi humiliante s'il s'était excusé et avait baissé la tête dès le début.
J'ignore s'il espérait en tirer quelque avantage, mais ses excuses tardives, après s'être obstiné à discuter, n'avaient servi à rien.
Grâce à lui, j'appris une chose.
Les excuses avant les justifications.
Et les excuses, sur-le-champ.
Je l'avais souvent constaté dans ma vie précédente aussi : rien de tel que des excuses rapides pour régler un conflit.
Bien sûr, il y a des moments où il ne faut pas s'excuser.
Pendant ce temps, Mère, en apprenant la nouvelle, m'attrapa pour m'interroger.
« Dane, tu n'es blessé nulle part, au moins ? »
« Bien sûr que non. »
« Ouf, Dieu merci. »
C'est bien Mère.
Plus douce que Père...
« Tu as utilisé l'art de la discrétion, par hasard ? »
« ... »
« On m'a dit que tu avais utilisé l'art de l'invocation et même tiré des balles de mana, alors je me demandais. »
Père avait dû tout lui raconter dans le moindre détail.
« Oui, bien sûr. Je me suis caché dans les herbes hautes du jardin. Ils ne m'ont absolument pas remarqué. »
Mère était ravie.
« Tu t'es très bien débrouillé. L'utiliser tout de suite lors de ton premier vrai combat, c'est digne d'éloges. La prochaine fois, il faudra que je t'apprenne l'art de la traque. »
Heureusement que mes sœurs n'étaient pas là.
Sinon, elles m'auraient posé les mêmes questions.
Est-ce une chance que je n'aie pas utilisé l'art de la lance ?
De toute façon, le seul contact physique direct avait été un coup de tête dans son nez, alors je ne semblais pas avoir fait grand-chose de mal.
Toujours est-il que, dans une situation imprévue, j'avais fini par utiliser trois de mes talents en combat réel, l'art de la lance mis à part.
À strictement parler, la magie n'était pas vraiment de la magie, mais des balles de mana... et alors ?
C'était une méthode inspirée du mana de la fleur que ma sœur aînée m'avait appris, donc ça compte comme de la magie.
Au passage, beaucoup de gens s'intéressaient à mes talents.
« Oh, vous êtes donc le fameux jeune maître Dane dont j'ai tant entendu parler ! Je suis le baron Opent. Vous avez entendu parler de la famille Opent, du territoire de l'Est ? »
« Oui, monsieur le baron. Je la connais comme un territoire très réputé pour sa truite grillée et ses saphirs. »
« Haha, quel enfant intelligent ! C'est exact. Notre Opent produit les meilleures truites et les plus beaux saphirs du continent ! Au fait, j'ai entendu dire que vous aviez un talent considérable dans plusieurs domaines ! »
C'était en partie dû à la réputation de Père, mais la plupart me sondaient discrètement.
« Ce n'est pas grand-chose, mais j'aimerais que ma fille devienne votre amie. Dis bonjour. Haha. »
Comme ceci.
Le duc Termion était décidément un vrai gentilhomme.
Puisqu'il aurait été gênant d'aborder directement le comte Sogress, ils me mettaient à l'épreuve, moi, un enfant.
« Bonjour, je m'appelle Silvia. »
« Oui. Moi, c'est Dane. »
« C'est toi qui hériteras de la famille Sogress plus tard, non ? »
Pourquoi les enfants d'aujourd'hui sont-ils si offensifs ?
« Je ne sais pas trop. »
« Ne fais pas semblant de ne pas savoir. C'est vrai, non ? On dit que tu débordes de talent. »
« Ce n'est pas vraiment à moi d'y penser. »
Je me demandais comment éconduire la précoce demoiselle du baron Opent quand je trouvai une solution inattendue.
Plus précisément, la solution vint à moi.
« Dane, tu es là ? »
C'était Leila.
Silvia sursauta.
« L-Lady Leila. »
« C'est qui, elle ? »
Leila plissa les yeux, fins comme des aiguilles, et fusilla Silvia du regard. Silvia sembla décontenancée, mais se présenta bientôt avec un aplomb certain.
« Bonjour, Lady Leila. Je suis Silvia Opent, fille aînée de la maison du baron Opent. »
« Ah, vraiment ? Je suis Leila Termion. Enchantée. »
Les femmes font peur.
Parce que même en si peu de temps, elles s'étaient passées au crible dans les moindres recoins.
Dans l'impitoyable société noble, jauger ses adversaires va de soi, mais tout de même...
« Désolée, mais je t'emprunte Dane. Nous avons une "promesse" à tenir. N'est-ce pas, Dane ? »
À ces mots, Silvia se tourna vers moi.
Une sueur froide coula.
On pouvait dire que l'heure du choix avait sonné.
Pour avoir souvent assisté aux guerres féroces entre ma sœur aînée et ma deuxième sœur, je le savais très bien.
Dans ce genre de cas, il fallait faire le meilleur choix.
Désolé, Silvia.
Je fis mine de céder et me levai.
« Désolé, on parlera une prochaine fois. »
« Ah, d'accord... »
La fille du duc, dont la puissance ne le cédait qu'à celle de l'empereur, même dans la capitale.
Et la fille d'un baron du territoire de l'Est.
Il n'y avait pas photo.
Quoi qu'il en soit, je quittai le château principal avec Leila et me dirigeai vers le jardin, en partie pour faire descendre mon repas.
« De quoi tu parlais avec elle ? Ce n'était pas, par hasard... »
« Par hasard quoi ? »
« ... des histoires de fiançailles ? »
J'éclatai de rire.
« Ça t'intrigue ? »
« Ce n'est pas que ça m'intrigue particulièrement... »
Si, ça t'intrigue.
« Si ça t'intrigue, je te le dirai plus tard. »
« Vrai ? »
« Non. »
« Pff, tu te moques de moi, là ? »
Le plaisir de la taquiner est assez satisfaisant.
« Mais vous avez vraiment parlé de ça ? »
« Non. Pas du tout. »
Pourquoi a-t-elle l'air soulagée ?
Bref, Leila et moi arrivâmes au jardin.
Plus exactement, dans un endroit secret que seuls les habitants de ce château du comte pouvaient connaître.
« Ici, personne ne nous verra vraiment. »
Leila regarda partout, fascinée, puis se tourna vers moi, les yeux brillants.
« Maintenant, c'est l'heure d'exaucer mon souhait. Par quoi on commence ? »
« D'abord, je vais te poser quelques questions. »
« Tout ce que tu veux ! Au fait, mon anniversaire, c'est dans quatre mois pile ! »
Je passai simplement à l'essentiel.
« Oui, d'accord. Tu as déjà senti du mana ? »
« ... Un peu ? »
« Un peu, c'est combien ? »
« Eh bien... pas assez pour former un Noyau de mana ou quoi que ce soit, mais assez pour l'absorber en respirant ? »
« Alors tu n'en es pas encore au stade de la libération. »
À ces mots, Leila prit un air abattu et demanda :
« Alors c'est difficile à apprendre ? »
« Non. Tu peux apprendre à partir de maintenant. »
« Vrai ? »
J'avais appris naturellement à respirer le mana en roulant ma bosse sur les champs de bataille.
Un champ de bataille est un lieu désolé, jonché de cadavres, mais paradoxalement, c'est justement pour ça qu'on y respire mieux le mana.
Quand meurent des gens capables de manier le mana, chevaliers, mages ou invocateurs, le mana que contenait leur corps s'en échappe lentement.
Avec de tels cadavres éparpillés partout, c'était forcément un espace plus riche en mana que les autres.
J'avais l'intention de lui enseigner la méthode que j'avais apprise ainsi, d'instinct.
Au fait, la maison du duc n'enseigne-t-elle pas ce genre de chose ?
Les différences individuelles d'affinité au mana sont grandes, mais une maison ducale devrait au moins enseigner ça.
Le duc Termion serait-il plus strict qu'il n'en a l'air ?
« D'abord, la priorité, c'est de sentir dans ton corps le mana que tu as absorbé. »
« Le sentir dans mon corps ? »
« Oui. Pour libérer le mana hors de ton corps, il faut savoir manier celui qui est dedans. La clé, c'est "l'imagination". »
« L'imagination, tu veux dire... »
« Imagine que le mana tourbillonne dans ton corps. Ferme les yeux et représente-toi ton corps. Puis imagine le mana qui coule comme du sang dans chaque recoin de tes vaisseaux sanguins. »
L'imagination.
Pour le dire plus simplement, la visualisation.
C'est le geste fondamental de tout ce qu'on peut faire avec le mana, bien au-delà du simple maniement.
« Ça ne marche pas bien... »
Et au début, c'est difficile.
Forcément, quand on essaie d'imaginer quelque chose qu'on n'a jamais vu.
« Doucement, calmement. »
Si absorber le mana est une question d'affinité, alors libérer ce qu'on a absorbé et le mélanger correctement pour créer des Noyaux ou des Cercles est, pourrait-on dire, une question d'imagination.
Si les mages parlent toujours tout seuls et se perdent souvent dans leurs pensées, c'est aussi à cause des Cercles, bien plus difficiles à former que les Noyaux.
Si on n'y parvient pas, on ne peut finalement créer ni Noyau ni Cercle.
Et le mana, s'il n'est pas comprimé et fixé sous forme de Noyau ou de Cercle, finit inévitablement par se disperser au-delà d'une certaine quantité.
« Hngh... »
« Ça ne marchera pas en forçant. »
Après avoir essayé longtemps, Leila finit par avoir les larmes aux yeux.
« Ça ne marche pas. »
« Alors essayons comme ça. »
J'injectai du mana dans la bague que ma sœur aînée m'avait offerte. Un subespace apparut devant ma main. Leila sursauta.
« Waouh ! C'est un subespace ? »
« Oui. »
Je sortis du subespace un miroir que j'avais préparé à l'avance. C'était un grand miroir, assez grand pour refléter Leila tout entière.
« Il existe aussi des bourses subspatiales comme ça... ? »
« Oui. C'est ma sœur aînée qui l'a fabriquée elle-même et qui me l'a offerte cette fois-ci. »
« Ça alors... Je suis vraiment jalouse... Mes frères sont entrés à l'Académie et ils sont tellement pris par l'entraînement qu'ils ne font même pas attention à moi... »
Leila examina ma bague sous tous les angles, puis serra bientôt le poing, comme si elle avait pris une décision.
« Je vais devenir plus forte que mes frères, c'est sûr. »
Les affaires de famille des autres ne me regardent pas, mais quand même, des frères qui se désintéressent de leur unique petite sœur, c'est un peu fort.
« Bon, alors mets-toi devant ce miroir. De façon à voir tout ton corps. »
« Comme ça ? »
« Bien. Comme ça. Maintenant, au lieu de fermer les yeux pour imaginer, regarde ton corps dans le miroir tout en faisant naître des images dans ta tête. Ce sera sans doute beaucoup plus facile. »
L'imagination, c'est difficile.
Encore plus quand il s'agit de son propre corps.
Mais avec un miroir, c'est bien plus facile.
On imagine en voyant directement son corps de ses propres yeux.
Pour la petite histoire, moi, je n'avais pas de miroir, alors chaque fois qu'il pleuvait, je courais vite jusqu'aux flaques pour m'entraîner.
« D'accord. Je vais essayer. »
Peut-être sentant d'instinct que ce serait bien plus facile, Leila se mit à se fixer dans le miroir avec une détermination brûlante.
Combien de temps passa ainsi ?
« Oh. »
Je laissai échapper une exclamation très discrète en voyant le miroitement qui montait de tout le corps de Leila.
C'était un flux de mana visible seulement pour quelqu'un doté d'une excellente affinité au mana comme moi, ou pour Leila elle-même.
Autrement dit, Leila était en train de libérer du mana par tout son corps.
Elle aussi a du talent.
Pas autant que moi, cela dit.
« Hmpf. »
Leila forçait vraiment de toutes ses forces.
Son visage était devenu écarlate, le bout de ses doigts avait blanchi et ses yeux grands ouverts tremblaient.
Puis, au moment où elle se rendit enfin compte qu'elle libérait du mana...
« Fiou ! »
Elle expira bruyamment et s'effondra lourdement.
Elle respirait comme quelqu'un d'épuisé au point de presque s'évanouir.
Mais son expression rayonnait d'une joie immense.
« Ça a marché, ça a marché. Ça a marché ! C'est bien ça, hein ? »
« Oui. Ça a marché. »
Comme elle pratiquait déjà la respiration d'absorption du mana, ça semblait avoir marché aussi vite.
Mais ce n'était qu'un début.
« Ce n'est que le début, cela dit. »
« C-Ce n'est que le début ? »
Leila avait répété la question, hébétée.
« Oui. Ce n'est que le début. Maintenant que tu as la sensation de la libération, il faut garder cette sensation telle quelle et concentrer cette libération en un seul point. »
« On, on ne peut pas se reposer un peu d'abord ? »
« Tu n'as pas entendu ce que je viens de dire ? Il faut continuer avec cette sensation telle quelle. »
Leila se releva, au bord des larmes.
Elle semblait prendre l'air le plus pitoyable possible, mais pas question.
« Hngh... »
Leila finit par réussir à se relever et se planta de nouveau devant le miroir.
Je souris, satisfait, et hochai la tête.
Puis j'ignorai délibérément le regard que je sentais derrière moi.
Combien de temps Père comptait-il espionner en cachette ?
Aurait-il appris l'art de la discrétion auprès de Mère ?
***
« Oho. »
Le comte Sogress observait les deux petits et riait, comme s'il trouvait la scène amusante.
Sa discrétion était parfaite. Il était caché dans les herbes hautes.
Il semblait avoir bien fait d'observer l'art de la discrétion que sa femme Lily déployait souvent pour lui taper dans le dos.
'Notre fils enseigne déjà tout aux autres. Il a bien grandi.'
C'est alors que le comte Sogress affichait une mine satisfaite.
« Qu'est-ce que tu fais là ? »
« Oh, mon Dieu ! Ah, non. Votre Grâce. »
« Qu'est-ce que tu fabriques, caché dans les herbes hautes ? Il y a un couple d'amoureux nocturnes par ici, ou quoi ? »
« Comment m'avez-vous repéré ? »
Voir sa discrétion, qu'il croyait parfaite, découverte aussitôt sembla choquer profondément le comte Sogress.
« Enfin, on voit tout. Comment une discrétion aussi bâclée peut-elle s'appeler discrétion ? Tss tss. Ta femme est une assassin de légende, mais le mari n'a rien appris à la regarder faire. »
« ... »
« Mais qu'est-ce que tu fais ? Si le maître du château se fait surprendre caché dans les herbes à épier les gens comme ça, on va te maudire. »
« J'ai suivi mon fils. »
« Hein ? Toi aussi ? Moi, j'ai suivi notre fille jusqu'ici. »
Voilà donc deux nobles gagas de leurs enfants.
« Laisse-moi voir aussi. »
Le duc Termion glissa la tête dans les herbes hautes du jardin et sourit largement, comme s'il s'y attendait.
« On dirait que ton fils lui a tapé dans l'œil. »
« Vous trouvez ? »
« Bien sûr. Il est rare que Leila ouvre son cœur comme ça. »
« Il s'est passé quelque chose ? Elle semblait être une enfant joyeuse. »
« Joyeuse en apparence. C'est la fille du duc, après tout. Mais au fond, elle n'est pas comme une enfant. Leila s'est éloignée de ses frères quand ils sont partis pour l'Académie. »
« Je vois... »
« Sa mère aussi est malade, elle ne peut plus passer autant de temps avec elle qu'avant, alors la petite s'est sentie seule. »
Le duc Termion soupira.
La tête toujours plongée dans les herbes hautes.
« Alors je pensais l'inscrire vite à l'Académie pour qu'elle côtoie des enfants de son âge, mais tu sais bien, toi aussi. Ce ne sont des enfants que de nom : c'est une société noble en miniature. »
« Je le sais bien. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai arrêté en cours de route. »
« Alors je l'ai amenée à ce banquet. En espérant qu'elle y rencontrerait d'autres enfants. Mais... on dirait qu'elle s'est trouvé un bon ami. »
Le duc Termion sourit avec plaisir, comme soulagé.
La tête toujours plongée dans les herbes hautes.
« Hmm, Dane apprend à Leila à contrôler le mana ? Vu le miroir, on dirait bien. »
« Il semblerait. C'est Dane qui a proposé de lui apprendre ? »
« C'est peut-être Leila qui a demandé. Ces derniers temps, elle s'entraîne seule sans rien dire, elle répète qu'il lui faut un Noyau de mana. Elle a dû trouver une percée comme celle-là. »
Le comte Sogress pencha la tête et grimaça.
À force d'avoir la tête plongée dans les herbes, les branches lui égratignaient le visage.
« Aïe. Mais pourquoi ne traitez-vous pas votre fille avec plus d'affection ? »
« ... Tu l'as remarqué ? »
« Vous ne sembliez pas la chérir tant que ça. »
« Je le fais exprès. J'ai traité mes fils comme ça, et ils ont grandi avec du caractère. Encore plus à l'entraînement. »
« Ne soyez pas trop dur. Elle en souffrira plus tard. Pareil pour le Noyau de mana. À quel point fallait-il qu'elle soit désespérée pour le demander à Dane ? »
« ... Ça me rappelle l'époque où tu me faisais la leçon. »
Le duc Termion hocha la tête comme s'il en était touché, puis se rendit compte de son erreur.
Les branches lui avaient égratigné le visage de la même façon.
« Tu comptes envoyer ton fils à la capitale, plus tard ? Si c'est le cas, pourquoi ne pas le loger au château du duc ? »
« Je ferai ce que Dane voudra. Comme pour Arabella et Claire. S'il dit qu'il veut aller à la capitale, je ferai en sorte qu'il y aille. »
« Ce serait bien que tu montes avec lui, toi aussi. »
« Pour aller là-bas croiser le fer avec vous toute la journée ? »
« Ton intuition ne cesse de s'aiguiser. Pff. »
Tout en se chamaillant, les deux hommes ne quittaient pas des yeux la leçon de mana, joueuse et pourtant sérieuse, que se donnaient Dane et Leila, leur fils et leur fille.
Et une femme observait le derrière de ces deux hommes.
'Qu'est-ce qu'ils fabriquent dans le jardin, ces deux-là, sans la moindre honte ?'
C'était Lily Sogress, venue chercher son mari et son fils disparus.
Lily soupira en regardant les deux postérieurs se trémousser pour mieux se cacher, puis prit sa décision.
'Faisons comme si je n'avais rien vu.'
