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Chapitre 7

Chapitre 7 : En quête du remède spirituel (1)

16 octobre 2026 ~12 min · 2 217 mots

« Jeune seigneur, pourquoi teniez-vous donc à venir aux monts Dabie ? »

Les Deux Démons d'Épée Wook étaient des épéistes d'âge mûr, au milieu de la trentaine.

Au début, ils ne voyaient pas en Yong Hwarin le jeune seigneur de leur secte, mais simplement l'héritier du clan. Yong Hwarin ne leur avait jamais donné la moindre raison de lui faire confiance et, comme ils ne se connaissaient pas, une certaine distance subsistait toujours entre eux.

En outre, ils étaient inconsciemment persuadés que le cadet, Yong Kijoong, bien plus doué pour les arts martiaux, était le véritable prétendant au titre de chef de la secte. Pour cette raison, ils avaient du mal à accepter Yong Hwarin comme jeune seigneur.

Le contraste était frappant avec le naturel de Mo Biyoung, qui l'appelait ainsi sans hésiter.

Pourtant, en cinq jours, la passion que Yong Hwarin avait montrée pour les arts martiaux et la vitesse à laquelle il apprenait dépassaient l'entendement : il fallait le voir pour le croire.

Au début, ils l'avaient pris pour un jeune maître ignorant qui n'avait jamais quitté ses appartements. Mais dans les auberges ou les boutiques où ils s'arrêtaient, Yong Hwarin commandait à manger et marchandait avec les commerçants plus habilement qu'un négociant chevronné.

Il y avait même eu cet incident où l'un des Deux Démons d'Épée Wook avait mangé quelque chose de mauvais, s'était retrouvé avec mal au ventre et avait acheté un remède pour trois pièces d'argent.

En voyant le remède, Yong Hwarin s'était lamenté :

« Vous disiez aller chercher un remède contre la diarrhée, alors pourquoi rapportez-vous un produit qui sert à faire saillir les chevaux ? Vous comptez devenir étalons ? »

Puis il était allé lui-même chez l'apothicaire, avait récupéré l'argent et rapporté le bon remède. Quand on lui avait demandé comment, il avait répondu qu'il avait menacé de dénoncer l'apothicaire aux autorités, et que celui-ci lui avait aussitôt rendu l'argent et donné le bon remède.

Même après avoir tout récupéré, Yong Hwarin l'avait tout de même dénoncé, et l'apothicaire avait fini emmené par les sergents.

« On peut tromper les gens de bien des façons, mais les escroquer avec des remèdes, c'est impardonnable. Ce sont toujours les petites gens sans pouvoir qui en pâtissent. Ce genre d'individu mérite d'être puni. »

Même dans des régions inconnues où l'on se faisait facilement arnaquer, Yong Hwarin ne s'était jamais fait avoir une seule fois.

Chaque fois que les Deux Démons d'Épée Wook voulaient acheter des spécialités locales, Yong Hwarin faisait remarquer :

« Bizarre, ce district n'est que plaines. Comment des champignons sarcodons pourraient-ils pousser ici ? C'est une spécialité réputée du district voisin. Ils ne poussent que là où il y a des montagnes et des arbres. Si vous les achetez ici, vous les payez trois fois le prix du district voisin. »

Il savait même quelles auberges de quelles régions étaient réputées pour quels plats. C'était déconcertant : comment quelqu'un qui n'avait jamais quitté le clan pouvait-il en savoir autant ?

« On n'a pas besoin de tout vivre. Certaines choses s'apprennent rien qu'en lisant des livres. »

Yong Hwarin tentait de se justifier avec ce genre d'explications, mais ils n'étaient pas des enfants. Ils ne le croyaient pas tout à fait. Cependant, insister ne changeait jamais sa réponse, alors ils laissaient tomber.

'Les prodiges savent même ce genre de choses ?'

Ils avaient fini par balayer la question ainsi.

Sentant leurs soupçons, Yong Hwarin ne leur dit pas où se trouvait le remède spirituel.

Si quelqu'un qui n'avait jamais quitté le clan affirmait soudain qu'une herbe rare était cachée quelque part dans les monts Dabie, cela éveillerait forcément les soupçons.

Jusqu'ici, ils ne l'avaient pas questionné faute de preuve dans un sens ou dans l'autre, mais s'il parlait du remède spirituel, ils ne laisseraient sûrement pas passer cette bizarrerie.

« J'ai lu un jour un écrit laissé par un herboriste célèbre. Il disait qu'il y avait dans les monts Dabie non seulement un trésor de ginseng centenaire, mais aussi une réserve d'alcool de Hua qu'on ne trouve pas facilement ailleurs dans les Plaines Centrales. Alors, en chemin, je veux aller voir l'endroit moi-même. Si je déterre du ginseng, je compte l'offrir à mes parents. Si je trouve plus d'une racine, je vous en donnerai une chacun. Et si nous trouvons l'alcool, nous le savourerons ensemble. »

Yong Hwarin dit cela pour éveiller l'intérêt des Deux Démons d'Épée Wook, dont il savait, depuis le début du voyage, qu'ils étaient de grands amateurs d'alcool.

Ils aimaient tant boire qu'ils s'étaient même disputés avec Mo Biyoung, qui leur reprochait de mal protéger Yong Hwarin à cause de la boisson.

Aussi, quand il parla d'alcool de Hua, ils ne se demandèrent même pas si c'était vrai. Ils en salivaient déjà.

Mais Mo Biyoung, elle, était différente.

« Jeune seigneur, nous sommes sur le territoire de la Secte Dabie. S'ils apprennent notre présence, ils ne seront pas contents. Ils diront que nous avons empiété sur leurs terres. »

« Hahaha, vous vous inquiétez trop, Maîtresse Mo. Ce n'est pas parce que la Secte Wudang a son siège sur le mont Wudang que la montagne lui appartient. La Secte du Mont Hua a-t-elle jamais revendiqué le mont Hua ? »

« Ce n'est pas la question. C'est que la Secte Dabie et notre Secte du Centre Céleste ne sont pas vraiment en bons termes. Nous ne devrions pas leur donner de prétexte pour nous chercher querelle. »

« Pourquoi supposeraient-ils que nous venons de la Secte du Centre Céleste ? Si nous les croisons, nous dirons simplement que nous venons d'une autre secte. »

Mo Biyoung fronça les sourcils.

« Comment le jeune seigneur de la Secte du Centre Céleste peut-il dire une chose pareille ? »

Elle lui rappelait, à demi-mot, qu'il devait défendre l'honneur de la secte.

« Cet honneur est-il vraiment si important ? Si nous tombions sur un Grand Maître Démoniaque et qu'il me demandait d'où je viens, je répondrais sans hésiter que je suis du Culte Démoniaque, si cela me sauvait la vie. Pourquoi ne mentirais-je pas pour survivre ? »

À ces mots, les Deux Démons d'Épée Wook baissèrent la tête en gloussant.

Ils avaient pris Yong Hwarin pour un rat de bibliothèque fragile, et voilà qu'il gravissait les monts Dabie en quête d'aventure, audacieux et libre de tout orgueil mesquin.

Au départ, les Deux Démons d'Épée Wook n'étaient pas ravis d'escorter Yong Hwarin jusqu'au Clan Jaegal.

Ils s'attendaient à un lettré qui citerait Confucius et Mencius à longueur de journée.

Mais Yong Hwarin ne ressemblait en rien à ce qu'ils avaient imaginé.

Tantôt il était tel un vagabond insouciant, tantôt un noble raffiné, et parfois même un marchand aguerri.

Et surtout, chose des plus impressionnantes, Yong Hwarin s'y connaissait en alcool.

Personne ne savait où il avait appris à boire, mais dès qu'une auberge proposait un plat ou un alcool réputé, il fallait s'y arrêter.

Au début, c'étaient eux qui le guidaient. Ensuite, c'est Yong Hwarin qui avait pris la tête.

Ils s'étonnaient de découvrir qu'il en savait plus qu'eux. Chaque fois qu'ils s'en étonnaient, il répondait simplement qu'il l'avait lu dans des livres ou entendu dire, et ils n'avaient d'autre choix que de le croire.

« Maîtresse Mo, il paraît que c'est la première fois que le jeune seigneur quitte le clan. C'est bien naturel qu'il trouve le monde fascinant. Comme nous ne sommes pas pressés, nous devrions le laisser faire comme il l'entend. »

« Hmph, vous voulez juste boire cet alcool de Hua, vous deux. Au clan, on ne vous appelait pas les Deux Démons d'Épée Wook, mais les Deux Démons de la Bouteille Wook. Je vois que c'était vrai. »

Mo Biyoung n'aimait pas leur penchant pour l'alcool et les réprimanda.

La remarque aurait pu être vexante, mais les Deux Démons d'Épée Wook se contentèrent d'en rire.

« Hahaha, nous ne pensions pas que Maîtresse Mo connaissait jusqu'à notre véritable surnom ! »

Eux qui s'étaient à peine adressé la parole auparavant étaient maintenant assez proches pour plaisanter ensemble.

« Nous allons juste jeter un œil et repartir. Inutile de vous inquiéter. En plus, c'est à l'opposé du territoire de la Secte Dabie, nous ne les croiserons pas. Et avec vous trois à mes côtés, qu'y a-t-il à craindre ? »

Sur ces mots, Yong Hwarin entreprit de gravir les monts Dabie.

Mo Biyoung le suivit en silence, ne sachant comment interpréter les changements qu'elle observait chez lui depuis qu'ils avaient quitté la secte.

Il avait tout d'un enfant auparavant, et voilà que, soudain, il se comportait en adulte. Chaque jour, on aurait dit une autre personne.

« Suivez la volonté de Hwarin autant que possible. »

Se souvenant de la demande du chef de la secte, elle marcha en silence derrière lui.

***

Dans sa vie précédente, lorsqu'il se trouvait dans le Monde Supérieur, Yong Hwarin avait un jour obtenu du Lait de Pierre de l'Esprit de la Cloche.

Il arrivait que des herboristes qui s'enfonçaient loin dans les montagnes à la recherche de ginseng tombent sur un remède spirituel.

La plupart du temps, ils en ignoraient la valeur et le vendaient aux médecins du coin, qui le cédaient à leur tour à des marchands.

Les médecins évitaient de donner directement ce genre de choses aux artistes martiaux : ils savaient qu'on pouvait les tuer pour ça. Ils les passaient donc à des marchands, qui les offraient ensuite en présent aux familles martiales avec lesquelles ils étaient liés.

C'était ainsi que les choses se passaient d'ordinaire.

Voilà pourquoi les grands clans martiaux et les Neuf Grandes Sectes possédaient tant de remèdes rares : la plupart leur avaient été offerts de cette façon.

La Secte du Centre Céleste était une secte de rang moyen parmi la dizaine de clans martiaux disséminés dans le Henan.

Le temple Shaolin, considéré comme l'axe central du monde martial, dominait les clans martiaux du Henan. Presque tous les remèdes spirituels découverts dans le Henan finissaient à Shaolin.

C'est ainsi qu'étaient fabriquées les Grandes Pilules de Restauration de Shaolin.

Pour cette raison, la Secte du Centre Céleste n'avait jamais reçu de remède spirituel capable d'augmenter la cultivation de plus de dix ans.

Tous les remèdes que Yong Hwarin avait pris avaient été achetés à prix d'argent, et même ainsi, ils étaient tous de qualité médiocre.

En réalité, le meilleur qu'il ait jamais pris soutenait à peine la comparaison avec les fortifiants ordinaires des sectes de bas rang.

Mais le Lait de Pierre de l'Esprit de la Cloche était d'un tout autre niveau. Si l'on parvenait à en raffiner entièrement l'énergie, il était censé conférer l'équivalent d'une demi-génération de cultivation.

Tout artiste martial rêvait d'en obtenir au moins une fois.

Le Lait de Pierre de l'Esprit de la Cloche se formait dans les lieux riches en essence de la terre, où le yin et le yang étaient en parfait équilibre : après des siècles d'eau qui s'accumulait puis s'évaporait encore et encore, il se condensait en ce liquide précieux.

Dans sa vie précédente, Yong Hwarin avait regretté de l'avoir obtenu trop tard.

À ce moment-là, son clan avait déjà été anéanti, et il était trop vieux pour s'entraîner correctement aux arts martiaux. Son corps n'avait plus la souplesse nécessaire.

Il l'avait donc vendu avec profit.

Mais il n'avait aucune intention de recommencer dans cette vie.

Il avait vécu trop faiblement dans sa vie précédente. Dans celle-ci, il ne voulait pas répéter cette erreur.

Il se rappela le récit de l'herboriste sur l'endroit où il avait trouvé le Lait de Pierre : près d'un étang, à mi-hauteur des monts Dabie, là où une haute falaise, à droite de l'étang, restait ensoleillée jusqu'au crépuscule.

Au pied de cette falaise se dressait un pin ancien, vieux de plusieurs siècles, et sous ses racines s'ouvrait un trou. En suivant ce tunnel, l'herboriste avait trouvé le Lait de Pierre de l'Esprit de la Cloche.

Trouver l'endroit ne fut pas difficile.

Il n'y avait qu'un seul étang dans les monts Dabie, et le sentier y menait tout droit.

Cela correspondait à ce que l'herboriste avait décrit dans sa vie précédente.

« Ah, je me suis trompé. »

Yong Hwarin murmura ces mots, dépité, en voyant le pin ancien.

Il n'y avait aucun trou près de ses racines, ni aucune trace d'effondrement.

'L'herboriste disait être descendu de près de dix zhang...'

Creuser à la main sur dix zhang, soit une trentaine de mètres, était impossible.

'Dans dix ans, une catastrophe naturelle aura sans doute fait s'effondrer le sol sous ce pin et révélé la caverne. D'ici là, je ne peux rien y faire.'

Yong Hwarin était venu plein d'espoir, et l'échec de sa quête du remède spirituel le déçut amèrement.

Mo Biyoung et les Deux Démons d'Épée Wook secouèrent la tête à ce spectacle.

Il y a un monde entre les livres et la réalité, et Yong Hwarin avait tout l'air d'un jeune homme naïf, déçu d'avoir trop cru ce qu'il avait lu.

'J'ai été trop naïf.'

C'était un décalage né de l'oubli de l'écart de temps entre sa vie passée et sa vie présente. Acceptant que ce remède ne lui était pas destiné pour l'instant, Yong Hwarin fit demi-tour et redescendit des monts Dabie.

Puis il retourna à l'auberge du village récupérer son cheval.

Fin du chapitre 7
Fiche de l'œuvre

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