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Chapitre 7

Chapitre 7

8 octobre 2026 ~7 min · 1 317 mots

Les paupières d'Elian frémirent légèrement lorsqu'il se rappela le nom de cette espèce de bête démoniaque.

L'Oie à Rayures Pourpres était un oiseau démoniaque de premier rang et, tout comme les Poissons Spirituels Azur, une espèce extrêmement rare et de nature paisible.

Docile et piètre combattante, elle était une proie facile pour les autres bêtes démoniaques, si bien qu'on la tenait pour une espèce rare dans le monde de la cultivation.

C'était une surprise d'en croiser une ici aujourd'hui.

À la réflexion, pourtant, cela se tenait. L'île de Linghu possédait une veine spirituelle, et la famille Chen avait exterminé toutes les bêtes démoniaques agressives du lac. Le milieu était idéal pour que ces oiseaux démoniaques aquatiques prospèrent, et il n'y avait rien d'étonnant qu'une Oie à Rayures Pourpres soit venue s'y installer.

« Je te tiens enfin », murmura Elian en réprimant son envie d'attaquer, guettant le moment parfait.

L'Oie à Rayures Pourpres ressemblait à un canard sauvage jamais apprivoisé : craintive, toujours sur le qui-vive, elle s'enfuyait au moindre bruit.

Elle n'était certes que de premier rang, grade moyen, mais c'était une bête volante. Si Elian ne l'abattait pas du premier coup, il risquait de laisser filer toute chance de la tuer.

L'oie qu'il avait sous les yeux se montrait d'une prudence extrême : elle tourna longtemps autour des poissons du lac, en catimini.

Le roi des poissons la remarqua et chargea avec agressivité. L'oie l'avait prévu : elle s'éloigna aussitôt à la nage, entraînant le roi des poissons de plus en plus loin du banc.

Alors que les jeunes poissons restaient à la traîne, l'oie déploya soudain les ailes et fondit sur l'un des retardataires.

« C'est maintenant. »

À l'instant où l'oiseau démoniaque plongeait dans l'eau, Elian jaillit de sa cachette, l'Épée Feuille-Verte à la main, et trancha l'air.

L'Oie à Rayures Pourpres réagit vite : elle déploya un bouclier spirituel protecteur, puis battit des ailes pour s'enfuir. Mais comment aurait-elle pu distancer une épée volante ?

Elian maniait l'Épée Feuille-Verte avec précision, la dirigeant comme le prolongement de son bras dans un rayon de trente zhang. L'épée se changea en traînée de lumière verte, perça le bouclier spirituel dans un tintement métallique et cloua l'oie en plein vol.

« Parfait », dit Elian, le visage illuminé par la joie d'un coup aussi net.

La chair de l'Oie à Rayures Pourpres n'était pas seulement délicieuse : en manger favorisait aussi la cultivation. Cette seule oie valait au moins trente pierres spirituelles, autant que six Poissons Spirituels Azur adultes.

Rien d'étonnant à cela : un Poisson Spirituel Azur ordinaire n'était qu'une créature de premier rang, grade inférieur, alors que cette Oie à Rayures Pourpres était de premier rang, grade moyen.

Abattre l'oie compensait la perte des quatre jeunes poissons spirituels et lui laissait même un petit bénéfice, ce qui remonta considérablement le moral d'Elian.

Son seul regret était de n'avoir appris aucun sort de capture et de ne posséder aucun artefact de capture. Sans quoi, il aurait envisagé de prendre l'oie vivante.

Les bêtes démoniaques paisibles comme l'Oie à Rayures Pourpres et le Poisson Spirituel Azur pouvaient, en principe, être apprivoisées et devenir des bêtes spirituelles. Une fois domestiquées, les œufs qu'elles pondaient pouvaient constituer une ressource lucrative.

« J'aurais dû acheter un artefact de capture », se lamenta-t-il. Apprendre des sorts de capture aurait ralenti les progrès de sa cultivation, mais un artefact de capture de premier rang, grade inférieur, ne coûtait que quelques dizaines de pierres spirituelles. Capturer l'oie et récolter ses œufs spirituels aurait été extrêmement rentable.

« C'est vrai, les œufs ! »

Ses yeux s'illuminèrent. Il rangea le corps de l'oie et se dirigea vers les roseaux d'où elle était sortie.

Après une demi-heure de recherches, il découvrit une autre Oie à Rayures Pourpres au plus profond des roseaux.

Contre toute attente, celle-ci ne s'enfuit pas : elle attaqua Elian à coups de sorts. Mais elle n'était pas de taille, et il l'abattit en quelques passes.

Une fois la seconde oie tuée, Elian fouilla les environs et trouva un nid rempli d'œufs.

« Le gros lot », murmura-t-il, contenant à peine son excitation.

Les œufs spirituels regorgeaient d'énergie spirituelle et ne contenaient aucune impureté, ce qui les rendait plus précieux encore que le riz spirituel. Chaque œuf pouvait se vendre une pierre spirituelle.

Ce nid en comptait douze et, surtout, tous les douze étaient vivants : les oisons à l'intérieur étaient déjà en partie formés.

« L'incubation est déjà à moitié faite. »

« On dirait que ce couple d'Oies à Rayures Pourpres est sur l'île de Linghu depuis un bon moment. »

Elian sourit en examinant les œufs.

Sa supposition n'était pas loin de la vérité. Le couple d'oies était arrivé sur l'île de Linghu environ un an plus tôt, à peu près au moment où l'ancien du neuvième niveau du Raffinement du Qi avait été envoyé garder la Pilule d'Établissement des Fondations. Chen Nianqian et Chen Nianyuan, trop faibles, quittaient rarement l'île centrale : les oies étaient passées inaperçues.

Trouvant le lac sûr, elles s'y étaient installées, avaient bâti un nid et commencé à élever leur couvée.

De nature prudente, l'Oie à Rayures Pourpres était restée sur ses gardes une année entière. Mais elle avait fini par trop s'habituer à son confort, baissant sa garde au point d'oser s'en prendre aux poissons spirituels.

Les oies ne se doutaient pas qu'après deux jours de chasse seulement, elles tomberaient sur Elian. Le mâle avait été tué, et la femelle, refusant de fuir et d'abandonner ses petits, avait connu le même sort : un couple tragique jusqu'au bout.

La couvée restante, à mi-incubation, éclorait dans un mois environ.

Elian rapporta le nid sur l'île centrale et entreprit d'aménager un coin d'incubation pour les œufs.

Ayant grandi à l'époque moderne, Elian n'était pas totalement ignorant en matière d'incubation, malgré une vie antérieure sans éclat.

Bien que l'Oie à Rayures Pourpres fût techniquement une oie, on pouvait aussi la considérer comme une sorte de canard sauvage : une variante spirituelle, plus robuste et plus résistante.

Fort des connaissances de sa vie antérieure, Elian se servit de son énergie magique pour créer un environnement d'incubation adapté et veilla sur les œufs chaque jour avec soin, endossant le rôle de mère oie.

Un mois passa, et les œufs furent enfin prêts à éclore.

Le jour de l'éclosion, Elian s'assit près du nid et observa les œufs, à la fois excité et nerveux.

Crac, crac...

Après une demi-journée d'attente, il entendit enfin les coquilles se fendre. Un petit oison gris et duveteux sortit de son œuf et vint vers lui en se dandinant.

Elian resta interdit un instant avant de comprendre ce qui se passait. Les oies s'attachent à la première créature qu'elles voient en sortant de l'œuf.

« Alors maintenant, c'est moi leur mère ? » dit-il, mi-amusé, mi-dépité, mais aussi soulagé.

Entre une bête démoniaque et une bête spirituelle, il n'y avait qu'un mot de différence. Les bêtes spirituelles avaient été apprivoisées par des cultivateurs et avaient perdu leur nature sauvage et agressive.

Sans techniques spécialisées de dressage des bêtes, il était presque impossible de domestiquer des bêtes spirituelles. La famille Chen ne possédait pas de telles méthodes. Ce qu'elle appelait le « dressage » des Poissons Spirituels Azur n'était guère qu'un élevage en semi-liberté, les poissons ne pouvant pas quitter l'île de Linghu.

Les bêtes volantes comme l'Oie à Rayures Pourpres étaient encore plus difficiles à apprivoiser. Les adultes avaient beau être naturellement dociles et peu agressifs, sans méthode de dressage adaptée, ils pouvaient facilement s'envoler et ne jamais revenir.

Par chance, ces oisons venaient d'éclore et s'étaient attachés à Elian comme à leur parent, ce qui dispensait de tout dressage. Bien soignés, ils deviendraient des oiseaux spirituels loyaux.

Comprenant cela, Elian s'enthousiasma. Il décida de rester près du coin d'incubation et attendit avec impatience que les autres oisons éclosent, un par un.

Fin du chapitre 7
Fiche de l'œuvre

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