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Chapitre 7

Chapitre 7

17 octobre 2026 ~12 min · 2 336 mots

Le silence tomba sur la salle, comme si le monde avait cessé de respirer.

'... Il vient d'appeler mon nom ?'

Simon sentit le sang quitter son visage.

« Simon Polentia ? Il est là ? »

Simon déglutit avec peine et se leva. Mille paires d'yeux, celles de tous ses camarades, se braquèrent sur lui d'un coup.

« C'est qui, lui ? »

« Aucune idée. »

« C'est lui, le numéro un ? »

C'était la première fois qu'il se trouvait au milieu d'une telle foule, et la première fois qu'il attirait une attention aussi écrasante.

Simon ne cessa de déglutir en montant sur l'estrade, puis prit place à côté de Serne.

« Respire... »

Tandis que Simon expirait lentement, le maître de cérémonie s'approcha et lui tapota l'épaule.

« Il n'y a pas de quoi être nerveux. Tu n'as qu'à lire ce qui est écrit ici. »

« Oui, compris. »

Serne le regardait. Elle hocha la tête, et Simon lui répondit d'un hochement de tête.

Tous deux levèrent la main droite en même temps.

« Serment. »

« Serment. »

Puis, derrière eux, neuf cent quatre-vingt-dix-huit autres élèves répétèrent « Serment » d'une seule voix.

« Nous, nouveaux élèves... »

« Nous, nouveaux élèves... »

La bouche de Simon bougeait, mais sa tête tournait.

Il ne savait pas s'il prononçait correctement, ni même ce que signifiaient les mots. Il se contentait de caler sa voix sur celle de Serne, en articulant chaque syllabe avec soin pour ne pas trébucher.

C'est ainsi que, dès son tout premier jour à l'école,

Simon avait attiré l'attention de tous.

***

« Pas possible ! Sérieux ?! C'était toi, l'Exception spéciale numéro un ? »

À l'instant où Simon regagna sa place, Rowen s'écria, surexcité.

Simon voulut tout lui expliquer depuis le début, mais l'emploi du temps chargé l'obligea à rejoindre aussitôt la salle de cours.

Cérémonie d'entrée ou non, premier jour ou non, on n'avait pas le temps de faire la fête. Le premier cours commençait sur-le-champ.

Simon avait été affecté à la classe A. Au premier semestre de première année, le programme ne comportait aucune spécialisation ; quatorze classes fonctionnaient en tout.

Au départ, plus de soixante élèves suivaient les cours ensemble, mais ce nombre tombait souvent de moitié au fil du semestre, et les fusions de classes n'avaient rien d'exceptionnel.

Quand Simon entra dans la classe A, il ne connaissait personne. Loraine n'y était pas, Rowen non plus. Seule Cindy Vivace, qu'il avait croisée à la librairie, le salua d'un « Hé ! Exception spéciale numéro un ! », et ce fut tout.

Malgré tout, comme c'était une classe toute neuve où chacun se sentait mal à l'aise avec les autres, Simon parvint à s'y fondre à peu près.

'Premier cours : Étude des malédictions.'

Lorsque Simon s'installa au fond, sortit son manuel et leva les yeux, les élèves qui l'observaient par-derrière se retournèrent précipitamment, gênés.

Simon eut un sourire amer et fit semblant de ne rien remarquer.

Clic !

La porte de la classe s'ouvrit enfin et le professeur entra. Une clameur assourdissante éclata parmi les élèves qui le reconnurent.

« Vahil Amagarr ! »

« Pour de vrai ? »

Au mot « Nécromancien », certains imaginent encore des silhouettes ténébreuses tapies dans l'ombre, manipulant des cadavres dans un décor lugubre et sinistre.

Mais cette époque appartenait désormais au passé.

Les Nécromanciens modernes qui avaient pris le devant de la scène étaient intelligents, pragmatiques, raffinés et à la mode. Si quelqu'un traînait une image rigide et conservatrice, c'étaient plutôt les Prêtres.

Et Vahil était l'un des plus grands représentants de cette nouvelle génération de Nécromanciens.

Vêtu de la tête aux pieds d'un costume blanc immaculé, Vahil avait les proportions d'un mannequin.

Jeune Nécromancien d'une beauté saisissante, à la fin de la vingtaine, il était un membre central du Corbeau, la force d'élite de Kiezen : une star au magnétisme indéniable.

Il était l'idole absolue des élèves de Kiezen.

Vahil sourit largement aux acclamations et agita la main. Quelques élèves filles poussèrent des cris perçants.

« Bienvenue, nouveaux élèves. Je suis Vahil Amagarr, et j'enseignerai cette année l'Étude des malédictions aux premières années. »

Une nouvelle vague d'acclamations s'éleva. Vahil leva les deux mains, calma habilement les élèves, puis ôta le fedora de feutre qu'il portait et le posa sur le pupitre.

« Bien, si nous faisions l'appel ? Comme c'est la première fois que vous vous rencontrez, quand j'appellerai votre nom, présentez-vous brièvement. »

Vahil ouvrit le registre d'appel.

« Jamie Victoria. »

« Oui ! Professeur, c'est vraiment un honneur ! Moi aussi, je veux suivre vos traces... ! »

Vahil tendit la main pour couper Jamie, puis lui adressa un clin d'œil espiègle.

« Ce n'est pas à moi que tu te présentes, c'est à tes camarades ici présents. On recommence. »

Quelques rires éparpillés parcoururent la salle. Le visage de Jamie Victoria rougit, et elle se contenta de quelques mots sur sa hâte de commencer le semestre.

Jamie fit une présentation toute simple, et le reste de la classe suivit avec des politesses sans relief.

Simon ne voyait aucun intérêt à se faire remarquer davantage pour l'instant ; il garda donc sa présentation brève et neutre.

Quelques élèves profitèrent de l'occasion pour se mettre en valeur en vue des travaux de groupe, tandis que d'autres affichaient un air de supériorité désinvolte, l'air de dire : « J'ai du talent, vous devriez déjà le savoir. »

« Que de fortes personnalités par ici. Excellent. »

Vahil reposa le registre, retroussa ses manches et s'approcha du tableau noir.

« Alors, commençons le cours. »

Tac. Tac-tac.

Il saisit la craie et traça en grosses lettres sur le tableau : Étude des malédictions. Il avait appuyé si fort sur la dernière lettre que la craie se brisa et vola à travers la salle.

Vahil prit un nouveau bâton de craie sans perdre le rythme.

« Commençons par une question fondamentale. Pourquoi devrions-nous étudier les malédictions ? »

Dès ses premiers mots, Vahil dégageait un magnétisme qui captivait tout le monde. Chaque élève se penchait en avant, le cou tendu, bien décidé à ne pas perdre une seule syllabe.

« Quelqu'un ici peut-il me donner une définition de la malédiction ? »

La fille à lunettes assise juste devant Simon leva aussitôt la main.

« Je suis Claudia Mengis ! Une malédiction est une forme de Magie noire qui affaiblit l'adversaire tout en préservant ma propre force ! »

« Excellent, Claudia. »

Le compliment de Vahil fit rougir la jeune fille.

« Cependant, la seule formule "affaiblir l'adversaire" ne parle peut-être pas clairement à tout le monde. Très bien. Imaginez deux chevaliers de force égale. »

Vahil tint la craie à la verticale, imitant la garde d'une épée.

« Ces deux chevaliers croisent le fer et engagent un duel acharné. Ils échangent coup sur coup, s'épuisent l'un l'autre, attendant que l'adversaire commette une erreur ou laisse une ouverture. »

Vahil écrivit « Épuisement » au tableau.

« Après une vingtaine d'échanges, l'adversaire refuse toujours de tomber. Alors l'un des chevaliers pousse un cri de guerre, un hurlement primitif, et le fixe d'un regard meurtrier. Le chevalier d'en face tressaille malgré lui, et son visage se trouble visiblement. »

Vahil écrivit « Pression » au tableau.

« Enfin, la lame trouve sa cible et entaille l'épaule de l'adversaire. Le sang gicle. Ses mouvements deviennent instables, hésitants. L'élan bascule. La victoire est proche ! »

Vahil écrivit « Saignement » au tableau.

À chaque instant du duel, la liste de termes au tableau s'allongeait.

Chacun d'eux était un type de sort de malédiction manié par les Nécromanciens.

Les paumes des élèves se couvraient de sueur, et la voix de Vahil montait vers son paroxysme.

« Et pour finir ! Le chevalier tranche la tête de son adversaire ! »

Le bras de Vahil retomba, la craie s'immobilisa, et un silence de tombe s'abattit sur l'amphithéâtre.

Après avoir balayé chaque élève du regard, Vahil eut un léger sourire et inscrivit un dernier sort au tableau : « Trépas ».

Des exclamations d'admiration fusèrent dans toute la salle.

« Vous voyez, maintenant ? Même la forme de combat la plus primitive, la plus sauvage de l'humanité, le simple choc des armes, n'est rien d'autre qu'une suite d'étapes pour affaiblir l'adversaire et arracher la victoire. »

Vahil prit un nouveau bâton de craie.

« Observons maintenant un Nécromancien moderne au combat. »

Il dessina au tableau un bonhomme grossier.

« Comment un Nécromancien vient-il à bout de cet adversaire ? »

Vahil entoura tous les sorts de malédiction qu'il avait écrits, puis traça une grande ligne reliant le cercle au bonhomme.

« Victoire. »

« Ah... ! »

« Les malédictions comptent parmi les formes les plus légères de Magie noire : leur structure est la plus simple et leur application la plus rapide. Avec un effort minime, elles peuvent complètement déstabiliser un adversaire. Remarquablement efficace, vous ne trouvez pas ? »

Vahil fit un clin d'œil à un garçon du premier rang, puis balaya l'air de son bras et lui lança à bout portant une malédiction d'Épuisement.

« Ugh ! »

Le garçon s'effondra sur sa chaise, paralysé, les yeux roulant en tous sens, impuissant.

Vahil s'avança vers lui d'un pas tranquille.

« Voilà précisément... »

Il tira l'épée de mana du sac de l'élève et mima un coup descendant en travers de la gorge du garçon.

« ... à quoi ressemble le duel d'un Nécromancien moderne. »

Une ovation retentit !

Les élèves, exaltés, bondirent sur leurs pieds dans un tonnerre d'applaudissements.

Vahil sourit de toutes ses dents, s'inclina pour remercier, puis leva la malédiction qui paralysait l'élève.

« J'ignore quelles spécialisations vous choisirez, mais je suis certain que plus de quatre-vingts pour cent de cette promotion reprendront mon cours au semestre prochain. Les malédictions sont tout simplement aussi polyvalentes que ça. Quel que soit votre don particulier, retenez ceci : glissez des malédictions à votre adversaire dès que l'occasion se présente, petit à petit, et vous tiendrez le chemin le plus efficace vers la victoire. »

Il regagna l'estrade d'un pas vif.

« À présent, laissez-moi vous parler de quelque chose qui devrait piquer votre curiosité. »

Il écrivit de nouveaux mots au tableau, juste sous « Étude des malédictions ».

« Je considère personnellement que l'Étude des malédictions est le cœur de la Nécromancie moderne. La raison est simple. »

Il écrivit « Prêtre » au tableau.

« C'est l'arme la plus efficace dont nous disposons contre notre principal adversaire. »

Il avait abordé un sujet sensible dès le cours d'ouverture. Aussitôt, une ardeur compétitive farouche s'alluma dans les yeux de chaque élève.

« Je vous pose donc la question : là où nous, Nécromanciens, maîtrisons les Malédictions, les Prêtres maîtrisent les Bénédictions. Magie de renforcement contre magie d'affaiblissement. Et justement... »

Vahil eut un large sourire.

« Quelqu'un peut-il m'expliquer quel avantage les malédictions ont sur les bénédictions ? »

La salle se tut.

Tandis que les élèves échangeaient des regards nerveux, une main se leva brusquement. C'était Jamie Victoria, le premier nom appelé à l'appel.

Vahil hocha la tête avec un sourire.

« Jamie Victoria. Les malédictions ont l'avantage sur les bénédictions en vitesse d'incantation ! On peut cumuler les effets d'affaiblissement sur un même adversaire bien plus vite ! »

« Point de vue intéressant. »

Vahil croisa les bras.

« Mais tu te trompes. S'il ne s'agit que de vitesse d'incantation, les spécialistes s'accordent à dire que la bénédiction d'un Prêtre est légèrement plus rapide qu'une malédiction, qui doit percer la "résistance" de l'adversaire pour faire effet. »

Jamie se mordit la lèvre, déçue, et se rassit.

« Quelqu'un d'autre a une idée ? »

Une main se leva soudain.

L'élève avait des traits anguleux et des sourcils épais : un grand jeune homme à la carrure solide.

« Hector Moore. »

« Je t'écoute. »

« Presque personne ne s'entraîne en étant affaibli. »

C'était une réponse énigmatique, mais un profond sourire se dessina sur les lèvres de Vahil.

« Toi. Comment t'appelles-tu, déjà ? »

« Hector Moore. »

« Je m'en souviendrai. »

Ooooh...

Des murmures envieux parcoururent l'assistance.

Avec mille nouveaux élèves en compétition, être retenu par un professeur augmentait considérablement les chances de survie. C'était un avantage énorme.

« Hector a raison. La magie d'affaiblissement ne se contre pas par le seul entraînement. »

Vahil promena son regard sur l'ensemble des élèves.

« Tout le monde s'entraîne en partant du principe qu'il est au sommet de sa forme. Le talent se mesure à ce qu'on parvient à accomplir quand toutes les variables restent sous contrôle. »

Les élèves acquiescèrent.

« Les humains sont des créatures bien plus fragiles qu'il n'y paraît. Un grain de poussière suffit à gripper la machine. Je n'ai pas besoin de trancher le bras d'un archer qui bande son arc. Il suffit de lui brouiller la vue avec une conjonctivite, de lui donner la nausée, de fausser son sens des distances ou de détourner son attention, et la flèche qui aurait dû faire mouche peut manquer complètement sa cible. »

Les lèvres de Vahil s'étirèrent.

« Les Nécromanciens disposent d'une multitude d'outils pour dégrader l'état d'un adversaire. Mais réfléchissez : quand vous êtes épuisés, ou quand vous avez si mal au ventre que vos intestins semblent se déchirer, passez-vous vraiment la journée à vous entraîner à résister aux malédictions ? Non, vous vous reposez, tout simplement. »

Des rires discrets parcoururent les élèves.

« Alors retenez ceci : nous ne devons pas chercher à nous renforcer, mais à trouver les moyens d'affaiblir nos adversaires. »

Les élèves hochèrent la tête et se mirent à faire courir leurs plumes. Tout ce qu'il disait sonnait exactement comme une question d'examen.

« Bien, passons maintenant à l'apprentissage concret des malédictions. »

Simon, qui prenait des notes par réflexe, leva soudain la tête.

'Attends... De la Magie noire dès le tout premier cours ?'

Fin du chapitre 7
Fiche de l'œuvre

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