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Murim LoginChapitre 4 · 4/3

Chapitre 4

Chapitre 4

6 octobre 2026 ~14 min · 2 697 mots

Jang Sam est un bandit.

Un homme du cru qui ne s'était jamais aventuré au-delà des environs du mont Odaesan de toute sa vie, et qui, depuis sa jeunesse, rançonnait les voyageurs imprudents en leur réclamant un droit de passage.

Grâce à son labeur assidu, de jour comme de nuit, le nom de Jang Sam des Bandits de Cheonryeok avait fini par inspirer un respect certain.

Aujourd'hui ne faisait pas exception. Levé avant l'aube avec ses cinq habiles subordonnés, les Cinq Spectres de Couleur, il était parti travailler… mais ses pieds refusaient de s'arrêter.

Jusqu'où avait-il marché au-delà du mont Odaesan, son terrain de chasse habituel ? Quand ses pas cessèrent enfin, une voiture apparut au loin et s'approcha à vive allure.

'Comment je me suis retrouvé aussi loin ?'

Un fantôme l'avait-il possédé ? Jang Sam resta interdit, mais dès qu'il aperçut la luxueuse voiture à quatre chevaux, il sentit son instinct professionnel s'éveiller.

'Celle-là, elle vaut le coup, c'est sûr.'

Quand Jang Sam et les Cinq Spectres de Couleur barrèrent la route, le cocher tira fort sur les rênes.

Quatre magnifiques destriers à la robe lustrée s'ébrouèrent et s'arrêtèrent. Au premier coup d'œil, chaque bête valait largement mille taels.

La fortune souriait aujourd'hui. Jang Sam eut un rictus satisfait et raffermit sa prise sur sa hache. Maintenant, concentrer l'énergie dans le dantian. Une, deux.

« Aboulez le fric ! »

***

Cette voix… c'est un chanteur d'opéra ?

Mais il n'y a pas de quoi ciller. En sept ans de Chasseur, j'ai traversé tous les dangers imaginables, y compris des combats aériens.

… Bon, j'avoue, c'est un peu effrayant.

« Six en tout. Aucun signe d'embuscade. »

Le cocher m'exposa la situation d'une voix aussi posée que celle d'un agent secret.

Cet homme cacherait-il un atout ? Pourquoi a-t-il l'air si imperturbable ?

Je le fixe, et il se gratte la tête.

« Ça arrive de temps en temps. Mais c'est la première fois dans cette région. »

« Pourquoi ça ? »

« Pourquoi ? À moins de faire partie d'un grand repaire de brigands, s'en prendre à une famille d'arts martiaux, c'est du suicide. Un brigandage dans la cour même de la famille Jin de Taewon… Je suis curieux de voir quel genre d'imbéciles téméraires ils sont. »

'Qui d'autre ? Des PNJ de tutoriel.'

Et puis, à la façon dont il parle de la cour de la famille Jin de Taewon, on ne doit plus être très loin de notre destination.

'Je gagne du temps ?'

Mon niveau actuel est de second ordre.

Ce que je ressens depuis la répartition des stats dépasse un Chasseur de rang F, mais je ne suis pas sûr que ça suffise dans le Murim.

Six contre un. Même en comptant le cocher, six contre deux.

'On peut s'en sortir ?'

L'expression « submergé par le nombre » n'existe pas pour rien. Si je me fais submerger, c'est fini.

« Combien de temps encore avant d'arriver ? »

« Nous y sommes presque. Encore une demi-shichen devrait suffire. »

Une demi-shichen… ça fait encore une heure ?

Je m'en doutais, mais le cocher et moi n'avons pas la même notion de « tout près ».

'Presque, mon œil.'

C'est peut-être le décor continental. Les échelles ne sont tout simplement pas les mêmes.

Quoi qu'il en soit, je ne peux plus compter sur des renforts. Seule consolation : je ne suis pas seul.

Le cocher, qui n'avait jamais perdu son calme, dégageait un parfum de maître. Exactement comme maintenant.

« Voulez-vous que je m'en charge ? »

Tout en parlant, il enroula son fouet avec une telle aisance qu'un seul claquement semblait pouvoir détacher la chair de l'os.

'Un vrai maître !'

Bien sûr. J'étais l'héritier d'un clan prestigieux et un client privilégié de la maison Honghwa : jamais Wol-hwa ne m'aurait envoyé un cocher ordinaire.

'Wol-hwa a été prévenante. Elle n'est pas seulement belle, elle a aussi bon cœur.'

Mon angoisse fondit, et un sourire satisfait m'échappa. Alors que le cocher se retournait, prenant ce sourire pour un assentiment, un second rugissement éclata.

« Bande d'idiots ! Vous n'entendez pas ce que disent les Bandits de Cheonryeok ? »

Par la fenêtre de la voiture, j'aperçus un homme trapu et velu, armé d'une énorme hache à double tranchant. Le torse imposant, les membres épais comme des piliers.

Mais le cocher marmonna avec un profond mépris :

« Des morveux qui jouent aux brigands… Quelle audace. »

Ah, quelle prestance. J'en suis tout grisé.

Puis le cocher entama une sévère réprimande.

« Brigands qui sucez le sang du petit peuple, comment osez-vous barrer la route à vos supérieurs ! Je vous livrerai au tribunal du magistrat et la loi du royaume s'occupera de vous ! »

C'était un discours digne du juge Bao en personne, mais le bandit trapu et ses subordonnés ne semblaient pas impressionnés.

« D'accord, on vous barre la route. Et alors ? »

« Pour vos innombrables crimes, je vous arracherai les yeux et je broierai vos membres dans un mortier, puis j'en disperserai la poudre aux quatre coins des Neuf Provinces ! De plus, j'exterminerai votre clan tout entier… »

La sévérité de ces châtiments n'avait rien d'une plaisanterie : c'était quasiment de la haute trahison.

Comme s'il lisait dans mes pensées, le chef des bandits prit la parole.

« Attends, il y a un noble là-dedans ? À t'entendre, j'en ai les jambes qui tremblent. Montrez-nous donc ce visage distingué. »

« Si vous apprenez qui est cette personne, vous regretterez de ne pas avoir battu en retraite ! »

« Oui, oui, j'ai compris. Allez, qu'il sorte. »

« Imbéciles… ! »

Le cocher fit claquer sa langue et se tourna vers moi. Mon cœur s'emballa : allais-je enfin voir un vrai maître du Murim à l'œuvre ?

« Jeune maître. Vous devez descendre. »

« Hein ? »

Moi ? Pourquoi moi ?

« Il faut qu'ils voient votre visage pour fondre en larmes. Oser barrer la route du jeune maître… ils paieront cher de ne pas avoir reconnu le vrai talent. »

Sur ces mots, il ouvrit la portière avec une détermination inébranlable.

« La renommée de l'Épée céleste m'est bien connue. Un génie de l'épée qui a atteint le sommet à un âge si tendre ! Chaque fois que j'entends parler du jeune maître, mon vieux cœur tremble d'admiration. »

… L'Épée céleste ? Un génie de l'épée ?

'Qu'est-ce qu'il raconte ?'

J'avais la tête qui tournait. Qui était l'Épée céleste ? Qui était ce génie de l'épée parvenu au sommet ? Et qu'est-ce que ce cocher était en train de faire ?

Il avait dit qu'il s'en chargeait. Ce n'était pas lui, le maître ?

« Bande d'idiots ! Savez-vous seulement qui est cette personne ! »

Raté. Le cocher fonçait comme un camion fou aux freins lâchés.

Non, arrête. Par pitié, arrête !

Je lui saisis fermement le poignet, et il se tourna vers moi.

Un sourire de parfaite compréhension. Des yeux débordant d'une confiance infinie.

« Attendez, une seconde. En fait, je suis… »

Avant que je puisse finir, un cri retentissant déchira l'air.

« Le deuxième jeune maître de la famille Jin de Taewon, l'expert suprême qui fait trembler la province du Shanxi ! L'Épée céleste, Jin Moo-kyung ! »

« Je suis Jin… Tae-kyung, en fait. »

Un froid glacial tomba à cet instant.

« Pardon ? »

« Je veux dire, je ne suis pas Jin Moo-kyung mais Jin Tae-kyung, et je ne suis pas le deuxième jeune maître mais le troisième… »

« … Le troisième jeune maître ? Vous voulez dire CE troisième jeune maître ? »

C'est ça, abruti.

Les pupilles du cocher tremblèrent. Un séisme de magnitude 8,0.

« Alors… alors où est le jeune maître Jin Moo-kyung ? »

« Comment voulez-vous que je le sache ? »

À cette heure-ci, il doit dormir, non ?

Le cocher me fixa avec la tête d'un homme qui vient de perdre sa patrie, puis s'affaissa comme un ballon dégonflé. Il s'était évanoui.

'Bon sang. Et moi qui le prenais pour un maître.'

Je lâchai le poignet du cocher.

Il était maigre comme un os de poulet. Dès que je l'avais saisi, j'avais senti que quelque chose clochait. Toutes ces fanfaronnades, et ce n'était qu'un homme ordinaire.

« Hahahaha ! »

Les bandits éclatèrent d'un rire incontrôlable. Moi ? Une sueur froide m'avait déjà trempé le dos sans que je m'en rende compte.

'Si j'ai vraiment la poisse à ce point…'

Je ne parvins pas à prononcer le mot « mort » et me contentai de déglutir.

Je balayai les bandits d'un regard anxieux.

Bon sang. Je préférerais affronter six gobelins plutôt que ces brutes. Comment je suis censé les battre… attends ?

« Hein ? »

Qu'est-ce que c'est ? J'imagine des choses ? Mais j'ai beau regarder, non.

Un torse musclé, des membres épais. Et… petit.

Les cinq autres ne valent guère mieux. Le chef des Bandits de Cheonryeok a encore une carrure correcte, mais ces créatures-là sont à cinq cents bonnes années-lumière de ce qu'on appellerait « bien bâti ».

Autrement dit, les bandits avaient exactement la carrure de…

« Gobelins ? »

Des gobelins, sérieusement ?

Je restai un instant hébété devant cette situation inattendue, mais je me ressaisis quand une hache fila soudain vers moi. Ces salauds avaient le nombre ET l'audace de frapper les premiers.

« Hé, hé ! Attendez une seconde ! »

À cet instant, la hache se planta dans le sol dix mètres devant moi. Non, elle dégringola. Le bandit qui l'avait lancée se gratta l'arrière du crâne, penaud.

« J'aurais dû la lancer plus haut ? »

… Ça pourrait bien marcher, en fait.

'Je pourrais bien m'en sortir vivant.'

S'il fallait citer le monstre que j'avais le plus affronté en sept ans, ce seraient les gobelins.

À force, je les connaissais par cœur. Si j'avais choisi la lance comme arme principale à l'époque où j'étais apprenti Chasseur, c'était justement pour ça : je gagnais un avantage énorme en allonge.

Et ces bandits avaient pile cette taille. À mes yeux, ce n'étaient pas des bandits mais six gobelins. Le chef des Bandits de Cheonryeok serait le chef gobelin ?

'Les cinq autres sont peut-être même plus faibles que des gobelins.'

Les gobelins savent au moins tirer correctement des fléchettes empoisonnées. Vu comment ce lancer de hache s'est passé, j'ai un pressentiment. Un vrai.

Je passai la langue sur mes lèvres sèches et levai soudain les deux mains.

Certains bandits furent surpris par cette reddition, mais le chef des Bandits de Cheonryeok éclata d'un rire aussi satisfait que celui d'un père voyant son fils rentrer de la guerre.

« T'es pas bête, toi, hein ? »

'Vas-y, ris tant que tu peux.'

Un pas, deux pas. Je réduisis lentement, délibérément, les trente mètres qui nous séparaient.

D'une foulée mesurée, la posture équilibrée. Une respiration par pas. La vapeur de mon souffle perçait l'air de l'aube.

Je le sentais à chaque pas.

'C'est différent !'

Je m'en rendis compte une nouvelle fois.

Dans ce jeu, j'étais plus fort que dans la réalité.

Mon cœur s'emballa. En même temps, la vigilance aiguisa mes sens.

Je devais rester concentré jusqu'au bout.

« J'ai entendu dire que la famille Jin de Taewon avait un fils qu'elle avait renié. Des arts martiaux médiocres, mais un séducteur hors pair, paraît-il. Je vois que t'as aussi un peu d'instinct. »

Le chef des Bandits de Cheonryeok parlait, la main qui tenait sa hache pendant mollement le long du corps.

Il était évident que j'avais l'air de quoi à leurs yeux.

D'un fils à papa au nom prestigieux et aux arts martiaux pitoyables. Les mains vides et sans défense.

Le chef des Bandits de Cheonryeok avait baissé sa garde.

'Et baisser sa garde, c'est la mort.'

J'envoyais l'essentiel de mon salaire à ma famille et je vivais misérablement dans une chambre de gosiwon, mais j'étais un Chasseur.

Même les Chasseurs de rang F jouent leur vie dans les Portails. Ou plutôt, c'est justement parce qu'ils ne sont que de rang F qu'ils doivent la jouer.

Pendant sept ans, je m'étais battu sans manquer un seul jour : un joueur qui misait sa vie, un guerrier du Murim qui portait le nom de Chasseur.

C'est pour ça que je savais.

Que la vie et la mort ne tiennent qu'à un fil. Que baisser sa garde, c'est la mort assurée.

La distance restante diminua de moitié. Mon allure s'accéléra peu à peu.

Le chef des Bandits de Cheonryeok me fit signe.

« Hé là, doucement. Prends ton temps, prends ton temps. Faudrait pas que tu trébuches et que tu abîmes la marchandise. »

Vingt mètres.

« Chef. On dirait pas un chiot, à trottiner comme ça ? »

Quinze mètres.

« Un chiot ? Kehehehe ! T'as bien raison ! »

Dix mètres.

À l'instant où mon pied toucha le sol, une chaleur jaillit du fond de mon corps.

Une sensation que je n'avais jamais éprouvée. Et pourtant, cette impression inconnue m'était étrangement familière. Qu'est-ce que ça pouvait être ?

'Ce serait… l'énergie interne ?'

La chaleur qui coulait de mon dantian déferla vers le bas de mon corps.

Avec un seul but : plus vite, plus léger, plus fort !

J'inspirai longuement. Tous les muscles de mon corps se tendirent comme la corde d'un arc. Puis, le dernier pas.

Boum !

Je m'élançai. Le sol se creusa sous moi, le son traînant dans mon sillage. Dans cet instant figé, la bouche du chef des Bandits de Cheonryeok s'ouvrit lentement.

« Impossible… »

Le chef comme ses subordonnés affichaient une expression incrédule.

Je voyais tout d'eux, désormais. Je sentais tout.

Leurs cheveux raides et gras, leurs lèvres crevassées comme des lits de rivière asséchés, leurs dents dont la seule vue puait la crasse…

Tout.

Sans m'en rendre compte, les coins de ma bouche s'étaient relevés.

'Ouvrir l'inventaire. Équiper [Lance acérée].'

Une hampe fraîche se matérialisa dans ma main tendue.

Je frappai de toutes mes forces. La hache levée à la hâte barra le chemin de la lance, mais la lame affûtée brisa le fer de la hache et transperça la poitrine du chef des Bandits de Cheonryeok.

Au même moment :

[Coup critique ! L'altération d'état [Saignement] est activée !]

« Keuh. »

Une fontaine de sang jaillit. La lumière quitta les yeux du chef des Bandits de Cheonryeok, dont le corps fut secoué d'un unique spasme.

[[Niv. 10 Jang Sam] a été vaincu.]

[Niveau supérieur !]

[Vous avez obtenu 10 points de stats en récompense de niveau.]

[Vous avez obtenu 10 points de compétence en récompense de niveau.]

[[Méthode du cœur de la famille Jin] a été débloquée.]

Ouf.

J'expirai lentement. Les notifications tintaient, mais seuls les battements de mon propre cœur résonnaient en moi.

Une respiration. Tout cela s'était déroulé en une seule respiration. Je retirai la lance de la poitrine sans vie du chef des Bandits de Cheonryeok.

'Alors c'est possible.'

Monter les stats avec les points, renforcer avec l'énergie interne, enchaîner avec les compétences. Voilà la vraie puissance du système qui n'appartenait qu'à moi.

Une puissance dont Jin Tae-kyung, Chasseur de rang F, n'aurait jamais osé rêver.

'Je peux le faire. J'en suis sûr.'

Le chemin du retour chez moi commençait à m'apparaître plus clair et plus large.

Je serrai la hampe de la lance et me retournai.

« Alors… »

Les cinq paires d'yeux fixées sur moi vacillèrent dangereusement.

« Quelqu'un d'autre veut tenter sa chance ? »

En commençant par l'enfoiré qui a lancé cette hache.

« … »

Boum. Boum. Clang.

Les cinq hommes, qui guettaient une ouverture, lâchèrent leurs armes et se prosternèrent face contre terre.

« Pardonnez-nous, Grand Maître ! »

[Ayant perdu leur chef, les ennemis ont perdu toute volonté de combattre et se rendent.]

[[Extermination des bandits] est accompli.]

[Toute la fatigue et toutes les blessures ont été récupérées.]

[Vous avez soumis les bandits. Renommée +10.]

[[Tutoriel – Étape 3] est accompli. Les récompenses ont été attribuées.]

[Quête liée [Tutoriel – Étape 4] créée.]

Bon, laissez-moi reprendre mon souffle.

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