« Résurrection dans la dignité ! » Après une journée chargée, le jeune maître rentra chez lui, s'allongea sur son lit et se remémora ses gains du jour.
Le matin, il avait éradiqué un nid de gobelins, empochant à la fois la récompense et le butin, de quoi se faire une somme rondelette.
De retour dans la capitale de Camella, Winnie avait ensuite accompli ses tâches quotidiennes : trois points de Vertu à l'orphelinat et deux points de Vertu grâce aux prières, soit cinq points en tout.
Il faut préciser qu'après avoir nettoyé le nid de gobelins, Winnie avait eu la surprise de voir sa Vertu grimper de dix points d'un coup !
Mais à bien y réfléchir, c'était logique.
Éliminer ces gobelins malfaisants, ça accumule du mérite, non ?
En une seule journée, il avait fait passer sa Vertu de 9 à 24 points !
Plus que 6 points avant les 30 nécessaires pour éveiller sa lignée !
Hé hé hé.
Il regarda l'argent gagné au prix d'une journée de dur labeur, puis la masse en mithril accrochée au mur.
Engourdi, complètement engourdi par tant de profits.
De l'argent gagné, de la Vertu accumulée, quel bonheur !
Ce jour-là, Winnie connut une immense satisfaction morale.
Après une douche, il dormit à poings fermés jusqu'à midi le lendemain.
Puis, sans rien perdre de son enthousiasme, il se replongea dans ses tâches quotidiennes et mena une vie véritablement épanouie.
Après une nouvelle journée chargée passée à accomplir ses tâches quotidiennes, sa Vertu passa avec succès de 24 à 29 points.
Plus qu'un point !
Winnie contemplait son compteur de Vertu avec impatience.
Demain, dès que les tâches quotidiennes seraient renouvelées, il pourrait enfin débloquer la lignée de sa famille !
La famille Varelis, ressuscitée dans la dignité !
Attends, n'avait-il pas oublié quelque chose ?
Winnie se frappa le front et s'en souvint.
Demain, c'était aussi le jour prévu pour son duel avec l'ordre des chevaliers.
Un clown voulait le ridiculiser.
« Tss, quelle corvée. » Sans les quarante pièces d'or, Winnie aurait vraiment voulu gifler Charon et lui dire de ne pas venir déranger son accumulation de Vertu.
Winnie feuilleta l'[Armure allégée] qu'il avait achetée l'après-midi à la boutique d'Armes d'âme.
C'était l'une des rares techniques polyvalentes destinées aux Armures.
Quant à savoir s'il irait au duel au palais royal le lendemain.
Bien sûr qu'il irait. Sinon, pourquoi aurait-il acheté l'[Armure allégée] ?
Sa compatibilité avec l'[Armure Forteresse] était de 100 %. Même s'il ne comprenait toujours pas comment ces 100 % de compatibilité se manifestaient, comment pourrait-il ne pas y aller ?
Le combat d'extermination des gobelins du jour avait gonflé sa confiance. Il se sentait désormais incroyablement fort.
Il ne se laissait pas emporter pour autant.
Même si son adversaire n'était qu'un apprenti écuyer, du même niveau débutant que lui, ses chances de victoire n'étaient pas bien grandes.
Après tout, c'était un apprenti écuyer de l'ordre des Chevaliers du Dragon Courroucé.
À y repenser, la technique [Armure allégée] n'était pas inutile, mais son utilité n'avait rien de considérable non plus.
À moitié allongé sur son lit, Winnie réfléchissait à sa tactique du lendemain. À force de réfléchir, le sommeil le gagna peu à peu.
***
Avant l'aube, alors que la majeure partie de la capitale dormait encore, des silhouettes s'activaient déjà sur le terrain d'entraînement royal du palais de Camella.
Une jeune fille d'une beauté saisissante, vêtue d'une tenue de sport légère, attachait ses cheveux dorés qui chatoyaient comme de l'or en fusion.
Épée en main, ses mouvements avaient la grâce d'un papillon d'or qui danse.
C'était l'heure où Mirexia s'exerçait à l'épée le matin, une habitude qu'elle avait gardée depuis l'enfance.
C'était le seul moment où elle pouvait s'entraîner, car son emploi du temps était bouclé le reste de la journée.
Sa mère étant morte jeune après un accouchement difficile, le roi n'avait aucune intention de se remarier.
Enfant unique du roi et première héritière du trône du royaume de Camella, Mirexia avait commencé plusieurs années plus tôt à seconder son père dans les affaires de l'État, assumant une partie des responsabilités de la famille royale.
En plus des leçons de magie et de divers autres cours, elle devait aussi dégager du temps pour remplir ses obligations de membre de la famille royale.
En dehors du sommeil, elle n'avait pour ainsi dire aucun loisir à elle.
La femme de chambre attitrée de Mirexia se tenait à l'écart, une serviette et une gourde à la main, attendant calmement.
C'est alors qu'une autre servante, relevant discrètement sa jupe, entra sur le terrain d'entraînement.
Elle s'approcha de la femme de chambre et lui murmura quelques mots.
Celle-ci hocha la tête pour indiquer qu'elle en informerait Son Altesse un peu plus tard.
Justement, à ce moment-là, Mirexia termina son exercice d'épée et s'approcha.
« Votre Altesse, Dame Aesphyra sollicite une audience », dit la femme de chambre en tendant la serviette et la gourde à la radieuse jeune fille aux cheveux d'or.
La femme de chambre détourna légèrement le regard, n'osant pas fixer l'éblouissante princesse, que la sueur scintillante rendait plus captivante encore.
Elle craignait de se laisser troubler.
À vrai dire, la femme de chambre servait Mirexia depuis un certain temps déjà.
L'idée que la princesse se marierait un jour lui paraissait à la fois incroyable et inconcevable, car elle estimait que personne au monde n'était digne d'une princesse aussi parfaite.
Depuis le temps qu'elle la servait, elle n'avait pas trouvé une seule chose où la princesse n'excellait pas.
Magie, éloquence, étiquette, études, escrime, techniques de combat, compétence professionnelle : on ne lui trouvait pas le moindre défaut.
Dans la capitale royale, certains admiraient sa beauté, d'autres son talent, et d'autres encore révéraient son rang et son autorité.
Mirexia, qui réunissait les trois, avait des prétendants alignés d'un bout à l'autre de la ville.
Et ce n'était que la capitale. En comptant toutes les nations humaines et l'Académie Carillian, ses admirateurs auraient sans doute pu remplir un océan.
« Très bien, j'ai compris », dit Mirexia avec un léger hochement de tête.
Le moindre mouvement de la jeune fille respirait la grâce et l'élégance, révélant le maintien d'une princesse royale.
« Merci pour ton travail aujourd'hui, Kalin. »
« C'est un honneur de vous servir, Votre Altesse. » Kalin fit une révérence en tenant sa jupe et recula en s'inclinant respectueusement.
« Fais patienter Dame Aesphyra un instant dans le jardin, je te prie. » Mirexia ne pouvait évidemment pas recevoir d'invités dans son état actuel, ce qui aurait été fort impoli.
Avant de recevoir un invité, Mirexia faisait toujours sa toilette, revêtait une tenue appropriée et se maquillait légèrement.
Même si, aux yeux de Kalin, Son Altesse était naturellement belle et resplendissante sans le moindre maquillage.
Après s'être baignée et changée, Mirexia revêtit sa tenue de cérémonie habituelle.
Une robe blanche rehaussée d'or et bordée de dentelle soulignait la silhouette parfaite de la jeune fille.
Des chaussettes montantes d'un blanc laiteux et l'ourlet de sa jupe encadraient une bande de peau nue des plus troublantes, tandis que ses pieds sans défaut, pareils à du jade et à la cambrure parfaite, se glissaient dans des escarpins de cristal.
Son épaisse chevelure dorée, pareille au soleil, était nouée en deux longues couettes par une paire de pinces papillon bleu glacier, et retombait en cascade jusqu'à ses mollets.
La princesse se rendit d'un pas élégant dans la cour royale, un lieu où les dames de la noblesse venaient souvent bavarder autour d'un thé.
Comme prévu, la jeune fille aux cheveux d'argent, d'une beauté frappante, l'attendait déjà sous le pavillon de pierre blanche.
Aujourd'hui comme toujours, le sourire envoûtant d'Aesphyra était celui d'une fée, et pourtant aimable et humble, si bien que personne ne pouvait la détester.
« Pardonnez-moi de vous avoir fait attendre, Dame Aesphyra. J'ai pris un peu de temps pour soigner ma tenue », dit Mirexia avec grâce en s'asseyant. Une servante qui se tenait à côté leur servit le thé.
« Pas du tout. C'est plutôt à moi de m'excuser pour cette visite impromptue. J'espère qu'elle ne vous dérange pas, Votre Altesse ? » Aesphyra eut un doux sourire, dont l'expression s'accentua nettement dès que Mirexia entra dans son champ de vision.
