Le lendemain matin...
« Bonjour, mon chaton. »
L'elfe salua le béhémoth de sa voix douce. Il s'éveillait de la nuit la plus reposante qu'il ait connue depuis sa naissance.
Il était toujours blotti au creux de ses bras, exactement comme lorsqu'ils s'étaient endormis.
« Nyao~ »
Ponctuant son réveil d'un miaulement bâillé, le béhémoth à moitié réveillé abandonna son petit corps à ses instincts et s'étira contre la poitrine de l'elfe.
Moelleux, rebondi, ballottant.
C'était vraiment le paradis.
« Hihi, quel adorable petit chat. Mais il faudra me pardonner. Grande sœur doit bientôt se lever. »
Elle libéra le béhémoth de son étreinte maternelle et se redressa sur le lit. Le béhémoth eut beau regretter de devoir renoncer à ces oreillers si doux, ce sentiment fut aussitôt balayé.
« Hop... »
Elle se déshabilla.
La jeune femme fit glisser sa chemise de nuit blanche et translucide, et un frisson parcourut l'échine du béhémoth.
Noirs. Les sous-vêtements de l'elfe étaient d'un noir profond qu'il n'avait pas pu voir dans l'obscurité, la veille. Et surtout, qu'il s'agisse du soutien-gorge en haut ou du string en bas, ils ne couvraient presque rien.
Sa poitrine généreuse. Sa taille fine. Ce bout de tissu minimaliste qui osait se prétendre une culotte et qui lui mordait les hanches...
Pour n'importe quel homme bien portant, c'était un spectacle à mourir.
'Cette fille... ! Porter des dessous aussi indécents, si peu assortis à son allure soignée... Se pourrait-il qu'elle soit en réalité une dévergondée ? Une dévergondée bien comme il faut ?! Encore, s'il vous plaît !!'
Le béhémoth s'excitait de seconde en seconde.
Alors qu'il se demandait ce qui allait suivre, un miracle se produisit sous ses yeux.
« Mmh~~... »
L'elfe... se mit à s'étirer, les mains levées bien haut au-dessus de la tête.
Boïoïoïng !
Ses énormes melons mobiles rebondirent, d'un tremblement étonnamment léger pour leur taille.
« Les gros seins sont remplis de rêves. » Jamais parole plus vraie n'avait été prononcée.
Il en était convaincu.
Sa gymnastique matinale terminée, la jeune femme poursuivit en s'habillant, attrapant une tenue suspendue au mur.
Le béhémoth endurait l'épreuve, digne d'un béhémoth, de la regarder s'habiller.
Elle enfila avec une aisance mystérieuse une tunique moulante qui menaçait d'éclater au moindre mouvement, puis des chaussettes montantes qui lui serraient tout juste les cuisses.
'À l'entendre parler hier soir, cette fille est très probablement une aventurière.'
Cette pensée lui vint lorsqu'il retrouva enfin son premier instant de lucidité de la matinée, peu après que la jeune femme eut terminé ce séduisant spectacle d'habillage.
Sa tunique dénudait son ventre. Sa jupe courte était aussi souple que bien ajustée, pensée pour la liberté de mouvement. Et une paire de bottes hautes complétait sa tenue.
'Mais... sous-vêtements compris, c'est une sacrée tenue provocante pour une aventurière.'
Certes, sa tunique ne dénudait que le ventre. En revanche, vers le haut... son décolleté ne ménageait aucun effort pour signaler la présence de sa poitrine. Sans parler de la jupe, si courte qu'il crut qu'il allait apercevoir la tendre courbe de ses hanches au moindre pas.
Elle était aussi équipée de deux couteaux, rangés dans leurs fourreaux de chaque côté. Ils étaient fixés à sa ceinture et venaient se lover tout contre son postérieur agréablement rebondi.
'Hm, contrairement à son air doux, c'est une combattante de première ligne.'
'Attends, de première ligne ?!'
Les couteaux lui avaient appris qu'elle se battait en première ligne, mais cela ne lui suffisait pas.
Après tout, comment pourrait-elle bouger comme il le faut avec ces choses qui volent dans tous les sens ?
« Hmf, préparatifs terminés. À tout à l'heure, mon chaton. Grande sœur revient bientôt, mais je te laisse la fenêtre ouverte. Tu as sans doute envie d'aller jeter un œil dehors, pas vrai ? Ah ! Et je te laisse du lait avant de partir. J'irai en demander à la dame d'ici. »
Avant que le béhémoth n'ait pu faire quoi que ce soit, la porte se referma derrière la jeune femme.
'Du lait...'
En entendant ce mot, le ventre du béhémoth gronda de faim.
Bientôt, la jeune femme revint avec une soucoupe, lait compris. Il se mit à boire dès qu'elle l'eut posée, et plutôt bruyamment.
« Hihi, tu avais vraiment faim, hein ? »
Après l'avoir regardé avec plaisir un petit moment, l'elfe finit par lui dire au revoir et quitta la chambre. Il était seul, désormais.
'Cette fille m'a sauvé alors que j'étais au bord de la mort... Et elle m'a donné à manger et un endroit où dormir. Et si j'en crois ce qu'elle a dit, elle compte même s'occuper de moi à partir de maintenant...'
Une chaleur se répandit dans sa poitrine.
'C'est décidé ! J'utiliserai cette vie pour servir cette fille, non, pour servir « Maîtresse » ! Maîtresse est une aventurière. Tant qu'un béhémoth comme moi la protège, même si elle n'en sait rien, aucun donjon ne sera une menace pour elle !'
Telle était sa résolution. Et ainsi, une fois de plus, il devint chevalier. Jurant fidélité à l'elfe qui lui avait sauvé la vie, il la protégerait jusqu'au bout.
'Il faut que je rattrape Maîtresse tout de suite !'
Le béhémoth bondit par la fenêtre qui donnait sur la ville.
