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Akuyaku Reijou no KyoujiChapitre 4 · 4/3

Chapitre 4

Chapitre 4 - Les méfaits du comte Ernest

8 octobre 2026 ~8 min · 1 455 mots

« À elle seule, cette façon de la traiter est déjà bien cruelle... mais en plus, vous dilapidiez sans compter la fortune pour vous seuls. Les preuves sont réunies. »

« Vous allez jusqu'à commenter la façon dont une autre maison dépense son argent... ? Et puis, ce n'est pas nous qui avons englouti la fortune, c'est ma grande sœur ! Elle n'achetait que des artefacts magiques hors de prix... »

Aux paroles d'Eides, un homme qui semblait être son intendant s'approcha prestement et lui apporta deux épais registres.

Les tenant en main, Eides tourna un regard consterné vers le comte Ernest... vers Père.

« En effet, outre les robes et les bijoux, les frais d'artefacts magiques sont bien comptabilisés. Et voici les livres de comptes de la maison du comte Ernest, qui nous ont été envoyés de quelque part... Il en existe deux, aux montants différents. »

Comprenant ce que cela signifiait, Père blêmit d'un coup.

Autour d'eux, quelques personnes qui avaient saisi le sens de ces paroles lui jetèrent des regards froids.

... Une double comptabilité.

Eides venait de dire « de quelque part »... mais celle qui les lui avait envoyés anonymement, c'était Wermy.

Le travail de sa sœur consistait surtout à reporter dans les livres les montants des reçus et autres pièces, à écrire à la place de Père ses lettres aux administrateurs du domaine, et à rassembler leurs avis pour trier les demandes nécessaires de celles qui ne l'étaient pas.

En somme, presque tout le travail d'un seigneur, hormis les mondanités et les négociations.

L'entretien et la gestion, c'était un travail obscur qui ne se voyait pas, mais il était essentiel à l'administration d'un domaine.

L'intendant Goldrey l'aidait apparemment un peu, mais il avait son propre travail et ne pouvait pas aller et venir si souvent à l'annexe.

C'était à peu près à cette époque que les heures de sommeil de sa sœur avaient commencé à diminuer.

Si Wermy le savait, c'est qu'on lui avait confié une partie de ce travail, sous prétexte de s'exercer à tenir les comptes du ménage.

Ne regrouper qu'une partie des dépenses et des recettes, n'était-ce pas faire le travail deux fois ? Voilà ce qu'en pensait Wermy.

Avoir les comptes déjà regroupés facilitait la tâche, certes, mais dans ce cas, il suffisait de tout faire regrouper dès le départ et de vérifier ensuite.

C'est de cette question que Wermy était partie pour comprendre.

... Il y a une raison pour laquelle on ne peut pas tout confier à ma sœur... ?

Sur cette pensée, elle avait délibérément glissé l'un des reçus qui lui revenaient parmi ceux qu'on mettait de côté pour sa sœur.

S'il y avait un problème, sa sœur le signalerait sans doute à Goldrey, pensait-elle.

Pour parer à toute éventualité, elle avait surveillé les faits et gestes de sa sœur... et l'avait vue sortir de l'annexe sans y avoir été invitée.

Wermy en avait eu froid dans le dos.

Elle s'était précipitée auprès de Père, dans son cabinet de travail, et lui parlait de tout et de rien quand sa sœur était apparue et avait dit : « Il y a deux relevés de recettes fiscales venant du même endroit, et les montants diffèrent. »

... Je le savais.

Père maquillait le montant de ses revenus.

Certaine à présent, Wermy avait adressé à sa sœur, avant que Père ne dise quoi que ce soit, un sourire méprisant.

« Dis-moi, grande sœur. Tu crois vraiment pouvoir te mêler du travail de Père, qui est le seigneur de ce domaine ? »

... N'ajoute plus rien.

Voilà ce qu'elle avait souhaité du fond du cœur.

Si par malheur Père se fâchait au point d'annuler son entrée à l'école des nobles, sa sœur ne pourrait plus jamais aller nulle part : on la garderait enfermée ici jusqu'à la fin de ses jours.

Que sa sœur vienne trouver Père en personne, c'était un imprévu.

Comme on pouvait s'y attendre, même un peu calmé par l'intervention de Wermy, Père, affolé, était entré dans une colère noire et avait hurlé à sa sœur : « Ne remets plus jamais les pieds dans la demeure principale ! »

Depuis cet incident, Père semblait s'être montré un peu plus prudent, mais il ne soupçonnait apparemment pas Wermy : il lui avait donc été facile de ressortir les livres d'un peu avant et d'en faire des copies.

Sa sœur, qui se chargeait désormais à elle seule de la comptabilité, des requêtes et des avis, n'en avait pas le temps, et c'était à Wermy que revenaient les livres qui n'étaient pas falsifiés.

Réunir des preuves pour le jour où l'on en aurait besoin, c'était donc le travail de Wermy.

« Dans ces livres, l'écriture de la version officielle est celle de Wermy Ernest. La tienne, n'est-ce pas ? »

Un mince sourire aux lèvres, Eides enchaînait les mots comme on traque une proie.

« ... Tu le savais, non ? Que ton père fraudait le fisc et faisait de fausses déclarations ? »

« Je, je n'en savais rien ! Et puis Père ne ferait jamais une chose aussi horrible ! »

Jouer les idiotes, elle savait faire.

D'autant que Wermy savait à peu près ce qu'Eides, son adversaire, allait faire.

Car la situation de sa sœur comme l'affaire des livres de comptes, c'était elle qui, en sous-main, avait tout arrangé pour que cela parvienne aux oreilles et entre les mains d'Eides.

« Il ne ferait jamais cela, dis-tu. Pourtant, les artefacts magiques qu'Iora aurait achetés de son propre chef sont tous d'origine inconnue, et tous portent la trace d'une "malédiction"... Et nous savons aussi que celui qui les achetait était un homme d'âge mûr, ventripotent, à la petite moustache, qui avait tout l'air d'un noble. »

Eides marqua une pause.

« Quelqu'un a levé ces malédictions. Mais qui visaient-elles, à ton avis ? L'héritier de la maison du comte a été changé il y a peu, semble-t-il. »

Cette fois, l'atmosphère de la salle changea pour de bon.

La curiosité de savoir comment tout cela finirait fit place à la réprobation, à mesure que l'on comprenait que la maison du comte était allée jusqu'au bout dans ses mauvais traitements envers sa sœur.

Même Père, tout sot qu'il était, dut le comprendre : il protesta, toujours blême.

« Qu-quoi... Ce, ce n'est pas moi ! Ne me regardez pas ! »

Un homme d'âge mûr, ventripotent, à la petite moustache, qui avait tout l'air d'un noble.

Cela correspondait trait pour trait à Père, mais...

... Cette façon de parler et cette attitude, c'est un aveu, vous savez ?

Wermy se retint de rire et répliqua :

« Ce, ce n'est pas plutôt ma grande sœur qui visait Père ?! »

« Impossible. La femme de chambre et l'intendant ont témoigné que tous ces objets se trouvaient dans la chambre d'Iora. Ce sont des artefacts qui agissent là où on les place. »

C'était évident, puisqu'on cherchait à tuer sa sœur.

Après tout, ces artefacts, que l'intendant recevait avec l'ordre de les placer dans la chambre d'Iora, c'était elle-même qui en levait les malédictions.

Car Wermy, aux yeux vermillon, possédait une affinité magique qui, sans égaler le violet, capable de maîtriser toutes les magies, ni l'or de l'attaque, ni l'argent de la guérison, était sans pareille pour ce qu'on appelait la magie de soutien.

À l'école, elle le cachait et faisait mine d'y être médiocre, mais la magie de désenvoûtement, elle s'y était exercée désespérément depuis le jour où elle avait vu pour la première fois un artefact destiné à tuer sa sœur.

Aujourd'hui, elle était capable de lever presque toutes les malédictions connues à ce jour.

Comme elle levait les malédictions avant de remettre les artefacts à sa sœur, elle avait souvent été souffrante pendant un temps après son entrée à l'école des nobles, mais ce n'était plus le cas à présent.

Et bien sûr, les artefacts maudits étaient illégaux.

Eides ne faisait preuve d'aucune pitié pour tout mettre au jour.

Rien d'étonnant : c'était justement pour cela qu'elle avait choisi un tel homme pour lui confier sa sœur.

« Vous avez commis un crime bien stupide, comte Ernest. »

Le seigneur mage, qui détestait les mondanités et les femmes.

C'était précisément lui qui, abhorrant ce genre de choses, avait percé la structure des artefacts maudits pour les combattre, s'était hissé au sommet et avait réformé le ministère de la Magie.

Sa réputation de cruauté et de dureté venait des nobles qui, à cause de lui, avaient perdu la plupart de leurs moyens d'éliminer leurs ennemis par la malédiction.

Wermy le savait.

Elle ne l'avait rencontré qu'une seule fois, dans le monde, mais elle savait qu'il n'était pas l'homme que l'on disait.

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