Mes amis et moi allons mourir ici, mais moi, je crois que je mourrai plus de fois qu'eux.
Ce voyage devait être l'occasion pour moi de tourner la page. Mon premier vrai road trip après trois ans de fac.
Au début, le trajet en voiture m'avait semblé assez normal. J'étais à l'arrière, avec les bagages, sur un de ces minuscules strapontins qu'ont parfois les gros SUV. Pas de place pour les jambes, mais je ne pouvais pas me plaindre. On ne m'invitait jamais à ce genre de choses. J'étais content d'être de la partie. Ils auraient pu m'attacher sur le toit, ça m'aurait été égal.
Antoine était assis en silence au volant, les épaules crispées, les yeux rivés sur la route. D'habitude, il était bavard, toujours prêt à donner son avis sur n'importe quel sujet, mais à l'approche de notre destination, il s'était tu. Je ne le connaissais pas depuis longtemps, mais je voyais bien qu'il était nerveux, ce qui ne lui ressemblait pas.
Sur le siège passager, sa petite amie Kimberly tendit la main vers lui et lui saisit doucement le creux du coude. « Tout va bien se passer, dit-elle d'une voix douce. On est là pour toi. Tu le sais, hein ? » La plupart des garçons de notre promo avaient un faible pour Kimberly. Elle avait de longs cheveux blonds et une grâce naturelle.
Antoine haussa ses larges épaules et hocha la tête. « Je sais, dit-il avec une assurance bien rodée. Je suis juste excité. C'est tout. C'est normal. »
Kimberly remonta affectueusement la main le long de son biceps, jusqu'à son épaule.
Antoine m'avait l'air inquiet, mais aucun de nous ne savait vraiment ce qu'il ressentait. Comment l'aurions-nous pu ?
Huit ans plus tôt, son grand frère Christian avait décidé de tout recommencer. Il avait laissé derrière lui sa famille, ses études et une carrière quasi assurée dans le football professionnel après son diplôme. Personne ne savait pourquoi il l'avait fait, et les rares nouvelles qu'il avait données à sa famille ensuite avaient soulevé plus de questions qu'elles n'avaient apporté de réponses.
Ma première idée avait été que Chris avait rejoint une secte, mais même moi, je savais qu'il valait mieux ne pas le suggérer à Antoine.
Chris avait repris contact avec Antoine quelques mois plus tôt. Antoine disait que c'était comme répondre à l'appel d'un fantôme. Huit ans sans le moindre contact, et du jour au lendemain, il appelait son frère en visio tous les soirs.
C'était cet appel qui avait mené au road trip.
Nous étions en route vers la maison de Chris au bord d'un lac, dans une station huppée des monts Ozark.
Quand on m'avait invité, j'en avais profité pour me renseigner sur Christian Stone. Au moment de son départ, on parlait de lui sur SportsCenter et dans les blogs de football universitaire. À ce qu'il semblait, il serait devenu millionnaire s'il avait continué. Il avait d'énormes perspectives. Je n'arrivais pas à imaginer pourquoi il avait tout abandonné. Cela dit, s'il avait une maison au bord d'un lac, il ne devait pas si mal s'en sortir.
La radio avait coupé une vingtaine de minutes avant notre arrivée. Antoine avait appuyé sur le bouton de recherche du volant pour trouver une station. La radio avait cherché et cherché une émission, sans en trouver qu'une seule.
« Vous écoutez RUN 41.1, Radio publique de Carousel. Nous avons eu une journée magnifique, ici, à Carousel. Le conseil municipal a commencé les préparatifs de la Célébration du Centenaire, alors évitez la grand-place, sauf si vous aimez les embouteillages. Notre correspondant Jeffrey Tethers est au lac Dyer avec le bulletin de pêche, et nous avons le coach Boom en studio pour parler du match de vendredi soir. Tout ça après cette page de pu… »
Antoine éteignit la radio. « Je vais les doubler à la prochaine ligne droite », dit-il. La petite voiture devant nous l'agaçait de plus en plus. Elle se traînait sur la route à un misérable cinquante à l'heure. Nous étions derrière elle depuis vingt minutes, mais avec ces routes sinueuses et très boisées, il n'y avait aucun endroit sûr pour la dépasser.
« Sois patient, dit Anna depuis la banquette arrière. On ne doit plus être très loin. »
Tandis qu'elle parlait, un van Volkswagen vert arriva derrière nous. En nous rattrapant, il dut ralentir considérablement. Il se mit presque aussitôt à klaxonner.
« Génial, maintenant on a quelqu'un derrière nous », dit Antoine.
Comme pour changer de sujet, Kimberly intervint : « Je n'ai pas de réseau. Quelqu'un a du réseau ? » Elle leva son téléphone vers le toit ouvrant, en vain.
Je vérifiai mon téléphone. Moi non plus, je n'avais pas de réseau. J'avais un nouveau message.
Camden, mon plus vieil ami, venait d'envoyer la photo d'une pancarte de chambre d'hôtes où l'on lisait « fermé pour travaus ». Il l'avait prise quelques kilomètres plus tôt, quand nous nous étions arrêtés prendre de l'essence. La faute me fit rire. Nous avions dû perdre le réseau juste après.
Ça faisait longtemps que je n'avais pas fait partie d'une conversation de groupe avec Camden. Pas depuis la seconde, au lycée. Camden et moi avions été meilleurs amis au collège, mais beaucoup moins ensuite. Il avait réussi, allez savoir comment, le tour de force d'être à la fois intelligent et populaire. Moi, j'avais tout juste réussi la première partie.
À un moment donné, les geeks et les intellos finissent par suivre des chemins différents. Il n'y avait aucune animosité entre nous. C'était juste difficile de parler du bon vieux temps quand le bon vieux temps datait d'avant la fin de la puberté. Nous avions tellement grandi depuis. Moi, je passais mon temps à regarder des films d'horreur et à traîner en ligne entre deux cours. Lui passait le sien entre des stages très disputés et des concours scolaires.
À vrai dire, quand j'avais reçu l'invitation pour la maison du lac, j'avais été surpris. Je n'avais plus eu de nouvelles de lui depuis plus d'un an.
Tandis que nous négociions lentement un nouveau virage, le van Volkswagen fit rugir son moteur et doubla d'un coup le SUV d'Antoine et la petite voiture devant nous. Cela dut enhardir Antoine, car il l'imita et laissa la voiture lente sur place.
Dix minutes plus tard, après avoir foncé dans des virages serrés et boisés, la petite route de campagne déboucha sur un grand parking. Si grand que je crus que nous devions être près d'un aéroport ou d'une salle de sport. Mais il n'y avait pas d'aéroport. Pas de stade de football non plus, rien qui justifie cet immense parking vide.
Il y avait peut-être quelques dizaines de véhicules éparpillés, très espacés les uns des autres. Qui plus est, il n'y avait personne nulle part. C'était complètement désert. Hormis nous et le van Volkswagen, garé à l'ombre. La conductrice, une femme brune d'environ trente-cinq ans, portait un grand sac à dos bourré à craquer et un sac de sport. Elle avait un blouson de cuir marron et un jean délavé.
Antoine se gara à côté de son van, à l'ombre.
« Carousel », lus-je à voix haute sur un grand panneau à l'entrée du parking.
« Ouais, dit Antoine en ouvrant le coffre de son SUV. Le paradis, made in USA. »
Une seule route menait du parking à Carousel, et elle était barrée. Il y avait ces poteaux métalliques amovibles, comme on en voit sur les campus pour empêcher les voitures de prendre la mauvaise rue. Ils étaient verrouillés par des cadenas. Nous allions devoir faire le reste du chemin à pied.
Quand il nous avait invités, Chris, le frère d'Antoine, nous avait prévenus. C'était à cause de la Célébration du Centenaire que Carousel organisait. Aucune circulation autorisée en ville. Ça me paraissait assez logique. Peu importait : nous étions là pour nous dorer au soleil à la maison du lac de son frère. Nous resterions hors de la ville, pour l'essentiel.
J'étais celui qui avait le moins de bagages du groupe, juste un sac de sport. Pendant qu'ils récupéraient leurs affaires dans la voiture, je pris les devants vers la route qui menait à Carousel. Le chemin était bordé des deux côtés d'affiches pour la Célébration du Centenaire : visiblement, c'était un grand événement pour la ville.
La femme au blouson de cuir marron avait ralenti le pas et observait les alentours. Nous n'étions pas encore en ville. Il n'y avait ni panneaux de rue ni personne. Juste au bord de la route se dressait un unique bâtiment en bois, presque sans enseigne, hormis une porte marquée « RÉSERVÉ AU PERSONNEL ». Il avait aussi un porche couvert à l'avant et, apparemment, un plan de la ville accroché sur le côté.
Je me demandai si je devais essayer d'adresser la parole à la femme. Elle n'avait pas l'air d'avoir envie de parler, ni à moi ni à personne d'autre. Elle était tout entière à ce qu'elle faisait. La façon dont elle examinait le bâtiment me fit penser qu'elle non plus n'était jamais venue ici.
Je me retournai pour attendre que mes amis me rattrapent. Antoine et Kimberly me rejoignirent vite, mais Anna et Camden traînaient derrière, les yeux rivés sur les voitures du parking. Je redescendis vers eux pour voir ce qui les intéressait tant.
« Ces voitures sont là depuis longtemps, dit Camden. Les pneus sont craquelés. »
Il avait raison. Tous les véhicules du parking, sauf les nôtres, avaient les pneus à plat. Leurs pare-brise étaient couverts de poussière. Leur peinture était délavée. Je ne savais pas quoi en penser.
« C'est bizarre, non ? » demandai-je.
« Ouais, dit Camden. C'est peut-être un parking longue durée, et les autres voitures ont été déplacées pour le Centenaire. »
« Ça se tient, j'imagine. »
« Écoutez, dit Anna, on est là pour soutenir Antoine. Au pire, on fiche le camp d'ici en vitesse. Ne vous mettez pas à faire les bizarres. Il a assez de soucis comme ça. »
Au moment où nous nous tournions pour remonter la route, la petite voiture que nous avions doublée en chemin arriva enfin sur l'immense parking. Nous la regardâmes rouler lentement jusqu'à l'avant du parking et se garer à côté du SUV d'Antoine. Deux personnes en descendirent avec leurs bagages. Elles se disputaient.
Enfin, la femme se disputait. L'homme, lui, encaissait.
« Je ne comprends vraiment pas pourquoi ils organisent un événement aussi loin, au milieu de nulle part. Ils ne savent pas que c'est plus raisonnable de le faire dans une grande ville ? » La femme parlait d'une voix chevrotante, comme une souris à qui l'on aurait marché sur la queue.
Je ne dirais pas qu'ils se joignirent à notre groupe, mais ils se mirent en tout cas à avancer avec nous, comme s'ils pensaient que nous étions tous censés rester ensemble.
« Vous êtes tous là pour la convention ? demanda l'homme. Je m'appelle Bobby Gill. »
Il tendit la main. Je lui tendis la mienne. « Riley Lawrence », dis-je.
« Ils n'ont pas besoin de connaître ton nom, dit la femme à Bobby Gill. Cet endroit me donne la chair de poule. Allons-y. »
« C'est juste de la politesse, Janet », répondit Bobby Gill. Il nous regarda, plein d'attente. « Alors, cette convention, hein ? Je suis tellement excité que j'arrive à peine à réfléchir. »
Camden répondit : « On n'est pas là pour ça. On va juste au lac. »
« Ah, dit Bobby. Carousel organise une convention d'horreur, vous savez peut-être. Les Carousel Horror Nights. Depuis presque trente ans. » Il avait du mal à contenir son excitation. « On m'a invité comme intervenant. Je modère l'un des meilleurs forums d'horreur d'Internet. Arterial Oasis. Si vous en avez entendu parler. »
J'en avais entendu parler. Je ne le dis pas, parce que sa femme, Janet, avait l'air agacée par ma présence.
Je trouvai une échappatoire toute trouvée quand un grand bruit retentit devant nous.
Nous nous approchâmes pour voir.
« Tu essayais de l'arracher de ses gonds ? » demanda Camden.
La porte marquée « réservé au personnel » était désormais ouverte.
« J'ai juste frappé, dit Antoine. J'ai entendu quelqu'un là-dedans. »
« Je ne vois personne », dit Anna.
La femme du van passait la tête à l'intérieur tandis qu'Antoine et Kimberly regardaient.
L'intérieur du bâtiment était sombre. Un peu de lumière parvenait à s'y glisser, mais même la porte ouverte n'éclairait pas les ombres. Je n'arrivais pas à imaginer qu'il puisse y avoir quelqu'un là-dedans. Mon cœur se mit pourtant à battre vite. Je n'aurais pas su dire pourquoi.
Puis une musique se mit à jouer. Une vieille musique de fête foraine, trop lente, comme si elle sortait d'une vieille boîte à musique mécanique qui aurait eu besoin d'une révision.
Ensuite vinrent les lumières. Des ampoules d'un blanc jaunâtre éclairèrent l'intérieur de la pièce. Elles ne pendaient pas du plafond. Non, elles étaient toutes fixées sur une machine de la taille d'un distributeur de billets. Tandis que mes yeux s'habituaient à la lumière, je vis ce qu'était cette machine : l'un de ces vieux automates diseurs de bonne aventure. Comme on en voit dans les fêtes foraines ou sur les promenades en bord de mer. Tous les cirques en ont au moins un, et on en trouve même dans les salles d'arcade.
D'ordinaire, ces automates donnent une bonne aventure roulée en échange d'une pièce. Certains sont même programmés pour prédire l'avenir à voix haute. Souvent, ils sont habillés en voyants ou en diseurs de bonne aventure ambulants. Celui-ci était différent.
La base était une boîte carrée rouge, surmontée d'une vitrine qui contenait le buste d'un personnage souriant. Il était habillé comme un ouvreur d'autrefois, comme on en voyait dans les cinémas. Il portait une veste rouge à boutons de cuivre et une casquette ronde d'ouvreur avec une jugulaire, et il tenait à la main une lampe torche qui s'allumait et s'éteignait en même temps que toutes les autres ampoules de la machine.
En haut de la machine, une enseigne annonçait : « Silas, le Bonimenteur Mécanique de Carousel ».
Au milieu de la machine, juste sous la vitrine, se trouvait un bouton rouge, avec un réceptacle en dessous.
Un instant, personne dans le groupe ne dit rien tandis que la machine à bonne aventure s'animait en ronronnant. Je crois qu'Antoine jura à voix basse, et Kimberly retint son souffle. À côté de moi, la femme, Janet, tirait son mari par le bras.
Quand l'air de fête foraine s'acheva, le mannequin de la vitrine se mit à parler. Sa petite bouche de bois montait et descendait avec un léger claquement de dents jaunes.
« Bienvenue à Carousel, la ville où les films prennent vie. La séance va commencer, et vous êtes au premier rang ! » dit-il d'une voix mécanique légèrement déformée.
« C'est quoi ce délire », dis-je.
« Approchez et prenez vos tickets. La Célébration du Centenaire vous attend. »
Personne ne bougea.
« On est censés prendre un ticket ? » demanda Anna en regardant Antoine. Après tout, c'était lui qui nous avait invités.
« Aucune idée. Chris ne m'a rien dit de tout ça », répondit-il.
Comme pour répondre à la question, Silas le Bonimenteur Mécanique déclara : « Pas d'entrée sans ticket. Ne ratez pas le spectacle ! »
Antoine haussa les épaules et s'approcha de la machine. Il appuya sur le bouton rouge, et les rouages du mécanisme tournèrent, libérant trois grands tickets dans le réceptacle en dessous. Antoine les récupéra et se mit à les lire. Il ne dit rien pendant sa lecture, mais une expression perplexe apparut sur son visage.
Avant que je puisse demander ce que disait le ticket, Kimberly avait appuyé à son tour sur le bouton rouge et récupéré ses tickets. Puis ce fut au tour de la femme au blouson marron, suivie d'Anna et de Camden. Le couple arrivé dans la petite voiture appuya sur le bouton l'un après l'autre, même si la femme, à voir son visage, n'en avait absolument aucune envie. Enfin, ce fut mon tour.
J'appuyai sur le bouton, et trois tickets glissèrent au-dehors. En les ramassant, je remarquai à quel point ils étaient lourds, épais. Ils étaient imprimés sur un papier de grande qualité, et chacun était frais au toucher. Chaque ticket portait un titre, une illustration, un graphisme élaboré et un texte descriptif.
« Ils sont géniaux ! dit Bobby. Ils ne font vraiment pas les choses à moitié, pour cette convention. »
Je ne sais pas ce que je m'attendais à trouver sur ces tickets, mais certainement pas ce que je découvris.
L'un de mes tickets était bleu, un autre vert, et celui qui m'intéressa le plus au début, allez savoir pourquoi, était argenté.
Toujours personne ne parlait, tandis que chacun examinait ses tickets.
Mon ticket argenté disait :
Le Cinéphile
Archétype mineur
Tu es le Cinéphile. Le maître des règles non écrites des films d'horreur. Tu as vu tous les slashers, tous les frissons, tous les films de monstres ; voyons maintenant si tu peux y survivre dans la vraie vie ! Avec ton aide, tes alliés auront peut-être une chance contre les créatures cauchemardesques qui rôdent dans l'ombre du grand écran.
Encore faut-il que tu arrives à te faire écouter avant qu'il ne soit trop tard…
Statistiques de base
Trempe : pour les exploits de force et la capacité offensive
1
Culot : pour rendre ta prestation convaincante
3
Vivacité : pour être rapide, agile, insaisissable, et toujours toucher ta cible
1
Flair : pour la perception, la planification et la déduction
5
Ténacité : pour la volonté, la résistance et l'endurance
1
Armure Scénaristique : maîtriser les cinq aspects de l'Armure Scénaristique fera de toi un Maître de l'Horreur.
11 (total de toutes les statistiques)
Était-ce une étrange animation de jeu de rôle ? Étions-nous même censés recevoir des tickets, mes amis et moi ?
Ma curiosité était piquée. Je continuai ma lecture.
Mon ticket vert disait :
Voyant du Cinéma
Type : Bonus
Archétype : Cinéphile
Aspect : ---
Statistique utilisée : Flair
Le Cinéphile a vu tous les films d'horreur et peut deviner chaque retournement de situation. Quand le Cinéphile fait une prédiction astucieuse sur un événement important et décisif de l'intrigue, tous les alliés qui l'entendent obtiennent un bonus de Ténacité et de Flair si la prédiction se vérifie.
Attention : plus le joueur fait de prédictions, moins il devient puissant. Les prédictions doivent être faites À l'Écran. Multiplier les bonus dans une même intrigue est difficile aux premiers niveaux.
Tu n'aimerais sans doute pas qu'on te spoile un rebondissement dans ta salle de cinéma, mais à Carousel, tu tuerais pour que quelqu'un le fasse.
À l'Écran ? Qu'est-ce que ça pouvait vouloir dire ?
Le ticket bleu disait :
Maître des Clichés
Type : Intuition
Archétype : Cinéphile
Aspect : ---
Statistique utilisée : Flair
La capacité emblématique du Cinéphile, c'est de comprendre comment les monstres et les tueurs agissent au sein d'une histoire. Avec ce ticket, le Cinéphile saura quels clichés les ennemis ont équipés. Ce cliché fonctionne mieux avec un Flair élevé et à proximité de l'ennemi.
Les clichés ennemis ont des descriptions génériques. Le joueur astucieux devinera comment ils s'exprimeront dans chaque intrigue.
Un grand pouvoir implique un grand équilibrage : pendant les intrigues où ce cliché est équipé, l'Armure Scénaristique du Cinéphile est réduite de moitié. Espérons que ce soit la seule chose à être coupée en deux.
Le rideau était levé.
La séance commençait.
Le Jeu de Carousel avait commencé.
