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The Author’s POVChapitre 2 · 2/1

Chapitre 2

Chapitre 2 — Je me suis réincarné dans mon roman (1)

28 septembre 2026 ~12 min · 2 324 mots

Une multitude de questions surgirent dans mon esprit tandis que je fixais, hébété, l'écran qui flottait devant moi.

Ren Dover ?

C'était qui, celui-là ?

Pour autant que je me souvienne, je m'appelais… hmm ?

Comment je m'appelais, déjà ?

Assis dans le lit, le visage vide, je tournai un regard hagard vers la fenêtre à ma gauche.

Des cheveux d'un noir de jais.

Une peau pâle.

Des yeux bleus comme l'océan.

Ce que reflétait la vitre, ce n'était pas mon visage, mais un visage parfaitement inconnu.

Des traits plutôt séduisants, mais pas le genre de visage qui fait crier « Qu'il est beau ! ».

Les yeux mis à part, c'était un visage assez banal. Le genre qu'on oublie après quelques jours sans le voir.

Quant au corps, ce nouveau corps était plutôt maigre ; un peu dessiné, mais il n'aurait pas dit non à un peu plus de muscle.

Mais ce n'était certainement pas mon corps… J'étais censé être gros. Pourtant, en regardant le reflet, je ne pouvais pas nier que c'était bien moi qui contrôlais ce corps : chaque fois que je touchais mon visage, le jeune homme dans la vitre touchait le sien.

Assis au bord du lit, je regardai mes jambes désormais maigres, que je n'avais plus vues depuis le lycée, et me levai.

« Guh… »

Je titubai de quelques pas et une vague de douleur me traversa le crâne : une migraine monstrueuse, suivie d'un violent vertige.

La douleur… la douleur… une douleur atroce comme je n'en avais jamais connu m'engloutit tout entier, et je m'appuyai d'une main au mur pour ne pas tomber.

« Haa… haa… »

Ce qui me sembla durer des heures ne prit que quelques secondes, et la douleur reflua lentement, me laissant par terre, haletant, à avaler l'air à grandes goulées.

Il me fallut dix bonnes minutes pour enfin parvenir à me relever.

Je parcourus la pièce du regard : une chambre à la décoration sobre. Elle ne contenait que l'essentiel : un lit blanc et propre, un vieux bureau en bois spacieux, une grande armoire et une petite salle de bains.

En regardant autour de moi, je remarquai sur le bureau un étrange objet qui ressemblait à une tablette.

Avide de réponses, je me dirigeai aussitôt vers le bureau, dans l'espoir de comprendre ce qui se passait.

En marchant, une sensation étrange me chatouilla le cerveau : comme une discontinuité dans mes mouvements.

Au début, je crus que c'était parce que j'étais soudain devenu maigre. Mais en réalité, plus que de ne pas être habitué à bouger après cette transformation, c'était comme si je n'étais pas du tout habitué à ce corps.

On aurait presque dit qu'il y avait un temps de latence dans mes gestes. Mais plus je bougeais, plus ce décalage s'estompait.

Je ne savais pas ce que c'était. Peut-être mon âme ne s'était-elle pas encore habituée à ce nouveau corps ?

Bref. Il y avait une chose importante que je devais vérifier. J'avais une petite idée de ce qui s'était passé, mais il fallait que j'en aie le cœur net, et quoi de mieux pour ça que la tablette sur le bureau ?

Arrivé devant la tablette, je tapotai prudemment l'écran, et alors…

Vlam !

Des informations holographiques se mirent à apparaître devant moi les unes après les autres, et je sursautai.

Me forçant au calme, je regardai les informations projetées sous mes yeux.

[Identifiant : Ren Dover

Âge : 16 ans

Photo : (image holographique de moi)

Programme : programme Héros, 1re année

Classement à l'école : 1750/2055

Potentiel : rang D

Profession : épéiste]

« Je vois. »

Je regardai ces informations, hébété, et laissai échapper un rire amer.

« On dirait que je me suis réincarné dans mon propre roman. Et en plus, dans la peau d'un personnage quelconque qui n'a rien à voir avec l'histoire. »

Pas le protagoniste, non : un figurant parfaitement inconnu.

Moi, l'auteur, j'étais évidemment censé connaître tous les personnages du roman. Mais qui diable était ce Ren Dover ?

Je n'avais jamais créé un personnage pareil.

Cela dit, vu la situation, je ne devrais sans doute plus considérer ce monde comme un roman : je respirais et je bougeais, littéralement, à l'intérieur de ce qui ressemblait à l'intrigue de mon livre.

Si vous vous demandez pourquoi je reste aussi calme dans cette situation, c'est simple, en vérité.

Je détestais ma vie d'avant.

À mon dernier souffle, je m'étais rendu compte que mourir m'était parfaitement égal.

Dans mes derniers instants, la seule chose à laquelle j'avais pensé, c'était : 'Dommage de mourir comme ça.'

Je ne sais pas quand, mais à un moment donné, j'avais déjà renoncé à la vie. Et pourtant, curieusement, il semblait que j'aie obtenu une seconde chance, et dans la peau d'un personnage de mon propre roman inachevé, en plus. Même si c'est franchement nul de ne pas m'être réincarné en protagoniste.

En fait, ça, c'était un gros mensonge.

Qui aurait envie d'être le protagoniste ?

Moi ?

Hein ? T'es malade ?

Pourquoi est-ce que je voudrais être un idiot obsédé par la justice qui attire le danger partout où il passe ? Je viens d'avoir une nouvelle vie, pourquoi est-ce que je la jetterais comme ça ? Je suis pas idiot.

Bon, je suis jaloux de son futur harem. Je veux dire, c'est moi qui en ai fait des beautés. Mais on s'en fiche ! Je suis resté puceau pendant mes trente-deux ans de vie, ça ne me tuera pas de le rester encore un peu.

Ma virginité mise à part, ce monde a de la magie et des compétences !

Pas question de passer mon temps à draguer des filles quand je pourrais le passer à m'entraîner à la magie ! Je me voyais déjà lancer d'énormes boules de feu. Rien que d'y penser, je souris jusqu'aux oreilles.

Enfin, comment ne pas être excité ? Je viens d'un monde où la magie n'existe pas. Maintenant que j'y ai accès, je vais l'apprendre, c'est sûr !

« Mais attends… »

S'ils avaient évalué mon potentiel au rang D, ça voulait dire qu'ils jugeaient mon talent faible, ou moyen au mieux.

Impossible de survivre au troisième cataclysme avec un talent aussi médiocre.

La main sur le menton, je me mis aussitôt à planifier mon avenir.

« Mon talent est faible comparé aux autres élèves de la Lock, mais si on tient compte du fait qu'un talent de rang D est extrêmement recherché dans les autres académies, je pourrais sans doute vivre confortablement une fois diplômé de la Lock… »

« Mais si je prenais la [Graine de Limite], je pourrais supprimer ma limite pour de bon… Seulement, ça affecterait le protagoniste… »

« En fait, vu que son talent est déjà classé SSS, ce ne serait pas vraiment un problème si je la prenais, si ? »

Hmm, je m'en rends compte seulement maintenant, mais je n'aurais pas créé un personnage complètement cheaté ?

Sans même parler de la [Graine de Limite], je lui avais donné le talent le plus élevé possible, plus le meilleur équipement. C'est pas un peu trop injuste ?

Maintenant que j'étais dans le roman, je voyais un peu ce que voulaient dire les lecteurs quand ils trouvaient le protagoniste un peu trop puissant.

« Hmm, oui. Il faut que je rééquilibre le protagoniste. »

Ce n'était absolument pas une excuse inventée pour récupérer une partie de l'équipement pour moi…

J'enfilai mes chaussures, pris les clés de ma chambre, laissées à l'entrée de l'appartement, et sortis.

« Même s'il ne prend pas la [Graine de Limite], le protagoniste pourra dépasser sa limite grâce aux autres objets cheatés que je lui ai donnés. Donc je suppose que ça ne pose pas de problème si je la prends. »

Dès le tout premier instant de ma réincarnation, je l'avais décidé : je vivrais comme je l'entendais.

Au diable « Les efforts ne trahissent jamais ».

Seul un tricheur comme moi, qui connaissait les événements à venir et l'emplacement des objets cheatés, pouvait réussir.

***

En posant le pied hors de la Lock, je sentis une agréable brise légère passer sur moi.

« Fuuu… Que ça fait du bien ! »

Je m'étirai les bras et pris la direction de la gare.

L'académie devait commencer dans une semaine : il fallait donc que je trouve tous les moyens possibles d'augmenter mes stats pendant ces sept jours. Si je me souvenais bien, à ce stade, le protagoniste était déjà au rang E, presque D, soit des lieues au-dessus d'un rang G comme moi. Il fallait donc que je mette cette semaine à profit, en espérant rattraper un peu le protagoniste.

Pour l'instant, ma priorité absolue, c'était d'obtenir la [Graine de Limite]. En supprimant mon limiteur, non seulement je pourrais atteindre des sommets plus élevés, mais je m'entraînerais aussi plus vite. Car plus on approche de sa limite, plus l'entraînement ralentit. C'est pour ça que plus le potentiel était élevé, plus on progressait vite.

Pour trouver la [Graine de Limite], je devais me rendre à la crête de Clayton, en périphérie de la ville d'Ashton, où je me trouvais en ce moment, aussi connue comme la capitale de l'humanité.

Après le premier cataclysme, la carte du monde avait complètement changé. Avant, la Terre était une immense étendue d'eau parsemée de continents séparés : l'Afrique, l'Amérique du Nord, l'Amérique du Sud, l'Europe, l'Asie, l'Océanie. Mais après le cataclysme, tous les continents avaient fusionné pour n'en former qu'un seul, gigantesque.

Puis était survenu le deuxième cataclysme, et le territoire occupé par l'humanité avait rétréci, encore et encore, jusqu'à ce que l'équilibre des forces se stabilise enfin : trois huitièmes pour les démons, trois huitièmes pour Fantasia et deux huitièmes pour l'humanité.

Aujourd'hui, l'humanité occupait l'est de ce nouveau continent, là où se trouvait autrefois l'Asie. De nouvelles infrastructures et de nouvelles villes avaient été bâties et, parmi toutes, cinq se démarquaient : Conviction, Dromeda, Lewington, Park et enfin Ashton, l'actuelle capitale humaine.

Pourquoi ces villes étaient-elles si importantes ? Parce qu'elles étaient le dernier rempart de l'humanité.

Chacune protégeait les frontières du territoire humain des invasions et des menaces venues des démons et des autres races.

Conviction se dressait tout au nord de la frontière humaine et protégeait l'humanité de la menace des orcs, une espèce vouée à la guerre. Brutus, l'actuel chef des orcs, était particulièrement redoutable : sur le champ de bataille, on le surnommait « le général à lui tout seul ». Sa démonstration de force effroyable laissait pantois quiconque en était témoin, sidéré par sa puissance cruelle et terrifiante.

Dromeda protégeait l'ouest, à la lisière du territoire démoniaque et du territoire elfique. Heureusement, les elfes, contrairement aux orcs, n'étaient pas une race belliqueuse : la seule source d'inquiétude, c'était donc les démons. Mais même sans que les elfes prennent part à la guerre, la force redoutable des démons mettait Dromeda au bord de l'épuisement.

Lewington protégeait le sud du territoire humain contre les démons venus du sud. Comme Dromeda, elle était sans cesse harcelée par les démons, mais sa situation était bien plus critique.

Dromeda bordait le territoire elfique : les démons étaient donc forcés de diviser leurs forces pour se prémunir d'éventuelles embuscades elfiques, ce qui allégeait le fardeau de la ville dans ses combats contre eux.

À Lewington, en revanche, la situation était bien, bien pire. Pas d'elfes, pas d'orcs, pas de nains. Aucune autre faction à proximité pour obliger les démons à diviser leurs forces. Quand les démons attaquaient, Lewington encaissait donc le choc de plein fouet, ce qui engloutissait chaque année des quantités énormes de ressources.

Park, elle, se trouvait à l'est et, comparée aux autres villes, elle présentait une différence notable : elle faisait directement face à la mer. Autrement dit… elle devait se défendre contre les créatures marines.

Après le deuxième cataclysme, à cause de la brusque déferlante de mana venue des autres mondes, les animaux étaient devenus fous. Au début, on avait cru qu'ils avaient simplement perdu la raison, mais quelques jours plus tard, des changements étaient apparus. Le plus frappant : une croissance démesurée et une soif de sang extrême. Ce qui, une heure plus tôt, était votre adorable petit chiot devenait une bête démoniaque capable de vous dévorer tout entier en quelques minutes. Par chance, ils ne semblaient pas avoir gagné en intelligence : tant qu'on les laissait tranquilles, ils ne représentaient pas forcément une menace.

Enfin, il y avait Ashton, le cœur de l'humanité. L'ultime barrière qui la protégeait de toute menace extérieure. L'endroit le plus sûr qui soit, et celui où se trouvait la Lock : la plus grande académie d'entraînement que l'humanité ait connue, créée dans le seul but de former des héros ultimes qui mèneraient la reconquête de la Terre.

La Lock était un immense complexe qui s'étendait sur des kilomètres et offrait des installations d'entraînement de premier ordre. Elle comptait plus de 20 000 chambres d'internat, 800 salles d'entraînement, 1 000 salles de classe et 2 000 professionnels et professeurs hautement qualifiés au service des élèves.

Être élève de la Lock donnait de nombreux privilèges, dont celui d'emprunter gratuitement tous les transports en commun, comme je m'apprêtais à le faire.

« Voici ma carte. »

Je tendis ma carte d'étudiant à la dame du guichet et consultai le plan de la gare.

« Oh ? Vous êtes élève à la Lock ? »

Surprise, la guichetière jeta un coup d'œil à ma carte, se redressa sur son siège et m'examina attentivement.

« Oui. »

« Pour où ? »

« La station 24, près de la crête de Clayton, s'il vous plaît. »

Elle me détailla de haut en bas, puis me sourit soudain et me rendit ma carte d'étudiant avec un billet.

« Je vois. Bon voyage ! »

« Merci. »

Et c'est ainsi que je montai dans le train aérien en direction de la crête de Clayton.

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