Pour obtenir des informations auprès de la guilde de l'information, il faut un mot de passe. C'est cliché, mais c'est ainsi.
En temps normal, une fille de duc n'aurait aucun moyen de le connaître, mais moi, bien sûr, je le connais.
Il suffit de dire au patron qui prépare le café derrière le comptoir :
« J'aimerais un peu de red bean paste, s'il vous plaît. »
Et le tour est joué.
Le patron écarquille les yeux et me dévisage.
Évidemment.
On se demande bien ce qu'une gamine comme moi viendrait faire à la guilde de l'information.
Et surtout, le mot de passe n'est pas de ceux qu'on apprend facilement : rien d'étonnant à ce qu'il soit surpris.
... Cela dit, pourquoi diable le mot de passe est-il « pâte de haricots rouges » ?
Bon, moi aussi, j'adore les petits pains fourrés à l'anko.
Sur ce genre de détails, l'univers est censé être d'inspiration occidentale, et pourtant le côté japonais ressort malgré tout.
« Je ne crois pas qu'une demoiselle comme toi ait besoin de red bean paste, si ? »
Naturellement, le patron se méfie.
Il pense peut-être que quelqu'un se cache derrière moi et m'a envoyée ici à sa place.
Mais non, mais non. C'est moi qui ai besoin de vous.
« Tiens donc ? Votre établissement choisit-il ses clients ? »
Je parle en le regardant droit dans les yeux.
Si je perds ce duel de regards, c'est fini.
Hors de question de repartir bredouille après être venue jusqu'ici.
« Non... Ce n'est pas ça, mais... quand même... »
Ce patron est peut-être plus brave homme qu'il n'en a l'air.
Dans ses paroles, je sens comme une inquiétude, une sorte de sollicitude à mon égard.
« N'importe quel client est le bienvenu du moment qu'il connaît le mot de passe, n'est-ce pas ? »
Alors je le lui dis avec un grand sourire.
Car quoi qu'il advienne de ceux qui viennent à la guilde de l'information, c'est au client d'en assumer la responsabilité.
« ... Pff... D'accord. Je vais te conduire à la salle du haut. »
Je suis le patron jusqu'à l'escalier, au fond de la boutique.
« Mademoiselle, en tant que garde du corps, mon seul travail est de veiller à votre sécurité. Cela vous convient, n'est-ce pas ? »
Sentant sans doute que mes agissements risquent de lui attirer des ennuis, Douglas tient à mettre les choses au clair.
Oui, oui, tu es parfaitement cohérent avec toi-même.
« Bien entendu. »
Alors moi aussi, je lui réponds simplement.
