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Chapitre 14

Chapitre 14 - Où acheter ce poisson bouilli

6 novembre 2026 ~7 min · 1 342 mots

Hôpital Kangming, district de Luoxian, pays de Huaxia.

Monsieur Zhou arriva devant la chambre de luxe 601 de l'hôpital Kangming. Un petit garçon frêle était allongé sur le lit, relié à une perfusion. À son chevet était assise une belle femme, aux traits un peu tirés.

« Chenghui, où étais-tu passé ? » demanda-t-elle.

« J'ai acheté du poisson bouilli. Je crois que Nian'er va aimer. Ça sent incroyablement bon. Tiens, sens ! » Zhou Chenghui s'approcha avec la boîte. Il souleva le couvercle et l'arôme irrésistible du poisson se répandit aussitôt.

« Oh, c'est vrai que ça sent bon ! » La belle femme déglutit, puis fronça les sourcils. « Seulement, le médecin a dit qu'il valait mieux que Nian'er mange des fruits riches en fibres. Je ne sais pas s'il a le droit de manger ce poisson bouilli ! »

« Eh bien... si je demandais au médecin tout à l'heure ? » proposa Zhou Chenghui avec une légère hésitation.

« Le médecin vient de sortir pour une affaire. Il ne reviendra peut-être pas avant un moment. »

Pendant que le mari et la femme discutaient, le petit garçon, jusque-là à moitié endormi, fronça soudain le nez. Il sortit de sa torpeur comme s'il avait flairé quelque chose de délicieux et se mit à renifler de toutes ses forces.

« Papa, qu'est-ce que tu as dans la main ? J'en veux ! » Les yeux du petit garçon étaient rivés sur la boîte de poisson bouilli que tenait Zhou Chenghui. Le parfum du plat avait envahi toute la chambre.

« Euh, c'est du poisson bouilli ! » Zhou Chenghui ne put s'empêcher de se tourner vers sa femme.

La belle femme avait elle aussi l'air partagée. Elle dit d'une voix incertaine : « Nian'er n'a rien mangé depuis si longtemps. C'est rare qu'il réclame quelque chose de lui-même. Peut-être... peut-être qu'une toute petite bouchée, ça irait ? »

« Oui, le poisson se digère facilement. Donnons-lui une petite bouchée, alors. » Zhou Chenghui hocha la tête, prit un petit morceau de poisson et le porta à la bouche de l'enfant. « Nian'er, goûte d'abord une petite bouchée ! »

« Mm, mm ! » Le petit garçon acquiesça avec empressement, mordit dedans et l'avala en un éclair. Ce n'était pas qu'il voulait manger vite, mais le poisson était si bon qu'il n'avait pas pu se retenir.

« C'était trop bon ! Papa, j'en veux encore ! » s'exclama le petit garçon en tendant la main avec impatience pour attraper la boîte.

« Rien qu'un petit morceau, d'accord ? » Zhou Chenghui retira vivement la boîte et demanda d'un ton inquiet : « Nian'er, tu ne te sens pas mal après avoir mangé le poisson ? » Jusque-là, l'enfant vomissait sans arrêt dès qu'il avalait quoi que ce soit. Zhou Chenghui était donc très nerveux, et c'était pour cela qu'il n'avait osé lui donner qu'une minuscule bouchée, pour voir ce qui se passerait.

« Je ne me sens pas mal du tout ! Le poisson sent tellement bon, je n'ai jamais rien mangé d'aussi délicieux. J'en veux encore ! » supplia le petit garçon d'un air pitoyable, fixant la boîte entre les mains de son père avec une envie dévorante.

« Aucun symptôme après avoir mangé le poisson... c'est merveilleux », dit Zhou Chenghui, une lueur de joie sur le visage.

« Ce poisson bouilli a peut-être vraiment un effet thérapeutique ! Chenghui, laisse-moi donner à manger à Nian'er ! » La belle femme prit la boîte des mains de son mari et se mit à nourrir l'enfant, une petite bouchée après l'autre, en l'observant attentivement. Le garçon mangea tout le poisson de la boîte sans le moindre problème. Il semblait même avoir retrouvé beaucoup d'entrain.

« C'était délicieux ! Maman, donne-moi la boîte. Je veux boire la sauce aussi ! » dit le petit garçon en se léchant les lèvres.

En voyant leur fils retrouver tout son appétit, tel un petit gourmand, Zhou Chenghui et sa femme étaient fous de joie.

À cet instant, des bruits de pas retentirent derrière la porte.

« Attendez, qu'est-ce que vous lui donnez ? » lança soudain une voix, tandis qu'un médecin d'âge mûr entrait à grands pas dans la chambre.

« Ah, docteur Liu, dit Zhou Chenghui, d'excellente humeur, avec un sourire. Je fais suivre à mon fils une petite thérapie par l'alimentation. »

« Une thérapie par l'alimentation ? » Le médecin fronça légèrement les sourcils.

Zhou Chenghui lui expliqua aussitôt la situation. Après tout, le docteur Liu était le médecin traitant : il fallait le tenir informé.

« C'est du grand n'importe quoi ! s'emporta le docteur Liu après avoir entendu l'histoire. Poser un diagnostic et prescrire une "thérapie par l'alimentation" sans même avoir vu le patient, sans prendre son pouls, sans écouter son cœur ni examiner son teint, c'est de l'inconscience pure. Et celui qui a préparé ce plat est un cuisinier, pas un médecin. Je ne méprise pas les cuisiniers, mais chaque métier a sa spécialité. Puisqu'il n'est pas médecin, de quel droit pratique-t-il la thérapie par l'alimentation ? À strictement parler, c'est une branche de la médecine, pas de l'art culinaire. Il aurait au moins dû me consulter pour savoir ce que le patient peut manger ou non. Sinon, aussi brillante que soit la cuisine, manger ce qu'il ne faut pas ne sert à rien dans le meilleur des cas, et peut même aggraver son état ! »

Ce qu'on appelle la thérapie par l'alimentation consiste à se servir de la nourriture pour agir sur les différentes fonctions du corps, afin de préserver la santé ou de guérir une maladie.

Mais il ne suffit pas de consommer des aliments nourrissants. Pour mériter ce nom, les compléments doivent être prescrits selon les besoins précis de l'organisme. Sinon, un mauvais apport peut faire plus de mal que de bien. Par exemple, certaines personnes qui se croient en état de « vide » prennent des toniques comme le vin de ginseng, la soupe d'astragale et d'igname ou l'extrait de ginseng et d'astragale. Or, chez quelqu'un qui souffre d'un « vide de Yin », qui se manifeste par un teint pâle, des palpitations, une légère fièvre, des sueurs nocturnes, la soif, une langue rouge peu chargée et des insomnies, ces produits sont contre-indiqués. Les prendre épuiserait encore davantage ses « liquides Yin » et aggraverait ses symptômes.

Autrement dit, l'essentiel en thérapie par l'alimentation, c'est de manger ce qui convient, pas simplement quelque chose de bon.

L'anorexie infantile est une affection qui touche la digestion. Le patient ne peut pas manger n'importe quoi, sous peine de vomissements ou de diarrhée.

En entendant les explications du docteur Liu, la belle femme se troubla. « Mais Nian'er n'a eu aucun symptôme, il n'a pas vomi. »

« Hm ? » Une lueur de doute passa dans les yeux du docteur Liu. Il regarda l'enfant et demanda vivement : « Mon petit, tu as mal au ventre ? Tu ne te sens pas mal du tout ? »

Zhou Chenghui et sa femme se tournèrent eux aussi vers leur fils, le visage tendu.

« Pas du tout ! Depuis que j'ai mangé le poisson, j'ai le ventre tout chaud, c'est agréable », répondit le petit garçon avec un grand sourire. Son regard glissa vers une assiette de fruits posée sur la table. « Maman, j'ai encore un peu faim. Je peux avoir une pomme ? »

« Hein ? » Le docteur Liu, Zhou Chenghui et la belle femme en restèrent sans voix.

« Docteur Liu, qu'en pensez-vous ? demanda Zhou Chenghui en se tournant vers le médecin. Il peut manger la pomme ? »

« Il... il peut. Seulement... » Le docteur Liu se figea un instant, puis s'approcha vivement du lit pour prendre le pouls de l'enfant.

Dès que ses doigts se posèrent sur le poignet du garçon, ses yeux s'écarquillèrent. Le visage frappé de stupeur, il balbutia : « C'est... c'est incroyable ! Vous... où avez-vous acheté ce poisson bouilli ? »

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