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Chapitre 9

Chapitre 9 - Au lever du jour

25 octobre 2026 ~6 min · 1 077 mots

« Pardon. Et merci pour aujourd'hui. »

« Ne t'en fais pas. Je ne promets pas ce que je ne peux pas tenir. »

Tout mignon qu'il est, Vy a vraiment l'âme d'un homme.

« À demain, alors... ou plutôt, puisque c'est déjà le matin, il vaudrait mieux dire à ce soir ? Bref, je reviendrai à la même heure. Quand je frapperai à la fenêtre, ouvre-moi. »

« Tu vas revenir ? »

« Oui. Pas tous les jours, sans doute, mais je viendrai aussi souvent que possible. »

« Que je suis contente... ! Ah, Vy ! Tu veux bien attendre un instant ? »

Vy avait sauté avec légèreté sur le rebord de la fenêtre, et je l'interpellai précipitamment. Puis je courus à petits pas jusqu'au secrétaire près du lit, et revins vers lui en hâte avec le petit paquet joliment emballé.

« Tiens... »

« Mais ce sont des biscuits ! »

Les oreilles de Vy frémirent de joie. Un petit rire m'échappa malgré moi. Comme son maître, Vy aime-t-il lui aussi les douceurs ?

« Oui. J'ai demandé au chef cuisinier de notre demeure de préparer de bons biscuits. Tu veux bien les porter au seigneur Vyol ? »

Le petit chat noir posa d'un coup sec sa patte avant sur le petit panier, l'air ravi. Il semblait dire « Compte sur moi », et c'était adorable.

« Ce n'est pas trop gros ? Tu arriveras à le tenir dans ta gueule ? »

« Gnn... mais il faut à tout prix que je le rapporte... ! »

Je songeai à l'alléger un peu, mais Vy ne pouvait visiblement se résoudre à y renoncer, alors je lui demandai : « Tu veux en manger un ici ? » Après un moment de réflexion, sa petite tête fit oui.

Je défis l'emballage, pris un biscuit et le lui tendis. Il mordit dedans, puis s'assit et, tenant adroitement le biscuit entre ses deux pattes, se mit à le manger.

Il plantait ses dents dans ce biscuit grand comme la moitié de sa tête et savourait chaque bouchée, l'air complètement fondu de bonheur. C'était adorable.

« Hi hi, que tu es mignon. Tu ressembles trait pour trait au seigneur Vyol. Les familiers ressemblent donc à leur maître. »

Les mots m'avaient échappé. Vy écarquilla les yeux, puis baissa la tête, tout gêné, et s'acharna sur son biscuit. Les familiers aussi peuvent donc être intimidés. Aujourd'hui, j'avais découvert bien des secrets des familiers.

Après avoir englouti son biscuit à une vitesse prodigieuse, Vy se redressa d'un bond, comme pour dire « Bien ! », planta son regard dans le mien et me donna des instructions nettes et précises.

« Mademoiselle Selene, demain, dès l'instant où tu te réveilles, déploie le sort de récupération que tu as appris aujourd'hui et garde-le actif toute la journée. »

« ... Oui ! »

Y arriverais-je ? Mon cœur se mit à battre.

« Avec le débit le plus faible. À la fin, tu as maintenu un débit réduit pendant un bon moment, n'est-ce pas ? À peu près comme ça. »

« Entendu. »

Je vois, ce moment-là avait donc un sens. Sa façon d'enseigner ne contient rien d'inutile. Je mesurai combien le précepteur qu'on m'avait présenté était excellent.

« Demain, à l'heure où tu seras sans doute au salon du palais, je passerai voir comment tu t'en sors. Ne force pas. »

« Merci, Vy. Je mesure vraiment quel bon professeur tu es. »

« ... Hmph. Évidemment. »

Vy leva fièrement le museau d'un air hautain : il avait beau être rassurant, il était aussi tout à fait adorable.

***

En longeant le couloir qui menait au salon du palais, je réprimai un bâillement qui montait... Au bout du compte, je n'avais dormi qu'une heure environ, il n'y avait rien à y faire.

« Voilà qui est rare, Mlle Selene qui bâille. »

Quelqu'un était venu se placer à mes côtés, et ces mots me firent sursauter. Je levai les yeux : le seigneur Reese, second fils de la maison du comte Entertz, me regardait d'en haut avec un sourire paisible.

« Quelle honte... Pardonnez-moi, seigneur Reese. J'ai un peu manqué de sommeil. »

« Tu en fais toujours trop. Repose-toi bien, aujourd'hui. »

Le seigneur Reese souriait avec douceur. À bien y penser, lui seul, chaque fois que les autres proches de Son Altesse Helios se moquaient de moi, les reprenait gentiment. C'est un homme foncièrement bienveillant.

Des cheveux d'un brun doux, des yeux d'un gris profond, une taille et une corpulence moyennes : le seigneur Reese a une apparence aussi terne que la mienne, et je ressens secrètement une certaine affinité avec lui. Comparé aux autres messieurs à l'allure éclatante, c'est une personne étrange, qu'il suffit de regarder pour se sentir apaisée.

« Mashuro et les autres m'ont raconté. Hier encore, après cela, tu les as aidés à rattraper le travail qu'ils avaient en retard ? C'est du travail qu'ils ont laissé traîner en paressant, alors ne les gâte pas : fais-les rester après l'heure s'il le faut, mais qu'ils le fassent eux-mêmes. »

Et, contrairement à son allure paisible, il se montre toujours exigeant dans le travail. Je pense qu'il fera un bon haut fonctionnaire.

« ... À propos, seigneur Reese, vous étiez absent hier, n'est-ce pas ? »

« Je suis bien passé au salon une fois avant ton arrivée. Mais Mlle Marietta est arrivée, alors j'ai vite pris mon travail et je me suis réfugié dans la salle des archives. »

« Oh... »

« Ce n'est peut-être pas la faute de Mlle Marietta, mais quand elle vient, Mashuro et les autres s'agitent, et le bruit devient insupportable. La prochaine fois, Mlle Selene, fais donc comme moi. »

« Ce serait sage. »

Le seigneur Reese me donnait ce conseil avec un tel sérieux que je ne pus m'empêcher de rire. Face au seigneur Mashuro et aux trois autres messieurs, dont l'entourage voyait bien qu'ils étaient tous épris de Marietta, c'est toujours le seigneur Reese qui leur fait les reproches les plus francs, plus encore que Son Altesse Helios.

Et pourtant, il s'entend étonnamment bien avec chacun des quatre. C'est quelqu'un de remarquablement équilibré, et bien que nous ayons le même âge, j'avais beaucoup d'estime pour lui.

« Au fait, Mlle Selene, j'ignorais que tu savais pratiquer la magie. »

À cette remarque inattendue du seigneur Reese, je relevai brusquement la tête.

Fin du chapitre 9
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