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Chapitre 11

Chapitre 11 - Je ferai de mon mieux !

1 novembre 2026 ~6 min · 1 143 mots

Je poussai un soupir, déployai une fois de plus, lentement, le sort de récupération, puis en ajustai le débit.

Ah, vraiment ! Si seulement je pouvais déployer le sort avec un débit déjà réduit dès le départ, je n'aurais pas à m'embarrasser de ces réglages. Cela consommerait sûrement moins de magie, et je gagnerais du temps.

J'avais beau le savoir, faute d'être habituée à lancer des sorts, je gaspillais à chaque déclenchement du temps, des efforts et de la magie, et j'en étais dépitée.

« ... Bien. »

À peu près ainsi, je devais avoir le débit que Vy m'avait indiqué ce matin.

Peu à peu, il me semblait que le temps entre le déclenchement du sort et la fin du réglage de son débit raccourcissait. C'était sans doute le fruit de ce geste répété sans relâche depuis le matin.

Tout en maintenant le sort déployé, je trottinai jusqu'au banc où j'avais conversé la veille avec le seigneur Vyol : un chat noir y était installé.

Il était vraiment adorable. Rien que de le regarder, je me sentais apaisée...

« Vy ! »

Je courus vers lui en l'appelant ; l'adorable petit chat noir dressa les oreilles et la queue et m'examina avec attention.

« Hum. La qualité comme la quantité de ta magie sont satisfaisantes. On ne croirait pas que tu as déployé un sort pour la première fois hier. »

« C'est vrai ? Je suis si contente... ! »

« Tu t'es beaucoup exercée depuis ce matin, à ce que je vois. Ta réserve de magie a sacrément baissé. »

« Je n'arrive pas encore à déclencher le sort avec un débit réglé dès le départ... Je laisse échapper de la magie pour rien. »

« Comme si on pouvait y arriver en un jour ou deux. Ne vise pas trop haut : continue tes efforts patiemment à ce rythme, cela suffira. Tu te débrouilles bien mieux que tu ne le crois, mademoiselle Selene. »

« Quel soulagement... Je ferai de mon mieux ! »

Recevoir une telle appréciation de mon professeur me rassura. Aussitôt, j'eus un peu envie d'un moment de douceur.

« Dis, Vy. »

« Quoi ? »

« Est-ce que je peux te caresser, juste un peu ? Je ne sais pas pourquoi, mais le salon m'a épuisée. »

À ma question, la queue et les oreilles de Vy retombèrent piteusement.

« Hum... Voilà qui... Bon, tant pis. Après ce qui s'est passé hier... »

En tendant l'oreille, je l'entendis marmonner cela tout bas. Je l'avais déjà remarqué hier en le prenant dans mes bras : quand on le caresse ou qu'on le touche, Vy se raidit un peu. Le seigneur Vyol n'est peut-être pas du genre à le caresser beaucoup.

« Soit, c'est une récompense pour tes efforts d'aujourd'hui. Tu peux me caresser. »

« Merci, Vy ! »

Ravie, je le soulevai prestement et m'assis avec lui sur le banc. Je l'installai sur mes genoux et le caressai tout mon soûl, ce qui me valut un regard noir de sa part.

« T-tu n'étais pas obligée de me mettre sur tes genoux ! »

« Mais c'est tellement plus apaisant ainsi... »

« ... ! »

Vy se contenta de cela et se laissa caresser sans rien dire : il était vraiment très gentil. Peut-être parce qu'il n'avait pas l'habitude des caresses, il semblait encore réticent à ce qu'on le touche, mais il finirait bien par s'y faire petit à petit, non ?

Tout en savourant la douceur de son pelage lisse, je me souvins soudain de l'affaire du seigneur Reese, tout à l'heure, et décidai de lui en parler.

« Tu sais, Vy, il y a quelque chose qui me tracasse. »

« Quoi donc ? Dis toujours. »

« Tout à l'heure, au salon, l'un des camarades d'études de Son Altesse Helios a remarqué ce sort. »

« Oh ? Et qu'a-t-il dit ? »

Vy leva vivement la tête et me regarda avec intérêt.

« Que je déployais un sort de soin, et qu'on voyait bien que je m'efforçais de le stabiliser à une intensité constante. »

Les yeux de Vy, levés vers moi, se plissèrent légèrement, et le bout de sa queue s'enroula d'un air satisfait.

« ... Voilà quelqu'un qui a l'œil. Qui est-ce ? »

J'hésitai un instant : devais-je le dire ?

Il avait simplement su percer mon sort à jour : le nommer ne porterait aucun tort au seigneur Reese. Après tout, Vy venait de le féliciter pour son œil. Même si cela parvenait aux oreilles du seigneur Vyol, il n'y aurait aucun mal ; au contraire, être remarqué par un personnage aussi haut placé que le commandant du Troisième Corps de mages ne pourrait que servir son avenir.

Cette réflexion faite, j'ouvris la bouche.

« C'est le seigneur Reese, le second fils d'une maison de comte. Il a fréquenté l'école de magie pendant deux ans, paraît-il. »

« Je vois. Quel gâchis. Il semble avoir un vrai don. »

« À voir le seigneur Reese, je me suis inquiétée : tous ceux qui ont appris la magie peuvent-ils en voir autant ? Si c'est le cas, il faudra que je trouve une excuse pour expliquer pourquoi je sais soudain me servir de la magie, et pourquoi je maintiens un sort en permanence, non ? »

« Ce n'est pas donné à tout le monde. Mademoiselle Selene, vois-tu le flux de ma magie, ou la qualité de mes sorts ? »

« Pas vraiment. »

Grâce à l'entraînement de Vy la nuit dernière, j'avais appris à percevoir la magie qui circulait dans mon propre corps, et la force du débit quand je la projetais hors de moi sous forme de sort. Mais la circulation de la magie chez quelqu'un d'autre, j'en étais bien incapable.

« Pour voir, il faut un don pour voir. À l'école de magie, c'est l'une des matières enseignées. Ne pas voir n'empêche rien, mais voir est bien commode : cela permet de remarquer toutes sortes de choses, comme tu viens de le constater, ou de deviner comment une bête magique va attaquer. »

« C'est vrai. »

« Voilà pourquoi on l'enseigne, mais rares sont ceux qui parviennent à discerner les choses avec une telle précision. S'il s'entraînait, il aurait de bonnes chances de devenir un bon mage. »

« Il pourrait donc aussi ne pas y arriver ? »

« Ce don-là est une chose, la quantité de magie et les aptitudes en sont une autre. Au bout du compte, c'est l'ensemble qui compte. »

« Je vois... »

Si le seigneur Reese avait renoncé à devenir mage de classe spéciale, était-ce donc qu'il lui manquait l'une de ces qualités ? J'ignorais pourquoi il y avait renoncé, mais cela piqua un peu ma curiosité.

Mais enfin, ce n'était pas la question.

Fin du chapitre 11
Fiche de l'œuvre

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