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Chapitre 7

Chapitre 7 - Apprenons la magie (4)

5 novembre 2026 ~9 min · 1 653 mots

Quand je le contactai, l'homme qui avait posté l'annonce de vigile de nuit me dit d'une voix pressée qu'il paierait le taxi, qu'il fallait juste venir vite, et j'arrivai devant l'immeuble qu'il m'avait indiqué.

Puisqu'il s'agissait d'un immeuble hanté, je m'attendais à un vieux bâtiment abandonné en périphérie.

Mais c'était un immeuble banal, comme on en voit partout près de la rue des bars du quartier universitaire : un café au rez-de-chaussée, un cybercafé au premier étage, et des salles d'étude aux deuxième et troisième.

Pourtant, ni le café ni le cybercafé ne semblaient ouverts : les lumières étaient éteintes.

Pendant que je levais les yeux pour examiner l'immeuble,

l'homme qui avait posté l'annonce de vigile s'approcha. Un homme d'une quarantaine d'années, d'apparence ordinaire. Ses beaux vêtements contrastaient avec sa peau fatiguée et ses yeux creusés.

« C'est vous, monsieur Kim Yo-han, qui m'avez contacté ? »

« Oui, c'est bien moi. »

« J'ai posté l'annonce dans l'urgence, alors merci d'être venu. Le gars d'avant a filé sans prévenir, ça me mettait dans le pétrin. »

L'homme parlait avec un sourire pour détendre l'atmosphère, mais son débit était rapide, et son regard trahissait une certaine inquiétude.

Quoi qu'il en soit, d'après ce qu'il me raconta, il s'appelait Park Cheol-min ; c'était le propriétaire de l'immeuble, et il gérait lui-même le cybercafé et les salles d'étude.

« Je dis vigile, mais c'est juste une façon de parler, ce n'est pas un vrai métier de sécurité. C'est un peu comme monter la garde de nuit ou être de permanence. Vous avez fait l'armée ? »

« Non. Mais je crois voir à peu près ce que c'est. »

J'avais été exempté de service militaire parce que j'étais orphelin, mais je ne pris pas la peine de le préciser.

En suivant Cheol-min dans l'escalier, je jetai discrètement un coup d'œil à l'entrée du cybercafé, bien fermée.

Dix heures du soir, c'était tard, mais certainement pas une heure de fermeture pour un cybercafé.

Bon, si c'était le choix du propriétaire, il n'y avait rien à redire.

Sentant peut-être mon regard, Cheol-min marmonna sans que personne ne lui ait rien demandé.

« Ha... Eh bien, ces temps-ci, il court des rumeurs idiotes, alors les affaires ne marchent pas fort. »

« Des rumeurs ? »

« Que c'est un immeuble hanté. »

Cheol-min le dit comme si de rien n'était, mais il parlait toujours aussi vite, avec la même inquiétude.

« C'est pour ça que j'ai pris quelqu'un pour la surveillance. Des étudiants bourrés qui veulent voir un fantôme, des gens qui n'ont rien de mieux à faire, ils essaient d'entrer tout seuls... »

Cheol-min voulut ajouter quelque chose, mais se tut, et nous arrivâmes au bureau de la salle d'étude du deuxième étage.

Comme personne ne l'utilisait, un peu de poussière s'était accumulée, mais le bureau en lui-même était correct.

« Ce que vous aurez à faire est simple, monsieur Yo-han. Vous restez assis ici, vous regardez les images des caméras de surveillance pour voir s'il se passe quelque chose de bizarre, et de temps en temps vous faites une ronde dans les salles d'étude du deuxième et du troisième. La lampe torche est ici. Surtout, vous ne vous enfuyez pas et vous n'abandonnez pas en cours de route. Vous devez rester ici, à cet endroit précis, jusqu'à six heures demain matin. C'est compris ? »

Une fois entré dans la salle d'étude, Cheol-min déversait presque ses paroles.

Ses yeux ne tenaient pas en place, et il était évident qu'il voulait sortir d'ici sur-le-champ.

À ce spectacle, mes yeux se plissèrent d'eux-mêmes.

... Bon, moi aussi j'ai l'expérience de l'eau bénite en tête, alors peu importe.

Mais vous montrez un peu trop clairement, de tout votre corps : 'Cet immeuble a un problème. Je cache des informations !'

Je comprenais pourquoi l'ancien vigile s'était enfui. Il fallait être idiot pour ne pas s'enfuir.

Bref, Cheol-min partit comme on prend la fuite.

Je restai seul dans le bureau silencieux de la salle d'étude, les yeux rivés sur les écrans grisâtres des caméras de surveillance.

Il y avait six écrans en tout, et sur chacun, on ne voyait que des couloirs de salle d'étude plongés dans le noir, des bureaux et des chaises. Rien ne semblait clocher.

« Maintenant que j'y pense, il existait tout un genre de jeux d'horreur où on surveille des caméras comme ça. »

Le calme n'avait rien d'étonnant, mais un silence désagréable flottait dans l'air.

Et puis...

Bang, bangbangbangbang ! Clang, clang !

Tout à coup, j'entendis quelqu'un monter l'escalier à toute vitesse en tapant sur la rampe, assez fort pour qu'on l'entende depuis le bureau.

« !? »

Surpris, j'écarquillai les yeux vers les écrans de surveillance... mais on ne voyait rien du côté de l'escalier.

« ... »

Cela dit, à la réflexion, même s'il y avait eu quelque chose, ça aurait été un problème.

Du point de vue d'un vigile, un ivrogne qui tape sur la rampe et grimpe l'escalier comme un fou, c'est déjà bien assez horrifiant.

Drelin, drelin, drelin-drelin-drelin-drelin-drelin.

Comme pour enchaîner, l'écran voisin de celui qui filmait l'escalier montra la suite.

La clochette de la porte de la salle d'étude du troisième étage sonnait comme une folle.

Alors que la porte était toujours fermée.

À cette vue, je laissai échapper un petit soupir.

« Hah... »

J'étais certes venu préparé pour l'expérience de l'eau bénite, mais la scène était si grossière qu'un soupir m'échappa tout seul.

Pourtant, ce n'était pas si effrayant.

Je tendis la main et coupai l'alimentation des caméras.

Je me levai et sortis de mon sac non pas la lampe torche, mais le Grimoire, que je serrai dans ma main.

Après tout, moi aussi, j'avais quelque chose d'invisible.

Toc, toc.

Je quittai le bureau éclairé et montai l'escalier où l'obscurité s'était installée.

Car j'emmenais un monstre avec moi.

J'ouvris la porte de la salle d'étude du troisième étage, celle qui posait problème, et entrai.

Drelin.

Une chaise m'accueillit.

Cric... cric...

Dans le couloir obscur de la salle d'étude, une chaise à roulettes s'approchait lentement de moi.

« ... »

Il y a de quoi tomber dans les pommes...

Un Fantôme sauvage apparaît !

Alors je décidai d'en appeler un, moi aussi.

« Grizzly, sors. »

« Haaah... ! »

À l'appel de son maître, le Vampire Invisible qui attendait dans le Grimoire sortit et exhala un souffle glacé.

On ne le voyait pas, mais une présence écrasante emplit l'espace.

Cric... !

Vers la chaise, qui hésitait visiblement.

Fwip.

Le bras de Grizzly se tendit, puis happa quelque chose et s'en saisit.

C'était à présent une chose ténue, semblable à de la fumée, que je pouvais voir même à l'œil nu.

Sous certains angles, on aurait même dit un visage humain.

« Gyaaah. »

Et sans plus de façons, Grizzly mordit et déchiqueta la partie de cette chose pâle qui ressemblait à un visage.

Crounch, crounch.

Ce fut tout.

Le fantôme pâle perdit ses forces, se désagrégea, se dispersa et disparut complètement.

« Gyaa ? »

Grizzly regarda autour de lui en ouvrant et fermant la gueule comme pour avaler la fumée pâle qui s'éparpillait, mais en vain.

Elle avait entièrement disparu.

'... On dirait un peu un raton laveur qui a lavé de la barbe à papa dans l'eau.'

Pendant que je pensais cela,

trois choses pâles filèrent à toute allure, nous dépassèrent, Grizzly et moi, et se dirigèrent vers la porte.

« Grizzly, n'y touche pas. »

C'était bon à savoir, que Grizzly pouvait se débarrasser facilement des fantômes.

Mais cette fois, l'objectif était l'expérience de l'eau bénite.

Drelin-drelin-drelin-drelin-drelin-drelin-drelin-drelin-drelin-drelin-drelin-drelin.

Je m'approchai du fantôme pâle qui faisait sonner la clochette comme un fou.

J'ouvris la gourde accrochée à ma ceinture et en sortis l'hysope qui trempait dans l'eau bénite.

Par commodité, je les appelais fantômes ou esprits, mais je ne pensais pas que ces choses étaient des âmes humaines.

Après tout, j'avais payé des frais de scolarité, et même étudié la philosophie.

... Même si je ne sais pas trop pourquoi j'ai appris ça.

Quoi qu'il en soit, pour reprendre les mots de mon maître, monsieur Platon, que j'aime beaucoup :

Le corps humain et ce monde ne sont rien d'autre qu'une enveloppe qui emprisonne l'âme.

Quand une personne meurt, l'âme rejoint le véritable monde, celui des Idées.

Par conséquent, ce qui reste sur cette terre n'est pas l'âme.

Mais les sous-produits du psychisme, des pensées résiduelles, des données.

J'agitai l'hysope et aspergeai de gouttelettes le fantôme pâle qui bloquait la porte.

Quand Salomon, fils de David, leva l'hysope, celle-ci devint l'hysope de l'eau bénite.

Les gouttes d'eau bénite touchèrent la fumée pâle.

Et ce fut tout.

Pas de grésillement de chose qui brûle, pas de cri d'agonie.

Elle perdit simplement ses forces, se dispersa et disparut.

La clochette ne sonna plus.

Drelin.

J'ouvris la porte, sortis, puis levai les yeux vers l'escalier qui menait au toit.

Je montai sans hésiter. Je n'avais pas peur.

Non que je sois particulièrement intrépide, mais parce que j'avais les moyens de résister.

Un Familier puissant, le savoir du Grimoire, la Magie.

L'obscurité n'était plus un lieu où quelque chose d'inconnu se cachait de moi.

Toc, toc, toc.

Je montai l'escalier et agitai l'hysope vers les deux fumées pâles rassemblées devant la porte du toit.

Cette fois encore, ce fut tout.

Ainsi, la série d'incidents qui avait usé un propriétaire d'immeuble et répandu la rumeur d'un immeuble hanté fut réglée par quelques gouttes d'eau salée faites en récitant une formule.

Je pris une légère et profonde inspiration.

« Hooo... »

Je ressentais un silence paisible, et non plus ce calme sinistre et contre nature.

Je comprenais enfin un peu la discipline de la Magie.

Tout comme Edison et Nikola Tesla avaient capturé la foudre de Dieu pour en faire de l'énergie,

un domaine capable de piller et d'exploiter les phénomènes étranges et l'inquiétant.

Voilà ce qu'était la Magie.

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