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Chapitre 7

Chapitre 7

5 novembre 2026 ~19 min · 3 645 mots

Le commandant du 3e ordre de chevalerie, Jereuth.

Il avait dit qu'il deviendrait mon épée.

À ces mots, je faillis laisser échapper un rire. C'était l'instant où, d'une manière ou d'une autre, j'avais obtenu la seule force capable de me sauver.

Pourtant, je fis de mon mieux pour ne pas le montrer. Je ne pouvais pas gâcher l'atmosphère en riant à un moment aussi important.

Au fait.

'Mon plan, hein...'

Jereuth m'avait demandé quel était mon plan. Or, pour l'heure, je n'avais aucun plan pour la suite.

Il y a encore quelques semaines, j'étais un étudiant tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Pour quelqu'un comme moi, trouver le moyen de persuader Jereuth avait déjà exigé toute ma matière grise.

Je n'avais donc pas eu le temps de réfléchir à la suite, et je n'étais pas assez malin pour en concevoir une sur-le-champ.

Mais je savais ce que je devais faire.

'Je dois réduire le pouvoir des nobles et accroître le mien. Et sur cette base, remettre ce royaume dans le droit chemin. Pour que la révolte du peuple n'ait pas lieu.'

Puisque je connaissais, grâce au <Journal du futur>, le résultat auquel je devais aboutir, il ne me restait plus qu'à concevoir le chemin pour y parvenir.

Ma réflexion achevée, je répondis calmement à Jereuth.

« Pour être honnête, je n'ai pas encore de plan. Je vais mettre de l'ordre dans mes idées et vous en ferai part au plus vite. D'ici là, rassemblez autant de forces fiables que possible, et le plus rapidement possible, commandant. »

« Entendu. Dans ce cas, j'attendrai. »

« Bien. Et... »

Après avoir réfléchi un instant, je regardai Jereuth et dis :

« Puisque vous êtes là, passez voir mon père avant de partir. Quand je lui ai demandé s'il y avait quelqu'un de confiance dans ce royaume, vous êtes la première personne que Sa Majesté a citée : il sera heureux d'apprendre que vous êtes venu le voir. »

Si je m'occupais du roi, ce n'était pour aucune autre raison. Simplement, j'avais le cœur lourd à l'idée que ce vieil homme meure seul dans une chambre obscure, sans que personne ne lui rende visite.

Une compassion que tout être humain devrait naturellement éprouver, je suppose.

Mais Jereuth ne répondit pas tout de suite.

« ... »

« Cela vous déplaît ? »

« Ce n'est pas que cela me déplaise. C'est seulement que... pour être franc, après que Sa Majesté a tout abandonné, je pensais couper les ponts avec lui. Il avait déjà le cœur tendre autrefois, mais j'ai été déçu de le voir devenir si faible et si servile. »

C'était exactement ce qui était écrit dans le journal de la reine.

« Mais savoir que Sa Majesté me faisait vraiment confiance... j'en suis navré. Je me dis que, peut-être, si Sa Majesté a sombré à ce point, c'est parce que je ne l'ai pas aidé... »

« Alors offrez-moi la loyauté que vous n'avez pas pu offrir à mon père. J'ignore ce que nous devrons faire à l'avenir, mais ce ne sera pas facile. »

« ... Entendu. »

En entendant la réponse grave de Jereuth, je hochai la tête.

Désormais, il ne me restait qu'à réfléchir à la manière d'utiliser la carte du « commandant du 3e ordre de chevalerie ».

« Je vais donc me retirer le premier. J'espère que vous prendrez votre temps avec mon père, commandant. »

Laissant Jereuth derrière moi, je sortis de la chambre de la reine.

***

Ma conversation avec Jereuth terminée, je récupérai aussitôt ma servante, Elly, dans la chambre du roi, et regagnai ma chambre.

Elly semblait curieuse de savoir de quoi j'avais parlé avec Jereuth, mais, sans doute incapable de se résoudre à poser la question, elle se contentait de me jeter des coups d'œil.

« Je vais vous ouvrir la porte. »

« Oui. »

Après avoir traversé le couloir et être arrivée devant ma chambre, Elly m'ouvrit poliment la porte.

'... Je suis épuisé.'

Mon corps me semblait peser une tonne. Mon front était brûlant. J'avais envie de tout laisser tomber et d'aller dormir sur-le-champ.

Mais je n'avais pas le temps de me reposer. Pas pour l'instant, du moins.

'D'abord, vérifions le <Journal du futur>. Maintenant que Jereuth a décidé d'être de mon côté, l'avenir a peut-être changé.'

Frrr.

Assis sur la chaise de la table, je sortis le <Journal du futur> et l'ouvris. Elly, debout près de la porte, me regardait en silence.

'Je veux consulter le <Journal du futur>. Je devrais d'abord faire sortir Elly un moment.'

« Elly. J'ai un peu faim, pourrais-tu m'apporter une collation légère ? »

À ces mots, Elly hocha poliment la tête.

« Entendu, Votre Altesse. Je vous l'apporte au plus vite. »

« Tu peux prendre ton temps. »

« Oui. Je reviens tout de suite, alors. »

Elly quitta la pièce. Dès que je m'en fus assuré, j'ouvris le <Journal du futur>.

D'abord, je vérifiai la toute dernière page, la partie où ma fin était écrite.

Mais.

'... Rien n'a changé.'

La fin écrite à la dernière page du <Journal du futur>.

Une révolte du peuple éclatait dans le royaume et, pour apaiser sa colère, les nobles m'envoyaient à la potence : cela restait inchangé.

La seule chose ajoutée était ceci.

Le commandant du 3e ordre de chevalerie, Jereuth, et son ordre firent tout pour me protéger, mais en vain.

'Vu cet ajout, je suis soulagé : il semble confirmé que Jereuth est de mon côté... mais il faut croire que le simple fait de rallier Jereuth ne change pas l'avenir. Ça veut dire que je dois provoquer un changement en profondeur ?'

Pfff.

Dans un soupir, je revins aux premières pages du <Journal du futur>, celles qui étaient les plus proches du présent, et les lus.

...

Je réussis à rallier à ma cause le commandant du 3e ordre de chevalerie, Jereuth.

Cependant, tout n'était pas réglé pour autant. À en juger par la dernière page du journal, ma fin restait terrible.

Au bout du compte, pour changer mon avenir, il semblait qu'il me faille affaiblir en profondeur le pouvoir des nobles et renforcer le mien.

Alors, dans ma chambre, je réfléchis longuement à « la manière de renforcer mon pouvoir ». Tout en mangeant la collation qu'Elly m'avait apportée.

...

Après avoir réfléchi jusqu'à ce que le soleil soit complètement couché, je dégageai quelques méthodes par lesquelles les monarques de l'histoire avaient renforcé l'autorité royale.

Premièrement, déclencher une guerre contre un autre pays en utilisant les soldats privés et l'argent des nobles, afin d'épuiser leurs forces.

Je ne pouvais pas y recourir pour l'instant. Je n'avais aucune justification valable pour déclencher une guerre, ni le pouvoir ou les moyens de persuader les nobles.

Et même si c'était possible, je ne pourrais pas, pour ma part, commettre la folie d'envoyer des soldats innocents sur le champ de bataille dans le seul but de m'emparer du pouvoir.

Deuxièmement, s'allier par mariage à une famille puissante et lui emprunter sa force.

Cette méthode aussi était inutilisable pour l'instant. Si j'épousais quelqu'un d'une famille puissante, cette famille se servirait de moi à sa guise avant que je puisse me servir de sa force, puis me prendrait tout.

Il existait plusieurs autres méthodes. Confier des territoires à la faction royaliste pour accroître sa puissance et, au bout du compte, la mienne, révoquer les titres de la faction des nobles, ou réduire leurs privilèges.

Mais pour l'instant, aucune n'était possible.

Dès lors, la dernière méthode restante n'était autre que « la purge ».

Le futur moi, après mûre réflexion, semblait avoir conclu que « la purge » était la seule voie.

Je ne pus retenir un soupir.

'Pfff... j'ai beau y réfléchir, il n'y avait pas d'autre moyen que la purge ?'

La purge. Éliminer littéralement toute l'opposition. C'était une méthode terrible et primitive, mais en réalité, c'était aussi la plus sûre et la plus puissante.

Le problème, c'est que si j'annonçais maintenant que j'allais purger la faction des nobles, celle-ci risquait de se soulever ouvertement. Même avec le commandant du 3e ordre de chevalerie de mon côté, il ne pourrait pas tenir tête aux forces de toute la faction des nobles.

D'ailleurs, les 1er et 2e ordres de chevalerie, des forces comparables au 3e ordre, ainsi que les ordres de chevalerie personnels des nobles, étaient toujours intacts. À proprement parler, mes forces étaient ridiculement faibles face à la faction des nobles.

'Même en laissant de côté le manque de forces, purger la faction des nobles, ça veut dire que je vais tuer des gens... est-ce que je suis capable de donner un ordre aussi terrifiant ?'

Je me posai la question et la réponse me vint aussitôt.

'... Non, je ne peux pas ordonner à la légère la mort de quelqu'un.'

Si j'hésite à tuer, ce n'est pas parce que je suis un saint ou quelqu'un au cœur extrêmement tendre. Je ne suis ni un saint ni un cœur tendre.

Je suis quelqu'un de tout à fait ordinaire.

Mais justement parce que je suis quelqu'un d'ordinaire, j'avais d'autant plus de mal à me résoudre à tuer quelqu'un.

N'importe qui d'ordinaire répugnerait naturellement à tuer.

'À quoi pensaient les rois de l'histoire qui ont mené des purges ? Acceptaient-ils sans sourciller de tuer d'autres gens pour leur propre pouvoir ? Ou bien ceux qui naissent rois sont-ils dotés d'une telle détermination ? Ou alors, c'étaient juste des psychopathes ?'

Des pensées confuses continuaient de me tourmenter, soulevant question sur question.

« ... Je deviens fou. »

Au moment même où je marmonnais tout seul.

Gratte, gratte, gratte.

Le <Journal du futur> se mit à s'écrire de nouveau.

...

Grâce au <Journal du futur>, je compris que la seule méthode possible pour l'instant était « la purge », mais je ne pouvais pas l'accepter à la légère. En tant qu'être humain tout ce qu'il y a de plus ordinaire, je ne pouvais pas élaborer un plan consistant à tuer des gens.

La petite conscience d'un homme moderne, je suppose. J'avais donc une conscience, moi qui gaspillais le plastique sans retenue.

Finalement, incapable d'aboutir à une conclusion satisfaisante, je décidai d'aller me promener. Je pensais qu'il valait mieux réfléchir en marchant tranquillement que de ressasser, enfermé dans ma chambre.

Et alors que je me promenais dans la brise d'avant l'aube...

Clac !

Kuaaaah !

Le claquement d'un fouet et un hurlement retentirent quelque part. Un bruit de fouet à l'intérieur du palais royal, en pleine nuit : naturellement intrigué, je me dirigeai vers l'origine du bruit.

En suivant le bruit du fouet, j'arrivai à la « cabane des jardiniers ». Et dans cette cabane... des dizaines de jardiniers étaient morts, fouettés par des nobles.

En voyant cela, je pus prendre une décision.

La décision que, dans ce monde, il était naturel de tuer autrui pour sa propre autorité.

Le contenu nouvellement écrit dans le <Journal du futur> s'arrêtait là.

'Je me promenais tard, avant l'aube, et en voyant les jardiniers fouettés à mort par les nobles, j'ai décidé de procéder à une purge... pourquoi ?'

Le <Journal du futur> décrivait avec force détails ce que j'avais déjà vécu, mais tout événement que je n'avais pas encore vécu, ne serait-ce qu'un peu, y était très condensé.

Le nouveau contenu apparu dans le journal à l'instant était de cette nature. La raison pour laquelle j'avais décidé de la purge n'y figurait pas ; il était seulement écrit : « Je décidai de la purge après avoir vu la mort des jardiniers. »

Bien sûr, je pouvais me dire simplement : « Bah, puisque le futur moi a décidé de la purge, je n'ai qu'à suivre. »

Mais honnêtement, tel que j'étais maintenant, l'idée de purger les nobles, de vivre en tuant des gens, ne me plaisait pas.

Je ne voulais pas me contenter de suivre ce qu'indiquait le <Journal du futur> sans y adhérer de tout cœur.

'D'abord, allons à la « cabane des jardiniers », celle qui a poussé le futur moi à décider de la purge. Si j'y vais, je comprendrai. Pourquoi j'ai décidé de la purge.'

Alors que je pensais cela.

Toc, toc.

« Votre Altesse, c'est Elly. J'entre. »

« Ah, oui. Entre. »

Après avoir frappé, Elly entra avec un plateau de sandwichs. Elle avait déjà apporté la collation, alors qu'elle n'était partie que depuis peu.

Retournant le <Journal du futur> pour le cacher, je m'adressai à Elly.

« Tu es déjà revenue. »

« Oui, Votre Altesse. Vous disiez avoir faim, alors je me suis un peu dépêchée. »

« Merci. C'est gentil de l'avoir apporté, mais est-ce que je pourrais le manger en me promenant ? »

« Une promenade... vous voulez dire ? »

Elly pencha la tête. Il était sans doute étrange que je veuille faire une « promenade », chose que je n'avais jamais faite jusque-là.

Mais ce ne fut qu'un instant : Elly sourit et dit :

« C'est un bon choix. Rester toujours enfermé n'est pas bon pour votre santé, je vais donc vous guider. »

« Bien. Je mangerai la collation à notre retour. »

« Entendu. »

Gargouillis.

'Le futur moi, après mille réflexions, a décidé de purger les nobles pendant une promenade à l'aube. Il vaut donc mieux que j'agisse plus vite que lui. Je dois avoir au moins un temps d'avance sur le futur moi pour changer vraiment l'avenir.'

Je me levai et me dirigeai vers la porte.

Pour aller me promener.

***

Pour la première fois depuis un mois que j'étais arrivé dans ce monde, je me rendis dans le jardin du palais royal.

Traverser ce paysage que je n'avais jamais vu que par la fenêtre avait quelque chose d'un peu nouveau.

Mais je n'avais pas le temps d'admirer le jardin.

Dès que je fus sorti dans le jardin, je demandai à Elly :

« Elly. Est-ce que par hasard tu sais où se trouve la « cabane des jardiniers » ? »

« Si vous parlez de la « cabane des jardiniers », elle se trouve sur le chemin de la Tour de magie. Pourquoi cette question ? »

« Je veux y aller. »

« À la cabane, vous voulez dire ? »

Elly pencha la tête, ne comprenant pas pourquoi je voulais soudain aller dans une cabane. Malgré tout, ayant sans doute décidé de suivre mes paroles, elle se mit à me guider.

« Puis-je vous montrer le chemin ? »

« Oui. »

Elly ouvrit la marche et me guida. Bientôt, une haute tour noire apparut au loin. Ce devait être la « Tour de magie » dont Elly avait parlé.

À mesure que nous approchions de la tour, Elly désigna un bâtiment en bois qui ressemblait à une écurie et dit :

« Voici la « cabane des jardiniers ». Mais, Votre Altesse, qu'avez-vous à faire là-bas ? »

« J'ai juste quelque chose à vérifier... »

Ce fut au moment précis où je parlais.

Clac !

« Uwaaaah !! »

« Le duc a donné un ordre ! Comment une chose comme toi ose-t-elle le refuser ?! »

Exactement comme c'était écrit dans le journal, le claquement d'un fouet et la voix rude d'un noble se firent entendre.

Mais la voix du noble n'était pas pleine de colère : on y percevait plutôt un plaisir subtil.

Clac !

'Ne me dis pas que... c'est déjà commencé ?'

Alors que je me dirigeais vers la cabane, Elly m'arrêta d'urgence.

« V-Votre Altesse ! Vous allez entrer dans la cabane ? »

« Oui. »

« Votre Altesse. Pardonnez mon impertinence, mais entrer dans un endroit pareil, c'est un peu... »

Elly parlait avec hésitation, comme si elle savait quelque chose. J'étais sur le point de lui demander ce qu'elle savait, mais je me dis que je découvrirais tout en entrant dans la cabane ; je ne posai donc pas la question et me dirigeai vers la cabane.

« ... Votre Altesse ! »

Elly me poursuivit d'urgence.

Quoi qu'il en soit, j'ouvris la porte de la cabane.

Ce que je vis alors... ce fut un homme d'âge mûr, un jardinier, au corps entièrement lacéré et éclaté à force d'avoir été fouetté.

Il était attaché par les deux bras et suspendu en l'air comme une pièce de viande dans une boucherie, la tête basse, sans le moindre mouvement.

Il semblait être mort.

À côté de lui, d'autres jardiniers étaient de même suspendus en l'air comme de la viande de boucherie, terrifiés à l'idée d'être fouettés.

L'odeur du sang, sans doute versé par l'homme déjà fouetté à mort, et l'odeur d'immondices emplissaient la cabane.

'Je suis arrivé trop tard... !'

« Beurk... ! »

Ce n'était pas l'odeur infecte qui me donnait la nausée. C'était ce châtiment d'une cruauté insoutenable.

Dans les films policiers, le jeune flic incapable de supporter une scène de crime atroce et pris de haut-le-cœur, je prenais ça pour un simple cliché de cinéma, mais en le vivant moi-même, je comprenais pourquoi.

« V-Votre Altesse. Vous allez bien ?! »

« ... Oui. »

D'un geste de la main, j'eus à peine la force de signaler à Elly, inquiète pour moi, que tout allait bien. Je retins de justesse l'envie de vomir et respirai profondément pour me calmer.

Fiou.

Alors, un groupe d'hommes tenant des fouets s'approcha de moi.

« Hmm ? Qu'est-ce qui amène Votre Altesse ici ? »

Le ton était poli, mais l'attitude ne trahissait pas la moindre trace de respect. Qui plus est, alors qu'il avait mis un homme dans un tel état à coups de fouet, son visage n'exprimait aucune culpabilité.

Au point même que j'aurais pu y lire du soulagement.

Rassemblant tant bien que mal mes esprits, je regardai l'homme au fouet et demandai :

« ... Je me promenais quand j'ai entendu un bruit de fouet et un hurlement, alors je suis venu. Que s'est-il passé pour que vous fassiez ça à cet homme, à ces jardiniers ? »

« « Ça » ? Ah. »

L'homme au fouet eut un petit rire et répondit :

« Le duc Vaimal m'a demandé de planter des lilas près de la fontaine du jardin. Le lilas est la fleur préférée de la jeune dame. J'ai donc ordonné au jardinier de s'en charger, et ce jardinier a osé désobéir à mon ordre en disant : « Les fleurs plantées près de la fontaine sont celles qu'aimait Sa Majesté la reine. Nous ne pouvons pas toutes les faire mourir.» »

« ... Alors vous avez fouetté un homme à mort ? Pour la simple raison qu'il n'a pas planté une fleur ? »

« N'est-ce pas évident ? Il a ignoré mon ordre, celui d'un noble, et qui plus est un ordre délégué par le duc ? »

« ... »

« Qu'y a-t-il ? J'ai simplement montré à un roturier l'autorité d'un noble. Désormais, aucun jardinier n'osera ignorer les paroles du duc et les miennes. S'ils le font, ils finiront morts comme lui. »

Le noble au fouet et le groupe qui l'entourait affichaient un calme parfait.

Je ne savais pas pourquoi, mais je trouvai cela extrêmement désagréable. Exaspérant. J'avais la poitrine serrée.

Je vais être honnête. J'étais en colère.

Crisp...

Je serrai le poing si fort que mes ongles s'enfoncèrent dans ma paume et la firent saigner.

'La vie d'un homme... vous tuez un homme pour une raison pareille ?'

C'était la vie d'un homme. Elle ne pouvait pas être légère. Non, elle ne devait pas l'être. C'était un bon sens qui devait valoir à toutes les époques, dans tous les mondes. D'ailleurs, si je traversais toutes ces épreuves, c'était justement « parce que je voulais vivre ».

Mais ces salauds traitaient la vie comme si elle n'était rien.

Soudain, je me rappelai mes réflexions de tout à l'heure sur « la purge ».

'... Je pensais que tuer des gens était mal. Parce que c'est ce qui est normal. C'est pour ça que j'étais curieux de la psychologie des rois qui ont mené des purges.'

Mais peut-être que cette curiosité même était une erreur.

Comme ce noble sans nom devant moi, qui avait fouetté un jardinier à mort pour une raison futile, n'importe qui pouvait tuer facilement pour sa propre autorité et ses propres fins.

Les rois comme les nobles.

'... Oui. C'était donc ça. Les rois de l'histoire voyaient la purge comme un simple moyen d'arriver à leurs fins.'

Dire que c'était aussi simple : je me sentis bien bête d'avoir tant tergiversé tout seul.

Le futur moi avait-il connu les mêmes hésitations ?

'Bien sûr, ça ne veut pas dire que je tuerai n'importe qui juste pour vivre. Je suis quelqu'un d'ordinaire, avec au moins un minimum d'humanité.'

Mais.

'Au minimum, ce genre de nobles, je les tuerai sans pitié. Pour ma vie et pour mon avenir.'

Grâce à cet incident, je pus arrêter la méthode pour « renforcer l'autorité royale ».

La mort d'un seul homme avait suffi à faire naître ces pensées ; je n'osais imaginer quelle résolution le futur moi avait dû prendre après avoir vu des dizaines de jardiniers tous morts.

Mais une chose était sûre : la décision du futur moi et la mienne, à cet instant, étaient les mêmes.

Fixant d'un regard noir les nobles qui tenaient leurs fouets en ricanant, je fis un serment.

'Je vais les purger. Ces ordures.'

Et.

'À Rome, fais comme les Romains, dit le proverbe. En ce moment, je suis un prince héritier faible qui ne peut survivre qu'en s'emparant du pouvoir. Pour quelqu'un comme moi, il n'y a pas de temps à perdre avec une chose aussi futile que la conscience d'un homme moderne.'

Je ne serai pas regardant sur les moyens et les méthodes.

Même si cela va à l'encontre de ma conscience.

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