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Chapitre 3

Chapitre 2

15 octobre 2026 ~12 min · 2 393 mots

Je n'arrivais pas à y croire. Ou peut-être que je ne voulais pas y croire.

Mourir pendu, sacrifié par les nobles pour apaiser la colère des citoyens en furie : qui au monde voudrait y croire en apprenant une telle fin ?

'… Ce n'est pas réel. Ça ne peut pas l'être.'

Et pourtant, pourquoi ? J'avais le pressentiment que ma fin, écrite à la dernière page du <Journal du futur>, se réaliserait.

'Et… à bien y penser, ce n'est pas faux. La plupart des princes héritiers sans pouvoir qui ont vécu dans l'ombre parce qu'ils ne voulaient pas mourir finissent par être utilisés par les nobles et connaître une triste fin.'

Je le savais, car je connaissais l'histoire mieux que la plupart des gens, sans pour autant mériter le titre de passionné. Mais, exactement comme l'écrivait la dernière page du journal, je n'avais jamais pensé à cette évidence jusqu'ici.

'… Non, je refusais d'y penser. Parce que je n'avais ni le courage ni la volonté de tenir tête aux nobles…'

Parce qu'il y a encore quelques semaines, je n'étais qu'un étudiant ordinaire, sans rêve ni but particulier, qui voulait devenir fonctionnaire, l'objectif de la plupart des étudiants en administration publique.

Parce que j'étais un « homme du peuple » qui souhaitait une vie s'écoulant comme l'eau, je ne voulais pas tenir tête au pouvoir.

Alors, sans même m'en rendre compte, je m'étais trouvé une excuse pour ne pas affronter le pouvoir.

Car l'être humain trouve toujours un moyen quand il veut faire quelque chose, et une excuse quand il ne le veut pas.

'Malgré tout… j'espère que ce n'est pas vrai. J'espère vraiment que ce n'est pas vrai.'

Après avoir relu plusieurs fois la dernière page du <Journal du futur>, je revins au début.

Je vis alors qu'un nouveau contenu y avait été ajouté.

… Dans le <Journal du futur>, j'ai vu la fin où je suis exécuté par pendaison. J'ai désespérément souhaité que ce ne soit pas vrai, mais, je ne sais pourquoi, je n'ai pas pu nier que c'était l'avenir qui m'attendait.

J'avais la tête en vrac. Comment rester calme quand une telle épreuve m'était imposée, à moi, un étudiant ordinaire qui visait une vie plus ordinaire encore ?

'Malgré tout… j'espère que ce n'est pas vrai. J'espère vraiment que ce n'est pas vrai.'

Sur cette pensée, j'ai relu le début du journal. Un nouveau contenu, ou plus exactement mes pensées et ma situation du moment, y était de nouveau écrit.

Alors que je lisais le livre, Elly m'a appelé pour le déjeuner. Son expression, inhabituellement radieuse, m'a intrigué ; si elle rayonnait ainsi, c'est qu'elle avait préparé un déjeuner plutôt somptueux aujourd'hui.

Elly, qui s'était toujours désolée de me voir manger des repas maigres, semblait heureuse de pouvoir servir un repas digne d'un prince héritier.

Le menu du jour, d'après Elly, c'était un « steak ». Et pas n'importe quels fruits de mer : un steak grillé taillé dans la chair du souverain des mers, qu'on appelait le « Drake des mers ».

D'après Elly, le cuisinier l'avait préparé lui-même et lui avait dit de me l'apporter.

J'avais hâte d'y goûter, car c'était un mets que je n'avais encore jamais essayé.

Et quand je l'ai mangé, c'était assez délicieux.

Mais cette nuit-là, j'ai eu un terrible mal de ventre. Pour ce corps, celui du « prince héritier Leonardo », déjà faible, un mal de ventre n'était pas quelque chose qu'on pouvait simplement endurer et surmonter.

Je n'ai pas pu dormir correctement pendant plus d'une semaine…

C'était de nouveau écrit. Ma situation actuelle, exactement telle qu'elle était.

'Mais le passage sur le déjeuner, c'est quelque chose qui n'est pas encore arrivé…'

Au moment même où je pensais cela.

« … Votre Altesse ! »

J'entendis la voix enjouée d'Elly derrière moi. Absorbé par le livre, je sursautai et me retournai.

Elly avait une expression inhabituellement radieuse, mais elle baissa vite la tête, sans doute désolée de m'avoir fait peur.

« J-je vous demande pardon. Je vous ai appelé, mais vous ne répondiez pas. »

« Ah… Ce n'est rien. C'est déjà l'heure du déjeuner ? »

« Oui. Et, Votre Altesse ! Le déjeuner d'aujourd'hui va vous plaire ! »

Me plaire ?

… Ce n'est pas possible.

« J'ai eu la chance d'obtenir de la viande de "Drake des mers" et d'en griller un steak. C'est une viande vraiment précieuse ; le nouveau cuisinier l'a préparée et me l'a remise en me disant de vous l'apporter, Votre Altesse ! »

« …… »

« Votre Altesse ? »

Elly, qui s'attendait sans doute à me faire plaisir, me regarda, interdite, quand mon expression se durcit.

Sans m'occuper d'elle, je relus le journal.

… Mon Dieu, ce <Journal du futur> disait vrai.

Elly m'a préparé un steak de « Drake des mers ».

Mon expression s'est alors durcie, et Elly m'a regardé, les yeux écarquillés de stupeur.

Du point de vue d'Elly, elle avait fait de son mieux pour me le préparer, mais je suis désolé de le dire : je n'avais plus du tout d'appétit.

Ce n'était pas parce que je savais que ce steak de « Drake des mers » me donnerait mal au ventre.

C'était simplement parce que j'avais eu la confirmation que ce <Journal du futur> était réel. Ce journal-là, entre tous, où ma mort atroce était gravée dans le marbre.

'… Qu'est-ce que je dois faire ?'

J'ai refermé le livre et j'ai réfléchi. Je…

……

Toc.

Dès que j'eus lu cela, je refermai le livre et réfléchis.

'… Qu'est-ce que je dois faire ?'

Je ne veux pas y croire, mais ce <Journal du futur> est réel. Et il contient la fin où les nobles se servent de moi et où je meurs.

Sachant cela, je ne peux pas rester sans rien faire. Il faut que je bouge. Comme l'a pensé avec regret « mon moi du futur » à la fin du journal, je dois m'emparer du pouvoir et remettre ce royaume dans le droit chemin.

C'est ma seule chance de survivre.

« … Elly. »

« Oui, Votre Altesse ? »

« Je te suis sincèrement reconnaissant de te donner tant de mal pour moi, mais je n'ai pas très faim. Je vais sauter le déjeuner. »

« … Pardon ? V-Votre Altesse, qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Ne me demande pas pourquoi, Elly. Prépare-moi juste un petit en-cas avec les ingrédients que tu utilises d'habitude. Un sandwich fera l'affaire, ou même un peu de pain. »

« Votre Altesse, si vous ne mangez que ça, votre santé va en pâtir. Vous êtes déjà si faible… »

« Elly, c'est un ordre. »

« …… »

« Et débarrasse-toi de ce steak, s'il te plaît. Tu peux le laisser à quelqu'un d'autre s'il veut le manger, mais toi, Elly, tu ne dois surtout pas en manger. »

« Vous me demandez de jeter le steak de Drake des mers… ? »

Elly me posa la question, les yeux écarquillés, comme si elle ne comprenait pas. À voir sa réaction, la viande de « Drake des mers » devait être extrêmement précieuse.

'À bien y penser, j'ai dû lire quelque chose là-dessus dans l'encyclopédie des monstres. Il était écrit que les drakes passaient pour les descendants de la bête divine mythique, le « dragon », que leur cuir et leurs os étaient des matériaux de premier choix pour les armes et les armures, et que leur chair avait un goût qui dépassait l'imagination.'

À y réfléchir, il était impossible que le cuisinier m'offre de la viande de « Drake des mers » normale, à moins d'être fou. Il savait sans doute que la viande était avariée ou avait un problème et, comme c'était dommage de la jeter, il l'avait donnée à Elly en jouant les généreux. À moins que ce ne soit à l'instigation des nobles, pour se jouer de moi.

Les nobles comptaient peut-être s'amuser de me voir, moi, le prince héritier, souffrir du ventre après m'être régalé d'un ingrédient précieux que je n'avais jamais goûté.

'Ce genre de mauvaise plaisanterie, je peux le laisser passer. Non, j'aurais pu. Mais maintenant, c'est différent.'

J'avais vécu en ravalant ma fierté pour survivre.

Même en République de Corée, j'avais grandi dans une famille pauvre et subi toutes sortes d'abus de pouvoir depuis mon enfance, à l'école comme dans mes petits boulots, et même alors, j'avais vécu sans faire de vagues pour survivre.

Mais si le résultat, c'est de finir en sacrifice des nobles et de mourir pendu, c'est une autre histoire.

'… Il faut que je change l'avenir. Je ne veux pas mourir. Je préfère vivre comme un asticot que mourir comme un imbécile. Mieux vaut se rouler dans la crotte de chien en ce monde que d'être mort.'

La réflexion avait été longue, mais la décision fut rapide et simple.

Ce que je devais faire à présent, c'était donc m'emparer du pouvoir en suivant la méthode que m'avait indiquée mon moi du futur.

Je regardai Elly, toujours plantée là, l'air hébété, et dis :

« Elly, je te suis sincèrement reconnaissant d'avoir cuisiné pour moi des ingrédients aussi précieux. Mais cette fois, il faut que tu me fasses confiance. »

« … Votre Altesse. »

« Et plus que la cuisine du cuisinier, c'est la tienne que je veux manger. Elle me convient mieux. Alors, s'il te plaît, cuisine pour moi. »

À ces mots, Elly écarquilla les yeux et cligna des paupières. Elle avait une drôle d'expression.

Puis, fuyant mon regard, elle dit d'une voix gênée :

« Ah, c-compris. Alors je vais cuisiner à nouveau et je vous l'apporte… ! »

Tap tap !

Comme une jeune fille qui venait de déclarer sa flamme à son aîné, Elly quitta les lieux en toute hâte. Dès que je la vis partir, j'ouvris le <Journal du futur> et le lus.

'La fin… n'a pas changé.'

Apparemment, le fait de ne pas manger le plat de « Drake des mers » n'avait pas changé l'avenir : ma fin restait l'exécution par pendaison.

La fin n'avait pas changé, mais je me demandai si un nouveau contenu n'avait pas été écrit au milieu, et je parcourus rapidement le milieu du journal.

Alors, chose surprenante, dans un passage qui était resté vierge l'instant d'avant, quelque chose était écrit. Quelques lignes courtes.

……

Un moyen de tenir les nobles en respect et de bâtir mon pouvoir.

Assis à la bibliothèque, j'ai réfléchi, mais je n'ai trouvé aucune méthode adaptée. C'était bien normal : je n'étais qu'un prince héritier maladif, sans le moindre pouvoir.

J'ai donc décidé d'aller voir la seule personne en qui je pouvais avoir confiance, au moins dans une certaine mesure, le « roi », pour lui demander conseil. Heureusement, le roi m'a donné un conseil sincère, et nécessaire.

'Demander conseil au roi, hein…'

J'ignorais quel conseil mon moi du futur avait reçu du roi. Mais mon moi du futur l'avait jugé nécessaire.

Autrement dit, quoi qu'il arrive, je devais moi aussi aller voir le roi.

« Ouf… je suis fatigué. »

J'avais la tête brûlante et le corps mal à l'aise d'avoir trop réfléchi. C'était peut-être parce que ce corps était si faible, ou peut-être que de telles pensées pesaient trop sur l'esprit d'un garçon de douze ans.

Mais je ne pouvais pas me reposer pour autant.

Il fallait que je réfléchisse. À un moyen de prendre le pouvoir.

Avant cela, je devrais sans doute d'abord aller voir le roi et lui demander conseil.

Le temps passa ainsi.

***

Vingt ou trente minutes plus tard.

Elly m'apporta un repas. Le même pain, la même soupe et le même jus de fruits qu'elle préparait d'habitude.

Tandis que je dévorais le tout, affamé, Elly prit la parole d'une voix hésitante.

« Euh… Votre Altesse. Je suis désolée de vous déranger pendant votre repas, mais je me sens obligée de vous le dire. »

« Je t'écoute. »

« Je préparais le repas de Votre Altesse dans la salle à manger, et le cuisinier m'a interrogée. Il m'a demandé ce qu'il était advenu de son plat et pourquoi c'était moi qui cuisinais. »

« Continue. »

« Ah… oui. Alors je lui ai dit que Votre Altesse préférait manger ma cuisine plutôt que la sienne. Il s'est mis en colère. Il a dit : "Comment oses-tu délaisser mon plat, fait avec des ingrédients offerts par le comte Talon, pour manger la cuisine d'une simple servante !"… »

Le cuisinier s'est mis en colère, hein.

« Contre moi ? Ou contre toi, Elly ? »

« … Contre nous deux. »

Qu'un cuisinier s'emporte contre une décision du prince héritier, ce serait impensable dans un royaume normal. Mais dans le royaume de Plank, c'était possible.

'Ça veut dire que même les domestiques me méprisent. Je le savais, mais je n'ai vraiment aucun pouvoir.'

Dans une situation pareille, que faire pour reprendre le pouvoir ? Une méthode ordinaire serait loin de suffire.

En tout cas, pour l'instant, je devais cacher mes griffes et mes crocs. Inutile d'alerter les nobles en leur montrant que j'avais changé, et d'éveiller leurs soupçons.

Glou…

Après avoir vidé mon jus d'un trait, je dis à Elly :

« Plus tard, dis au cuisinier que je lui présente mes excuses. Que je ne me sentais pas bien aujourd'hui, et qu'un plat aussi lourd qu'un steak était difficile à avaler. »

« … Votre Altesse. Tout de même, que vous présentiez des excuses à un domestique… »

« Fais-le, s'il te plaît. Ce n'est pas une demande, c'est un ordre. »

Elly se mordit fort la lèvre inférieure, puis baissa la tête, désemparée.

« J'ai… compris. Je ferai comme vous le dites, Votre Altesse. »

« Merci. »

Au fait.

'Alors cette viande de Drake des mers venait du comte Talon. Je n'ai jamais entendu ce nom, mais ce doit être un membre acharné de la faction des nobles.'

À strictement parler, il n'existait pas de faction royaliste parmi les nobles de ce royaume. Ils appartenaient tous à la faction des nobles.

Ce n'était pas une nouveauté.

'Malgré tout, je devrais retenir ce nom.'

Après un instant de réflexion, je mangeai le dernier morceau de bacon et demandai à Elly :

« J'ai l'intention de voir Sa Majesté. Veux-tu bien m'y conduire ? »

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