Un jour, j'ouvris les yeux sur un plafond inconnu. Un plafond orné d'un lustre ancien, de ceux qu'on voit dans les films qui se passent au Moyen Âge.
Quand je le vis pour la première fois, je crus rêver. Après tout, je ne pouvais pas accepter comme si de rien n'était de m'être réveillé en plein Moyen Âge.
Mais le temps avait beau passer, rien ne changeait…
Au bout du compte, je n'eus d'autre choix que de l'admettre. Pour une raison ou une autre, j'avais atterri dans un autre monde.
Puisque j'étais de toute façon arrivé dans un autre monde, j'aurais aimé être promis à une vie paisible et douillette, mais ce ne fut pas le cas.
Car j'étais le prince héritier maladif du royaume de Plank, un royaume où l'autorité royale était introuvable et où la noblesse tenait tout.
Au début, ce destin me plongea dans le désespoir. Devenir, entre toutes choses, le prince héritier d'un tel royaume… Pour moi qui n'avais été qu'un étudiant ordinaire, l'épreuve était trop lourde.
Pourtant, je m'endurcis et tâchai de voir le bon côté des choses. Je me dis que, même si je devais passer toute ma vie à marcher sur des œufs devant les nobles, cela valait toujours mieux que d'être un soldat envoyé en première ligne comme bouclier humain, ou un esclave.
Je m'efforçai donc de vivre sans faire plus de bruit qu'une souris. En prince héritier qui n'irritait pas la noblesse et ne dérangeait personne. Pourvu que je puisse vivre en paix, j'étais prêt à céder le trône à n'importe quel noble.
Oui, j'avais bien l'intention de vivre ainsi, discrètement.
Jusqu'à ce que j'apprenne quel serait mon avenir.
C'est-à-dire, jusqu'à ce que je découvre le <Journal du futur>, dans lequel était écrite ma mort.
