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Chapitre 1

Chapitre 1 — Réveil après la renaissance

27 septembre 2026 ~8 min · 1 406 mots

« Grrr… »

Tôt le matin, Lu Qing fut réveillé par les gargouillements de son estomac.

Sentant la faim lui tenailler le ventre, il soupira et se frotta l'estomac.

« Tu as beau faire tout ce raffut, où veux-tu que je trouve à manger maintenant ? »

Il jeta un regard autour de lui, sur cette masure qu'on pouvait à peine appeler une maison, et eut un sourire amer.

D'autres avaient sans doute transmigré sans encombre, et lui n'arrivait même pas à se remplir l'estomac. C'était quoi, cette situation ?

Cela faisait maintenant deux jours qu'il était alité.

Deux jours plus tôt, en ouvrant les yeux, Lu Qing s'était retrouvé dans ce monde inconnu.

Vêtu de haillons, n'ayant que la peau sur les os, il était même redevenu un adolescent.

Au bout d'un moment, Lu Qing avait fini par comprendre sa situation.

Il avait transmigré.

Il s'était réincarné dans un jeune homme qui venait de perdre ses deux parents. Après avoir vendu les biens de la famille pour payer leurs funérailles, le garçon n'avait pas survécu à une nuit glaciale, trop faible de corps et accablé de chagrin.

Pour le propriétaire d'origine, c'était peut-être une forme de délivrance.

Ce fut la première pensée de Lu Qing après avoir accédé aux souvenirs qui peuplaient son esprit.

Survivre dans ce monde quand on était adolescent était bien trop difficile.

La mort n'était pas forcément une mauvaise chose.

Cependant…

« Grand frère, tu es réveillé ! »

Soudain, un cri enthousiaste interrompit les pensées de Lu Qing.

Il tourna la tête et vit une fillette de cinq ou six ans, debout sur le seuil, un objet gris entre les mains, qui le regardait le visage rayonnant de joie.

La fillette courut jusqu'à lui. « Grand frère, tu te sens mieux ? »

« Oui, ça va mieux maintenant, Petite Yan. Tu n'as plus à t'inquiéter », répondit Lu Qing avec un sourire.

« C'est super, grand frère, tu vas enfin mieux ! » En l'entendant dire qu'il allait bien, la fillette eut les yeux rougis, et des larmes roulèrent sur ses joues. « Ces deux derniers jours, ton visage était tout rouge et brûlant, et tu n'arrêtais pas de dire que tu avais froid. Je ne savais pas quoi faire, tu ne répondais pas même quand je t'appelais très fort, j'ai cru que tu allais m'abandonner comme papa et maman ! »

La voir pleurer serra le cœur de Lu Qing.

Ces deux derniers jours, il avait fusionné avec les souvenirs de son esprit et avait semblé plongé dans le coma. Il percevait vaguement les bruits extérieurs, mais sa conscience ne parvenait pas à rester claire.

Hormis quelques brefs réveils, il avait sombré à chaque fois dans l'inconscience.

Il avait entendu confusément les pleurs et les cris de la fillette, sans pouvoir lui répondre.

Lu Qing tendit la main et ébouriffa ses cheveux jaunes et secs. « C'est ma faute, Petite Yan. Je te promets que je ne tomberai plus malade. Est-ce que ça t'empêchera de t'inquiéter ? »

« Oui ! » Petite Yan se fendit d'un sourire et tendit sa petite main. « Alors, on fait une promesse du petit doigt. »

Lu Qing tendit son auriculaire, et ils entrelacèrent leurs doigts.

« Petit doigt crochu, cent ans sans changer, celui qui trahit est un petit chien ! »

La promesse faite, Petite Yan se sentit aussitôt plus joyeuse.

Dans sa petite tête, puisqu'ils avaient fait une promesse du petit doigt, plus rien ne changerait, et son frère ne tomberait plus jamais malade.

« Petite Yan, qu'est-ce que tu tiens dans ta main ? »

Ce fut seulement à ce moment-là que Lu Qing remarqua l'objet dans la main de la fillette.

« C'est un petit pain vapeur, grand frère, tu ne le reconnais pas ? » Petite Yan souleva l'objet gris à deux mains et le tendit à Lu Qing, tout excitée. « C'est Grand-père Zhang, le voisin, qui me l'a donné. Petite Yan ne voulait pas le manger toute seule, alors j'ai voulu le rapporter pour le partager avec toi. Je viens juste de rentrer et j'ai vu que tu allais mieux. »

« Un petit pain vapeur ? »

Lu Qing regarda l'objet terne, très différent des petits pains dont il se souvenait.

Mais sachant qu'il se trouvait désormais dans un autre monde, il se rasséréna.

Si le monde lui-même avait changé, rien d'étonnant à ce que les petits pains soient différents.

Tandis qu'il y réfléchissait, son regard s'attarda quelques secondes sur le petit pain gris, et soudain, une ligne de texte apparut.

« Petit pain de céréales grossières : fait de son de riz, de farine de blé et de légumes sauvages, valeur nutritive limitée. »

Au même moment, le petit pain se mit à émettre une lueur grise.

Qu'est-ce que c'était que ça ?

Lu Qing cligna des yeux et constata que le texte flottait toujours au-dessus du petit pain gris sans disparaître.

On aurait dit que ce n'était pas une illusion…

Avant que Lu Qing ne puisse creuser la question, Petite Yan porta le petit pain gris jusqu'à ses lèvres.

« Grand frère, mange-le. Tu viens juste de guérir, et Grand-père Chen a dit qu'il faut manger quelque chose de nourrissant après avoir été malade. »

Sentant une faim dévorante lui envahir le corps à l'odeur de céréales du petit pain, Lu Qing, affamé, ne fit pas de manières. Il prit le petit pain, en déchira la moitié et la rendit à Petite Yan.

« Tiens, mangeons ensemble. »

Il n'avait pas oublié que la petite avait dit un peu plus tôt qu'on lui avait donné ce petit pain et qu'elle voulait le partager avec lui.

Contre toute attente, Petite Yan secoua la tête et repoussa la moitié dans la main de Lu Qing. « Mange, grand frère, Petite Yan n'a pas faim. Tu dois manger plus pour que ton corps guérisse plus vite. »

Elle avait beau dire cela, Lu Qing la vit distinctement déglutir malgré elle en lui rendant le pain.

Contemplant ses cheveux d'un jaune pâle, il fut pris de pitié et replaça une nouvelle fois la moitié dans sa main.

« Grand frère vient juste de guérir, il ne doit pas trop manger d'un coup, sinon il aura mal au ventre. Alors c'est toi qui manges cette moitié. »

« C'est vrai ? » Tenant la moitié de petit pain, Petite Yan pencha la tête. « Mais ce n'est pas tout à fait ce qu'a dit Grand-père Chen. »

« Quand on se remet d'une grave maladie, il faut éviter de trop manger. Si tu ne me crois pas, tu pourras demander à Grand-père Chen la prochaine fois si c'est vrai », dit Lu Qing.

« D'accord. » Petite Yan hocha la tête sans vraiment comprendre.

Elle ne se rendait pas compte qu'un petit pain de céréales grossières était bien loin d'un excès de nourriture.

Lu Qing en profita pour l'amadouer : « Puisque je ne peux pas le finir, mangeons-le ensemble, Petite Yan. S'il refroidit, il ne sera plus bon. »

« D'accord ! » Petite Yan hocha vigoureusement la tête. « Puisque grand frère ne peut pas finir, Petite Yan va l'aider. »

Le frère et la sœur grignotèrent ainsi joyeusement leur moitié de petit pain.

Lu Qing eut bientôt fini la sienne. La sensation de vide dans son estomac s'apaisa enfin avec ce peu de nourriture, et une chaleur se répandit depuis son ventre, lui redonnant des forces.

À vrai dire, le petit pain n'avait pas très bon goût, mais il était consistant et loin d'être petit.

Même avec une moitié seulement, la faim de Lu Qing s'était légèrement atténuée, et il ne se sentait plus étourdi et faible comme avant.

Voyant Petite Yan grignoter encore consciencieusement, Lu Qing ne la dérangea pas et reporta son attention sur autre chose.

Il se souvenait de la ligne de texte apparue sur le petit pain.

Après réflexion, Lu Qing se leva, alla jusqu'à la table et prit un bol ébréché.

Il le plaça devant ses yeux et l'observa en silence.

Au bout de quelques secondes, il vit une couche de lumière grise apparaître sur le bol, accompagnée d'une ligne de texte.

« Bol en terre cuite ébréché : un bol en terre cuite abîmé qui semble un peu sale. »

C'était exactement ce qu'il soupçonnait, et un sourire se dessina sur le visage de Lu Qing.

Fin du chapitre 1
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