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Chapitre 7

Chapitre 7 - Comment survivre en tant que second fils d'une famille noble de mages (7)

19 octobre 2026 ~13 min · 2 454 mots

À ma réponse, Leo se plaça aussitôt à l'autre bout de la salle d'entraînement et prit position.

Il dégaina sa baguette et adopta une garde simple.

Cette posture me rappela celles de père et du hyung, que j'avais entraperçues quand j'étais petit.

'Je me souviens que notre famille avait elle aussi son propre style.'

Je savais comment faire, mais je n'avais pas spécialement envie de suivre la méthode de la famille.

Je me contentai d'un hochement de tête désinvolte et ajustai ma prise sur la baguette.

'... !'

Avant même que je m'en rende compte, la magie de Leo était juste devant mon visage.

Par réflexe, je pivotai sur le talon et fis un pas de côté.

Kwaang !

L'attaque de l'Antagoniste détruisit en partie le mur de la salle d'entraînement, et des débris s'écrasèrent au sol.

À cette vue, une sueur froide me perla au front.

'Impressionnant.'

Si j'avais été ne serait-ce qu'un peu plus lent, je l'aurais prise de plein fouet.

Ce n'est pas le genre à user de coups bas pour gagner. Même s'il avait lancé son attaque juste après mon salut, avoir une telle vitesse...

Je n'arrivais même pas à imaginer les efforts qu'il avait fallu à quelqu'un sans talent suffisant pour atteindre ce niveau.

En vérité, affronter Leo au combat était irréaliste dès le départ.

Luca n'avait pas pu utiliser de vraie magie depuis près de dix ans. Si exceptionnel que soit un talent, quand on ne le cultive pas, c'est comme s'il n'existait pas. Même sans talent, Leo n'avait rien de comparable avec lui : il avait passé dix ans concentré sur la seule magie, à courir comme un fou vers cet unique but.

Mais rien de tout ça n'a d'importance.

Je ne suis pas là pour gagner, mais pour rallier Leo à ma cause.

« Tu esquives ? »

Comme s'il s'y attendait, Leo lança des attaques qui m'encerclèrent.

Tandis que les attaques bleues se déployaient autour de moi, j'eus l'impression d'être plongé sous l'eau.

« Ugh ! »

Je déployai un minimum de mana pour bloquer les attaques, mais certaines percèrent la barrière et me piquèrent la peau.

La puissance était assez forte pour être insupportable, mais...

'J'ai l'impression qu'il ne s'y est même pas encore mis sérieusement.'

Attaque-moi pour de bon. C'est là que je me lâcherai.

Ce que ce salaud veut, c'est que j'utilise une vraie magie.

Comme je connais son désir inavoué, la véritable issue de ce duel était décidée depuis longtemps.

Kwaang ! Bang !

Je parai tant bien que mal d'innombrables attaques qui semblaient destinées à disperser ma concentration.

Je pourrais tenter de forcer le passage en puissance, comme Leo le souhaite, mais c'est trop tôt.

Il me suffit de tenir encore un peu.

Comme je ne faisais que me défendre sans lancer de vraie attaque, Leo parla d'une voix chargée de mépris.

« Qu'est-ce que tu cherches à faire au juste, en t'avançant ? Tu comptes juste perdre ton temps ici et repartir ? »

Bien vu.

Je ne répondis pas, me contentant de sourire.

Bien sûr, je n'avais pas besoin de répondre : le moment arriva vite.

Leo fit rouler sa baguette entre ses doigts, la tendit de toute sa longueur et frappa le sol.

Kwaang !

Des lianes épineuses m'attaquèrent de toutes parts et entravèrent mes mouvements. Des tiges enroulées autour des manches de ma veste tentaient d'atteindre ma baguette.

Comme pour en finir maintenant que ma retraite était coupée, ma vision s'illumina de nouveau.

'Ça devrait être le bon moment.'

Crac !

J'arrachai mon bras aux épines de toutes mes forces et pointai ma baguette sur l'Antagoniste.

Je tirai de mon cœur la puissance maximale. En libérant mon bras, les épines de l'Antagoniste qui s'étaient plantées dans ma chair annulèrent une partie du mana qui circulait dans mes vaisseaux sanguins.

Mais la magie avait déjà été lancée.

Le temps qu'il avait fallu pour que ma veste se déchire avait freiné la magie de l'Antagoniste.

Kwaang !

Un grondement de tonnerre éclata là où l'attaque de Leo rencontra la mienne. Une épaisse poussière s'éleva des murs et du sol détruits de la salle d'entraînement.

Mais...

'Une contre-attaque aurait déjà dû arriver, non ?'

Ne me dis pas que...

Lorsque je chassai la poussière d'un geste de baguette, je vis Leo effondré au sol, la main sur le front.

« ... ! »

Il n'avait pas esquivé.

Une légère odeur de sang me piqua le nez.

Je laissai échapper un rire creux.

'Je m'y attendais, mais je ne pensais pas qu'il allait vraiment encaisser sans broncher.'

Dès le début, la raison pour laquelle l'Antagoniste m'avait provoqué, c'était pour me voir utiliser la magie de toutes mes forces.

Je me doutais donc qu'il ne se soucierait guère de l'issue de notre pari, mais quand même, prendre le coup de plein fouet... ce n'est pas un fou ordinaire.

« Hé, ça va... »

« ... Ha. »

Leo laissa échapper un rire creux et se redressa lentement.

J'examinai rapidement son état. Par chance, mis à part son front écorché en heurtant le sol, il ne semblait blessé nulle part ailleurs.

'Mon attaque a dû être presque entièrement annulée par celle de l'Antagoniste.'

« Haha, ha... Oui, c'est ça. C'est ça ! »

Leo, la main sur son front ensanglanté, éclata de rire.

À l'instant où je croisai cette expression, un frisson me parcourut l'échine.

« Qu'est-ce que... »

« Voir ça, revoir ça... Moi, vraiment... combien j'ai attendu ce jour... À ce rythme, je ne pourrai bientôt plus te suivre. Comme prévu, tu as gagné. Tu as gagné. »

L'Antagoniste tenta de se relever en titubant, puis s'effondra de nouveau. Même ainsi, il continuait de rire comme s'il lui était arrivé quelque chose de merveilleux. C'était un spectacle franchement choquant.

J'avais envie de refermer la porte et de partir sur-le-champ, mais comme c'était arrivé à cause de mon attaque, je ne pouvais pas abandonner ce gamin ici.

Je m'approchai et glissai mon bras sous son épaule pour l'aider à se relever.

« ... Hé. Désolé. Tu as l'air un peu dérangé, alors dépêchons-nous de te faire soigner. »

« Non, encore. Utilise encore de la magie. »

'Espèce de malade.'

« Hein ? J'encaisserai autant de coups que tu voudras. Non, non, ce n'est pas ça. Je t'en supplie. Je n'arrive pas à croire que ce que j'ai vu était réel. Alors je t'en prie, juste une fois de plus. Si je prends juste un coup de plus, je crois que je pourrai accepter que c'est la réalité... »

Boum !

Pris d'un frisson de dégoût, je laissai retomber l'Antagoniste au sol.

Voilà donc ce qui arrive quand la passion va trop loin.

Dans le roman aussi, il avait une passion hors du commun pour la magie. Mais j'ignorais qu'elle allait jusqu'à traiter ses blessures avec une telle insouciance.

« Reprends-toi. Ce qui vient de se passer, c'est que ma magie a été annulée par ton attaque. Tu ne sais pas que si tu prends un coup comme tout à l'heure sans te défendre, ta vie peut être en danger ? »

Malgré mon ton écœuré, l'Antagoniste n'y prêta pas la moindre attention.

Leo, étendu mollement au sol, se redressa comme un zombie et marmonna :

« ... Tu pouvais l'utiliser. Je ne m'étais pas trompé. Les adultes ne voulaient pas me croire, et au bout de dix ans, j'avais fini par penser que je m'étais peut-être juste trompé. Mais tout est exactement comme ce jour-là. »

« ... »

Maintenant que j'y pense, il avait dit quelque chose comme « revoir ça » tout à l'heure, aussi.

C'était une histoire que, dans l'œuvre originale, il n'avait racontée à personne jusqu'aux abords du dénouement, et qu'il n'avait confiée qu'au Protagoniste...

'Ça ne pose pas de problème qu'il me la raconte directement comme ça ?'

On aurait dit qu'il était trop excité pour savoir ce qu'il disait.

Ou peut-être que ça n'avait vraiment aucune importance.

À tout hasard, je devrais essayer de l'arrêter.

Au moment où j'allais m'asseoir à côté de l'Antagoniste, il laissa échapper un petit rire.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? Les rumeurs selon lesquelles tu appartiens au Plérôme étaient aussi des mensonges. Pas vrai ? Si elles étaient vraies, tu ne me laisserais jamais en vie en ce moment. Alors toi, maintenant... pendant combien d'années tu as dû supporter ces rumeurs... »

La voix de l'Antagoniste tremblait de plus en plus.

Cela me laissa un goût amer, à moi aussi.

D'autant plus que c'étaient les paroles de quelqu'un qui disait avoir commencé la magie à cause de moi. J'avais beau ne pas être Luca, je ressentais pleinement ses émotions.

Leo, qui marmonnait les yeux rivés au sol, releva soudain la tête, le regard complètement différent.

Ses yeux étaient emplis de folie.

« Qu'est-ce que je dois faire pour que tu me montres encore une fois cette magie ? Peut-être que si je t'attaque encore une fois... ! »

« Dégage. »

Ce n'est pas un culbuto, quand même.

L'émotion de l'instant précédent s'évanouit complètement.

Comme il ne semblait pas perdre d'énergie même quand je le laissais tomber au sol, je lui lançai un sort sur la nuque, comme il le souhaitait.

Je me laissai tomber à côté de Leo endormi.

Je devrais me reposer un peu avant de le transporter à l'infirmerie.

À travers le plafond de la salle d'entraînement transparente, j'apercevais le ciel nocturne d'un noir d'encre. C'était logique, puisque tout avait été semblable jusque-là, mais le ciel aussi était le même que celui du monde où je vivais avant.

Venir d'utiliser la magie et penser maintenant au monde d'où je venais ne faisait que m'arracher un rire creux.

Je ne sais pas comment j'ai fini dans ce monde, à empêcher la mort d'un figurant...

« Voilà, c'est fini. »

J'ai réussi à faire un allié de la personne qui me sera la plus utile.

'Même si, à proprement parler, ce n'est pas encore tout à fait mon allié.'

Quoi qu'il en soit, après m'avoir vu utiliser la magie, il ne se comportera plus comme d'habitude, alors je pouvais dire sans problème que j'avais déjà réussi.

Je devrais plutôt m'inquiéter que les choses deviennent pénibles.

Bien sûr, même ça, je l'accueillerais volontiers.

Maintenant que j'ai recruté Leo, il est temps d'améliorer peu à peu mes compétences.

Bien sûr, je ne peux pas pratiquer la magie ouvertement.

Ce serait comme crier sur les toits « tuez-moi au plus vite, s'il vous plaît ».

Mais...

'Ça ne veut pas dire que je peux rester les bras croisés non plus.'

Comme je ne peux pas agir directement pour l'instant, je n'ai pas d'autre choix que d'exploiter à 200 % les gens qui m'entourent.

Et j'ai déjà fini de calculer comment tirer le meilleur parti de ce type.

Je tournai les yeux vers l'endroit où Leo était affalé.

Peut-être parce que sa rancœur de dix ans s'était dissipée, il dormait profondément, le visage dénué de la moindre trace de tension.

'Dors bien, sans savoir ce que l'avenir te réserve.'

Devenons de bons amis à partir de maintenant.

J'éclatai de rire.

***

Je fis un rêve de mon enfance.

Un rêve où revenaient chaque fois la même situation et la même magie.

Mais aujourd'hui, il était un peu différent.

'... La magie semblait plus spectaculaire que dans mes rêves habituels.'

Quand j'ouvris les yeux, une lumière d'un blanc pur m'emplit la vue.

À en juger par cette clarté, ce n'était sûrement plus le matin.

Leo tourna la tête en plissant les yeux. Un côté de son front l'élançait.

« Ugh... »

« Tu es réveillé ? »

À la brève question de Lucas, Leo roula des yeux pour fixer le côté d'un regard vide, puis referma faiblement les paupières.

« ... Un rêve... »

« Non. »

« Alors tout ce dont je me souviens... »

« C'est réel. »

Leo se redressa d'un bond et dévisagea Lucas. Puis il claqua la langue.

« Tss. »

C'est quoi, ce « tss » ?

À voir son regard toujours aussi peu amical, la distance humaine entre nous ne semblait guère s'être réduite.

Tandis que Lucas se demandait comment réagir à cette expression, Leo fronça les sourcils et prit la parole.

« ... J'ai tellement de choses à dire que je ne sais pas par où commencer. »

« Prends ton temps. On sèche déjà les cours de toute façon, on a tout le temps. »

Un long silence suivit.

Leo prit une profonde inspiration et ouvrit la bouche.

« Tu ne bois pas de sang. »

« Je vomirais sûrement de dégoût si j'en buvais. »

« La rumeur selon laquelle tu ne peux pas utiliser la magie parce que tu ne peux pas boire de sang était fausse aussi. Donc... ces excuses que les types du Plérôme ressortent sans arrêt. Ça n'a rien à voir avec toi. »

« Exact. »

« La rumeur selon laquelle le second fils des Ascanien serait né avec de piètres dispositions de mage était fausse elle aussi. Ça, je le savais déjà, puisque je l'ai vu de mes propres yeux. »

Lucas hocha la tête.

Leo, qui affichait une expression complexe, fronça les sourcils.

« La magie que tu as utilisée hier n'était pas une puissance magique ordinaire. Absolument pas. Tu le sais aussi, non ? »

« Je le sais. »

Lucas répondit simplement.

Franchement, il faudrait être idiot pour ne pas le savoir après l'avoir vu de ses propres yeux.

Bien sûr, au début, j'avais été surpris. Ma pensée réflexe avait été 'Hyung ne pourra jamais s'asseoir dans le fauteuil de chef de famille', c'est tout dire.

« Pourquoi tu n'as pas utilisé la magie jusqu'à maintenant ? »

« ... »

Comme Lucas se contentait de le fixer, Leo haussa le ton.

« Pourquoi tu t'es soumis à ces fausses rumeurs ? Pourquoi tu as vécu comme ça jusqu'à maintenant, avec un tel talent ?! »

« Tu veux l'entendre ? »

« Ça ne se voit pas ? »

À la réponse cinglante de Leo, Lucas éclata d'un rire léger.

Oui, c'est comme ça qu'il faut réagir.

Hier, j'étais excité d'avoir confirmé que je pouvais vraiment utiliser la magie et je ne m'étais concentré que sur la magie elle-même, mais maintenant que du temps avait passé et que je pouvais réfléchir calmement, il était temps de creuser le fond du problème.

Lucas, qui était adossé au dossier, rapprocha son buste de Leo.

« Alors promets-le-moi. Que tu n'en parleras à personne. Pour moi, c'est une question de vie ou de mort. »

Allez, viens de mon côté.

À partir de cet instant, l'histoire originale va être complètement déformée.

En bien, évidemment.

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