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Chapitre 9

Chapitre 9

26 octobre 2026 ~12 min · 2 343 mots

De retour dans ma chambre sans encombre, je fis une rapide toilette et me laissai aussitôt tomber sur le lit.

J'étais épuisé, de corps comme d'esprit…

Il s'était passé tant de choses aujourd'hui.

Et, parmi elles, celle qui me pesait le plus, c'était ma rencontre avec Terdian.

Ce type.

Dire qu'il appartenait vraiment à l'Ordre de Diego.

Quoi qu'il en soit, si Terdian était descendu en personne à Robel, c'est qu'il ne restait vraiment plus de temps.

D'après l'œuvre originale, il restait environ deux jours.

Si je ne faisais rien d'ici là, tous les habitants de Robel mourraient.

Car c'est ainsi que les choses se passaient dans l'original.

Dans H.S.W, le Dieu Maléfique Diego n'était pas le seul méchant.

Il y avait aussi un « Dieu Démon », semblable mais de nature différente.

La seule chance, c'était que l'influence du Dieu Démon sur le monde des humains n'était pas si grande.

En temps d'apparition dans l'œuvre originale, il n'atteignait même pas dix pour cent.

L'essentiel de l'histoire originale était donc occupé par le kairosisme et l'Ordre de Diego.

Le problème, c'est que ce monde-ci était un monde où le Dieu Démon existait.

Le Royaume des Démons.

Le Dieu Démon s'attachait à relier le monde des humains au Royaume des Démons.

Là où les deux mondes se rejoignaient, une « Faille » se formait, d'où se déversaient des Bêtes démoniaques.

Le Dieu Démon était un être qui troublait le monde de cette manière.

Son but ultime était de rendre le monde des humains semblable au Royaume des Démons.

C'est pourquoi il insufflait souvent sa puissance aux humains, par les brèches, lorsque les Failles s'ouvraient.

C'est de là qu'était parti le Deuxième Désastre du territoire Holden.

Le Massacre de Robel.

L'histoire est simple.

Il y a quelques années, un humain ayant hérité de la puissance du Dieu Démon avait fondé une religion appelée le « Culte de Rizes ».

Celle-ci s'était répandue en secret, jusqu'à Robel, dans un recoin du territoire Holden.

Pour venir à bout du Culte de Rizes, devenu puissant, l'Ordre de Diego avait commencé à dépêcher ses subordonnés.

Le Dieu Maléfique et le Dieu Démon : au premier abord, ils pouvaient sembler semblables, mais leurs idéologies étaient tout à fait différentes.

Si le Dieu Maléfique voulait placer tous les humains sous ses ordres, le Dieu Démon, lui, voulait les changer en monstres.

Aussi, même dans l'œuvre originale, les trois religions, kairosisme compris, s'affrontaient-elles par intermittence.

Bref, le Dieu Maléfique Diego ne voyait pas le Dieu Démon d'un bon œil, pas le moins du monde.

Il avait donc ordonné à ses fidèles d'éradiquer la puissance du « Dieu Démon » du monde des humains.

Au terme de leur enquête, les croyants de l'Ordre de Diego avaient enfin trouvé la trace du Dieu Démon, qui se trouvait être…

La branche de Robel du Culte de Rizes.

Je poussai un soupir étouffé.

Dans H.S.W, l'Ordre de Diego envoie à Robel les subordonnés d'élite d'un Inquisiteur. Mais le Culte de Rizes ne se laisse pas faire : il riposte et les met en déroute.

En l'apprenant, le « Troisième Apôtre », haut dignitaire de l'Ordre de Diego et chef des Inquisiteurs, intervient en personne.

Tandis que l'affrontement entre l'Ordre de Diego et le Culte de Rizes s'éternisait, les innocents de Robel mouraient tous au passage.

Dans cette situation, Terdian affrontait le Troisième Apôtre : voilà l'intrigue de l'œuvre originale. Bien sûr, il ne pouvait pas gagner, vu l'écart de puissance, mais il parvenait à empêcher que d'autres innocents meurent.

Mais à présent…

« Merde. »

Terdian, celui qui aurait dû empêcher le drame de Robel, appartenait à l'Ordre de Diego.

Et à en juger par la tournure des événements, ce type était très probablement devenu le Troisième Apôtre de l'Ordre de Diego.

Je ne m'attendais pas à ce que Terdian occupe une position aussi élevée… mais laissons cela de côté pour l'instant.

À vrai dire, la lutte entre le Dieu Démon et Diego ne m'intéressait pas. Pendant qu'ils se battaient jusqu'au sang, je n'avais qu'à étendre l'influence du kairosisme.

Le problème, c'est que quand les baleines se battent, ce sont les crevettes qui ont le dos brisé.

L'Ordre de Diego considérait les habitants de Robel, accros au « Happy », la drogue que le Culte de Rizes leur distribuait pour les tenir, comme des fidèles du culte eux aussi, et les exécutait sans autre forme de procès.

Seule consolation : il restait encore du temps, je suppose.

Terdian n'agirait pas tout de suite.

S'il avait eu l'intention d'agir sur-le-champ, il aurait tué les habitants de Robel accros au Happy bien avant de tomber sur moi.

Si les choses suivaient le cours de l'original, l'incident se produirait dans deux jours.

Vu que ce type avait l'air de chercher quelque chose à Ellyn.

Comme le Troisième Apôtre dans l'original, il cherchait de toute évidence ses subordonnés d'élite.

Le délai restant devait donc être d'environ deux jours.

Même dans l'original, tout n'avait pas tourné au cauchemar à la seconde où le Troisième Apôtre était entré dans Robel.

Quoi qu'il en soit, je devrai retourner à Robel demain aussi.

Heureusement, j'avais désormais un renfort fiable.

Pourvu que les capacités de Chester soient à la hauteur…

Mes pensées s'arrêtèrent là.

Car je m'endormis comme si je m'évanouissais.

Ce jour-là, je dormis vraiment comme une souche.

Quand je me réveillai, le corps plus léger, le soleil était déjà haut dans le ciel.

Je me croyais fatigué la veille, mais je devais être vraiment à bout.

Réveillé tard, je décidai de prendre mon repas dans ma chambre.

J'enfournai sans façon soupe et salade, perdu dans mes pensées.

À vrai dire, il existait un autre moyen de sauver les habitants de Robel.

Il suffisait de les faire sortir du village avant que le Culte de Rizes et l'Ordre de Diego ne s'affrontent.

Mais dans ce cas, même si les habitants seraient saufs, Robel, lui, ne le serait pas.

Leurs maisons seraient réduites en ruines, et ils perdraient l'endroit qu'ils appelaient leur foyer.

Bien sûr, il était possible de les soutenir grâce à la puissance des Holden. Mais cela ne guérirait pas leurs blessures intérieures.

Alors, si possible, je devais régler cela de mon côté avant que les choses ne prennent trop d'ampleur.

Et puis, j'avais moi aussi quelque chose à gagner à Robel.

« Jeune maître, le repas ne serait-il pas à votre goût ? »

Je touchais à peine à mon assiette, absorbé dans mes pensées.

Paul, qui attendait à mes côtés, s'en inquiéta prudemment. Je secouai aussitôt la tête.

« Non, Paul. C'est délicieux.

— Me voilà rassuré, mais… auriez-vous quelque souci ?

— Oui, un peu.

— Si je pouvais vous être d'une quelconque aide, jeune maître, je serais heureux de vous écouter.

— Non. Ça va. »

Paul, qui servait notre famille depuis des générations, était digne de confiance, mais ce n'était pas une histoire que je pouvais lui raconter.

Ni à lui, ni à personne d'autre.

D'autant que si je parlais de Robel à la légère et que cela revenait aux oreilles de ce salaud, les choses deviendraient compliquées.

La raison pour laquelle Robel, pourtant proche du cœur du territoire Holden, en était arrivé là.

Il faut balayer les ordures au plus vite pour que les insectes disparaissent.

Le vassal à qui ma mère, très occupée ces derniers temps par ses allers-retours au Palais impérial, avait confié les affaires de Robel. Ce salaud-là.

Tous ces ennuis venaient de lui.

Il me faudrait donc régler ce problème-là aussi.

Bien sûr, c'était un problème qui se réglerait de lui-même si je résolvais d'abord les événements qui allaient se produire à Robel.

« Merci de toujours prendre soin de moi, Paul. »

Je terminai mon repas à la va-vite et fis sortir Paul de la chambre.

Puis je m'assis au bord du lit.

J'avais voulu essayer dès hier, mais…

J'étais trop fatigué pour en avoir envie.

Aujourd'hui, en revanche, il fallait que j'essaie.

Utiliser la compétence.

La seule compétence que je possédais pour l'instant était Soin. Qui plus est, c'était un type que je n'avais jamais vu dans H.S.W.

Je ne savais donc pas non plus comment l'utiliser.

Mais d'habitude, les compétences de ce genre…

Je portai la main droite à ma poitrine.

Soin.

À cette pensée, une lumière vive s'épanouit dans ma main. Elle n'était pas très grande, mais elle avait quelque chose de sacré, un peu comme lors des apparitions de Kairos.

« Oh… »

[Mais oui, mon premier enfant ! Mon enfant, ta puissance sacrée est identique à la mienne.]

La lumière s'estompa vite, mais j'éprouvai une sensation étrange.

Voilà donc ce qu'était la puissance sacrée.

Était-ce parce que j'avais lié mon sort à Kairos et que j'étais devenu le Chef de culte du kairosisme ?

Dire que j'obtenais une compétence qui soignait grâce à la puissance sacrée.

Mais pourquoi… avais-je l'impression qu'il ne s'était rien passé ?

J'avais utilisé la compétence Soin, mais mon état physique n'avait pas changé.

Plus précisément, ma maladie restait la même. Puisque l'insecte de Malone n'était pas encore sorti.

La compétence n'avait-elle pas fonctionné ?

Par acquit de conscience, je rouvris la fenêtre de compétence. Le bas de la fiche de Soin attira alors mon regard.

[Expérience : 1/10]

C'était sûrement 0 tout à l'heure ; elle avait dû passer à 1 parce que je venais d'utiliser la compétence.

Puisque je venais de l'utiliser pour la première fois, la compétence elle-même s'était apparemment bien déclenchée.

Aucun effet, alors ? Ou bien un effet trop faible ?

La description de la compétence était si vague que je ne pouvais pas en juger.

[Peut soigner les êtres vivants.]

C'était là toute la description.

Était-ce parce que le niveau était bas, ou parce que ma maladie était trop profonde ?

Ça ne me plaisait pas.

À quoi bon obtenir une compétence si je ne pouvais pas en connaître la portée exacte ?

C'est à ce moment-là.

[Soin (Active) NIV. 1

Rang : Légendaire

Description : l'effet augmente proportionnellement au niveau de la compétence.

NIV. 1 Soigne les blessures d'un être vivant et dissipe la fatigue.

NIV. 2 ??? (Verrouillé)

NIV. 3 ??? (Verrouillé)

NIV. 4 ??? (Verrouillé)

NIV. 5 ??? (Verrouillé)

Expérience : 1/10]

Je n'en crus pas mes yeux.

Pendant que je fusillais du regard la description dans la fenêtre de compétence, le texte avait changé en temps réel.

Ha, c'est quoi, ça… ?

Elle avait compris que j'étais agacé ?

Je fixai la fenêtre de compétence d'un regard perçant, les sourcils froncés.

À la réflexion, la fois précédente, quand je m'étais reconnu comme « Chef de culte », le menu Statut religieux était apparu avec un titre.

Ne me dites pas que ce système… m'était en fait favorable ? Ou qu'il me surveillait en temps réel ?

« Hé, parle. »

Je m'adressai à la fenêtre de compétence, à tout hasard.

[Ah, mon enfant ? Tu as des visions ? Hmm ?]

Mais il ne se passa rien. La seule chose que j'entendis, ce fut Kairos qui s'agitait.

[C'est parce que ton corps s'est tellement affaibli ? Hmm ? Il faut que je devienne plus fort pour te donner de la force. Hmpf.]

Que c'est gênant.

Ce-ce n'est pas ça, alors ne vous inquiétez pas, je vous en prie.

Je couvris de mes deux mains mes joues en feu.

[Comment ça, ce n'est pas ça ? Tu parlais dans le vide à l'instant. Tu vas vraiment bien ?]

Oui. Je vais vraiment bien.

Kairos ronchonna encore quelque chose, mais je fis de mon mieux pour l'ignorer.

Quoi qu'il en soit, comme je m'y attendais, Kairos ne voyait pas la fenêtre du système.

Tant mieux. Non, faut-il vraiment dire « tant mieux » ? Si Kairos avait pu la voir lui aussi, il m'aurait sans doute interrogé sur ce texte qui changeait en temps réel.

… Laissons tomber.

Ce n'était pas ça, l'important pour l'instant.

Bref, d'après la description, l'effet augmentait avec le niveau de la compétence, et au niveau actuel de ma compétence Soin, seule la guérison des blessures était possible.

C'était sans doute pour cela que ma maladie n'avait pas été guérie.

Alors, la priorité, c'était de la faire monter de niveau.

Vu que l'expérience avait augmenté de 1 en une seule utilisation, monter de niveau ne devrait pas être difficile.

Si je soignais tout de suite les malades de Robel, j'y arriverais en un rien de temps.

Le problème, c'est qu'il ne fallait surtout pas qu'on apprenne que « Ravelof Holden » possédait le pouvoir de guérison.

Pour l'heure, les seuls sur le continent à posséder le pouvoir de guérison étaient les prêtres de l'Ordre de Diego.

Si je montrais ce pouvoir sans raison, au mauvais moment…

Quoi qu'il en soit, je ne pouvais pas me frotter à ces types pour le moment.

Je n'utiliserais donc ce pouvoir que lorsque je porterais les lunettes.

Bah, ce n'était de toute façon pas une compétence dont j'avais besoin dans l'immédiat.

Pour l'instant, je remis mes réflexions à plus tard et me dirigeai vers la salle de bains. Puis je me préparai à boire le Poison de Fasrel.

[Mon petit ange, c'est si dur pour moi de te regarder boire du poison.]

Tandis que je sortais le Poison de Fasrel de mon inventaire, Kairos se mit à renifler.

Pff. Dites-vous simplement qu'on combat le poison par le poison ; qu'on soigne le poison par le poison. Ce qui est d'ailleurs la vérité.

[Mais quand même… Snif. Je suis désolé. C'est parce que je n'ai pas de puissance.]

Je vous ai dit que ça allait. Arrêtez de vous le reprocher, d'accord ?

Je consolai Kairos sans trop de façons et ouvris le bouchon. Et au moment où j'allais porter le flacon à mes lèvres…

Clac, la porte de la salle de bains s'ouvrit.

… Hein.

« Ravelof, tu étais l… Qu'est-ce que tu es en train de faire… ? »

La personne qui venait d'ouvrir la porte et d'entrer était un bel homme aux longs cheveux argentés qui ondoyaient jusqu'à sa taille.

C'était Sevenus Holden.

Merde.

Fin du chapitre 9
Fiche de l'œuvre

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