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Chapitre 8

Chapitre 8

22 octobre 2026 ~13 min · 2 586 mots

« Qu'est-ce que c'est ? Un ticket d'invocation ? »

Je ne pus m'empêcher d'être surpris. Forcément : H.S.W n'avait aucun système de gacha !

« Hum hum. Mon enfant, je vais t'envoyer des anges imprégnés de mon pouvoir. »

Ah, oui. Merci beaucoup.

J'étais reconnaissant, mais ajouter un système de tirage à un jeu pourri comme H.S.W... ?

D'abord, j'ouvris mon inventaire pour lire la description de l'objet.

[Ticket d'invocation unique d'officier (2 exemplaires)

Rang : ???

Description : Un cadeau du Dieu de la Beauté, Kairos. Permet d'invoquer des officiers de rang C à S.]

Après avoir lu, je fronçai les sourcils. Non mais, à quel point Kairos était-il faible pour offrir un ticket d'invocation aléatoire au lieu d'un sélecteur garanti ?

Laissons ça de côté un instant. Comment est-ce qu'on utilisait ce ticket ? Il fallait le sortir et le déchirer ? Je me posais la question et plongeais la main dans mon inventaire pour en tirer le ticket quand...

Paat...

Ma vue devint entièrement blanche. Le monde se changea en une blancheur vide, comme si j'avais été instantanément transporté dans une autre dimension. Une sensation de flottement envahit tout mon corps.

Beurk, je déteste cette sensation.

Malgré tout, puisque c'était un cadeau de Kairos, il ne pouvait sûrement rien m'arriver de mal.

Me débattre ne semblait rien changer, alors je restai simplement immobile. Mais puisque je n'entendais plus la voix de Kairos, étais-je vraiment arrivé dans une autre dimension ?

Byong !

C'est à cet instant qu'un effet sonore bien distinct retentit. Quelque chose apparut devant mes yeux au milieu d'un nuage de fumée.

Ça, c'est...

Une machine à sous ? Non, qu'est-ce que ça fait là, enfin ?

[Lancement de l'invocation d'officier.]

Devant la fenêtre de message qui suivit, je laissai échapper un petit rire.

Certes, le « tirage », autrement dit le système de gacha, n'existait pas dans H.S.W. Mais moi, qui avais fini par venir à bout d'un jeu pourri comme H.S.W, n'aurais-je joué qu'à un ou deux jeux dans ma vie ? C'était inattendu, mais pas inconnu.

D'ailleurs, ces jeux de hasard sont amusants par nature, et j'avais fini par les apprécier un peu, moi aussi.

Mais je n'aurais jamais cru faire un tirage de gacha jusqu'ici.

Le système ne se met tout de même pas à adapter les choses à ce qui m'est familier ?

En plus, cette machine à sous était un peu différente de celles que je croisais d'habitude. En général, il fallait aligner trois images pour obtenir une récompense, mais celle-ci n'avait qu'un seul rouleau. Et aucune image n'y était dessinée.

[Rang d'officier : S, A, B, C]

À la place, le rouleau n'affichait que les rangs possibles.

Je l'avais déjà vu dans les informations du ticket, mais je me sentis déçu une nouvelle fois.

Tout repose sur la chance. Je n'ai jamais rien eu de bien en faisant tourner ces trucs.

Malheureusement, je n'étais pas très chanceux.

« Haa. »

[Veuillez tirer le levier.]

Comme je soupirais, une invite apparut, comme pour me presser. Ah, tant pis. Si c'est la chance qui décide, s'inquiéter ne sert à rien. J'abaissai le levier de la machine à sous de toutes mes forces.

[2 Tickets d'invocation d'officier vont être consommés.]

Mes yeux s'écarquillèrent légèrement devant la fenêtre de message apparue au moment où j'actionnais le levier. Attends une minute. Quoi ? Ça en consomme deux, pas un ?

Est-ce que ça voulait dire que deux personnes sortiraient au rang que j'allais tirer ? Ou fallait-il à l'origine deux tickets pour invoquer une seule personne ?

Je n'en savais rien, mais pour l'instant, je me concentrai sur l'écran qui défilait à toute vitesse. Les lettres tournaient vite, et la machine à sous crachait des effets sonores assez forts pour me faire mal aux oreilles, comme pour faire monter la tension.

Dirorong ! Diriring ! Byong ! Byong !

Pitié, pitié, rang S ! Ou au moins rang A !

La machine à sous se mit à ralentir peu à peu. De plus en plus lentement, jusqu'à ce que...

Dirororong...

Enfin, le rang fut fixé.

***

Au même moment.

Terdian Astin se tenait toujours seul à Robel.

Ses yeux rouges, qui brillaient d'un éclat sinistre sous la lune, parcouraient les habitants de Robel étendus par terre, endormis.

Il y a quelques instants encore, ces gens s'étaient égarés bien loin d'une vie humaine normale, à cause de leur dépendance au « Happy ».

Des teints blêmes, des corps affaissés, sans force.

Enfants, vieillards, hommes d'âge mûr, jeunes femmes : quel que soit l'âge, tous étaient dans cet état.

Mais il y avait une personne dont le regard de Terdian ne parvenait pas à se détacher.

Ses yeux restaient rivés sur un jeune garçon profondément endormi.

Terdian ne pouvait tout simplement pas quitter l'enfant des yeux.

'Grand frère, je vais bien.'

Ivan, qui levait vers lui son visage blême.

'Je veux toujours que tu sois heureux, grand frère. Plus que moi.'

Une carrure plus frêle que celle des enfants de son âge, un visage pâle et exsangue, des membres maigres.

Mais des yeux qui brillaient toujours d'intelligence quand ils le regardaient.

Sur l'enfant de Robel, il voyait se superposer le visage de cet enfant-là.

« ... »

Incapable de détourner les yeux un long moment, Terdian rejeta ses cheveux en arrière.

Il y a quelques instants, il avait rencontré un homme appartenant à ce « kairosisme » dont il n'avait jamais entendu parler.

Terdian avait eu l'intention de le tuer. Parce qu'il entravait son travail.

Mais il n'avait pas pu.

Lui, qui était sans pitié envers tous, n'avait pas pu le faire.

Pourquoi ?

Simplement parce qu'il avait aidé les gens de Robel ? Parce qu'il avait sauvé un enfant qui ressemblait à Ivan ?

Non. Ce n'était pas ça.

Il y avait une autre raison. Mais Terdian n'arrivait pas à la saisir.

Une chose, en tout cas, était certaine.

Pour une raison ou une autre, cet homme lui inspirait un sentiment de familiarité.

Ce fut à cet instant.

Giiing...

Une migraine le frappa, comme si son crâne se fendait, accompagnée d'un son aigu.

La douleur fut brève, et familière.

Une fois qu'elle eut cessé, il ne restait plus aucune émotion dans ses yeux, qui jusque-là débordaient de questions.

À présent, il était temps de faire son travail.

La raison de la venue de Terdian à Robel était simple.

Le culte Rizes.

Un groupe sectaire dont on avait appris récemment les liens avec le Dieu Démon.

Ses subordonnés d'élite étaient déjà partis enquêter, mais le contact avait été perdu.

Son subordonné direct, « Ron », avait demandé à être envoyé, mais Terdian avait refusé.

Si même l'avant-garde d'élite avait cessé de donner signe de vie, il était certain que le culte Rizes était proche du « Dieu Démon ».

Pour régler l'affaire rapidement, il s'était déplacé en personne.

Le Troisième Apôtre de l'Ordre de Diego.

Terdian Astin, en personne.

« ... »

Une fois ses pensées mises en ordre, Terdian disparut bientôt dans les ténèbres.

***

Je serrai fort mes deux poings. Si j'avais pu, j'aurais hurlé en sautant partout, mais j'y renonçai faute de force. N'empêche, j'étais fou de joie.

Le rang inscrit à l'écran était bel et bien un S. Un S tout barbouillé d'une éclatante lumière dorée ! On dit que les rêves se réalisent quand on les souhaite assez fort !

Dire que j'avais vraiment tiré un rang S !

Cela dit, la probabilité elle-même ne devait pas être si faible.

[Félicitations !]

[Vous avez invoqué des officiers de rang S !]

Dès que le message de félicitations apparut, une lumière éclatante jaillit de la machine à sous.

Je fermai les yeux sous l'intensité de la lumière. Et quand je les rouvris une fois qu'elle se fut dissipée, j'étais revenu dans le passage où je me trouvais au départ.

Et pas seul : avec les officiers.

« Bonjour, Chef ! »

« E-enchanté. »

Tandis que des voix inconnues se faisaient entendre, la voix de Kairos, qui s'était brièvement éteinte, revint.

« Ohh, ce sont des anges ! »

Kairos était aux anges. Et moi aussi.

Les officiers de rang S apparus devant moi étaient deux. Et c'étaient des jumeaux, deux garçons identiques.

Je me demandai s'ils avaient seulement dépassé les dix ans, mais puisqu'ils étaient censés être de rang S, ça devait aller, non ?

En tout cas, ces enfants étaient de mignons petits bonshommes aux cheveux bruns et aux yeux verts.

Ils avaient beau se ressembler, leurs tenues différaient, si bien qu'on les distinguait facilement.

L'un portait une armure de chevalier, l'autre une robe d'un blanc immaculé qui l'enveloppait de la tête aux pieds. En plus, l'enfant à la robe portait même des lunettes sans monture : impossible de les confondre.

Au fait, à les regarder comme ça, on dirait juste des gamins ordinaires en cosplay.

« Salut. Je suis Ravelof Holden. Le Chef du kairosisme. »

Comme les enfants levaient vers moi des yeux pétillants, je me présentai à ma façon.

Ça faisait un moment que je me considérais comme le Chef du kairosisme, mais le dire à voix haute, c'est gênant.

« Je suis Alpheus. Je suis le Grand prêtre du kairosisme qui vous assistera, Chef ! »

Alpheus accourut devant moi si vite que ses cheveux bruns voletèrent, et s'inclina poliment.

Dire qu'un enfant aussi jeune est Grand prêtre. C'est parce qu'il est de rang S ? En plus, comme c'est un PNJ, il en sait sans doute pas mal sur Kairos.

« J-je suis Chester. Paladin. »

Contrairement au joyeux Alpheus, Chester avait l'air timide. En le voyant hésiter en s'approchant de moi, un sourire me vint naturellement aux lèvres.

Ils sont mignons, tous les deux.

« Dire que de si petits anges sont venus pour moi. Merci, mes anges. »

Kairos parlait lui aussi d'une voix débordant d'excitation. Mais attendez, cette voix, il n'y a pas que moi qui l'entends ?

« Kairos-nim, c'est un honneur de vous rencontrer ! »

Alpheus s'inclina vers le vide. Puis Chester l'imita et baissa la tête à son tour.

« M-moi aussi, c'est un honneur. »

Plus je les regarde, plus ils sont mignons. Voir ces enfants, petits et adorables, joindre leurs petites mains délicates pour saluer me chatouillait le cœur.

Ouais, mignons.

Mais la voix de Kairos-nim parvient aussi à ces enfants ?

« Mon petit agneau, ces deux anges sont des enfants nés de mon pouvoir. Je peux donc leur transmettre ma voix quand je le veux. »

Ah. C'est donc ça.

« Alpheus, Chester. »

J'appelai les deux enfants qui souriaient de toutes leurs dents au vide.

« Quel genre de pouvoir avez-vous, tous les deux ? »

Je me penchai pour me mettre à hauteur des deux enfants et posai la question. Avec « Grand prêtre » et « Paladin », je pouvais à peu près deviner. Mais je voulais l'entendre de leur bouche.

« Je peux aider le Chef et m'occuper du kairosisme dans son ensemble ! Par exemple gérer les croyants ou le temple, et selon les cas, je peux agir à la place du Chef ! »

Répondit Alpheus, les yeux brillants.

Il peut même faire office de chef adjoint ?

Oh, ça me plaît.

« C'est formidable, non ? »

Je caressai les cheveux d'Alpheus. L'enfant gloussa, hihi.

À cet instant, quelque chose tira sur mon col. En tournant les yeux, je vis Chester, la tête basse.

« C-Chef. Moi aussi... moi aussi, je sais faire plein de choses. Je suis fort, et je manie très bien l'épée, alors je peux vous protéger, Chef. Et, et aussi... je sais fendre du bois, et... »

Oups. J'ai l'impression d'en avoir chouchouté un seul.

« Vraiment ? Chester est formidable, lui aussi. »

Je pris exprès un air de surprise exagérée et caressai aussi les cheveux de Chester. Alors seulement, son visage s'éclaira.

« Merci à vous deux d'être venus à mes côtés. »

J'ouvris les bras et serrai d'un coup contre moi les adorables enfants qui allaient devenir ma force.

« Prenez soin de nous ! »

« M-moi aussi, je compte sur vos conseils... »

Une fois la tournée de câlins terminée.

Je me plongeai un instant dans mes pensées.

Qu'allais-je faire de ces enfants, maintenant ? Je les avais invoqués, mais... et leur logement ? J'aurais voulu les installer au manoir Holden, mais c'était impossible.

Parce que je n'avais aucun prétexte.

Les faire passer pour mes invités, moi qui restais cloîtré à la maison jour après jour, ça ne tenait pas debout.

Ce n'était pas que je ne sortais jamais officiellement, mais personne au manoir ne connaissait ces enfants.

« Chef ! »

Alors que j'étais plongé dans mes réflexions, Alpheus m'appela. Et le petit parla comme s'il avait lu dans mes pensées.

« Vous n'avez pas à vous inquiéter de notre logement. Nous pouvons tout simplement rester dans le Sous-espace. »

« O-oui, c'est ça. »

« Oui, c'est exact. Car ces enfants sont des anges. »

Même Kairos s'en mêla.

Je vois, comme ce sont tous les deux des PNJ, vivre dans le Sous-espace leur est possible, on dirait.

« Vraiment ? Quel soulagement. »

J'étais coincé, alors ça tombait bien.

Le logement des enfants étant réglé, j'ouvris le Statut religieux.

Alpheus et Chester. Ces deux enfants faisaient officiellement partie du kairosisme.

[Statut religieux (Kairosisme)

Chef de culte : 1 (Ravelof Holden)

Grand prêtre : 1 (Alpheus)

Paladin : 1 (Chester)

.

.

.

Nombre total de croyants : 3]

Grâce aux enfants, le nombre de croyants avait augmenté. C'est assez fascinant.

Au fait, à quoi ressemblent les vraies capacités de ces deux enfants ? Vu leurs statistiques élevées, elles doivent être considérables.

J'attendais surtout de voir les capacités de Chester.

S'il est de rang S, serait-il du niveau de Terdian ?

Ce serait bien qu'il soit plus fort, mais même à égalité, ce serait déjà bien.

Terdian a beau appartenir à l'Ordre de Diego, ce type est le protagoniste de ce monde.

S'il est à égalité avec un Terdian pareil...

Je serai plus rassuré que je ne le pensais.

Je n'aurai pas besoin de sortir mon gourdin.

En plus, ils seront d'une grande aide lors de la troisième catastrophe, la catastrophe finale, qui frappera le territoire Holden.

Et le pouvoir d'Alpheus sera d'un secours considérable quand les croyants du kairosisme se multiplieront.

Je regardai les enfants avec un sourire satisfait.

« Chef ! Appelez-nous dès que vous aurez besoin de nous ! »

« O-oui ! C'est ça ! »

Les deux enfants plaidaient avec ferveur, les yeux brillants tournés vers moi.

« D'accord, je n'y manquerai pas. »

Je caressai les cheveux des deux adorables enfants et leur dis de se reposer pour aujourd'hui.

Alors Alpheus, l'un des jumeaux, tendit la main vers le vide. Quand sa main traça une fois une ligne verticale dans l'air, une sorte de portail de lumière d'un blanc pur apparut.

Les deux enfants s'inclinèrent devant moi, puis sautillèrent à l'intérieur.

Une fois les enfants disparus, le portail s'évanouit.

Oh, fascinant.

« Alors, mon petit agneau ? Mon pouvoir ? »

Oui. Vraiment remarquable. Kairos-nim est le meilleur. Waouh. Vous avez vraiment renversé le monde.

« Huhu, n'est-ce pas ? Je suis le meilleur, pas vrai ? Il ne me reste plus beaucoup de pouvoir, mais... du moment que ça a aidé mon premier croyant ! Hahaha ! »

Et c'est ainsi que je dus flatter Kairos pendant tout le chemin du retour.

Snif.

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