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Chapitre 13

Chapitre 13

7 novembre 2026 ~12 min · 2 391 mots

Quand la boîte s'ouvrit, ce qui apparut fut une unique tige de fleur d'un blanc immaculé, qui rayonnait d'une lumière venue de l'intérieur.

Une apparence qui tenait à la fois du lys et de la rose, une vitalité qui la faisait paraître vivante alors qu'elle n'avait pas de racines, et un parfum subtil qui vint me chatouiller le bout du nez.

C'était un objet que seul « celui qui sert de plus près Kairos, le Dieu de la Beauté » pouvait obtenir : la Relique sacrée de Kairos.

[Vous avez obtenu la Relique sacrée de Kairos, « Fleur de Kairos » !]

« Oh, oui ! C'est ma fleur ! Depuis combien de temps ! Mon enfant, sais-tu ce qu'est cette fleur ? »

Kairos me posa la question d'un ton incroyablement excité.

Eh bien ?

Quand je lui retournai la question en feignant l'ignorance, comme on le ferait avec un enfant surexcité, Kairos éclata de rire et répondit.

« Haha ! Oui, tu ne pouvais pas le savoir. C'est une fleur que j'ai beaucoup chérie, il y a très longtemps. Je l'ai fait pousser moi-même, et j'avais l'habitude de la porter. »

C'est vrai. C'est toute la différence entre un Objet sacré et une Relique sacrée.

Tous deux sont créés par un dieu, mais une Relique sacrée est un objet que le dieu a utilisé lui-même.

C'est pour ça qu'elle était encore plus précieuse.

« Alors, vite, glisse-la derrière ton oreille ! »

... D'accord.

Voilà comment ça finit, de toute façon.

Ouais. Je savais que trouver cette fleur mènerait à ça, et que je n'y couperais pas.

Après tout, Kairos doit retrouver sa puissance.

Je fermai les yeux très fort, pris la fleur et la glissai derrière mon oreille.

Aussitôt, la fleur se mit à luire et commença à se désagréger.

Elle retournait là d'où elle venait, en se servant de moi comme intermédiaire.

« Merci, mon enfant. Grâce à toi, un peu de ma puissance m'est revenue. »

Tant mieux.

C'est pour ça que j'avais infiltré le culte Rizes.

Les Reliques sacrées dont Kairos s'était servi sont enfouies aux quatre coins du monde.

Dans le jeu original, chaque fois qu'on en trouvait une, la puissance de Kairos grandissait, et Terdian Astin se servait de cette puissance pour vaincre l'Ordre de Diego.

Moi aussi, j'étais venu jusqu'ici pour tirer parti de cette puissance.

C'est à ce moment-là.

Un message système apparut devant mes yeux.

[Vous avez obtenu le Titre « Idole du kairosisme ».]

[« Idole du kairosisme » : Vous qui avez porté la Fleur de Kairos ! Vous êtes aussi charmant que Kairos, le Dieu de la Beauté !

- Option de Titre « Fan service » : en adressant un clin d'œil à un adversaire, 10 % de chances de le convertir au kairosisme. En cas d'échec, 1 % de chances d'être méprisé par l'adversaire. (Utilisable seulement 3 fois par personne.)]

Non mais, c'est quoi ce bordel... ?

Il n'y avait pas de titre comme ça dans le jeu original... ?

Passe encore pour le titre, mais c'est quoi cette option, bon sang ?

Je fixais le message système d'un air hébété, abasourdi.

C'est alors que je vis Terdian approcher ; il avait apparemment fini de soigner ses subordonnés.

Au même moment, Kairos me cria avec enthousiasme :

« Mon enfant ! Je vais partager ma puissance avec toi ! »

Ah, pas maintenant !

J'ignorais comment il comptait partager sa puissance, mais avec Terdian qui approchait, impossible de le faire tout de suite.

« Hmm ? D-d'accord. Entendu. »

J'eus l'impression que Kairos s'était renfrogné, mais je ne pouvais pas le consoler pour le moment.

Je masquai vite la boîte avec mon corps et saluai Terdian.

« Je remonte. »

Par chance, il ne sembla rien remarquer d'étrange et parla calmement.

Mais est-ce qu'il me demandait de l'accompagner ?

« Ah, je crois que... je dois encore m'occuper un peu de ces gens. »

Quand je me fus hâté de trouver une excuse, il se retourna avec indifférence.

« Bien. »

Hein. Maintenant que j'y pense...

« Attends un instant. »

Je l'interpellai aussitôt pour l'arrêter. Il se contenta de tourner la tête vers moi.

« Qu'y a-t-il ? »

Est-ce que c'était ma chance ?

La chance de faire de Terdian un fidèle du kairosisme.

Si ça marchait, les choses seraient un peu plus faciles par la suite.

C'était un peu bizarre que la méthode soit un clin d'œil, mais...

Et puis zut, je ne sais pas.

Puisque j'avais trois essais de toute façon, je me dis « tentons le coup » et lui fis un clin d'œil de l'œil droit.

Et à cet instant, le message système réapparut.

[Échec de l'activation de l'Option de Titre « Fan service » !]

[L'adversaire « Terdian » vous méprise !]

Au même moment, le regard que Terdian posait sur moi devint glacial.

... Merde.

« Qu'est-ce que tu es en train de faire ? »

Même sa voix était aussi froide que l'air autour de nous.

C'était un miracle qu'il ne m'ait pas tranché sur-le-champ.

Je forçai une excuse, en me retenant presque de pleurer, comme si j'avalais de la moutarde.

« J'ai juste eu une poussière dans l'œil. »

Malgré mon excuse, le regard de Terdian resta froid.

« A-alors, à plus tard. »

« Tu m'as arrêté juste pour me dire ça ? »

« ... Oui. »

Là-dessus, Terdian se détourna froidement de moi et quitta la prison souterraine d'un pas rapide.

Ah. Je suis mort à l'intérieur.

Une fois Terdian sorti de la prison souterraine, je restai un long moment affalé, le regard vide. Il me fallut un certain temps pour reprendre mes esprits.

De toute façon, ma relation avec Terdian n'était pas si bonne que ça, alors ce n'est pas grave.

Terdian avait beau me mépriser pour l'instant, ça n'allait pas jusqu'à vouloir me tuer.

Et puis, si je terminais la Quête soudaine, l'affection de Terdian augmenterait un peu, ce qui devrait arranger les choses.

Après m'être consolé ainsi, mon moral, qui avait été réduit en poussière, se rétablit légèrement.

... Mais je ne m'attendais pas à encaisser autant de dégâts.

C'était peut-être parce que c'était la première fois que je faisais un clin d'œil à quelqu'un, et qu'en plus cette personne m'avait méprisé. J'en étais moi-même abasourdi.

Comme il me restait deux essais pour faire de Terdian un fidèle, je me promis qu'il y aurait une prochaine fois.

Pour commencer, je me relevai et sortis de mon Inventaire l'herbe Tête-de-Mandragore qu'il me restait.

La quantité ne devrait pas être insuffisante, si ?

J'écrasai l'herbe Tête-de-Mandragore entre mes mains et m'approchai des barreaux de fer. Puis je la donnai, petit à petit, à manger aux habitants de Robel.

Comme ils étaient assez nombreux, il me fallut un moment pour nourrir tout le monde.

Une fois la tâche terminée, mon corps se raidit très vite et je me sentis las.

Quand est-ce que ce corps finira par devenir robuste ?

Je m'étirai, agacé.

« Mon enfant. »

Kairos m'appela d'une voix enjouée.

Oui, Kairos-nim.

« Mon petit agneau, je vais partager ma puissance avec toi. »

Terdian n'était pas là, ça devrait aller.

« Expire tranquillement. Ce sera bientôt fini. »

Un instant de tension inexplicable.

Tout mon corps se mit à briller d'une lueur blanche. Et une puissance chaude et douce s'infiltra en moi, de la tête aux orteils.

Rien qu'en expirant, je sentis la vitalité circuler dans tout mon corps, et la vie revint dans cette carcasse qui, quelques instants plus tôt, était épuisée.

C'est fascinant.

« Ma puissance ne suffit pas encore à guérir toutes tes maladies, mais tu devrais te sentir nettement mieux. »

Kairos parlait comme s'il en était un peu attristé, mais moi, j'allais bien.

Je me sens vraiment mieux, je vous assure. Et puis, je suis sous traitement, je serai bientôt complètement guéri.

Je ne suis pas médecin, je ne peux donc pas poser un diagnostic précis, mais je peux affirmer que c'était le meilleur état dans lequel je m'étais trouvé depuis que je m'étais réveillé dans le corps de Ravelof.

Avant, j'avais l'impression de marcher avec des poids suspendus aux épaules et à la tête ; disons qu'ils avaient disparu, maintenant ?

Un sourire me vint naturellement, et quand je sautillai légèrement sur place, je le sentis nettement.

Je veux trouver toutes les Reliques sacrées de Kairos le plus vite possible.

Je me mis à marcher un peu plus vite. Comme il n'y avait plus rien à faire dans l'immédiat dans la prison souterraine, je comptais suivre Terdian.

Quand je montai l'escalier situé dans un coin de la prison souterraine et ouvris la porte, un couloir à l'atmosphère lugubre apparut.

« Beurk. »

Grâce à l'odeur métallique du sang qui me montait au nez et aux lampes qui luisaient faiblement, je pus constater la scène.

Le couloir, éclaboussé de sang, était jonché de nombreux cadavres.

Même sans y regarder de près, je compris que c'étaient les prêtres et les soldats du culte Rizes.

C'est pas une blague.

Dans ces moments-là, j'avais vraiment l'impression que ce n'était pas du tout le Terdian que je connaissais.

« Quelle horreur. »

Kairos gémit. C'était inévitable.

Tant que Terdian serait le Troisième Apôtre de l'Ordre de Diego et un Inquisiteur.

Je fronçai les sourcils en traversant le couloir.

Puisque Terdian était passé à l'action, on pouvait dire sans risque que la branche de Robel du culte Rizes avait pratiquement été entièrement purgée.

J'avançai en suivant la traînée de sang frais que Terdian avait laissée derrière lui.

Tandis que je gravissais escalier après escalier, Kairos et moi sombrâmes tous deux dans le silence.

Puis nous arrivâmes devant une porte somptueuse.

Puisque la traînée de sang s'arrêtait ici, Terdian devait être à l'intérieur.

Quand je saisis prudemment la poignée, elle aussi tachée de sang, et ouvris la porte, une pièce éclairée de lampes orangées vacillantes apparut.

À l'intérieur, je vis le dos de Terdian, qui se tenait là.

« Keuh, kof ! »

Terdian toisait de ses yeux froids un homme qui se débattait, étranglé dans sa poigne.

L'homme au visage avide, vêtu d'une robe de prêtre ornée de bijoux pendants, était Feilo, le Grand prêtre de la branche de Robel du culte Rizes.

Un instant, j'eus l'impression que le temps s'était arrêté.

Il fallut à Terdian moins de quelques secondes pour frapper Feilo au plexus solaire et l'assommer, mais, pour une raison ou pour une autre, je fus incapable de cligner des yeux ou de continuer à respirer.

Était-ce parce que la robe que je lui avais donnée était trempée de sang, ou parce que les mains de Terdian étaient teintes de rouge ?

Je me contentai de le fixer, hébété.

Terdian jeta Feilo inconscient sur son épaule.

Et en se retournant, son regard me transperça de part en part.

Ce qui rompit ma respiration suspendue, ce fut la fenêtre système qui apparut devant mes yeux.

[Quête soudaine <Avec Terdian> terminée !]

[Les récompenses de la Quête soudaine sont en cours de distribution.]

[L'affection de Terdian a légèrement augmenté.]

Alors seulement, je pus expirer.

J'avais vu Terdian se battre dans la prison souterraine, mais, pour une raison ou pour une autre, c'était ce moment-là le plus terrifiant.

Était-ce parce que j'avais vu tant de cadavres en venant ici ?

« Ouf. »

Quand j'expirai légèrement, la peur se dissipa lentement.

Sans doute parce que le regard que Terdian posait sur moi n'était plus si froid.

Et puis, la récompense de la Quête soudaine était une légère hausse de l'affection de Terdian.

Bien sûr, à strictement parler, plutôt que d'avoir agi avec Terdian...

Bref, c'était un soulagement.

Tandis que je pensais à ça, Terdian s'approcha lentement.

Un peu mal à l'aise, je pesai mes mots et parlai avec difficulté.

« Beau travail. »

Une fois la bouche ouverte, même la tension restante disparut.

Pourtant, au lieu de répondre, Terdian se contenta de me dévisager.

Ce n'est qu'au bout de quelques secondes qu'il ouvrit la bouche.

« Je me méfie de toi. »

Comme ça, tout d'un coup ?

« Si je le pouvais, je te tordrais les membres pour découvrir qui tu es vraiment. »

Non... c'est un peu effrayant.

« Mais puisque je t'ai fait un serment, je ne le ferai pas. »

Ouf. Heureusement que j'ai passé cet accord tout à l'heure.

« En revanche, je vais continuer à te surveiller. Jusqu'à ce que je découvre qui tu es et ce que tu veux. »

Après avoir craché seulement ce qu'il avait à dire, Terdian passa à côté de moi.

Ce sale type...

Je m'en veux surtout d'avoir fait un clin d'œil à un gars pareil.

« Mon enfant, tu vas bien ? »

Oui. Bien sûr.

« Cet individu est vraiment un subordonné du sale Serpent. Il n'hésite pas une seconde à faire du mal aux gens. »

... Oui.

« Tu devras rester prudent à l'avenir, toi aussi. Je crains que mon petit agneau ne soit blessé si quelque chose tourne mal. »

Ne vous inquiétez pas.

« Au fait, tes mains ne tremblent-elles pas ? »

J'ai des tremblements, c'est tout.

Je jouai les durs devant Kairos, mais mes jambes me lâchèrent et je finis par m'affaisser sur le sol.

En réalité, je ne vais pas bien. Même quand Terdian combattait les soldats dans la prison souterraine, ces soldats étaient si accros à Happy qu'ils ressemblaient à des zombies, alors j'avais dû, inconsciemment, les considérer comme des « monstres ».

Mais depuis le moment où j'étais sorti dans le couloir derrière Terdian jusqu'à mon arrivée dans la chambre du Grand prêtre.

Tout ce que j'avais vu était humain. Pas seulement des soldats à la peau bleue, mais des gens qui avaient la même couleur de peau que moi.

Et voir le Grand prêtre se débattre dans la poigne de Terdian avait fait monter en moi une vague de peur.

« Haa. »

Mais je ne devais plus avoir peur.

Ce monde est ainsi fait, à l'origine.

Et ce monde est désormais celui dans lequel je dois vivre.

Peut-être qu'à l'avenir, moi aussi, je finirai par avoir du sang sur les mains.

Je serrai fort mes mains qui tremblaient encore.

Et je me relevai.

Puisque Terdian était parti, c'était maintenant à moi de faire mon travail.

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