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Chapitre 49

Chapitre 49 — Le remède au mal caché

14 octobre 2026 ~7 min · 1 350 mots

'Pierre de mémoire, activation.'

Vanessa souriait en peignant la fourrure d'un petit renard blanc comme le jade, étalé de tout son long sur ses genoux, et activa en secret la pierre de mémoire.

L'autre ne se douterait jamais qu'elle avait fait apparaître une pierre de mémoire de nulle part.

« Tu t'étais blessée à la patte tout à l'heure, non ? Ça te fait encore mal ? Tiens bon encore un peu, je vais te soigner tout de suite. » Tandis qu'elle parlait, une douce lueur couleur fleur de cerisier émana de la paume de Vanessa, qui lança un sort de soin élémentaire sur Julianna.

Une sensation de picotement et d'engourdissement se répandit dans la patte arrière de Julianna, lui arrachant malgré elle quelques gémissements charmants.

C'était donc ça, la magie de soin des Varelis ?

Si elle se souvenait bien, la lumière émise par une [Envoyée Sainte] n'existait qu'en trois couleurs : vert, blanc et or.

Plus l'affinité avec l'[Envoyée Sainte] était grande, plus la lumière tirait vers l'or.

Seule la lumière de soin de la Sainte était rose.

Elle était donc bel et bien la Sainte de cette génération.

Mais pourquoi n'avait-elle eu vent d'aucune nouvelle concernant la succession de la Sainte de l'Église humaine ?

Son réseau d'informations aurait-il des lacunes ? Non, c'était absolument impossible.

Elle avait l'impression que tout son corps baignait dans une source chaude et brumeuse.

Son corps se détendit, et la douleur de ses blessures fit place à une démangeaison apaisante et agréable.

Ce n'était pas du tout désagréable ; c'était plutôt comme un courant tiède qui parcourait ses membres et réparait son corps meurtri.

Pendant ce temps, Julianna découvrit avec stupeur que son mal caché avait été contenu, et qu'il montrait même des signes d'amélioration.

Elle en resta abasourdie.

Après tout, c'était son unique faiblesse fatale.

Pendant des années, elle avait parcouru le monde en tous sens, cherchant en secret des remèdes miraculeux et des méthodes anciennes pour guérir ce mal caché congénital, causé par sa lignée.

Elle avait tout essayé, en vain.

Elle avait un temps pensé que la magie d'[Envoyée Sainte] de l'Église du Rayonnement pourrait peut-être la guérir.

Elle avait même capturé quelques religieuses renommées de l'Église du Rayonnement pour les forcer à la soigner, mais même leur lumière de soin dorée était restée sans effet sur son mal.

Un fragment d'un ancien traité d'alchimie, déniché au prix de mille efforts, avait anéanti ses derniers espoirs.

Il y était écrit : « Les défauts ou maladies congénitaux causés par le sang des Saints ne peuvent être résolus que par les créateurs ou les fondateurs de cette lignée, et même alors, ce n'est qu'une possibilité. »

Si même les anciens génies de l'alchimie étaient impuissants, quel espoir restait-il ?

Quant à la possibilité évoquée dans le texte, on pouvait tout bonnement l'ignorer.

Les ancêtres des lignées des Neuf-Queues et des Succubes, qui s'étaient élevés au rang de Saints… les ressusciter ?

Même pour elle, Julianna, c'était impossible. Personne au monde ne pouvait accomplir pareil exploit.

Elle avait déjà renoncé, mais voilà que, contre toute attente, une nouvelle voie s'ouvrait.

Par un caprice du destin, elle était tombée sur le « remède » au mal qui la tourmentait depuis sa naissance.

Bientôt, la blessure de sa patte fut guérie, et le sort de soin de Vanessa prit fin.

La sensation chaude et réconfortante qui l'avait enveloppée s'évanouit, comme la neige qui fond sous le soleil d'hiver.

À contrecœur, Julianna rouvrit ses yeux envoûtants.

Les circuits magiques que la fonte de la glace venait de ranimer furent de nouveau figés par le froid.

Que se passait-il ? Son état avait pourtant semblé s'améliorer, à l'instant.

Se pourrait-il que… ?

En contemplant la jeune fille aux cheveux roses qui lui caressait doucement la fourrure, Julianna entrevit une possibilité.

Le sort de soin que la jeune fille venait de lancer était relativement faible, sans doute un sort de bas niveau.

Vu le niveau actuel de ses capacités magiques, il n'était pas difficile de deviner qu'elle n'avait pas encore appris de sorts de soin plus avancés.

Si même le plus élémentaire des sorts de soin pouvait contenir son mal, qu'en serait-il des sorts plus avancés ?

L'espace d'un instant, une lueur étrange passa dans les yeux de Julianna, et un sourire léger, presque imperceptible, étira la commissure de ses lèvres.

'Mademoiselle la Sainte, quelle chance tu as. Même le Ciel ne veut pas que je te tue maintenant. On dirait que nos destins sont liés~'

Julianna posa le menton sur la cuisse douce de Vanessa, respirant le parfum agréable de fleur de thé blanc qui s'échappait des cheveux roses de la jeune fille.

Les femmes de la famille Varelis avaient beau jouer les saintes-nitouches, elles étaient d'une beauté à couper le souffle.

Chose étrange, elle ne se lassait pas de l'odeur de cette femme.

Pour elle, c'était parfaitement déroutant.

En tant que seigneur démon renommée, elle avait reçu les tributs d'innombrables seigneurs mineurs et généraux démons, dont des parfums alchimiques inestimables et des soieries luxueuses.

Pourtant, ni les fragrances ni la valeur de ces objets de luxe ne l'avaient jamais attirée.

Tout cela prenait la poussière dans son trésor.

Alors pourquoi trouvait-elle le parfum de cette humaine si captivant ?

Julianna plissa les yeux.

Décidément, la tuer serait du gâchis.

De plus, c'était le seul « remède » qu'elle ait jamais trouvé capable de contenir son mal, voire de le guérir.

Elle ne pouvait pas se permettre qu'il lui arrive quoi que ce soit.

Seulement, le monde extérieur était bien trop dangereux.

Il y avait là-dehors beaucoup de gens mal intentionnés, et pour éviter que cette Sainte naïve ne tombe entre les mains d'autres scélérats, elle n'aurait d'autre choix que de la placer dans son propre « coffre-fort » pour la protéger.

Elle y perdrait sa liberté, certes, mais y gagnerait une vie de confort et de sécurité.

N'était-ce pas un échange équitable~ ?

Julianna avait pris sa décision : elle considérait déjà Vanessa comme son « remède exclusif » personnel.

Quant à savoir si la jeune fille accepterait de bon gré de lui servir de remède ?

Julianna ne se posait même pas la question.

Les religieuses qu'elle avait capturées et ramenées dans son palais démoniaque avaient d'abord refusé de la soigner, mais elles avaient toutes fini par céder à sa « persuasion ».

À ses yeux, la volonté d'autrui ne comptait pas et n'avait pas à être prise en compte.

Il existait d'innombrables façons de plier la volonté de quelqu'un, et comparée à ces religieuses, cette fille était clairement plus spéciale.

Elle emploierait donc une approche plus douce, voilà tout.

Cependant, Julianna n'aurait jamais deviné que la jeune fille devant elle avait déjà percé à jour son identité et ses intentions, et qu'elle l'avait prise de vitesse.

Prise d'une petite faim, Vanessa sortit un sac de pain noir et alla se laver les mains à la rivière.

Elle détacha avec élégance un petit morceau de pain, le porta à sa bouche et le mâcha lentement.

Ce n'était que du pain noir bon marché, mais à la voir, on aurait dit qu'elle savourait un mets de gourmet.

« Ma puce, tu as faim ? » La voix douce et tendre de Vanessa était comme le murmure d'une amante, et s'infiltrait sans effort dans le cœur comme une pluie de printemps.

Julianna sentit son esprit vaciller un instant, et avant qu'elle ne s'en rende compte, un morceau de pain était tendu devant sa bouche.

Elle le renifla. Elle n'était pas difficile en matière de nourriture, mais ce pain avait plus piètre allure que les restes que mangeaient ses domestiques.

Cependant…

Le regard de Julianna se posa sur le pain noir, ou plutôt sur les doigts fins comme le jade qui le tenaient. Ils étaient blancs comme neige, sans le moindre défaut, tel un jade parfait.

Rien qu'à les regarder, elle sentait son appétit grandir.

Après un instant de silence, elle prit le pain et le mâcha lentement.

Elle avait beau être habituée aux mets les plus fins, elle lui trouva un goût étonnamment bon.

Fin du chapitre 49
Fiche de l'œuvre

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