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Chapitre 47

Chapitre 47 — Une sensation inconnue

14 octobre 2026 ~7 min · 1 369 mots

« Tu es un démon, toi aussi ? » Vanessa caressait doucement le petit renard blanc dans ses bras, d'une voix douce et apaisante.

« Hou hou. » Le petit renard leva des yeux innocents et humides, mélange de confusion et de détresse, comme un chaton tout juste sauvé de la noyade.

« N'aie pas peur, les méchants qui te poursuivaient, je m'en suis occupée. Tu ne crains plus rien. » Vanessa consolait le petit renard d'un ton aussi doux qu'une brise qui lisse les rides d'un lac.

Ses beaux yeux miroitaient comme des vagues et dégageaient un charme tendre.

« C'est vraiment trop, de s'en prendre à un petit animal aussi mignon. » La voix de Vanessa, douce comme de la barbe à papa, laissait percer une pointe d'indignation et de mécontentement, comme un chaton en colère qui vous donne un petit coup de patte sur la poitrine.

Cela n'inspirait aucune crainte, mais ajoutait au contraire à la jeune fille une touche de mignonnerie et un charme singulier.

Comme on dit, quand on est assez joli, même les défauts passent pour d'attachantes manies.

À ces mots, comme pour répondre à l'émotion de Vanessa, le petit renard se pelotonna et agita délibérément sa queue soyeuse, qui vint effleurer la joue de Vanessa, tout en poussant quelques petits cris de renard ensorcelants, à vous faire fondre les os.

Cette petite tentatrice, même sous sa forme non humaine, ne perdait rien de son charme.

Après tout, c'était l'enfant du Roi Renard et de la Reine des Succubes.

En matière de séduction, personne n'était plus naturellement doué qu'elle.

« Petit toutou, comment tu t'appelles ? » demanda Vanessa avec un sourire, en lissant doucement la fourrure du renard.

Petit toutou ??

Les beaux yeux ensorcelants du renard se plissèrent légèrement.

Elle ne pouvait s'empêcher de sentir dans les paroles de Vanessa une intention moqueuse délibérée.

Mais quand elle leva les yeux vers la jeune fille d'une beauté renversante, le visage de Vanessa arborait toujours ce sourire pur, inoffensif et tendre.

« … »

Ce devait être son imagination.

Même si l'autre savait qu'elle était un démon, et devinait qu'elle n'était pas un démon ordinaire, elle ne devait pas connaître sa véritable identité.

Vanessa ne s'était sans doute vraiment pas rendu compte qu'elle était un renard.

Mais… la prendre pour un chien, c'était inacceptable.

Les femmes de la famille Varelis étaient vraiment ignares.

Existait-il au monde un chien aussi beau ?

Le petit renard plissa les yeux.

Elle avait d'abord prévu d'épargner à Vanessa toute souffrance, après cette nuit ; mais à présent, cela ne semblait plus nécessaire.

« Hou hou. » Quoi qu'il en soit, elle devait continuer la comédie.

Elle ne pouvait pas laisser Vanessa découvrir qu'elle savait parler : le petit renard ne pouvait donc exprimer sa protestation qu'à coups d'onomatopées.

« Trop mignon~ Mon bébé, on dirait que ta race est assez particulière ? Tu n'aboies pas comme un chien… Pardon pour ce mot grossier, mais ton "aboiement" est vraiment singulier comparé à celui des chiens ordinaires. » La voix de Vanessa restait toujours aussi douce, à vous chatouiller les oreilles.

Mais ses paroles donnaient toujours à Julianna l'impression d'être insultée.

« Je croyais que tous les chiens aboyaient à peu près pareil, comme ça : ouaf ouaf~ » Tout en parlant, Vanessa imita même d'une main la posture d'un chien, mimant un aboiement avec vivacité et espièglerie.

Si les yeux de la jeune fille n'avaient pas été si tendres qu'ils semblaient dégouliner de bonté, Julianna l'aurait soupçonnée de se moquer subtilement d'elle.

« Alors, petit toutou, que vas-tu faire maintenant ? Après avoir été poursuivi aussi loin par ces démons, ce ne serait pas prudent de rentrer comme ça, n'est-ce pas ? » demanda Vanessa, avant de répondre elle-même sans attendre.

« Et si tu restais avec moi, désormais ? Je prendrai soin de toi. Qu'en dis-tu~ ? »

À ces mots, le petit renard se frotta doucement contre la généreuse poitrine de Vanessa et poussa un petit cri.

« Cette réaction veut dire que tu es d'accord, c'est ça ? » Le sourire de Vanessa s'épanouit comme un beau tableau.

Tout à l'heure, elle n'avait pas vraiment prêté attention à cette femme, mais maintenant qu'elle la regardait de près, Vanessa était effectivement très belle.

C'est ce que se disait le petit renard dans les bras de Vanessa.

De plus, le petit renard trouvait le parfum de Vanessa incroyablement agréable, un mélange de délicates fleurs de théier blanc et de lavande séchée.

Rien que respirer ce parfum, blottie dans les bras de Vanessa, lui procurait un sentiment de paix et de sérénité, comme si elle avait échappé aux tracas du monde.

Cette sensation était tout à fait inconnue du petit renard.

Ayant grandi au royaume des démons, elle n'avait jamais su ce que voulait dire se sentir en sécurité.

Au royaume des démons, seuls les forts survivaient.

Quand elle était encore toute petite, son père, le Roi Renard, avait été tué par une Sainte humaine, et sa mère avait disparu sans laisser de traces.

Unique enfant de ces deux grands seigneurs démons, elle avait hérité des vastes et fertiles territoires du Domaine des Mille Démons et du Domaine des Mille Âmes.

Mais les luttes entre démons étaient impitoyables.

Les autres seigneurs démons, qui convoitaient ces terres depuis longtemps, n'allaient pas laisser passer l'occasion.

Aucun démon n'aurait accepté qu'une enfant prenne possession de territoires aussi vastes et aussi riches.

Ses proches se battaient bec et ongles autour d'elle, et d'autres seigneurs démons, jaloux des terres et de l'héritage laissés par ses parents, en avaient profité pour les envahir et les occuper.

Durant cette période, elle avait servi de marionnette, avait été trompée et convoitée.

Elle avait frôlé la mort d'innombrables fois, errant et luttant pour survivre.

La faim et les blessures étaient son lot quotidien pendant ses fuites.

Ces jours-là étaient derrière elle, à présent, et elle y avait survécu.

Grâce à une progression qui dépassait de loin les prévisions des autres seigneurs démons, elle avait repris le contrôle total du Domaine des Mille Démons et du Domaine des Mille Âmes en moins de cent ans.

Elle avait exécuté tous ceux qui avaient pris part aux complots et tous les seigneurs qui avaient intrigué contre elle.

Au bout du compte, ses territoires ne s'étaient pas réduits : ils s'étaient au contraire agrandis.

Ces épreuves lui avaient appris une chose : seule la force était la vérité ultime.

Elle en avait aussi tiré une leçon : face à une menace potentielle, il fallait l'éradiquer complètement.

Après avoir enfoncé les portes du château de son dernier grand ennemi, la jeune fille aux oreilles de renard, aux cheveux blancs comme neige et aux yeux couleur de vin, posa le pied sur la poitrine du seigneur démon tremblant.

Avec un sourire captivant, elle demanda, d'une voix capable d'envoûter n'importe qui :

« Sais-tu pourquoi tu as perdu, au bout du compte ? »

« Parce que tu étais myope et trop sûr de toi. »

« Tu as obtenu un petit avantage, un peu de terres, et tu n'as plus pensé qu'à consolider tes acquis et à t'arrêter là, en laissant vivre ton pire ennemi. »

« À ta place, je n'aurais pas dormi une seule nuit en paix tant que je n'aurais pas vu ta tête tranchée. »

« Alors, à quoi pensais-tu ? Tu n'as jamais fini le travail, tu m'as laissée m'échapper d'innombrables fois, moi, la survivante, et tu arrivais encore à dormir sur tes deux oreilles ? »

« Pendant toutes ces années, je n'ai pas passé une seule bonne nuit. » Les yeux ensorcelants de Julianna perdirent lentement leur éclat.

Elle se tenait le visage entre les mains et se passait la langue sur les lèvres en regardant son ennemi implorer sa grâce, tremblant sous son pied.

Elle partit d'un rire incontrôlable, le corps secoué d'excitation.

Voir son ancien ennemi juré désormais à sa merci la faisait frémir d'excitation.

« Rien qu'à l'idée que des déchets comme vous étaient encore en vie, j'étais si excitée que je n'en dormais pas la nuit ! »

« J'avais tellement hâte de me précipiter chez vous pour tous vous torturer… »

Fin du chapitre 47
Fiche de l'œuvre

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