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Chapitre 46

Chapitre 46 — Tu aimes jouer la comédie ? Je te donnerai la réplique tant que tu voudras~

14 octobre 2026 ~10 min · 1 866 mots

Ce motif en forme de pivoine : impossible de s'y tromper.

À cet instant, Vanessa avait l'impression de tenir dans ses bras non pas un adorable petit renard tout duveteux, mais une patate chaude, au point que tout son corps se raidit.

« Kyuu~ » Le petit renard dans ses bras ne semblait pas remarquer sa raideur et profitait de l'étreinte douce comme le jade de la jeune fille.

Il se frotta d'un air câlin contre sa poitrine généreuse, qui se mit à onduler.

Le petit renard blanc était doux et lisse ; sa fourrure avait le toucher du satin le plus fin.

Il cligna de ses yeux espiègles et ensorcelants, d'une mignonnerie à laquelle aucune fille n'aurait su résister.

Mais Vanessa n'était pas une de ces petites naïves.

En apparence, elle restait calme, mais au fond, elle savait que la boule de poils dans ses bras était une bombe à retardement.

Au moindre faux pas, elle pouvait exploser à tout moment, et peut-être raser plusieurs villes au passage.

Vanessa se rappelait que, dans Carillian Citrus, l'une des puissances de tout premier plan, Julianna Vaughn, la future Reine Démon, possédait des capacités de combat terrifiantes.

Une simple chiquenaude de sa queue pouvait aplatir une ville entière en un instant.

Assoiffée de sang, sadique, imprévisible, elle ne faisait confiance à personne : une véritable reine folle avec un goût prononcé pour la domination.

Vanessa se souvenait que, même dans la dernière partie de l'histoire d'origine, quand Aesphyra avait officiellement fait entrer Julianna dans son harem, leurs flirts quotidiens restaient chargés de tension.

Un instant, elles étaient tendres et affectueuses ; l'instant d'après, les griffes acérées de Julianna se trouvaient à quelques centimètres du cou d'Aesphyra.

Impossible de dire s'il s'agissait d'un dangereux jeu de séduction, d'une plaisanterie sans limites, ou peut-être des deux.

Pour la décrire, Julianna était un bonbon fourré à l'arsenic : douce et séduisante, mais mortelle.

Comme dit le proverbe : « Mourir sous la pivoine, c'est rester galant même en fantôme. »

À ses côtés, on risquait de perdre son âme au moindre moment d'inattention, et peut-être même son cœur.

Au sens propre.

Julianna était une beauté folle. On ne pouvait jamais deviner ce qui se passait dans sa tête, ni comprendre pourquoi elle faisait certaines choses.

Si Vanessa avait dû classer les héroïnes par degré de dangerosité, Julianna aurait obtenu quatre étoiles et demie, juste derrière Aesphyra.

Fréquenter une telle folle était bien trop imprévisible, et dépassait clairement le niveau de risque que Vanessa était prête à prendre.

Pourquoi ?

Elle ne comprenait pas pourquoi Julianna apparaissait ici, à ce moment-là.

Se pourrait-il que… ?

Dans l'histoire d'origine, les sbires démons écarlates qui fouillaient la forêt cherchaient en réalité Julianna.

Une affaire d'une telle importance impliquait forcément des généraux démons de haut rang.

Après mûre réflexion, la seule variable était sa propre arrivée anticipée.

Vanessa forma donc une hypothèse.

C'était peut-être justement parce qu'elle était arrivée trop tôt, au plus fort des recherches des démons écarlates dans la forêt, qu'elle était tombée sur un général démon.

Dans l'histoire d'origine, Aesphyra était arrivée plus tard, et les démons, n'osant pas s'attarder trop longtemps en territoire humain, n'avaient laissé derrière eux que quelques traînards.

Voilà qui expliquerait tout.

Quant à savoir pourquoi Julianna se faisait pourchasser aussi frénétiquement par quelques sbires démons rouges ?

Vanessa trouva l'explication dans l'univers du jeu.

Si elle se souvenait bien, Julianna était l'enfant du Roi Renard aux Mille Démons et de la Reine des Succubes.

Elle portait le sang de deux familles candidates au titre de Roi Démon, ce qui lui conférait un talent et une intelligence de tout premier ordre.

Très jeune, elle s'était taillé sa propre place dans le monde démoniaque, où seule la force fait loi.

Cependant, à cause de son ascendance mêlée, le conflit entre ces deux puissantes lignées la faisait souffrir depuis l'enfance d'une maladie rare et étrange.

Lorsque la maladie se déclarait, elle perdait toutes ses forces et devenait aussi faible qu'un poulet.

Les démons écarlates avaient sans doute voulu la capturer au moment où elle était le plus vulnérable.

Mais l'histoire d'origine ne mentionnait jamais qu'elle ait été capturée par les démons écarlates.

Ce qui voulait dire que, même sans son intervention, ce petit renard blanc avait un moyen de s'en sortir ??

Si c'était le cas, alors tout s'expliquait.

Pourquoi Julianna avait-elle par la suite poussé Winnie à absorber l'Arme d'âme ténébreuse ?

Peut-être parce qu'après avoir échappé à ses poursuivants, elle était restée en territoire humain pour une raison quelconque au lieu de regagner le royaume des démons, et qu'elle avait croisé Winnie par hasard.

Sur cette pensée, Vanessa baissa les yeux vers le renard blanc comme le jade dans ses bras, qui la regardait d'un air délibérément adorable.

Difficile de croire qu'une telle créature puisse être aussi rusée.

Quel talent de comédienne.

Vanessa observa l'expression du petit renard de jade : celle d'un chat tombé à l'eau qui trouve enfin un havre sûr après avoir été repêché.

C'était la première fois qu'elle saluait le talent de comédien de quelqu'un, et peut-être la dernière.

La question se posait donc à nouveau : l'étrange maladie de Julianna était son unique faiblesse, son seul point fatal, et elle la gardait absolument secrète.

Tout être vivant qui connaissait ce secret devait mourir ; même ses plus proches confidents ne faisaient pas exception.

Il s'agissait clairement d'une opération ciblée et préméditée contre Julianna.

Comment les autres démons l'avaient-ils appris ?

Laisse tomber. Les affaires internes de la race démoniaque ne la concernaient pas, et ce n'était clairement pas le moment de s'y attarder.

En l'espace de quelques respirations, d'innombrables pensées traversèrent l'esprit de Vanessa, mais son expression demeura calme et posée.

Son regard sur le petit renard dans ses bras restait aussi doux que jamais, sans trahir la moindre trace de son trouble intérieur.

La vie était pleine de hauts et de bas.

Avant même d'avoir pu consolider ses gains et savourer sa victoire, elle s'épuisait déjà à chercher comment survivre.

Oui, Vanessa avait déjà deviné que la renarde folle dans ses bras en voulait à sa vie.

Toute cette façon de se montrer dépendant et affectueux, comme pour lui rendre son bienfait, n'était que comédie.

Pourquoi cette comédie ?

Pour qu'elle baisse sa garde, naturellement.

En ce moment même, la renarde ruminait sans doute déjà cent façons différentes de la transformer en sashimi.

Pourquoi en était-elle si sûre ?

Venir à bout de ces sbires démons écarlates et de leur petit chef l'avait laissée hors d'haleine, mais pour la race démoniaque, ce n'étaient que d'insignifiants avortons, même pas dignes de s'asseoir à la table des grands.

Eux étaient ignorants et ne savaient même pas comment ils étaient morts, mais Julianna, qui avait tout vu, le savait forcément.

Héritière d'une famille candidate au trône de Reine Démon, comment Julianna aurait-elle pu ne pas reconnaître la flamme sacrée qui avait terrassé d'innombrables Reines Démons ?

Julianna n'était pas du genre à s'intéresser au premier venu.

Vanessa savait-elle pourquoi, dans l'histoire d'origine, après avoir croisé Winnie par hasard, Julianna l'avait délibérément poussé à absorber l'Arme d'âme ténébreuse ?

Parce qu'elle avait surpris le nom de famille de Winnie : Varelis.

Cela l'avait énormément amusée.

Avant sa transmigration, Vanessa n'avait pas vraiment compris la façon de penser de Julianna.

Maintenant, elle commençait à saisir.

Elle se rappela aussi un détail mentionné en passant dans l'histoire d'origine : le père de Julianna, le Roi Renard aux Mille Démons, avait été tué par la dernière Sainte Varelis, l'arrière-grand-mère de Vanessa.

Amener le descendant de l'assassin de son père à sombrer lentement dans la corruption, jusqu'à le souiller de l'Arme d'âme ténébreuse que sa famille méprisait plus que tout, et regarder l'héritier de la lignée Varelis, porteur de l'héritage de générations de Saintes, s'enfoncer dans la voie du mal : existait-il spectacle plus grisant pour une Reine Démon ?

Avec un sourire chaleureux comme un soleil qui ferait éclore un champ de fleurs à perte de vue, Vanessa caressa doucement le front du petit renard.

Le petit renard ronronna d'aise et se frotta d'un air câlin contre sa paume douce.

Une ravissante jeune fille tenant dans ses bras un adorable petit renard blanc : le tableau respirait l'harmonie et la sérénité.

Pourtant, ni la jeune fille ni le renard n'étaient ce qu'ils paraissaient.

Leur dialogue intérieur était sans doute plus intense qu'un film à suspense.

Mais elles avaient un point commun : toutes deux réfléchissaient au moyen de faire trébucher l'autre.

C'était simple, au fond. Vanessa détenait la clé de l'intrigue, connaissait l'identité de Julianna et savait parfaitement quelles étaient ses faiblesses et ses failles.

Julianna était actuellement sans forces : c'était son moment de plus grande vulnérabilité.

Il suffisait à Vanessa de serrer un peu plus les doigts pour l'étrangler.

Alors, devait-elle offrir à mademoiselle Julianna une sortie de scène sans cérémonie ?

Après un bref instant de réflexion, Vanessa écarta l'idée.

Si Julianna avait réussi à échapper à l'encerclement des démons écarlates, c'était la preuve qu'elle devait aussi avoir un moyen de s'en tirer indemne si Vanessa tentait de la tuer.

Vanessa n'était ni une sainte ni une héroïne, juste un PNJ secondaire.

Elle ne pouvait pas assumer les conséquences du meurtre d'une future Reine Démon.

D'un autre côté, les ennemis de mes ennemis sont mes amis.

Avant d'être recueillie par Aesphyra, Julianna resterait une adversaire de taille, qui accaparerait une bonne partie de l'attention d'Aesphyra et lui laisserait peu d'énergie pour s'occuper de Vanessa, sa vieille ennemie.

Plus important encore, la race démoniaque n'était pas un bloc uni.

Les conflits entre seigneurs démons étaient encore plus féroces que les luttes entre nations humaines.

Avec Julianna, élément instable qui se nourrissait du chaos, les luttes de pouvoir internes des démons s'intensifieraient, les tenant trop occupés à s'entre-déchirer pour convoiter les terres humaines.

Autrement dit, garder Julianna en vie servait en réalité les intérêts des humains.

Si Julianna quittait la scène prématurément, les conflits internes des démons perdraient de leur férocité, et ils garderaient davantage de forces pour semer le chaos chez les humains.

Avec Julianna comme épine dans leur pied, les démons resteraient plus longtemps dans le désordre.

De plus, Julianna n'avait aucun goût pour les passe-temps traditionnels des démons, le massacre et le pillage.

Elle ne prenait plaisir qu'à tourmenter des ennemis et des adversaires redoutables, et les civils faibles et sans défense ne l'intéressaient pas.

C'était la plus grande différence entre elle et les autres seigneurs démons.

Par ailleurs, Julianna avait de nombreux rôles importants à jouer dans la suite de l'intrigue.

Vanessa ignorait comment l'histoire changerait si on retirait Julianna de l'équation.

En résumé, Julianna ne pouvait pas mourir, du moins pas maintenant.

Et puis, une « récolte » aussi fraîche, comment ne pas la cueillir ?

Parfois, briser l'esprit de quelqu'un était bien plus efficace que de le tuer.

Vanessa avait déjà une idée brillante, qui humilierait Julianna jusqu'à la moelle, vengerait les torts passés et lui permettrait de récolter Julianna comme une jeune pousse bien fraîche. Trois victoires d'un coup.

Très bien, future Reine Démon. Tu aimes jouer la comédie, n'est-ce pas ? Alors je vais te donner la réplique jusqu'au bout~

Fin du chapitre 46
Fiche de l'œuvre

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