« Aaaargh ! »
Le maigrichon, qui reprenait tout juste connaissance, poussa un cri à glacer le sang dès qu'il comprit que sa tête était en feu. Do-Jin, lui, resta de marbre et écarta d'un coup de pied nonchalant le voleur qui se tordait, comme on se débarrasse d'un vieux déchet.
Les trois autres, sidérés par tant d'audace, restèrent un instant pétrifiés. Puis ils reprirent enfin leurs esprits et cédèrent à la panique.
« Soigne-le ! Soigne-le, putain de merde ! »
« Mais t'es malade ou quoi ? Tu lui as foutu le feu à la gueule ? »
Do-Jin faillit se plier en deux de rire.
Ces connards étaient prêts à l'étriper pour son équipement, et voilà qu'ils pleurnichaient parce qu'il s'était défendu ? Le poignarder, le brûler, quelle putain de différence ? D'accord, dans le monde réel, brûler le visage de quelqu'un aurait pu passer pour excessif, mais ce n'était qu'un jeu. Au pire, l'équivalent d'une brûlure légère. Et si une crise d'angoisse le rattrapait plus tard, voire un petit traumatisme, c'était le prix à payer pour avoir commencé un combat qu'il n'était pas capable de finir.
« Fermez-la, bande de crétins », marmonna Do-Jin en posant le pied sur la poitrine du voleur et en appuyant, histoire de bien faire.
Sans perdre une seconde, il répandit de l'huile sur le sol devant les trois autres. Voyant leur pote gesticuler comme un épouvantail en flammes, le visage en feu et les hurlements rebondissant sur les parois de la grotte, les autres tressaillirent et reculèrent, comme des gamins effrayés par leur propre farce.
'Quelle bande de clowns... Si vous m'aviez chargé tous ensemble, vous auriez peut-être eu une chance', pensa Do-Jin avec un rictus.
Ils ne valaient pas mieux que celui qui hurlait encore par terre : aussi lents, aussi négligents. La bêtise semblait se déplacer en meute.
Un sourire narquois aux lèvres, Do-Jin arracha la dague de la main gauche du voleur. Comme il s'y attendait, c'était une camelote ramassée sur un cadavre, impossible à équiper. Il la lança sur le soigneur, blême comme un fantôme et en plein sort de soin. Ce n'était guère qu'un bout de ferraille, mais dans ce monde virtuel hyperréaliste, la simple vue d'un morceau de métal volant pouvait faire paniquer un débutant.
« Putain de merde ! »
Comme prévu, le soigneur tressaillit et roula sur le côté, perdant sa concentration. Le sort à moitié lancé s'éteignit. Pendant ce temps, le feu de joie humain cessa enfin de gesticuler.
Do-Jin jeta un rapide coup d'œil au cadavre du voleur. Sa tête évoquait désormais Le Cri d'Edvard Munch, avec une touche grotesque en prime. Le visage et les mains étaient carbonisés, et les résidus poisseux de l'huile brûlée ajoutaient une couche d'horreur supplémentaire, au point de rendre le vrai tableau bien sage en comparaison.
Do-Jin poussa le corps du pied pour s'assurer qu'il était bel et bien mort. Puis il leva lentement les yeux vers les trois autres. Son regard dénué d'émotion leur glaça l'échine, et ils reculèrent d'un pas sans même y penser.
« Bon, et maintenant ? » leur demanda Do-Jin.
Et maintenant ? Qu'est-ce qu'il demandait, au juste ? La question traversa l'esprit des trois joueurs restants.
Do-Jin ne les laissa pas s'interroger bien longtemps. « On dirait que vous êtes foutus. Plus aucun espoir pour vous. »
Quatre adversaires auraient pu lui donner du fil à retordre, mais trois, c'était une partie de plaisir. Quelle chance des loups, la queue fermement coincée entre les pattes, avaient-ils face à un prédateur comme lui ? À ce stade, ils tenaient plutôt des chiens errants, tremblant devant les flammes comme des bêtes effrayées par le feu.
Do-Jin frappa le premier, sans laisser aux cabots apeurés le temps de se ressaisir. Il vida la moitié de son huile restante et déclencha une cascade de feu qui engloutit et tua le soigneur. Ce n'est qu'alors que les deux guerriers chargèrent, apparemment résignés à l'idée de brûler vifs. Mais leur décision venait bien trop tard. Alors qu'ils approchaient maladroitement pour le prendre en tenaille, Do-Jin lança Lumière.
« Argh ! »
L'éclat aveuglant fit tressaillir l'un d'eux, qui baissa sa garde. Do-Jin enchaîna d'une attaque fluide qui le transforma en feu de joie humain numéro trois.
« Aaaaargh ! »
Le dernier guerrier, caché derrière son camarade en flammes, saisit sa chance. Avec une détermination téméraire, il se fendit en avant pour une ultime attaque suicidaire. Sa force et sa vitesse de guerrier lui donnaient l'avantage.
Do-Jin comprit qu'il était trop tard pour esquiver, et la lame lui transperça l'épaule droite, faisant gicler le sang en tous sens. Si l'arme s'était enfoncée un tout petit peu plus, elle lui aurait traversé la poitrine, ce qui aurait été un coup fatal. Selon toute logique, il aurait dû y passer, d'autant que les mages manquaient de résistance.
« P-pourquoi... ? » Le guerrier écarquillait les yeux d'incompréhension, la main crispée sur son arme comme pour en éprouver la résistance. Il n'arrivait pas à croire qu'un mage puisse être aussi coriace.
Do-Jin lui répondit avec un sourire. « Parce que j'ai tout mis en Endurance. »
Ayant investi chaque point bonus gagné en montant de niveau dans l'Endurance, il avait une Défense et des PV à des lieues de ceux d'un mage ordinaire de son niveau. La plupart des mages se seraient froissés comme du papier au premier coup bien placé ; Do-Jin, lui, était bâti comme un tank.
Ignorant ce détail, le guerrier avait chargé avec la croyance naïve qu'un seul coup bien placé suffirait. Mais l'ignorance n'excusait rien : sa défaite était inévitable.
« Un petit conseil. Si tu me recroises, t'as intérêt à partir dans l'autre sens », l'avertit Do-Jin.
Le guerrier était trop près pour risquer l'huile et le feu, alors Do-Jin misa sur la puissance brute. Il canalisa jusqu'à la dernière goutte de mana de son corps et fit jaillir de ses mains des flammes intenses qui engloutirent le visage du guerrier. Le dernier cabot s'effondra.
Debout au milieu des cadavres calcinés, Do-Jin sortit une cigarette de mana et l'alluma sur les restes fumants. Ses Circuits magiques surmenés commencèrent à se stabiliser.
« Pfiou... J'adore ce jeu », murmura Do-Jin d'une voix basse et satisfaite en soufflant un panache de fumée.
Il n'était pas seulement fan de PvE : il vivait aussi pour le PvP.
***
Savourant le goût de la victoire et la bouffée apaisante de sa cigarette de mana, Do-Jin laissa refroidir ses Circuits magiques tout en inspectant le butin laissé par le maigrichon et sa bande.
Dans LOST, les joueurs neutres avaient une chance de lâcher des objets à leur mort, mais les joueurs chaotiques, ceux qui pratiquaient le PK, autrement dit le meurtre de joueurs, perdaient leur équipement à coup sûr.
'Tiens, tiens, on dirait qu'ils trimballaient du matos correct.'
En fouillant les restes, Do-Jin repéra un anneau brillant près du cadavre du soigneur. Qu'il ait été volé à un autre joueur ou qu'il fasse partie des affaires personnelles du soigneur, peu importait. L'anneau augmentait le mana maximal, ce qui en faisait un équipement indéniablement utile. Même revendu, il en tirerait un bon prix, sans doute quelques centaines de dollars au moins.
'Bon sang, ça va leur faire un mal de chien, à ces enfoirés.'
Souriant du malheur des idiots qui avaient osé lui tendre une embuscade, Do-Jin passa aux autres objets.
'Hmm, les deux guerriers n'ont pas lâché grand-chose, hein ?'
Ils n'avaient laissé que l'équipement standard que les Kobalts lâchaient fréquemment, rien de notable. Restait le maigrichon.
« C'est quoi ce bordel ? Son corps a déjà disparu ? »
Le cadavre du voleur s'était déjà volatilisé, mais le butin était resté par terre, là où il était tombé. Pourtant, à en juger par son apparence, ce n'était qu'un bout de ferraille, le genre de camelote que les Kobalts ramassaient et entassaient partout. Un joueur chaotique mourait, et tout ce qu'il laissait derrière lui, c'était de la camelote ?
« Il était un saint dans une autre vie, ce connard, ou quoi ? »
[Éclat de bronze mystérieux enchanté]
La réponse à sa question tomba dès qu'il ramassa l'objet, confirmant aussitôt ses soupçons.
« Pas possible, putain. Ici ? Justement ici ? »
L'éclat laissé par le voleur n'était pas une vulgaire camelote. Il s'agissait d'une clé de donjon caché, un objet que les monstres des environs de Zeron lâchaient rarement, avec une probabilité ridiculement faible.
***
Aux yeux de la plupart des joueurs, ce fragment ressemblait à une babiole hors de prix. Mais Do-Jin savait exactement de quoi il s'agissait : la clé de la barrière qui scellait le donjon caché, l'Atelier magique dévoré par le Mal. Et il savait aussi exactement où le trouver.
Il ne lui restait plus qu'à nettoyer le donjon et à rafler chacune des récompenses qu'il renfermait. Son niveau allait s'envoler, et il ferait un bond de géant vers ses objectifs de progression.
'Mais... même quand cet endroit a été rétrogradé en donjon ordinaire, la difficulté était une vraie plaie. Pas moyen, putain, que je le fasse en solo tant que c'est un donjon caché.'
La difficulté de ce donjon n'avait rien d'un simple défi. Elle imposait pratiquement de jouer en groupe, et c'était bien là le problème. Pourquoi ? Parce que l'idée même de partager cette occasion en or avec quelqu'un d'autre le mettait en rogne. Après tous ces efforts pour trouver un donjon caché, devoir partager les récompenses ? Hors de question, bordel.
Comment dévorer seul cette occasion en or, sans la partager avec personne ? Former un groupe était l'ultime recours. Trop de risques de se faire poignarder dans le dos, et il détestait l'idée de partager les récompenses.
Engager des mercenaires PNJ était également exclu. Coût mis à part, les mercenaires et aventuriers de bas étage étaient pour la plupart des ratés qui avaient pris l'épée faute d'autre choix. Ils étaient même encore plus susceptibles de le trahir.
Il ne restait qu'une option : farmer jusqu'à atteindre un niveau suffisant pour nettoyer le donjon en solo.
'Ce sera peut-être plus long d'y aller avec un niveau bien supérieur, mais ça vaut toujours mieux que de partager le butin avec un groupe.'
« Bon sang, si seulement j'avais sous la main un esclave super compétent à qui donner des ordres. » Do-Jin soupira. « Attends, un esclave... ? »
En marmonnant ce vœu inutile, Do-Jin changea soudain d'expression. Quelque chose lui était revenu. Quelqu'un avec qui il n'aurait pas à partager les récompenses, quelqu'un qui ne le poignarderait pas dans le dos, et quelqu'un qui, pour l'instant du moins, était remarquablement doué.
'C'est quel rang, déjà, les Mages jaunes, à la Tour de Magie impériale ?'
Depuis sa régression, Do-Jin n'avait croisé que deux mages d'Elthomagia, la Tour de Magie impériale.
Tout en haut, Sion Grace. Presque tout en bas, Sisala Omen, une Mage jaune. Évidemment, l'avis de l'intéressée n'entrait pas en ligne de compte dans sa décision, mais il s'en moquait. Do-Jin était certain de pouvoir la faire travailler pour lui, et s'il y parvenait, elle vaudrait bien une esclave.
La seule chose qui comptait désormais, c'était le niveau de compétence de son « esclave ».
'Une Mage jaune doit être au moins de palier 4.'
Palier 4, et mage d'Elthomagia, qui plus est ? En tant que joueuse, elle dépasserait facilement le niveau 50. Do-Jin ne put s'empêcher de s'applaudir intérieurement. Il venait de trouver le moyen de traverser les doigts dans le nez un donjon caché peuplé de monstres de niveau 30.
***
Plus on occupait un rang bas à Elthomagia, plus on était débordé. Contrairement aux mages de rang Bleu ou supérieur, qui pouvaient se consacrer entièrement à leurs recherches et, de temps à autre, à quelque événement magique prestigieux, les mages de rang inférieur croulaient sous une liste de tâches sans fin.
S'entraîner et étudier pour progresser n'était que le strict minimum. Il fallait en plus assumer les fonctions confiées à chaque membre d'Elthomagia. Et ceux qui avaient la malchance d'être l'assistant d'un mage de haut rang avaient à peine le temps de respirer.
En termes modernes, c'était comme être un interne surmené dans un CHU.
« Pfff... Je vais finir par en mourir, à ce rythme... » Sisala Omen ne faisait pas exception, elle qui se traînait le long d'un immense couloir.
En réalité, coincée au rang Jaune depuis quatre ans sans la moindre promotion, elle était dans une situation pire encore que la plupart des mages de son niveau.
L'éclat qui scintillait autrefois dans la magie de Sisala s'était depuis longtemps révélé un leurre aux limites bien nettes. Ses accomplissements magiques stagnaient depuis qu'elle avait atteint le palier 4, à dix-sept ans. Si elle avait eu la richesse, le pouvoir, les relations ou une lignée prestigieuse pour compenser son talent déclinant, ce n'aurait peut-être pas été si grave. Mais Sisala était une roturière, et orpheline.
« Pfff. »
Le poids de ses sombres pensées semblait décupler son épuisement. Un vertige la saisit et la força à s'accroupir, les mains posées au sol pour retrouver son équilibre.
« Haaaah... » Son soupir charriait une fatigue qui lui pesait jusqu'aux os.
Elle n'avait aucune idée du nombre de jours écoulés depuis sa dernière vraie nuit de sommeil. Et comment aurait-elle pu dormir, alors qu'elle avait accepté une quantité écrasante de corvées, bien au-delà du raisonnable ?
Des tâches qui, en temps normal, auraient été confiées aux mages de rang Rouge tout juste entrés à Elthomagia. Mais Sisala avait choisi de porter ce fardeau pour attirer l'attention d'un mage de haut rang, dans l'espoir d'être un jour nommée assistante officielle.
'Quand j'étais plus jeune, je me croyais géniale...'
Et si elle était restée à l'académie au lieu de rejoindre Elthomagia ? Cette pensée la hantait, refrain amer de regret qui résonnait chaque jour dans son esprit.
Tandis qu'elle ressassait ses choix, quelqu'un l'appela par son nom.
« Sisala Omen ? »
« Renee. »
À l'autre bout du couloir se tenait Renee Dacia. Son expression froide, rehaussée par une robe coûteuse aux motifs raffinés, criait « noble fortunée ». D'un pas impatient, Renee approcha, dégageant son agacement habituel.
« Sisala Omen, que faites-vous ici ? Vous ne savez pas que l'expérience va bientôt commencer ? Vous savez parfaitement à quel point Maître Viego se met en colère quand les choses ne démarrent pas à l'heure précise, n'est-ce pas ? »
Il sautait aux yeux que Sisala n'était pas en grande forme, mais Renee n'hésita pas une seconde à la sermonner. Malgré son rang inférieur, Renee affichait une condescendance éhontée.
Mais Sisala ne pouvait rien lui répondre.
« Je vais tout préparer aussi vite que possible. Il reste encore une trentaine de minutes, tout sera prêt à temps. »
L'autorité de Renee venait de sa place parmi les assistants officiels de Viego, mage de rang Bleu, et l'expérience que Sisala s'empressait de préparer était une tâche qu'elle avait suppliée Renee de lui laisser.
« Vous avez intérêt à ce que tout soit parfait. Si Maître Viego est contrarié, vous pouvez dire adieu au reste de vos tâches. Tenez-vous-le pour dit. » Laissant dans son sillage comme un courant d'air glacé, Renee s'éloigna.
Sisala n'avait même pas le loisir de la foudroyer du regard. Le temps pressait ; elle serra les dents et se mit au travail. Elle s'y employa si durement que sa robe était trempée de sueur quand elle eut terminé les préparatifs.
Ensuite, elle se posta discrètement dans un coin du laboratoire. Elle attendit là, espérant attirer l'attention de Viego à son arrivée. Peut-être même, si la chance était de son côté, pourrait-elle assister à l'expérience.
Frissonnant légèrement à mesure que la sueur refroidissait sous sa robe, elle endura le froid jusqu'à ce que Viego arrive enfin, entouré de ses assistants, pile à l'heure.
« Hmm. » Le regard perçant de Viego balaya la pièce et le laboratoire soigneusement préparé. Il s'arrêta sur Sisala, plantée gauchement dans son coin. « Vous, là. »
« Oui, oui ! » C'était la première fois depuis qu'elle avait pris ce travail que Viego s'adressait directement à elle, et Sisala répondit avec un mélange de nervosité et d'excitation.
Mais une pensée terrible la frappa. Et si sa voix tremblante donnait une mauvaise impression ?
« Pourquoi êtes-vous encore là ? L'expérience va commencer, et votre présence est une distraction. » Ses mots étaient froids et tranchants comme la glace.
Quelque part derrière lui, le ricanement de Renee résonna aux oreilles de Sisala comme un écho moqueur.
« Je suis désolée », dit Sisala en baissant la tête, avant de s'enfuir dans le couloir.
Un long moment, elle resta là à fixer le sol d'un regard vide. Puis, comme pour se remonter le moral, elle murmura : « J'ai tellement l'habitude que ça ne me fait même plus mal. »
Elle énuméra les quelques petites choses qu'elle pouvait considérer comme des bénédictions et s'y raccrocha pour tenir. Au moins, son travail de la journée était terminé. C'était déjà ça.
En rentrant dans sa chambre, elle aurait trois bonnes heures de sommeil. Si elle sautait un repas, elle pourrait peut-être même s'offrir dix minutes de plus. Ces petites miettes de consolation étaient sa façon de survivre, une rustine bien fragile pour son moral en lambeaux.
Perdue dans ses pensées, elle arriva devant sa chambre et tendit la main vers la porte. Au moment où elle allait l'ouvrir, son bracelet de communication clignota pour signaler un message.
« Pitié... Pourvu que ce ne soit pas urgent. Si je ne peux pas encore dormir, je jure que je vais en mourir. »
Pleine d'un espoir désespéré, elle consulta nerveusement le bracelet. L'expéditeur était un mage en poste à l'Antenne.
« Sisala ? Quelqu'un te demande. Il s'appelle... Do-Jin. C'est un Régénien. »
Ce nom lui fit l'effet d'un choc et tira de la brume de son quotidien misérable et débordé le souvenir de sa récente rencontre avec lui.
