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Ending MakerChapitre 77 · 77/84

Chapitre 77

Chapitre 77 — Épisode 73 : Eau croupie (2)

8 octobre 2026 ~14 min · 2 688 mots

Une éclatante lumière dorée emplit leur champ de vision.

À l'instant où elle arracha la Lance de la Corruption, la puissance de la veine du dragon jaillit et submergea toute la zone.

« Gaaah ! »

« Mes yeux ! Mes yeux ! »

Les guerriers du Taureau Furieux, déjà corrompus par la puissance de Bélial, étaient tourmentés par la force sacrée libérée de la veine du dragon.

Jude se tourna vers Cordelia, qui hocha la tête.

En arrachant la Lance de la Corruption, ils avaient libéré la puissance de la veine du dragon, mais ils ne comptaient pas s'arrêter là.

Cordelia se retourna vers l'endroit où la Lance de la Corruption avait été plantée.

Face au courant doré qui palpitait sous le sol fendu, comme déchiré, elle psalmodia le sort.

Puis elle l'acheva.

Et le fit exploser !

« Putain de boum ! »

La <Lance du Fléau> frappa la veine du dragon. Elle explosa et emballa complètement la veine du dragon, déjà à moitié hors de contrôle.

Baaaaaaaaoum !

Un grondement retentit. La terre trembla secousse après secousse, et ce que Cordelia espérait se produisit.

« Un séisme ! C'est un séisme ! »

Les guerriers du Taureau Furieux hurlaient, et le sol, qui tremblait pour de bon, se mit à se fendre de toutes parts.

Jude et Cordelia comptaient détruire le campement principal lui-même en emballant la veine du dragon.

« Youhou ! »

Au milieu du séisme qui fendait le sol et de la veine du dragon emballée qui jaillissait vers le ciel, Cordelia leva haut les bras en riant aux éclats, et Jude soupira en se disant que c'était sa faute.

Car en la voyant, il s'était dit qu'avec une fleur dans les cheveux, elle aurait eu tout d'une vraie folle, et qu'il la trouvait jolie malgré tout.

« Madame ! »

« Mon brave serviteur ! »

Malgré les secousses, Jude pouvait encore utiliser les Vingt-Quatre Pas de la Bourrasque.

Porté par la bourrasque, il fila d'un trait vers Cordelia, qui bondit vers lui.

« Fusion ! »

Ce n'était pas vraiment sérieux.

Au cri de Cordelia, Jude tourna le dos ; Cordelia s'agrippa à son dos, puis lui donna une tape.

« On file ! »

Un bras passé autour de son cou, Cordelia avait crié gaiement, et Jude la cala mieux sur son dos avant de repartir en courant.

« Accroche-toi bien ! »

« Je m'accroche déjà bien ! »

Baaoum !

Jude frappa le sol. Porté par les tourbillons, il prit appui sur le sol fendu et tremblant pour s'échapper du campement principal du Taureau Furieux.

De toutes parts s'élevaient des bruits assourdissants, fracas, craquements, effondrements, et les cris des guerriers du Taureau Furieux ; mais Cordelia, principale coupable de tout cela, riait joyeusement.

« Youpi, trop excitant ! »

Ils sortirent enfin de la zone touchée par le séisme.

Du haut d'une colline dénudée, ils virent le campement principal se disloquer et voler en éclats dans toutes les directions.

« Mission accomplie. »

« Bien joué. »

Au compliment de Jude, Cordelia se racla la gorge et dit, les yeux fixés sur la Lance de la Corruption qu'elle tenait dans la main droite :

« Jude, la Douce Brise de Neige va retrouver sa puissance, maintenant, non ? »

« Elle va la retrouver. Ou plutôt, je pense qu'elle l'a déjà retrouvée. »

Cordelia sur le dos, Jude tourna les yeux vers la cuvette de la tribu de la Douce Brise de Neige.

Cordelia le vit aussi.

Au loin, une lumière bleue sacrée s'élevait vers le ciel.

***

Madgar la vit aussi.

Et elle comprit.

L'ennemi avait arraché la Lance de la Corruption qui bloquait la puissance de la veine du dragon.

Il avait ignoré l'Essence de la Lune Bleue pour attaquer le campement principal.

Ce qu'il leur fallait, ce n'était pas l'Essence de la Lune Bleue, mais le moyen de rendre sa puissance à la Douce Brise de Neige.

Elle avait confondu le moyen et la fin. Et la Douce Brise de Neige avait retrouvé sa puissance.

« … C'est impossible. »

Elle mesura ce que signifiait cette suite d'événements.

L'échec.

Un échec cuisant, désastreux.

Madgar elle-même avait échoué.

Elle avait raté sa mission.

« Non. »

La respiration de Madgar devint haletante.

Ses yeux s'injectèrent de sang.

Madgar s'étreignit les épaules en marmonnant à voix basse :

« Je ne peux pas échouer. »

Elle ne pouvait pas échouer.

Maître Haraken m'abandonnera, lui aussi.

Il m'abandonnera comme mon maître… non, comme ce fils de pute qui se disait mon maître.

Je ne peux pas échouer.

Je ne dois pas échouer.

Elle était telle que Jude et Cordelia l'avaient analysée.

Madgar visait la réussite et avait un caractère arrogant.

Et la racine de ce caractère, c'était la douleur d'avoir été abandonnée par son maître.

Elle ne pouvait pas échouer : il lui fallait réussir en tout.

Pour ne plus jamais être de ceux qu'on abandonne.

Pour être dans une position où on ne l'abandonnerait pas.

Elle s'était armée d'arrogance.

Elle cherchait la perfection en faisant tout elle-même.

« Échec. »

Madgar avait une obsession farouche de la réussite.

Un tel échec était donc inacceptable. Elle ferait n'importe quoi pour l'empêcher.

« Dame Madgar ? »

Son aide de camp la regardait d'un air inquiet ; Madgar leva les yeux et le vit.

Les mots se déversèrent de sa bouche.

« Sacrifie-toi pour la grande cause. »

« Dame… Madgar ? »

Ce fut tout.

La main de Madgar toucha le front de son aide de camp. Avant qu'il puisse réagir, elle psalmodia le sort qui activait la technique préparée à l'avance.

« Ah ? Aaah ?! »

Un cercle magique rouge sombre se dessina sur tout le corps de l'aide de camp, à partir de son front.

Et pas seulement lui.

Tous les guerriers que Madgar avait emmenés, une vingtaine, hurlèrent de douleur.

« Dame Madgar ! »

« P-pourquoi ! »

Madgar ne répondit pas. Elle récita le sort et serra les poings ; à cet instant, son aide de camp et ses autres subordonnés se changèrent en flaques de sang. Ils devinrent les sacrifices du cercle magique, offerts sur l'autel de Bélial.

Le sacrifice humain.

Le moyen le plus rapide et le plus sûr d'emprunter la puissance du démon.

Madgar ferma les yeux. Une énergie rouge sombre se rassembla là où s'étaient tenus son aide de camp et ses subordonnés, puis fondit sur elle.

« Je ne peux pas échouer. »

Je dois réussir.

La veine du dragon avait beau être libérée, ce n'était que pour l'instant.

La puissance de la Douce Brise de Neige était restée longtemps bloquée. La puissance de Bélial l'avait rongée peu à peu.

Madgar avait donc encore une chance.

Elle pouvait encore y arriver.

Madgar ouvrit les yeux.

Ils brillaient de rouge, changés en yeux composés d'insecte. De grandes ailes de papillon de nuit jaillirent de son dos.

Madgar s'envola.

Elle fila vers la cuvette de la tribu de la Douce Brise de Neige.

***

La Douce Brise de Neige s'éleva dans le ciel. Déployant largement ses ailes d'un blanc de neige, pareilles à celles d'un ange, elle libéra sa puissance, et la force démoniaque qui menaçait la cuvette fut purifiée d'un seul coup.

« En avant, mes enfants ! Ma puissance est avec vous ! »

La puissance de la Douce Brise de Neige imprégna les guerriers de sa tribu.

Un vent bleu les enveloppa, et chacun saisit ses armes et chargea.

Les frères Neige Claire et Neige Fine soutenaient les guerriers en invoquant des rafales.

« Balayez-les ! Rafales ! »

« Déchaîne-toi ! Vent violent ! »

Un vent furieux se leva et se fraya un passage à travers les guerriers du Taureau Furieux, suivi par les guerriers de la tribu de la Douce Brise de Neige.

Les guerriers du Taureau Furieux étaient plusieurs fois plus nombreux, mais la protection directe d'une déesse sauvage était puissante.

Et la Douce Brise de Neige ne se contentait pas de regarder.

« Bouclier de vent ! Lames de vent ! »

Haut dans le ciel, la Douce Brise de Neige ne cessait de mouvoir les mains. Elle protégeait ses guerriers d'une barrière de vent et attaquait le Taureau Furieux en abattant elle-même des lames de vent.

Ainsi, elle mettait en pièces les troupes ennemies.

Une fois le Taureau Furieux repoussé, ils s'allieraient aux autres tribus du sud.

Un sourire se dessina sur le visage de la Douce Brise de Neige.

Elle n'aimait pas se battre, mais dès lors que l'ennemi cherchait à la détruire, elle et ses enfants, elle faisait tomber son châtiment.

Elle remit un moment la clémence à plus tard, et la colère accumulée éclata.

Les deux camps se battirent longtemps.

Comme pour prouver qu'ils étaient la tribu guerrière la plus forte des Terres Sauvages, les guerriers du Taureau Furieux encaissaient l'assaut de la tribu de la Douce Brise de Neige, quand une énergie puissante approcha soudain.

Une énergie si puissante et si extrême que même elle, une déesse sauvage, ne pouvait l'ignorer.

« Dame Madgar ! »

« C'est dame Madgar ! »

Les guerriers du Taureau Furieux crièrent de joie.

Malgré ses yeux composés et les ailes de papillon de nuit qui lui sortaient du dos, Madgar avait encore forme humaine.

Madgar vit ses guerriers. Elle se retourna, aperçut la Douce Brise de Neige, et eut un sourire en coin.

« Comme prévu, tu es faible. »

La Douce Brise de Neige n'avait pas encore retrouvé toute sa forme.

Madgar avait donc encore une chance.

Madgar leva la main. Pressentant le pire, la Douce Brise de Neige appela le vent en hâte, mais le sort de Madgar fut plus rapide.

« Sacrifiez-vous pour la grande cause. »

Des cercles magiques se dessinèrent, à partir du front des guerriers du Taureau Furieux.

Son sort atteignit près d'une centaine des centaines de guerriers présents.

« Dame Madgar ? »

C'était un autre de ses aides de camp.

Les guerriers du Taureau Furieux levèrent vers Madgar des visages hébétés, et Madgar n'hésita pas.

Elle serra le poing et fit une nouvelle offrande.

« Aaaaah ! »

« Hiii ?! »

« Dame Madgar ?! »

« C'est la magie du démon ! »

Hurlements, cris, voix pleines d'effroi s'élevaient de toutes parts, chez l'ennemi comme chez les alliés.

Madgar ignora tout.

Elle accueillit simplement la puissance temporaire que lui valait l'offrande d'une centaine de sacrifices.

« Haha ! Hahahaha ! »

C'était une puissance trop grande pour qu'un corps de femme-démon de rang intermédiaire puisse la contenir.

Le corps de Madgar enfla donc.

Le haut de son corps se couvrit d'une peau de bête coriace, et ses jambes se changèrent en une multitude de pattes d'araignée. Ses bras devinrent des lames acérées, comme ceux d'une mante religieuse.

De grandes ailes de papillon de nuit se déployèrent dans son dos, et une multitude de cornes poussèrent à la place de ses cheveux.

Elle était devenue un monstre, et n'avait plus rien d'humain.

Elle était devenue un démon.

Mais Madgar exultait.

La puissance démoniaque qui emplissait son corps la grisait.

« Douce Brise de Neige. »

Madgar eut un sourire dément. Devenue une géante de près d'une douzaine de mètres, elle chargea la Douce Brise de Neige.

« Barrière de vent ! »

La Douce Brise de Neige cria en hâte et dressa des dizaines de barrières de vent.

Madgar n'en avait cure. Elle balaya l'air de ses bras et déchira les barrières de vent. Pas à pas, elle avançait vers la Douce Brise de Neige.

Le ciel d'un bleu limpide vira au noir.

Les yeux de Madgar virèrent au rouge sombre.

Chaque fois qu'une barrière de vent se déchirait, la Douce Brise de Neige poussait un gémissement de douleur.

L'énergie démoniaque écrasait tout le monde.

La tribu du Taureau Furieux comme celle de la Douce Brise de Neige ne pouvaient que regarder.

Regarder s'affronter la déesse sauvage et le démon.

Mais il y avait deux personnes.

Deux personnes qui ne se contentaient pas de regarder.

***

« Waouh, sérieux ? Ce n'est pas un Prince Démon, ça ? »

« C'est grossier, comme dans l'original. C'est bien Madgar. Pareil que la dernière fois. »

Les Princes Démons.

De puissants seigneurs de l'Enfer.

Ce qui venait d'apparaître n'était pas un prince démon. Madgar avait forcé sa puissance par des sacrifices humains : ce n'était qu'un monstre temporaire, voué à disparaître avec le temps.

Mais il n'en restait pas moins puissant.

« Dans l'histoire originale, il faut tenir 15 minutes, non ? »

« Parce qu'elle perd cet état au bout de 15 minutes. »

« La Douce Brise de Neige ne tiendra pas 15 minutes, si ? »

« Tu crois qu'elle ne tiendra pas longtemps ? »

« Non, elle ne sait tout simplement pas se battre. »

Même maintenant, elle restait plantée là, à ne faire que dresser des barrières.

À ce rythme, la Douce Brise de Neige serait écrasée par Madgar en moins de trois minutes, bien loin des quinze.

« Elle n'a pas de point faible particulier. »

Jude plissa les yeux en observant Madgar.

Même dans l'histoire originale, impossible de vaincre Madgar sous cette forme.

La stratégie consistait à tenir et à gagner du temps.

Mais ici, c'était la réalité.

Et il y avait une déesse sauvage, la Douce Brise de Neige.

Il y avait donc peut-être quelque chose à faire. Peut-être un flanc à percer.

Tandis que Jude se creusait la tête, Cordelia, elle, ne réfléchit pas longtemps. Elle sortit un élastique et rassembla soigneusement sa longue chevelure abondante en une queue.

« Fais travailler ta cervelle. C'est pour ça que tu n'es pas numéro un. »

« Hé, je suis numéro un. »

Ces derniers temps, Jude n'avait plus évoqué le fait qu'il était premier et Cordelia éternelle deuxième.

Mais Cordelia eut un rire méprisant.

Éternelle deuxième peut-être, il y avait pourtant un domaine où elle était première.

« Je suis première en chasse. »

Et ce n'était pas tout.

« La Douce Brise de Neige est là. Un gros monstre comme ça, c'est plus facile à gérer qu'un type humain. Et… »

« Et ? »

« Parce que tu es là, toi aussi. »

Cordelia eut un joli sourire, et Jude la regarda malgré lui, ébahi.

« On y va, alors ? »

Cordelia rit de nouveau. Pour combattre le dopage, elle se dopa elle-même : elle sortit la fiole qu'elle gardait à la ceinture et en avala le contenu d'un trait.

Le Gardien du Tombeau.

Le sang d'un ange de type bête.

Dans le jeu, c'était un objet inutile.

Mais ici, c'était la réalité, et à force d'expériences, Jude avait trouvé à quoi il pouvait servir.

Le sang angélique coula dans la gorge de Cordelia.

La puissance de l'ange se répandit dans tout son corps et éveilla temporairement le pouvoir longtemps endormi dans son sang.

Ses cheveux, devenus noirs avec la Transformation en Sorcière, restèrent tels quels.

Mais son corps gagna de nouveaux pouvoirs. Ses dents s'allongèrent en crocs de bête, et les pupilles de ses yeux bleus devinrent celles d'un chat.

S'il fallait nommer cet état, c'était le mode Bête.

« On dirait une vraie bête. »

Il faut dire que Cordelia portait aussi les oreilles et la queue de lapin.

Tout en murmurant cela, Jude ouvrit la deuxième des Neuf Portes des Neuf Cieux.

Il fit monter son Aura de Combat Sacrée dorée pour décupler la force de tout son corps.

« Quoi… la deuxième porte, ce n'était pas un passif ? »

« Non, je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose, moi aussi. »

Cordelia cligna des yeux à la réponse de Jude, puis éclata de rire. Elle reporta les yeux devant eux.

Sans qu'elle s'en rende compte, plus de la moitié des barrières de vent avaient été détruites, et la déesse sauvage, piètre combattante, était au bord des larmes.

« Allons-y. »

Ils l'avaient dit en même temps.

Les deux eaux croupies échangèrent un dernier regard, puis se ruèrent sur le démon.

Fin du chapitre 77
Fiche de l'œuvre

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