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Chapitre 3

Chapitre 3 — Les fiançailles de mon seigneur – Valet de cœur (1re partie)

12 octobre 2026 ~4 min · 736 mots

Dans l'après-midi, je comptais passer faire un tour dans la chambre de Son Altesse, mais c'est en y arrivant que les ennuis ont commencé… J'ai trouvé l'intéressé en train d'épier avec ferveur la pièce voisine. Fais donc ton travail, bon sang. Son Altesse était collé à la porte qui donnait sur la pièce attenante à la sienne. On ne fait pas plus suspect.

« Moi qui étais en congé aujourd'hui… »

Si j'avais su que les choses tourneraient ainsi, j'aurais préféré rester plus longtemps avec mon épouse. Un jour de repos si rare, et devoir la laisser dans ma chambre pour venir jusqu'ici : c'était si navrant que je ne pouvais m'empêcher d'être agacé. Tandis que je rêvassais un peu à la merveilleuse sonorité du mot « épouse », Son Altesse se plaignit à voix basse.

« Achille, ne fais pas tant de bruit. »

Tout en me disant cela, il gardait les yeux rivés sur la pièce.

« Il est arrivé quelque chose à Beatrix-sama ? »

Même sans se donner la peine d'espionner de la sorte, le connaissant, il aurait très bien pu utiliser un objet magique ou je ne sais quoi pour se cacher dans la pièce.

« Je crois que Beatrix me déteste peut-être plus que je ne le pensais… Je ferais bien de réfléchir à des contre-mesures. »

Voyant Son Altesse tourner vers moi un regard plongé dans ses réflexions, je détournai le visage. Désolé pour lui, mais après avoir fait une chose pareille, croyait-il vraiment qu'elle l'apprécierait le moins du monde ? Je vais le laisser. Qu'il réfléchisse sérieusement à ce qu'il lui a fait. Et qu'il fasse ensuite son travail. J'allai arracher Son Altesse à la porte. Si par malheur mademoiselle Beatrix venait à l'apprendre, il n'y aurait plus aucun moyen de rattraper les choses.

***

L'autre jour, nous avons enfin réussi un beau coup de filet parmi les membres de la Faction du Prince royal, qui avaient fini par montrer leur vrai visage. Grâce à la coopération de Raiga, le fils du Prince royal, nous avons pu les débusquer presque tous, avec une facilité déconcertante. Il ne reste plus que la Faction du Roi. Pour eux, Son Altesse compte faire le ménage d'un seul coup pendant la fête des fiançailles de mademoiselle Beatrix. Et ensuite, se dépêcher d'attraper cette écolière qui s'est enfuie du pays, quels que soient les moyens à employer. Je ne fais pas confiance non plus au roi de Topageria.

« Votre Altesse, voici la liste des invités de la fête. »

Il y a bien des gens que j'aimerais rayer de cette liste, mais malheureusement, mon avis personnel n'entre pas en ligne de compte. Le nom du second prince de Topageria y figure aussi.

« Merci. »

« Les préparatifs de la salle avancent sans encombre. »

« Entendu. Au fait, Achille… Tu me prêtes Camille, aujourd'hui ? »

J'aimerais qu'il cesse de glisser l'air de rien ses intérêts personnels dans nos conversations de travail. Prêter mon épouse à Son Altesse ? Évidemment que non.

« … Je refuse. Vous l'avez déjà empruntée hier, n'est-ce pas ? Nous sommes jeunes mariés, j'aimerais donc que vous fassiez preuve d'un peu de considération. »

« Tu es bien cruel. »

Son Altesse souriait, mais son aura s'assombrissait peu à peu.

« Tu sais, Achille, je trouve vraiment injuste que tu sois le seul à t'amuser de toutes les façons possibles. J'espère que tu considéreras que Camille et toi n'aurez aucun répit tant que les choses ne se seront pas arrangées entre Beatrix et moi. Je demanderai à Camille de garder sa soirée libre, comme ça il n'y aura pas de problème de ce côté-là. Après tout, je pense qu'il suffit que je le lui demande pour qu'elle m'écoute. »

« Votre Altesse… »

En entendant la déclaration ridicule et parfaitement calculée de mon seigneur, je restai sans voix.

C'est le pire. La pire façon de passer sa colère. Un harcèlement d'un tel niveau que, s'il n'y avait pas eu l'affaire des fiançailles de Camille et le fait qu'il nous ait sauvés de la magie interdite de cette écolière, j'aurais aussitôt eu envie de passer dans le camp de Raiga.

« … Entendu. Je ferai de mon mieux pour coopérer. »

Je ne pouvais rien dire d'autre. Il faut que je me dépêche de caser ces deux-là ensemble. Pour le bien de ma vie de jeune marié.

Fin du chapitre 3
Fiche de l'œuvre

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