Hmm. Quelque chose que j'ai fait les a réduits au silence.
J'applique pourtant la règle des trois secondes, celle qui dit qu'on peut tuer quelqu'un sans conséquence. C'était une plaisanterie courante à l'âge des mythes. Ils n'ont pas l'air de la trouver drôle.
Il fallait s'y attendre après 2 000 ans de changements. L'humour aurait-il changé lui aussi ? À bien y regarder, tout le monde a l'air terrifié. Ma blague est-elle si mauvaise ?
Hmm. Je vais devoir retenir mes plaisanteries jusqu'à ce que je comprenne l'humour de cette époque.
« Haa... ! »
Magie de résurrection. Ressuscité une fois de plus, Zepes me regarde avec un visage rempli de peur.
Commencerait-il à le sentir passer ? Si peu ne devrait pas suffire à le traumatiser.
« Tu as dit que tu n'abandonnerais pas, même si tu mourais. Tu ne pensais tout de même pas que ta vie s'arrêterait après une seule mort ? »
Zepes ne répond pas. Il se contente de trembler.
« Bien. Je te repose la question ? Tu abandonnes ? »
L'espace d'un instant, une expression de désespoir passe sur le visage de Zepes, mais une petite voix finit par sortir.
« Q... qui abandonne... ! »
Une pichenette de plus, et le voilà de nouveau mort.
Magie de résurrection. Devoir utiliser une goutte de sang à chaque fois, c'est pénible.
Le corps de Zepes se reconstitue encore. Il me fixe à présent avec un visage souillé par la peur.
« Au fait, la magie de résurrection repose sur une philosophie intéressante. Une fois ressuscité, es-tu l'original, ou bien une copie de l'original dotée de la même personnalité et des mêmes souvenirs ? Pourrais-tu être une personne entièrement nouvelle ? Qu'en penses-tu ? »
On entend ses dents s'entrechoquer entre ses lèvres tremblantes. Son visage est d'une pâleur totale.
« E... es... espèce d'enfoiré... une conduite aussi cruelle... »
« Hmm, ça ne t'intéresse pas, à ce que je vois. À mon époque, c'était un sujet de débat brûlant. »
Enfin, si leur humour est différent, j'imagine que leurs débats philosophiques le sont aussi.
« Bon, il est temps de te tuer encore. »
« T... tu... parles de... tuer si facilement... »
Haha, j'arbore en ce moment un sourire vraiment rafraîchi.
« Qu'est-ce que c'est ? Te voilà bien modeste tout à coup. Être mort, ça ne veut pas vraiment dire mourir, tu sais. »
Je tends le doigt vers Zepes.
« A... at... at... attendez, je vous en prie... »
« Oups. »
Zut. Mon doigt a glissé et je l'ai tué par erreur. Il essayait pourtant de dire quelque chose.
Ma foi. Ressuscitons-le encore.
« Es... espèce d'enfoiré ! Je t'avais dit d'attendre ! »
« Ha ha ha. Pardon. J'ai été négligent. »
« Ha ha ha, mon cul ! Merde ! Comment on peut tuer quelqu'un par négligence ?! »
« Oh. Tu as l'air d'aller beaucoup mieux. Bien, encore une fois. »
Je ramène mon doigt sur le front de Zepes, et ses yeux perdent aussitôt toute couleur et tout éclat.
« ... Attendez, je vous en prie... »
« Qu'y a-t-il ? »
« Je... »
Le visage marqué par l'humiliation, il dit :
« J'ai perdu. J'abandonne. »
Quoi ? Quelle fin ennuyeuse.
« Tu n'as pas tenu longtemps à notre petit jeu. J'avais l'intention de te tuer au moins 10 000 fois. »
Je lâche cette petite plaisanterie avec un sourire, pour montrer que je ne lui veux aucun mal, mais Zepes tremble comme si je venais de le menacer.
« ... Ce Zepes... traité comme un enfant... »
« ... Une telle supériorité... qui est ce type ? Je n'ai jamais vu son visage. »
Des voix commencent à s'élever dans les gradins.
